Jacques Vernant
sociologue du politique français
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Jacques Adolphe Arnold Vernant est un résistant, agrégé de philosophie, sociologue, diplomate, et espion français du KGB sous le nom de code "Fiodor", né le à Paris et mort le dans la même ville.
| Secrétaire général Centre d'études de politique étrangère (d) | |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 72 ans) Paris |
| Pseudonyme |
Fiodor |
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| Famille | |
| Père |
Jean Vernan (d) |
| Fratrie |
| A travaillé pour |
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Famille
Il épouse en 1939 Elena Cassin(1909-2011) qui suivait comme lui les cours de Marcel Mauss[1]. Le couple aura deux enfants.
Carrière
Licencié en droit et agrégé de philosophie en 1935 où il est reçu premier du concours, il est pensionnaire de la Fondation Thiers et élève de Marcel Mauss. Il consacre les trois années suivantes à des travaux de sociologie religieuse et d’ethnologie.
Nommé en 1938 professeur au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg, il est mobilisé dans l’infanterie motorisée. Démobilisé après la défaite il enseigne la philosophie sous l’Occupation dans différents lycées de province. Jean Cavaillès et le couple Raymond et Lucie Aubrac l’orientent avec son frère Jean-Pierre vers le mouvement de résistance Libération. Il devient en 1945 chef de cabinet du commissaire de la République à Marseille Raymond Aubrac.
Louis Joxe et Jean Dennery, futur administrateur général de la Bibliothèque nationale, lui propose de prendre sous la direction de Maurice Pernot le poste de secrétaire général du Centre d’études de politique étrangère créé en 1935 et réanimé en 1945[2].Il en dirige la revue Politique étrangère jusqu’en 1979.
En 1956 il est nommé directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales il dirigera notamment les thèses de doctorat de Philippe Rondot et Samy Cohen
Espion du KGB
C’est L'Express[3] qui révèle dans un article grâce à des documents de Vassili Mitrokhine, un colonel soviétique passé au Royaume-Uni en 1992 avec des milliers de pages de secrets du KGB surnommées « les archives Mitrokhine ». En , dix ans après la mort de Mitrokhine, ses archives sont rendues consultables au Churchill Archives Centre (en) à Cambridge[4].
Coauteur avec l'historien Christopher Andrew (professeur à l'université de Cambridge) de plusieurs ouvrages sur le KGB basés en grande partie sur ses archives Mitrokhine dont Le KGB contre l’Ouest, qui mentionne que Fiodor, alias Jacques Vernant, "transmet des informations sur les Etats-Unis, l’Otan et la Chine depuis 1946", ce qui lui vaut d'être décoré de deux médailles soviétiques, l’Ordre du Drapeau rouge et en 1982 l’Ordre de l'Amitié. « Vu ce qui est écrit sur son compte, il apparaît clair que Vernant était un agent du KGB, et un agent important », estime Cyril Gelibter, docteur en science politique à Paris-Sorbonne, à l’origine de cette révélation.
On prête à Vernant notamment à la suite d'un article signé X intitulé "Faut-il réformer l’Alliance atlantique ?", l'origine de la sortie par la France du commandement intégré de l’Otan le .
Il fut avec Philippe Grumbach un des plus importants espions soviétiques français de la deuxième moitié du XXe siècle.
Œuvres
Outre la revue qu'il dirigeait, il fut l’auteur de nombreuses publications dans les Annales, la Revue du Tiers-Monde
- Les Relations internationales à l'âge nucléaire