Immeubles Walter
immeuble dans le 16ᵉ arrondissement de Paris
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Les immeubles Walter sont un ensemble de trois immeubles résidentiels de luxe de style Art-déco situés en bordure du bois de Boulogne, porte de la Muette, dans le 16e arrondissement de Paris. Ils ont été construits par l'architecte Jean Walter entre 1929 et 1931.
| Destination initiale |
immeubles d'habitation de luxe |
|---|---|
| Destination actuelle |
immeubles d'habitation de luxe |
| Style | |
| Architecte | |
| Construction |
1931 |
| Propriétaire |
propriété privée |
| Patrimonialité |
| Pays |
France |
|---|---|
| Département | |
| arrondissement |
| Coordonnées |
|---|
Description et localisation

L'ensemble résidentiel est composé de trois bâtiments de pierre de style Art-déco, entourant des cours intérieures et des espaces verts, ressemblant à une citadelle[1].
Cet ensemble est situé en bordure du bois de Boulogne, juste au sud-ouest de la porte de la Muette et occupe un quadrilatère délimité par le boulevard Suchet (un des boulevards des Maréchaux), l'avenue du Maréchal-Maunoury, la rue Ernest-Hébert et la place de Colombie,
Historique
Les immeubles sont construits de 1929 à 1931 par l'architecte Jean Walter sur un terrain vague à la lisière du bois de Boulogne laissé libre après la démolition de l'enceinte de Thiers,
Ils sont conçus pour une clientèle fortunée, dans le style Art déco et selon le concept de cité-jardin[2],[3], dont ils reprennent les principes: façades en pierre, larges baies vitrées coulissantes, terrasses plantées et une gamme complète de services intégrés[4]. Les immeubles sont alors dotés d'équipements avancés pour l'époque: une chaufferie centrale, des vide-ordures, des ascenseurs rapides et des monte-charges ainsi qu'un garage souterrain de 10 000 m2[4]. L'isolation thermique est assurée par des doubles parois[4].
Les plans sont rationnels et les bâtiments bénéficie d'une haute qualité de construction et de finition[4]. Ils comprennent trois étages reliés par des pilastres[5]. Les ferronneries sont l'œuvre de Raymond Subes.
Les immeubles Walter vont alors devenir, et rester, une adresse résidentielle parmi les plus prestigieuses de Paris[4].
Une rumeur raconte que Joséphine Baker avait l'habitude de venir danser dans cet ensemble lors de grandes fêtes[6],[7].
Sous l'Occupation, l'amirauté allemande réquisitionna ces immeubles pour y abriter le quartier général de l'amiral Döenitz, qui commandait d'abord l'arme sous-marine (les redoutables U boot) puis toute la marine allemande après la disgrâce de l'amiral Raeder. Döenitz et son état major étaient précédemment installés à Lorient, à la villa Kerillion, mais l'intensification des bombardements alliés qui rasèrent la ville - sans affecter les bunkers de la base sous-marine - lui imposa ce déménagement à partir de 1942. D'après l'historien Alain Decaux (C'était le XXe siècle), les immeubles Walter furent revêtus d'une peinture de camouflage zébrée de vert et d'ocre à cette occasion pour se fondre dans la végétation environnante.
Les façades et toitures sur rues, sur cours et sur jardins et les parties communes, y compris les cages d'escaliers et d'ascenseurs, sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le [8],[9].
Résidents notables
Habitent ou ont habité cet immeuble[3],[10] :
- L'animateur Arthur (né en 1966) a été propriétaire d'un appartement en duplex de 500 m2 et d'une terrasse de 300 m2 (700 m2 et 200 m2 de jardins suspendus selon d'autres sources[11]), qu'il a revendu, en , pour 30 millions d'euros à Gulnora Karimova[12] ;
- Cyril Astruc (1973-), considéré comme le « prince de la fraude »[13], y occupe un vaste appartement au rez-de-chaussée[14] ;
- Pierre Balmain[4] (1914-1982), couturier, y a habité un appartement Art déco[15] de 425 m2[16].
- Jean Baud (1919-2012), fondateur de Franprix et de LeaderPrice ;
- Serge Dassault[4] (1925-2018), homme politique et PDG du groupe Dassault ;
- Catherine Deneuve (née en 1943), actrice ;
- Samuel Eto'o[4] (né en 1981), footballeur ;
- Patrick Goulet-Mauboussin, patron de la maison de joaillerie Mauboussin, cède en 2001 son appartement pour 3,8 millions d'euros au marchand d'art Guy Wildenstein ;
- Pierre Guerlain (1872-1961), parfumeur ;
- Paul Guillaume[4] (1891-1934), marchand d'art, et son épouse née Juliette Lacaze, surnommée « Domenica », mieux connue comme Domenica Walter (1898-1977) du nom de son second mari Jean Walter (1883-1957), architecte de l'immeuble, qu'elle épouse en 1941 après avoir été sa maîtresse depuis de nombreuses années[17] ;
- Gulnora Karimova (née en 1972), fille aînée du président ouzbek Islom Karimov a racheté l'appartement de l'animateur Arthur. Celle-ci étant poursuivie pour blanchiment d'argent, le duplex a été vendu aux enchères par la justice française le [18]. La mise à prix à 500 000 euros[18],[19] a été emportée par le marchand de biens Pierre Reynaud, directeur du groupe PRI[20],[21], pour la somme de 13 millions d'euros[22],[23]. Celui-ci avait déjà acquis, en 2016, l'appartement de la famille Wildenstein.
- René Lacoste (1904-1996), designer et champion de tennis ;
- Le prince Napoléon (1914-1997) y demeurait dans les années 1950 ;
- Roger Peyrefitte (1907-2000), écrivain ;
- Pierre Reynaud, marchand de biens qui a acquis aux enchères les appartements de Guy Wildenstein, en 2016, et de Gulnora Karimova en 2017 ;
- Bernard Ruiz-Picasso (né en 1959), petit-fils du peintre Pablo Picasso ;
- Eugène Schueller (1881-1957), fondateur du groupe L'Oréal, père de Liliane Bettencourt ;
- Guy Wildenstein[24]. En 2001, le marchand d'art Guy Wildenstein achète un appartement, à Patrick Goulet-Mauboussin, pour 3,8 millions d'euros. Poursuivi pour fraude fiscale, Guy Wildenstein est contraint de vendre son appartement au marchand de biens Pierre Reynaud.
Dans la littérature
- Les Immeubles Walter est un roman initiatique de Stéphane Denis paru en 2004[25].