Jacqueline Picoche

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Nom de naissance
Jacqueline Marie-Louise Henriette PicocheVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jacqueline Picoche
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Nom de naissance
Jacqueline Marie-Louise Henriette PicocheVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jacqueline Picoche, née le dans le 14e arrondissement de Paris[1] et morte le à Saint-Brevin-les-Pins[2], est une linguiste française spécialiste de la lexicologie.

Professeure honoraire de l'Université d'Amiens, membre titulaire du Conseil international de la langue française (CILF), elle est auteure de nombreux ouvrages et articles marquants dans les domaines du français médiéval ainsi que du lexique français (objet principal de ses recherches) : en prolongement de ses travaux théoriques, elle en préconise un enseignement systématique. Elle a élaboré avec ses collaborateurs une méthode pédagogique offerte au monde enseignant par le site Vocanet[3]. Pour son ouvrage Histoire de la langue française (en collaboration avec Christiane Marchello-Nizia), elle a été couronnée en 1990 par l'Académie française du prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises[4].

Née dans une famille d'enseignants[5], Jacqueline Picoche entre en 1947 à l'École normale supérieure de jeunes filles[6] et en sort agrégée de grammaire en 1952. S'ensuivent douze années de professorat dans différents lycées où elle enseigne le français, le latin et le grec dans des classes de tous niveaux, de la 6e à la terminale, avant d’être nommée assistante au Collège universitaire de Lille Amiens[7],[8].

Elle soutient ensuite deux thèses de lexicologie, en 1968 (Un vocabulaire picard d’autrefois) et 1972 (Le vocabulaire psychologique dans les chroniques de Froissart), et devient professeure de l’Université de Picardie à Amiens où se poursuivra toute sa carrière. Elle occupe parallèlement pendant de nombreuses années, au sein de l'Université, le poste de Directrice du Centre d’Études Picardes[9].

Membre titulaire du Conseil International de la Langue Française depuis 1984 (1ère femme élue au sein de cette institution), elle a aussi été membre du Conseil supérieur des Universités, du Groupe d'Études en Histoire de la Langue Française, de l'association Avenir de la Langue Française, de l'Association pour l'Information et la Recherche sur les Orthographes et les systèmes d'Écriture (AIROE)[10], puis de l’EROFA (Études pour une rationalisation de l'orthographe française d'aujourd'hui)[11].

Elle décède le 4 [12].

Travaux

Jacqueline Picoche consacre ses deux thèses de doctorat à des questions lexicales : une monographie dialectale sur le lexique d’un village picard (Ételfay, dans la Somme), à la fois étude lexicologique et glossaire étymologique[13], et une étude synchronique et systématique du vocabulaire de Jean Froissart, auteur de l’époque médiévale (XIVe siècle), travail à partir duquel elle produira en 1976 (vol. 1) et 1984 (vol. 2) : Le vocabulaire psychologique dans les chroniques de Froissart, puis, en 2006, un Dictionnaire des chroniques de Froissart publié en ligne sur le site de l’ATILF (Unité mixte de recherche du CNRS et de l’Université de Lorraine)[14],[15].

Parallèlement, elle publie en 1971 la première version de son Dictionnaire Étymologique du Français, lequel deviendra un ouvrage de référence souvent cité dans de nombreux livres, articles, études et ressources en ligne, et qui sera réédité régulièrement durant plus de trente ans par les « Usuels » du Robert (avec la collaboration de Jean-Claude Rolland pour les deux dernières éditions)[16].

Dans Structures sémantiques du lexique français (1986), qui succède à son Précis de lexicologie française (1977), elle s’attache à démontrer que la polysémie est un caractère fondamental du lexique et qu’il est essentiel d’en tenir compte dans son enseignement[17],[18],[19],[20].

Confortée dans cette direction depuis la parution, à partir de 1981, de l’ouvrage d’Étienne Brunet Vocabulaire français de 1789 à nos jours (ouvrage de statistique linguistique révélant le classement des mots selon leur fréquence)[21],[22], elle consacre dès lors l’essentiel de ses recherches à l’enseignement du lexique, qu’elle considère être le parent pauvre des instructions officielles pour les niveaux primaire et secondaire.

En 1989, elle publie toutefois, en collaboration avec Christiane Marchello-Nizia, l’ouvrage Histoire de la langue française, relevant ainsi le défi « de faire tenir en un volume relativement léger une histoire qui aborde tous les aspects de la langue française ». Ce travail sera couronné par l’Académie française qui décernera aux auteurs un « Grand prix du rayonnement de la langue française »[4],[23],[24],[25],[26].

Jacqueline Picoche publiera ensuite Didactique du vocabulaire français (1993), conçu pour les enseignants du collège, avec exercices et corrigés[27],[28],[29].

Puis en 2000, aboutissement de ses recherches en didactique du vocabulaire, elle produit (en collaboration avec Jean-Claude Rolland) un important ouvrage pédagogique destiné aux enseignants du français, le Dictionnaire du Français usuel (DFU), lequel présente en contexte syntaxique 15 000 mots utiles, étudiés en 442 articles. Ce dictionnaire servira plus tard de base à la méthode pratique d’enseignement du vocabulaire qui sera mise en place, notamment, sous la forme du site internet Vocanet. (Le DFU fera l’objet en 2012, par Jean-Claude Rolland, d’une version réduite à 7500 mots sous le titre Vocalire, les 7500 mots essentiels du lexique français)[30],[31],[32],[33],[34],[35],[36],[37],[38],[39].

Publications

Notes et références

Voir aussi

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