Jean Pausader participe à la création en 1885 du Groupe cosmopolite qui édite un journal, La Révolution cosmopolite et se fait remarquer par une action de commémoration de la Commune en . C'est à cette période qu'il choisit de militer sous le pseudonyme de Jacques Prolo[2].
Ses activités anarchistes lui valent d'être inquiété par la police et l'obligent à se réfugier à Londres en 1894, après avoir été suspecté d'une tentative d'attentat contre le siège parisien de la société des mines de Carmaux, la bombe explosant finalement dans un commissariat.
Jacques Prolo en 1906 lisant le journal Le Flambeau.
Collaborateur du quotidien L'Aurore à partir de 1906, il adhère alors aux idées des républicains-socialistes, réformistes et hostiles aux socialistes révolutionnaires. Il est notamment secrétaire de la fédération de la Seine du Parti républicain-socialiste dès 1911[3] et anime ce parti aux côtés d'Alexandre Zévaès et Albert Orry[4]. Il collabore au périodique de ce parti, Le Républicain socialiste, dont Zévaès est le rédacteur en chef. Il est candidat aux législatives en 1914 à Paris, mais sans succès; il n'obtient que 4% des suffrages exprimés[5].
Durant la Première Guerre mondiale, Jacques Prolo continue à critiquer le socialisme allemand et la SFIO. Il prône la poursuite de la guerre et dénonce le pacifisme[6]. Prolo, avec Zévaès, dirige un hebdomadaire fondé en 1917, L'Effort, qui combat les socialistes de la SFIO[7]. Il en est le rédacteur en chef[8]. Les deux hommes fondent en 1917 le Parti socialiste national, qui se veut à la fois socialiste et nationaliste, germanophobe[9]. Ce parti connaît un éphémère et très relatif apogée en 1919, avec l'appoint de Gustave Hervé et de son périodique La Victoire[10],[11]. Maurice Maréchal, ancien de La Guerre sociale (l'ancien nom de La Victoire d'Hervé) se moque de Prolo et de ce parti dans son journal Le Canard enchaîné[12].
De fait, Jean Pausader va collaborer jusqu'à sa mort au Réveil économique, l'organe de l'UIE, y publiant des articles signés «J.K.»[16]. Il collabore aussi au quotidien parisien L'Avenir, commandité par Ernest Billiet. Il y suit notamment l'actualité du conseil municipal de Paris[17],[18]. Parallèlement, il anime et dirige un hebdomadaire, L'Echo municipal[19], hostile aux socialistes SFIO[20].
Il s'est présenté sans succès aux élections municipales en 1929 à Paris, dans le quartier de la Sorbonne, avec l'étiquette de socialiste indépendant, contre le sortant Raoul Brandon, républicain socialiste et député[21],[22]. Ce dernier s'est plaint en 1928 au conseil municipal d'être attaqué sans cesse par L'Echo municipal[23].
Constance Bantman, Anarchismes et anarchistes en France et en Grande-Bretagne, 1880-1914: Échanges, représentations, transferts, Thèse de doctorat en langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes, Université Paris 13 Nord, 2007, texte intégral.