Issa Tchiroma Bakary fait partie de la communauté peule[2],[3] et est originaire de la région du Nord[4]. Après ses études primaires, il intègre le Centre d'apprentissage de la Régie nationale des chemins de fer du Cameroun à Douala[2]. Il passe le baccalauréat en France en 1970 puis obtient ses diplômes d'ingénieur[2].
Carrière
Après des études dans le Nord puis en France, sa carrière débute à la Régie nationale des chemins de fer du Cameroun (Regifercam, ancêtre de Camrail). En y montant les échelons, il se rapproche des figures du parti[2].
À la suite de la tentative de coup d'état de 1984, il est emprisonné pendant 6 ans sans procès, en tant qu'élite du Nord supposément à l'initiative de ce mouvement[2].
Le , Issa Tchiroma Bakary démissionne du gouvernement[8] et, en moins de vingt-quatre heures, officialise sa candidature à l'élection présidentielle de 2025[9]. Il profite de la campagne pour dénoncer un pouvoir «corrompu et clanique» et s'excuse auprès de ceux qu'il critiquait lorsqu'il était ministre[3]. Décrit comme un tribun populiste, il profite du ras-le-bol que suscite la présidence de Paul Biya[3] et de l'invalidation de la candidature de Maurice Kamto par le Conseil constitutionnel[4].
Issa Tchiroma Bakary revendique la victoire à l'élection présidentielle de 2025, avant la proclamation des résultats officiels[10]. La Commission nationale de recensement des votes lui accorde 35,19% (derrière les 53,66% du président Biya). Issa Tchiroma Bakary conteste ces chiffres[11]. Alors que les résultats ne sont pas encore officiels, le président Biya lui propose le poste de Premier ministre mais Tchiroma Bakary refuse[12]. Le , le Conseil constitutionnel confirme les résultats de la Commission nationale de recensement des votes et Paul Biya est déclaré élu[13].
En , Issa Tchiroma Bakary quitte Garoua pour se retrouver à Banjul, la capitale gambienne, avec l'accord du gouvernement gambien. Ce dernier parle d'un accueil temporaire, motivé par des «raisons humanitaires» et pour «assurer [l]a sécurité» de Tchiroma[14].
Notes et références
↑Fabien Nkot, Dictionnaire de la politique au Cameroun, Canada, presses de l'université Laval, , 381p. (ISBN978-2-7637-3843-7), p.215
123Tanguy Berthemet, «Au Camerou, Issa Tchiroma, l'improbable opposant à Paul Biya», Le Figaro, no25234, , p.4 (ISSN0182-5852, lire en ligne, consulté le ).