Jacques-Anne-Nicolas Chartier
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Jacques-Anne-Nicolas Chartier, né à L'Hôtellerie-de-Flée, était un homme politique français, député.
Origine et famille
Feudiste au début de la Révolution française, il est le fils de Jean Chartier, marchand fermier à la Derothaie (Hôtellerie-de-Flée), et de Jacquine Jarry, qui avaient acquis les Hautes-Valles (Ménil). Il avait un frère nommé Joseph-François, et deux sœurs, 1794. Il était par sa femme, Victoire-Jeanne Esnue-Lavallée, le beau-frère d" François-Joachim Esnue-Lavallée.
Archiviste
Il travaillait aux archives d'Hauteville lorsqu'elles furent livrées aux flammes le . En 1790, il quittait l'étude des chartriers pour se livrer à la politique révolutionnaire et se faire, à l'exemple de son beau-frère, le représentant du jacobinisme dans le Craonnais.
Révolution française
Il est nommé, au mois de , procureur-syndic du directoire du district de Craon, puis élu secrétaire de l'assemblée réunie en l'église de Notre-Dame de Mayenne pour envoyer des députés à la Convention nationale, le , Chartier fut continué dans ses fonctions de syndic au mois de novembre suivant et détermina, le , le Directoire à rejeter les propositions de fédéralisme qui lui étaient faites par les corps constitués de Laval. En récompense il fut nommé agent national, et maintenu dans cette charge par René François-Primaudière au mois de germinal an II (mars et ). La terreur qu'il exerçait à Craon par la Société populaire qu'il avait créée en cette ville n'empêcha pas Jean-François Boursault-Malherbe de le nommer juge du tribunal du district, le 5 brumaire an III (). Il écrivait le 25 fructidor an III, à la Commission des Onze accepter la Constitution française[1].
Dans la nuit du 29 au 30 germinal an III ( et ), Chartier fut désarmé, avec les terroristes de Craon dont il était le chef, sous l'inculpation « d'avoir gouverné par la terreur, jeté l'effroi et le découragement dans les campagnes ; toléré et encouragé par son silence le brigandage des grenadiers, au mois d'août 1792, enfin d'avoir été le zélé partisan de la faction Robespierre. » Ses armes lui furent rendues par arrêt du directoire du district (5 floréal), et la Société populaire le choisit pour son président, le 5 messidor.
Aux Élections législatives de 1798, il est nommé député au conseil des Cinq-Cents, Chartier en fut exclu par la Loi du 22 floréal an VI. Après avoir été évincé du Conseil des Cinq-Cents, il proteste le 22 floréal contre l'injure qui lui est faite, et envoie un certificat de son civisme donné par la municipalité de Craon qui rappelle toutes les fonctions qu'il a remplies et son titre d'acquéreur de biens nationaux[2].
Jacques Chartier est l'acquéreur national du Domaine de la Touche à Mée. Il est rançonné par les Chouans, le .
Son nom n'apparait pas dans l'ouvrage : « Jacques-Anne-Nicolas Chartier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] commé député.
Famille
Il est le père d'Urbain Chartier du Boullaye est né le à Craon, décédé à Mée. Il est avocat, docteur en droit et propriétaire à Craon, et époux d'Aimée Douaud.
- François-Jean Esnue, sieur de la Vallée x René Curis
- François-Joachim Esnue-Lavallée
- Victoire Jeanne Esnue-Lavallée x Jacques-Anne-Nicolas Chartier du Boullaye
- Urbain Chartier x Aimée Douaud
Urbain Chartier se présente aux Élections législatives de 1831 et aux Élections législatives de 1848 dans la Mayenne. En 1832, devenu opposant à la Monarchie de Juillet, et alors membre du conseil d'arrondissement de Château-Gontier, il envoie sa démission[3] au Ministre de l’intérieur, ne voulant en aucune façon, dit-il, participer à l’exécution des actes qui émaneront du nouveau ministère (le Gouvernement Jean-de-Dieu Soult[4]. Urbain Chartier est le signataire avec Pierre François Goussin-Lacroix et Émile Jamet, le de la souscription de soutien au journal La Tribune, journal qui est alors l'organe quasi-officiel de la Société des droits de l'homme[5]. Il est conseiller municipal et capitaine de la Garde nationale de Craon en 1835[6].
Les rapports administratifs du département de la Mayenne[7] indique que le Sous-préfet de Château-Gontier, représentant du Gouvernement de la Monarchie de Juillet, signale CHARTIER Urbain, à Craon, qui pendant longtemps a dû être affilié à des Sociétés Secrêtes de Paris, mais qui depuis des années semble s'occuper beaucoup moins de politique.[8].
Sources
- « Jacques-Anne-Nicolas Chartier », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. I et IV. Article Chartier (Jacques-Anne-Nicolas).

Notes et références
- ↑ « Je soussigné, écarté de l'Assemblée primaire du canton de Craon où les patriotes ont essuyé toute espèce de désagrément et traité de coquins, déclare accepter la constitution française en ce qu'elle garantit la propriété des personnes, de la pensée, de la vie, de la liberté et des biens. Je déclare voter pour que les deux tiers des membres de la Convention entrent dans le corps législatif, comme aussi pour que la Convention organise, avant la fin de sa session, toutes les administrations et en nomme les fonctionnaires, pris dans la classe des vrais patriotes de 1789, afin d'ôter tout espoir au royalisme, à l'anarchie et au fanatisme » (Archives nationales, C. 230).
- ↑ Archives nationales, AFIII, 247.
- ↑ La lettre suivante a été adressée, de Craon (Mayenne), le 15 octobre, a M le ministre de l’intérieur : « M. le ministre, Nommé, peu de temps après la révolution de juillet, membre du conseil d’arrondissement de Château-Gontier, j’acceptai provisoirement, en l'absence et dans l’attente prochaine d’une bonne loi départementale, ayant pour base l’élection directe et par canton. Depuis le 13 mars, quelque rétrograde que fut la marche du ministère, beaucoup de bons citoyens conservaient toujours l’espoir, que j’avais déjà perdu moi-même, d’un retour aux principes de juillet et de la réalisation des promesses de cette époque. Mais aujourd'hui que l’illusion doit cesser pour tout le monde, en présence d’un ministère nouveau, dans lequel on voit figurer, avec les hommes qui inventèrent le système de la quasi légitimité, ceux qui voulaient conserver à Charles X le titre de roi, et ceux qui demandaient ingénument naguère ce que c’est qu'un carliste, je m’empresse de vous adresser ma démission, ne voulant en aucune façon participer à l’exécution des actes qui émaneront de ce ministère.» Agréez , etc. Urbain Chartier. »
- ↑ Gazette de Metz (Metz), 24 octobre 1832.
- ↑ La Tribune des départemens, 14 décembre 1833
- ↑ Le Charivari : publiant chaque jour un nouveau dessin, (Paris), 22 mai 1835.
- ↑ Archives départementales de la Mayenne, M. 937.
- ↑ Marius Lepage, Histoire de la Franc-maçonnerie dans la Mayenne (1756-1951). Le Mans, Imprimerie Monnoyer, 1951. (avec la collaboration d'André Bouton)