Irnerius

juriste italien From Wikipedia, the free encyclopedia

Irnerius[1] (Bologne v. 1050 - Bologne, v. 1130) probablement d'origine germanique[2], il fut un jurisconsulte et un professeur de droit italien de la fin du XIe et du début du XIIe siècle.

Naissance
Décès
Activité
A travaillé pour
Faits en bref Naissance, Décès ...
Irnerius
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Fermer

Biographie

Selon Odofrède, Irnerius fut d'abord maître dans une école d'arts libéraux (probablement maître de rhétorique) à Bologne et peut-être à Ravenne[3] ; il le qualifie aussi de « logicien » (logicus). Il se serait mis à l'enseignement du droit romain à l'instigation de la comtesse Mathilde de Toscane[4]. Après une brève période d'enseignement à Rome, il aurait fondé une école de droit romain à Bologne vers 1085. Il était considéré comme le second précurseur de l'Université de Bologne après Pépon, mais conserva une renommée bien plus grande que celui-ci. Selon Azon, c'était dû au fait que Pépon n'avait transmis aucun ouvrage écrit. C'est Irnerius qui établit à Bologne l'enseignement du droit qui auparavant était plutôt donné à Ravenne et Pavie.

Après la mort du pape Pascal II (1118), il défendit la légitimité de l'antipape Grégoire VIII, imposé par l'empereur Henri V, et semble à cette époque avoir occupé un office au service du souverain ; ce soutien lui valut d'être excommunié.

Irnerius fut dans l'histoire de l'enseignement du droit le premier « glossateur » médiéval. Après la redécouverte, dans les années 1070, des textes du Corpus juris civilis de l'empereur Justinien, le travail, de nature philologique, consista à établir une édition critique et commentée de ces textes, avec des « gloses » interlinéaires élucidant les mots. Ce travail savant se poursuivit historiquement à Bologne jusqu'au milieu du XIIIe siècle, couronné par la Grande Glose d'Accurse, le dernier des « glossateurs ». Selon la tradition, les disciples directs d'Irnerius furent les « quatre docteurs » de Bologne du milieu du XIIe siècle (Bulgarus, Martinus Gosia, Jacobus de Boragine, Hugo de Porta Ravennate), conseillers de l'empereur Frédéric Barberousse, mais il n'est pas certain que tous les quatre aient vraiment suivi les leçons du fondateur.

Œuvres rédigées

Sa Summa codicis est la plus ancienne somme conservée sur le Code de Justinien.

D'autres ouvrages lui ont été attribués de façon plus ou moins douteuse : les Authenticæ (épitomé de 97 novelles de Justinien), les Quæstiones de juris subtilitatibus. Un Formularium tabellionum est perdu.

Les Quæstiones de juris subtilitatibus ont été attribués à Irnerius par Hermann Fitting qui y voyait une œuvre composée à Rome vers 1082. Hermann Kantorowicz a critiqué les conjectures d'Hermann Fitting et proposé d'y voir une œuvre de jeunesse de Placentin, écrite à Mantoue vers 1160, avant le départ du glossateur pour Montpellier. Ginevra Zanetti a proposé une rédaction entre 1127 et 1137, à Ravenne ou à Bologne. Ugo Nicolini y a vu une rédaction en Italie, mais ailleurs qu'à Rome, entre 1122 et 1152. Ennio Cortese a proposé une rédaction à Plaisance ou Mantoue, vers 1160, mais a écarté d'en faire une œuvre de Placentin. Certains auteurs y ont vu un ouvrage composé par un français. André Gouron remarque que l'auteur des Quæstiones est un romaniste doublé d’un rhétoricien mais aussi un canoniste et la proximité entre les Quæstiones et la Summa Trecensis ainsi que la parenté entre la Summa Vindobonensis et les Quaestiones. André Gouron a fait de Géraud le Provençal, formé dans les écoles des régions d'Arles et de Saint-Gilles, l'auteur de la Summa Trecensis. Il cite Jean de Salisbury qui, dans son Metalogicon, cite deux de ses maîtres, Robert de Melun et un certain Albéric fanatique de la quaestio, deux disputatores d’un niveau inégalable. Albéric a été un universitaire parisien entre 1145 et 1160 ou 1165 qui aurait rédigé les Quaestiones de juris subtilitatibus qui sont un exercice de style que s’est plu à rédiger un dialecticien voulant montrer sa maîtrise du tissu juridique[5].

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI