Jacques Baynac
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Jacques André Baynac |
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Jacques Baynac, né le à Agen (Lot-et-Garonne) et mort le à Cahors (Lot), est un historien, romancier, documentariste et scénariste français. Proche du cinéaste Jean-Luc Godard[1], de l'écrivain Daniel Pennac[2] et du journaliste Edwy Plenel[3], sa trajectoire a été marquée par un oscillement entre un engagement aux côtés des organisations troskystes et, parallèlement, aux côtés de plusieurs créateurs de sa génération.
Origines familiales
Jacques Baynac naît en 1939 à Agen dans une famille d'enseignants très tôt résistants : son père, socialiste, est capitaine dans le groupe Veny en Lot-et-Garonne, et son oncle, qui est un des trois dirigeants des jeunesses communistes, est exécuté au Mont-Valérien en . Jacques Baynac est proche du communisme de conseils et reste ensuite fidèle au socialisme libertaire radical. Il suit des études d'histoire à l'École pratique des hautes études.
Exil au moment de la guerre d'Algérie
Âgé de 21 ans en 1960 et appelé sous les drapeaux mais refusant de combattre en Algérie, Jacques Baynac s'exile en Suisse où il rejoint des milintants communistes. Il demeure six ans à l'étranger. De cette période au cours de laquelle, selon ses propres dires, il a vécu, travaillé et également milité dans « sept pays sur trois continents »[4], il revient « vacciné contre la révolution sur le modèle léniniste »[5]. Il adhère en revanche aux mouvements trotskystes (opposés aux léninistes) et intègre la Quatrième internationale trotskyste[3], bientôt appelé à devenir le mouvement dit "lambertiste".
Vie politique en France
De retour en France en 1966, il est employé pendant deux ans à la librairie La Vieille Taupe de Pierre Guillaume (1966-1968), participant au groupe politique informel du même nom, puis rompt définitivement en 1969 avec Guillaume et son groupe[6]. En , il participe activement aux manifestations[7] et au développement des réseaux trotskystes qui accompagnent cette période[8], après laquelle il se lie avec Lionel Jospin.
En , il est à l'origine de l'article « La gangrène », qui sera publié en dans le quotidien Libération, cosigné par des anciens de la Vieille Taupe et qui dénoncent alors la dérive tendanciellement négationniste du nouveau groupuscule reconstitué par Pierre Guillaume sous ce même nom[9].
Activités pour l'édition et la télévision
Jacques Baynac s'est efforcé de démystifier l'histoire de la Révolution russe, et a consacré de nombreuses années à ses recherches sur Jean Moulin. Son livre Les Secrets de Jean Moulin, paru en 1997, a suscité diverses polémiques, lui valant divers procès. Dans cet ouvrage, Jacques Baynac avance qu'avant la guerre et au moins jusqu'en , Jean Moulin était en relation avec plusieurs membres de la IIIe Internationale, dont Louis Dolivet[10].
En 2007, il publie un nouvel ouvrage de 900 pages sur le même sujet, Présumé Jean Moulin[10]. Le livre, basé sur des archives inédites, montrent notamment les nombreuses divergences qui existaient entre Jean Moulin et le général de Gaulle[11], contrairement à la vision qu'en présente le roman national français. Le livre remet notamment en cause certaines versions présentées par Daniel Cordier, ancien secrétaire particulier de Jean Moulin, responsable du classement des archives des services secrets français après la guerre. Une enquête de Vanity Fair confirmera la présentation des faits de Jacques Baynac au détriment de celle de Daniel Cordier[12].
Également producteur et réalisateur de documentaires, proche de Pierre-André Boutang, alors directeur des programmes de la chaîne culturelle franco-allemande Arte, il a aussi écrit six films de moyen métrage formant la série « Histoires russes », diffusés sur Arte et par d'autres télévisions étrangères.
Décès
Jacques Baynac meurt le à Cahors[13], à l’âge de 84 ans[14].
Publications
Ouvrages historiques
- Kamo, Fayard, 1972. Traduction italienne éditions Bompiani, Kamo, L'Uomo di Lenin, 1974
- Sur 1905 (avec Laura Engelstein, René Girault, E. L. Keenan et Avraham Yassour) Champ Libre, Paris, 1974 (ISBN 2-85184-010-X)
- La Bande à Baader, préface sous le pseudonyme Emile Marenssin, Champ Libre, Paris, 1974, traduction allemande éditora Queimada, Haarlem, 1974, traduction italienne edizioni buco, 1976
- La Terreur sous Lénine (1917-1924) (avec Alexandre Skirda et Charles Urjewicz), Sagittaire, 1975. Rééditions : Livre de Poche, 2003, 385 p. (ISBN 2-253-94349-5) ; L'échappée poche, 2023, 377 p. ; traduction espagnole Tusquets Editor, 1978
- Jan Valtin (pseudonyme de Richard Krebs), Sans patrie ni frontières ((en)Out Of The Night), postface de Jacques Baynac. (Mémoires), J.-C. Lattès, 1975
- Ravachol et ses compagnons, tableaux de Flavio Costantini, Le Chêne, 1976 (ISBN 978-2-85108-088-2)
- Mai retrouvé. Contribution à l'histoire du mouvement révolutionnaire du au , Robert Laffont, 1978, traduction espagnole Acuarela & A. Machado, 2016 (ISBN 9782221211403)
- Les Socialistes-révolutionnaires ( - ), Robert Laffont, 1979, réédition en 1992 (ISBN 2-221-00388-8)
- Le Roman de Tatiana, biographie de Tatiana Leontiev, Denoël, 1985, traduction américaine (ISBN 978-2-207-23158-6)
- La Révolution gorbatchévienne, Arpenteur/Gallimard, 1989 (ISBN 2-07-078004-X)
- Les Secrets de l'affaire Jean Moulin, Le Seuil, 1998 (ISBN 2-02-037172-3)
- Présumé Jean Moulin (1940-1943), Grasset, 2007 (ISBN 978-2-246-62811-8)
- L'Amie inconnue de Jean Moulin, Grasset, 2011 (ISBN 978-2-2467-5741-2)
Roman
- Le Cheval blême, Denoël, 1998 (ISBN 2207234665)