Jacaratia spinosa

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Jacaratia spinosa
Description de cette image, également commentée ci-après
échantillon type de Jacaratia spinosa collecté par Aublet en Guyane
Classification de Cronquist (1981)
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Dilleniidae
Ordre Violales
Famille Caricaceae
Genre Jacaratia

Espèce

Jacaratia spinosa
(Aubl.) A.DC., 1864

Classification APG III (2009)

"Représentation graphique de la classification phylogénétique"
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Rosidées
Clade Malvidées
Ordre Brassicales
Famille Caricaceae
Genre Jacaratia

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Synonymes

  • Carica dodecaphylla Vell.
  • Carica spinosa Aubl. - Basionyme
  • Jacaratia actinophylla Pohl ex Solms
  • Jacaratia costaricensis I.M. Johnst.
  • Jacaratia dodecaphylla (Vell.) A. DC.
  • Jacaratia dodecaphylla fo. longiflora Hassl.
  • Jacaratia dodecaphylla var. lucida Hassl.
  • Papaya spinosa (Aubl.) DC.[1]

Jacaratia spinosa est une espèce d'arbre fruitier néotropical, appartenant à la famille des Caricaceae (la famille du papayer). C'est l'espèce type du genre Jacaratia (Aubl.) A.DC.

Au Suriname, on l'appelle Awara-oedoe (Sranan tongo), toekoemaw-oedoe (Paramaka), Somi-oedoe (Djuka)[2]. Au Brésil, on le nomme Jaracatiá, Mamãozinho, Chamburu, Mamoeiro-bravo ou Mamoeiro-de-espinho[3]. On le connaît aussi sous les noms de Yacaratiá en Argentine[4] et wild mango (Anglais)[5].

Jacaratia spinosa est un arbre dioïque à feuillage caduque (avant la floraison en saison sèche), ramifié uniquement dans la partie supérieure, avec une couronne ouverte et étroite, et produisant un latex abondant. Son tronc cylindrique, épais et non ligneux, atteint 8-20(-40) mètres de haut, pour 15-35(-100) centimètres de diamètre. L'écorce est lisse, gris pâle, dure, épaisse jusqu'à 2,5 cm. Le jeune tronc et les branches sont parsemés d'épines coniques, courtes et robustes. Le bois moelleux, blanc, extrêmement mou, peut être fendu à la petite cuillère.

Les feuilles sont alternes, composées palmées. Le pétiole glabre est long de ((5-)6 à 23(−25) cm). Les (3)5-12 folioles sont membraneuses, subsessiles, glabres et luisantes, mesurent (4,5-)6,5-16(-18) x (1-)2-5,5(-6) cm, de forme étroitement obovales, lancéolées ou elliptiques-oblongues, à apex aigu, acuminé ou ± obtus, et à base atténuée ou avec un pseudopétiolule, comportent l3-15 paires de nervures secondaires. La face adaxiale est glabre, vert foncé et ± brillante, avec nervure principale et secondaires imprimées, et des stipelles triangulaires bien visibles, longues d'environ mm. La face abaxiale est généralement glauque, de couleur beaucoup plus claire, parsemée de petits points noirs, avec les nervures secondaires légèrement saillantes, et les nervures tertiaires aplaties, et avec les stipelles formant un anneau denté large de mm.

L'inflorescence mâle est une panicule axillaire cymeuse glabre atteignant 20 cm de long (dont 6-12 cm pour le pédoncule), avec de petites bractées. Les fleurs staminées (mâles) sont verdâtres, avec un pédicelle long de 3-4 mm. Les 5 sépales ovales imbriqués, à apex obtus, mesurent environ 1 × 1,5 mm et forment un tube long de mm. Les pétales sont soudés à leur base en un tube long d'environ 7-10(-17) mm à l'intérieur poilu, avec des lobes mesurant 5-10 x 1,5-2 mm, de forme linéaires-ovales à étroitement elliptiques, à apex obtus, plus ou moins incurvé. Les étamines du verticille extérieur ont des filets, soudés, densément pileux, longs de 1 à 2 mm, et des anthères apiculées longues de 1,5 à 2 mm, et le connectif parfois prolongé. Celles du verticille intérieur ont des filets pileux, longs de 0,2 mm, avec des anthères longues de 1,5 à 2 mm et un connectif prolongé. On note l'existence d'un pistillode subulé, long d'environ 5-10 mm.

L'inflorescence femelle est réduite à une fleur pistillée, solitaire, axillaire, à pédoncule épineux long de 3-8 cm. Le tube du calice est glabre et long de 1 à 1,5 mm, avec des lobes ovales mesurant 1,5-2 mm. Le tube de la corolle atteint jusqu'à mm de longueur, avec des pétales verdâtres, lancéolés ou linéaires, longs de 20-35 mm, presque libres (seulement soudés à la base). L'ovaire est ovoïde, long de 20 mm, avec une stigmate linéaire, long de mm.

Le fruit est une baie glauque, devenant jaune orangé, de forme ellipsoïde à piriforme longue, à pulpe riche en latex, et mesurant 4-l0x 2,5-4,5 cm de longueur.

Il contient des graines noires ovoïdes, couvertes d'un sarco-testa visqueux, et un scléro-testa finement strié[3],[6],[2],

Répartition

Jacaratia spinosa est présent du Nicaragua, jusqu'au nord-est de l’Argentine et au sud du Brésil, en passant par El Salvador, le Pérou, l'Équateur, le Guyana, le Suriname et la Guyane. Il est étonnamment absent du Venezuela, de la Colombie et de la haute Amazonie[2]. Il serait cultivé localement dans le Sud du Mexique, et en Floride.

Écologie

Jacaratia spinosa est une espèce pionnière peu commune, à croissance rapide, qui pousse de façon clairsemée dans les forêts tropicales de terre ferme non inondée[3].

En Guyane, Jacaratia spinosa fleurit en Octobre et fructifie en Décembre et Mars[6].

Les fruits de Jacaratia spinosa sont consommés par une faune très variée : tapir[7], singe hurleur brun[8], pécari à lèvres blanches, pécari à collier, opossum à oreilles blanches, tégu noir et blanc, atèle laineux, humains, et de nombreux oiseaux[5].

On a étudié l'anatomie des feuilles de Jacaratia spinosa [9] et la biologie de la pollinisation de cette plante dioïque[10], et le rôle des colibris (notamment Chlorostilbon aureoventris) dans celle-ci[11].

Les rongeurs jouent un rôle important dans la dissémisnation des graines de Jacaratia spinosa au Costa Rica[12].

Culture

Jacaratia spinosa est rarement cultivé, pour la production de fruits ou à des fins ornementales, mais cette espèce très rustique, à croissance extrêmement rapide, mériterait d'être cultivée dans des vergers domestiques ou commerciaux. On peut la multiplier par graines uniquement[3].

On a mis au point des méthodes efficaces pour éliminer le mucilage du sarco-testa des graines, car ce dernier réduit leur capacité germinative[13].

On a testé la résistance de ses graines aux champignons phytopathogènes (notamment Rhizopus, Penicillium, Fusarium et Aspergillus)[14]. Il en résulte que l'élimination du sarco-testa est essentielle pour obtenir des graines de bonne qualité sanitaire[15].

On a recherché les substrats de culture les plus propices à sa germination[16] et sa croissance[17].

La culture in vitro de Jacaratia spinosa a aussi été étudiée[18].

Utilisations

Marcgrave déclarait à son époque que les fruits verts donnaient un latex astringent qui contracte la langue, mais que ceux tombés à pleine maturité sont consommables crus ou cuits. Aublet mentionne que le latex produit des cloques sur la peau. Pio Correa rapporte que le latex des fruits frais fait gonfler les lèvres de celui qui les mange, mais que légèrement grillées, elles sont agréables[2].

En définitive, les fruits de Jacaratia spinosa sont comestibles cuits ou crus (mais il est recommandé dans ce dernier cas inciser la peau pendant un certain temps pour éliminer l'abondant latex). Une étude de la toxicité d'extrait de fruits de Jacaratia spinosa suggère qu'une consommation de fruits frais en grande quantité ou pendant une longue période peut avoir des effets néfastes sur la santé[19]. Les fruits verts peuvent être utilisés pour la confection de confitures ou cuits comme légumes[20]. On recommande plutôt les fruits très mûrs (qui viennent de tomber de l'arbre), qui peuvent être utilisés dans la préparation de bonbons « jaracatiada-cascão », de fruits secs, de gelées ou de liqueurs. Ils peuvent servir à la fabrication de crèmes glacées et de mousses, en raison de leur couleur intense et de leur arôme agréable. Les fruits confits « tâmara de jaracatiá » présentent notamment un très fort potentiel commercial. Les fruits de Jacaratia spinosa ont été étudiés sous diverses approches (propriétés physiques, physico-chimiques, phytochimiques, biologiques, capacité de conservation et éventuellement toxicologiques), pour faciliter leur commercialisation[21],[22].

Alors que la plupart des bois soit à la base indigeste pour l'homme en raison de leur teneur élevée en lignine, celui de Jacaratia spinosa ne contient très peu de lignine, environ 10 % de cellulose, et le reste est principalement constitué d'eau. Aussi, le "bois", ou plutôt la moelle des racines, de la tige et des branches épaisses de Jacaratia spinosa, est également comestible, et sert pour divers usages[3]. En Argentine, on la consomme légèrement grillée, comme les fruits (pour inactiver le latex), et est servi comme un mets délicat dans les restaurants. Au Brésil on la prépare imbibée de miel ou de sirop, sous forme de bonbons au chocolat ou sous forme de confiture, de gelée aromatisées à la "sciure de bois". Le bois est doux et fibreux et son goût a été comparé aux châtaignes[5]. Dans l'État de São Paulo, la moelle râpée est traditionnellement ajoutée à la cassonade, ce qui lui donne une texture et une saveur agréables. On la consomme sous forme de bonbons au sirop, de tablettes, de gâteaux, de pain et de farofa croustillante[3]. Des analyses ont révélé que cette moelle est une excellente source de potassium[23],[24].

Les fruits sont signalés comme remède contre divers types de maladies[2].

Les extraits de feuilles et d'écorce de Jacaratia spinosa montrent une activité microbienne contre les souches bactériennes Gram-positives et Gram-négatives, et sont une source naturelle prometteuse de nouvelles substances[25]

En Guyane, les Busi nenge ont pour usage de consommer les larves de développant dans les troncs morts de Jacaratia spinosa.

Protologue

Notes et références

Voir aussi

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