Parti socialiste national
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Nom donné à plusieurs partis politiques français dont les deux principaux sont :
- Parti socialiste national : petit parti créé par Pierre Biétry en 1902, ceci jusqu'en 1903, à partir de la Fédération nationale des Jaunes de France (FNJF), qui regroupait les syndicats « jaunes » (voir syndicalisme jaune), c'est-à-dire antimarxistes. Ce mouvement obtient le soutien d'anciens amis de Paul Lanoir, de syndicats agricoles, de la Ligue de la patrie française, d'anciens boulangistes de gauche, d'antisémites et d'antidreyfusards ;
- Parti socialiste national créé en par Alexandre Zévaès et Jacques Prolo, issus notamment du Parti républicain-socialiste et animateurs du périodique L'Effort, hostiles au socialisme allemand et à la SFIO[1], rejoints en 1919 par Jean Allemane[2] et en août de la même année par Gustave Hervé qui voulait créer un parti du même nom pour regrouper les socialistes patriotes, réformistes et anticommunistes[3]. Zévaès collabore un temps au périodique d'Hervé, La Victoire.
Ce petit parti devient à la fin de l'année 1919 une composante du Bloc national. Le secrétaire général du Bloc, Albert Orry, ancien du Parti républicain-socialiste, en est issu[4]. Le Parti socialiste national n'a cependant qu'un seul député, Jean Erlich, issu de la SFIO, élu président lors du congrès du parti en 1920 ; Zévaès est quant à lui réélu secrétaire général[5]. Le parti tient ce congrès en 1920 sans Gustave Hervé tandis que Zévaès présente son programme dans le quotidien L'Éclair d'Émile Buré[6]. Sa fédération de la Seine, autour notamment de Zévaès et Prolo, tient quelques réunions après 1920[7] mais le parti disparaît rapidement.
À l'exception d'Yves Billard, auteur d'une thèse sur le Parti républicain-socialiste, les historiens insistent surtout sur le rôle, l'action et la personnalité de Gustave Hervé, notamment son biographe Gilles Heuré (Gustave Hervé : itinéraire d’un provocateur, 1997), et sur la problématique du fascisme français. Certains historiens, comme Zeev Sternhell, présentent ce parti comme un « groupuscule fasciste »[8], d'autres, tel Shlomo Sand, comme « la première tentative avortée de proto-fascisme français », par ailleurs philosémite et prosioniste[9].
Gustave Hervé a recréé un mouvement du même nom en novembre 1927, présenté lors d'un meeting salle Wagram. Son « socialisme » est anticommuniste et antimarxiste, opposé à la lutte des classes, au laïcisme et à « l'école sans Dieu », patriote, réformiste. Antiparlementaire, Hervé préconise une révision de la constitution qui donnerait des pouvoirs à un chef[10],[11]. Ce parti devient la Milice socialiste nationale en 1932, d'où est issu le Francisme de Marcel Bucard.