Internet à Cuba
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L'accès à Internet à Cuba est caractérisé par un faible taux de connexion, un débit limité, un coût élevé et une censure active[2]. Internet est introduit à la fin des années 1990, mais en raison du manque de financement, des restrictions gouvernementales et de l'embargo des États-Unis contre Cuba, son usage évolue peu. À partir de 2007, la situation commence à s'améliorer, avec l'ouverture des premiers cyber-café[3]. En 2014, les performances technologiques et le taux de pénétration de 30 pour cent[4] étaient en augmentation. En 2022, ce taux atteint 73.2 pour cent[5].
La première connexion de Cuba est un lien de 64 kbit/s posé par Sprint vers les États-Unis, qui est créée en [6]. Depuis son introduction dans la fin des années 1990, l'expansion de l'accès à internet à Cuba a stagné. Plusieurs facteurs expliquent cette stagnation :
- Le manque de financement, en raison du mauvais état de l'économie cubaine après la chute de l'Union Soviétique et la peur d'un financement étranger à Cuba[7].
- L'embargo des États-Unis, ce qui a retardé la construction d'un câble sous-marin, et rend difficile l'obtention de matériel réseau[8].
Les réglementations américaines ont été modifiées afin d'encourager les liens de communication avec Cuba. Le président Obama annonce en 2009 que les États-unis permettraient à des entreprises américaines de fournir un service internet à Cuba. Toutefois, le gouvernement cubain rejette l'offre et préfère travailler avec le Venezuela[9].
Le Venezuela déploie ALBA-1, un câble sous-marin à fibre optique reliant Cuba au Venezuela, avec la technologie Alcatel Shanghai Bell. Posé en 2011 et annoncé fonctionnel en [10],[11],[12],[13],[14], il n'est effectivement mis en service qu'en [15].
Le gouvernement américain lève partiellement en 2014 l'interdiction faite à Google de proposer ses programmes à Cuba[16].
Le premier WiFi public est déployé en [17].
En , les États-Unis proposent la pose d'un câble sous-marin reliant la Floride à Cuba[18].
Au début de 2016, ETEC S. A., opérateur d'État, a commencé un programme pilote pour le déploiement du haut débit dans les domiciles cubains[19].
En 2016, Amnesty International évalue à 5 % la part des foyers ayant accès à Internet[17].
Le , l'opérateur Etesca lance l'internet mobile sur l'île[17], au tarif de 10 centimes de dollar par mégaoctet, et des forfaits allant de 7 $ pour 600 Mo à 30 $ pour 4 Go[20], cette dernière somme valant environ le salaire moyen cubain.
À partir du , avoir une connexion à domicile devient autorisé[21].
En , on compte 4,2 millions d'utilisateurs de l'internet mobile, pour une population de 11,2 millions d'habitants. Cela permet l'émergence de groupes d'entraide de la population, d'entreprises mais aussi de contestation politique[22].
| 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 |
| 0,54 | 1,08 | 3,77 | 5,24 | 8,40 | 9,73 | 11,16 | 11,69 | 12,94 | 14,33 | 15,90 | 16,02 | 21,20 | 27,93 | 29,07 | 37,30 | 42,97 | 57,14 | 62,67 | 67,97 | 74 |
À la suite des manifestations du 11 juillet 2021 à Cuba, les autorités cubaines promulguent une première loi sur la cybersécurité afin de pénaliser la « subversion sociale » qui peut « troubler l’ordre public » et « promouvoir l’indiscipline »[24].
Statut
L'infrastructure intérieure est vétuste et uniquement adaptée aux débuts de l'Internet. Il n'y a pratiquement pas de haut débit à Cuba. Le réseau GSM est limité à la 2G et a une couverture limitée. Il ne permet que l'utilisation de la voix et des SMS, sans possibilité d'Internet mobile. les communications avec le reste du monde sont assurées par les satellites Interspoutnik et les lignes téléphoniques vieillissantes avec les États-Unis. Selon Larry Press de l'Université de Californie, le débit est de 209 Mbit/s en téléversement et 379 Mbit/s en téléchargement en [8].
Environ 30 % de la population (3 millions d'utilisateurs, 79e mondial) avaient accès à internet en 2012[25]. Du fait de l'accès par satellite, le coût est élevé. Le coût moyen d'une heure de connexion dans un cybercafé est d'environ 1,50$ pour le réseau national et 4,50$ pour le réseau international, alors que le salaire mensuel moyen est de 20$. La possession d'un PC est devenue possible à partir de 2008[26]. Les autorités priorisent le trafic des lieux de travail, universités ou centres de recherche[27].
L'accès à l'internet mondial coûte en 2019 un dollar de l'heure, alors que le salaire mensuel moyen est de 50 dollars. Le prix d'accès à l'intranet national est dix centimes de dollars de l'heure, soit dix fois moins cher[21].
Le réseau du gouvernement et des touristes n'est pas le même que celui pour la majorité de la population, qui bénéficie d'un Intranet national, comportant un service de courriel en correo.cu, une encyclopédie EcuRed, et des sites du gouvernement[28]. Cet Intranet national peut être comparé au Kwangmyong utilisé par la Corée du Nord ou à ce que propose de faire l'Iran[29].


