Jacques Frédéric Kirstein
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Jacques Frédéric Kirstein, né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un orfèvre en argenterie et ciseleur actif à Strasbourg au début du XIXe siècle[1].
Fils de l'orfèvre Jean-Jacques Kirstein, il effectue son apprentissage chez Georges Frédéric Imlin et chez son père. Il s'installe en 1795 et se marie la même année à Strasbourg avec Suzanne Barbe Kraemer (1774-1807), la fille d'un orfèvre en argenterie, Carl Philipp Kraemer. Le couple a quatre enfants, dont Joachim-Frédéric Kirstein. Après son veuvage, il se remarie en 1808 avec sa cousine Marie Louise Griesinger (1780-1845), fille de pasteur. Ils ont deux enfants, dont le peintre Gustave Adolphe Kirstein[1].
Œuvre
Dans l'atelier paternel il a appris le travail des métaux, puis se tourne vers la ciselure. Habile dessinateur, il fait de rapides progrès et sa réputation devient bientôt européenne. S'étant formé lui-même par le travail et l'observation, il n'a pas eu l'occasion de voyager pour étudier les chefs-d'œuvre de l'Antiquité, une lacune de son éducation artistique qu'il a souvent regrettée. Il aborde néanmoins le genre classique en concevant des vases et des coupes monumentales"[2].
Par ailleurs, c'est un grand chasseur, amateur de courses pédestres dans les Vosges et la Forêt-Noire, il puise volontiers ses modèles dans la nature, les paysages et les animaux pris sur le vif. Ces sujets pittoresques lui servent à orner tabatières, médaillons et broches, ouvrant ainsi une approche originale[2].
Collections
Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg
Le cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg détient de nombreux dessins d'orfèvrerie : particulièrement des scènes de chasse, des animaux, des cavaliers, mais aussi des coupes, des vases et divers motifs décoratifs[3].
Musée historique de Strasbourg
Le musée historique de Strasbourg expose les clés de la Ville de Strasbourg présentées à Napoléon lors son entrée dans la ville le , à son retour d'Austerlitz, puis à Charles X en 1829, à Napoléon III en 1852, également au président Poincaré en 1918. Réalisées par Jacques Frédéric Kirstein vers 1805, elles sont couchées sur un coussin de velours rouge, lui-même déposé sur un présentoir dû à François Daniel Imlin. Les deux illustres dynasties d'orfèvres strasbourgeois, les Kirstein et les Imlin, sont ainsi représentées[4].
Le même musée présente une coupe offerte par les habitants de Strasbourg en reconnaissance des services rendus par le préfet du Bas-Rhin, Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814), pendant le blocus de 1814[5].
- Clés de la Ville de Strasbourg (vers 1805).
- Coupe offerte à Adrien de Lezay-Marnésia (1815).
Musée des Arts décoratifs de Strasbourg
Le musée des Arts décoratifs de Strasbourg conserve son chef-d'œuvre, un grand vase couvert d'une hauteur de 75 cm. Le piédouche porte la signature et la date « Composé et exécuté par Kirstein Orfèvre à Strasbourg 1825 ». Le bas-relief est également signé : « par Kirstein d'après Thorwaldson ». L'artiste strasbourgeois copie en effet la frise en stuc, très connue à l'époque, que Thorvaldsen réalisa en 1812 pour l'appartement de Napoléon dans le palais du Quirinal à Rome. Elle représente le triomphe d'Alexandre le Grand à Babylone. La ville de Strasbourg acquiert aussitôt ce vase qui est présenté comme pièce d'apparat à l'hôtel de ville. Kirstein l'expose à Paris, au salon de 1834, où il est salué par le public, notamment pour les techniques manuelles traditionnelles utilisées. Le vase revient au musée en 1842[6].
Le MAD expose également une saucière sur son présentoir, une cafetière[7], une paire de salières[8], deux coupes couvertes avec leur plateau, l'une de 1815[9], l'autre de 1821[10], une pipe et son cure-pipe dans leur gainage d’origine[11], deux calices et leur patène[12], une boîte à hosties de 1838, attribuée à Jacques Frédéric ou à Joachim Frédéric[13], une pince à gâteaux ciselée et gravée[14].
- Saucière avec présentoir.
- Cafetière.
- Paire de salières.
- Coupe couverte avec présentoir (1815).
- Pipe ornée d'une scène de chasse à courre (vers 1819).
- Coupe couverte avec présentoir (1821).
- Calice et patène de 1830.
- Trois coupelles à motifs animaliers (1838).
- Boîte à hosties (1838) par Jacques-Frédéric ou Joachim-Frédéric.
- Pince à gâteaux.
Le musée présente également des bas-reliefs ciselés représentant des animaux ou des sujets de chasse[1], tels que La Remise de chevreuils[15] ou Le Brame du cerf[16], dont s'inspira aussi Charles Raeuber.
- La Remise de chevreuils.
- Le Brame du cerf.
- Lion et lionne.
Les collections du musée des Arts décoratifs de Strasbourg comprennent en outre un album de dessins, la médaille d’or qui lui a été décernée au Salon de 1810, ainsi qu'une étiquette de firme imprimée en or sur papier violet foncé avec la mention « Ciselure au repoussé, Médaille d’or 1834[1]».
De nombreuses autres pièces sont conservées dans des collections particulières.