La proximité des deux pays, séparés par un bras de mer de vingt miles, explique la présence dès la protohistoire de l'île, de tribus celtes comme les Parisii de part et d'autre de la Manche.
Aujourd'hui, de nombreux Britanniques ont des ancêtres français. Selon une étude réalisée par Ancestry.co.uk, 3 millions de Britanniques ont des origines françaises[2]. Selon le consulat français de Londres, 300 000 à 400 000 citoyens français vivent dans la capitale britannique [3], tandis qu'un recensement de l'ONS (Office for National Statistics) avançait le chiffre de 86 000 personnes en 2014[4]. Bien qu'il y ait une incertitude sur le nombre exact de Français exilés au Royaume-Uni, celui-ci est en augmentation depuis ces dernières années. Toujours selon l'ONS, les Français sont plus particulièrement représentés dans les arrondissements de Kensington and Chelsea, Hammersmith and Fulham et Westminster (trois arrondissements de l'Ouest Londonien)[5].
Ensuite, une vague d'arrivées, appelée Premier Refuge[8], a lieu dès les premières persécutions de 1560, et surtout après le massacre de la Saint-Barthélemy. Cette vague est faite de Huguenots, protestants français qui, dans les XVIeetXVIIesiècles ont fui la persécution religieuse en France. Une communauté protestante française importante existait donc déjà à Londres au XVIesiècle. La cathédrale de Canterbury offre la chapelle du Prince Noir (Édouard de Woodstock) dans sa crypte[9], au culte huguenot, grâce à l'Edit du signé par Édouard VI, accordant aux étrangers la possibilité d'organiser leur office selon la liturgie reformée sans devoir se conformer aux directives anglicanes, et en conservant leur langue[10].
Deux autres communautés se forment à Southampton, se regroupant à St Julien's Church, Southampton[11] et à Norwich[12].
L'édit de Nantes apporte un certain apaisement et une baisse de l'immigration.
Les Calvinistes, après la révocation de l'édit de Nantes
Cadran solaire de l'église de Brick Lane, fondée en 1743. Umbra Sumus est une citation du poëte Horace
Par la suite, la répression du protestantisme en France dans les années 1680 a conduit à une migration massive de réfugiés principalement calvinistes, dont la plupart s'installe à Londres, notamment à Hammersmith et Westminster[13]. Cet exil atteint son pic en 1685, avec l'Édit de Fontainebleau (1685)[14]
La communauté de St Mary the Less, Norwich, fondée par des Wallons, s'accroît de plusieurs familles, Columbine, Le Monnier[15]. Un chirurgien de Dieppe, Gaston Martineau, ancêtre de Harriet Martineau, dont la famille laissa nom à une partie du Norwich Ring Road, Martineau Lane. D'autres familles anglicisèrent leur nom, changeant Blanc en White, Petit en Little, Langlois en English,etc.[16].
En 1718, est fondée à Finsbury, La Providence, un hôpital français pour soigner et abriter les huguenots malades ou déshérités. La population française de Londres s'élève alors à 20 000 ou 25 000 personnes[17].
En 1747, est fondée l'école française de charité de Westminster, à Windmill Street, qui instruit quelques dizaines d'enfants[18].
Fondatrice notamment du quartier de Spitalfields[19], la communauté protestante française était l'une des communautés les plus importantes de la capitale (également très présente dans les quartiers de Soho, Shoreditch, Petitcoat, Tentergrown et Blackfriars). De nombreux soyeux de Lyon s'y installent, obtiennent en 1662 privilège de la vente exclusive de certains articles, et en 1697 la prohibition complète des étoffes fabriquées en France[20].
Lieux de culte
En 1743, est édifiée dans ce quartier La Neuve Eglise, aussi appelée église de l'hôpital[21], à l'angle de Brick Lane et de Fournier Street, du nom d'un tisserand huguenot[22],[23] (Elle deviendra par la suite une chapelle méthodiste en 1819, une synagogue fin XIXesiècle, puis une mosquée en 1976).
Église Notre-Dame-de-France, à Leicester Place, près de ChinatownEmplacement de l'hôpital Saint-Antoine, au XIIIesiècle, et de l'église protestante française, démolie en 1840.
Le plus important lieu de culte était l'église protestante à Threadneedle Street, fondée en 1550[24], sur l'emplacement de l'hôpital Saint-Antoine[25].
Il existait aussi à Londres une église Savoy (Savoy Chapel), de la même confession[26]. Cette église était établie dans une salle d'un hôpital édifié par le roi d'Angleterre Henry VII sur les ruines de l'ancien Palais de Savoie, fondé en 1245[27].
Parmi d'autres lieux de cultes, on peut citer[28]:
L’Émigration désigne le départ d'environ 140 000 personnes hors du territoire français entre 1789 et 1800, en raison des troubles révolutionnaires. Le gouvernement britannique autorise l'ouverture de chapelles catholiques à Londres, comme dans le Sud du pays à Southampton, Jersey et Guernesey[31]. Certains Français y mènent une activité politique:
Le journaliste Jean-Gabriel Peltier, réfugié à Londres en 1792, y mène une lutte acharnée contre Bonaparte, qui l'amènera Maison Bertaux, Greek Street. Ouvert en 1871 par un ancien Communard réfugié à Londres, c'est la plus ancienne pâtisserie française de la ville.devant les tribunaux[34];
En 1842, est fondée la Société Française de Bienfaisance de Londres[37], ainsi que l'Hôpital Français à Londres en 1867, qui deviendra le Dispensaire Français[38].
La France libre est le régime de résistance extérieure fondé à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel du [39]. Outre les militaires et autres volontaires, des personnalités comme Maurice Schumann, René Cassin, Jacques Soustelle, Pierre Dac, Simone Weil fuient les combats pour rejoindre le Royaume-Uni. Dès juillet-, un certain nombre de socialistes se réfugient Angleterre, prennent contact avec le Parti travailliste (Labour Party) et la Société Fabienne, et décident de mener la lutte pour la libération de la France en fondant le «Comité des socialistes français»[40].
En , les Forces françaises libres comportaient 7 000 hommes. Au maximum de leur développement, elles rassemblèrent 53 000 hommes[41].
Le nombre de Français vivant au Royaume-Uni a augmenté sans discontinuer depuis 1991, selon les statistiques du gouvernement français. Les Français sont surtout présents à Londres, notamment dans le quartier de Kensington[45]. Il y a plusieurs écoles françaises à Londres, comme La Petite École Française dans l'ouest de Londres, et le Lycée français Charles-de-Gaulle situé à South Kensington, tous deux gérés par l'État français.
«London, France's sixth biggest city», BBC News, (consulté le ) : «The French consulate in London estimates between 300,000 and 400,000 French citizens live in the British capital»
Stansky, Peter; Abrahams, William (1994). "From Bengal to St Cyprian's". The unknown Orwell: Orwell, the transformation. Stanford, California, United States: Stanford University Press, p.5–12. (ISBN978-0-8047-2342-8).