Jacques Villeret

acteur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jacques Villeret, né Jacky Boufroura le à Tours (Indre-et-Loire) et mort le à Évreux (Eure), est un acteur français.

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
Évreux (Eure, France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Perrusson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jacky BoufrouraVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Fermer

Interprétant souvent des personnages au caractère gentil et attachant, il est notamment connu du grand public français pour son rôle de l'extraterrestre La Denrée dans La Soupe aux choux (1981), du maréchal Ludwig von Apfelstrudel dans Papy fait de la résistance (1983), ou encore de François Pignon dans Le Dîner de cons (1998).

Il a remporté deux César du cinéma : celui du meilleur acteur dans un second rôle pour sa prestation dans le film Robert et Robert en 1979 et celui du meilleur acteur pour son rôle de François Pignon dans Le Dîner de cons en 1999.

Biographie

Origines familiales

Jacky Boufroura[1],[2] naît à Tours le [3] d'un père algérien installé en France, Ahmed Boufroura (1924-2004), né dans la région de l’actuelle commune de Melbou en Kabylie (Algérie)[4],[5], et d'une mère française, Annette Bonnin (1934-2013), née à Perrusson (Indre-et-Loire)[6], où sa mère tient un salon de coiffure. Ses parents, mariés en 1950 à Tours[1], divorcent l'année suivante, alors qu'il est âgé de neuf mois. Il est élevé par le nouveau mari de sa mère Raymond Villeret qu’elle a épousé en 1955[7] ; Villeret devient alors son nom d'usage. C'est en entrant au lycée Descartes de Tours qu'il découvre qu'il est né d'un père algérien. Ce n'est qu'à l'âge de quarante ans, après avoir enfin retrouvé son père biologique, qu'il fera changer son état civil pour s'appeler officiellement Villeret.

Jeunesse et formation

À l'école, il aime imiter ses professeurs et jouer au football, sport qu'il pratique avec talent et dextérité selon ses anciens camarades. Durant son passage chez les éclaireurs, qui organisaient alors une « fête des éclés » annuelle, il a l'occasion de découvrir le théâtre. La première pièce qu'il joue avec eux est une comédie de Roger Ferdinand créée en 1943, les J3 ou la nouvelle école[8], où il tient le rôle de Barbarin. Il effectue sa première représentation le au Palace-Cinéma, dans la ville de Loches. Au lycée, il décroche une bourse de voyage Zellidja qui lui permet de se rendre à l'étranger, où il reste plus d'un mois.

En 1971, il joue au conservatoire, avec Jacques Weber qui lui trouve « du génie ».

Il voit Jacques Brel sur scène, qui le fascine et lui donne envie de persévérer dans le spectacle.

Par la suite, il suit une formation théâtrale au conservatoire de Tours puis au Conservatoire de Paris, promotion 1973[9], où il a pour professeur Louis Seigner, avant de faire ses débuts sur scène avec la compagnie Marcelle Tassencourt.

Copie du costume de La Denrée dans La Soupe aux choux lors de l'exposition sur Louis de Funès à la Cinémathèque française en 2020.

Carrière

Au cinéma, c'est le réalisateur Yves Boisset qui, sur les conseils de Jacques Weber, lui confie en 1973 son premier rôle : celui d'un soldat durant la guerre d'Algérie, dans R.A.S.. L'année suivante, il tourne à nouveau sous la direction de Boisset dans Dupont Lajoie.

Dans les années 1970, il incarne des personnages de Français moyen, rondouillard assez naïf, le plus souvent souffre-douleur. Il tourne sous la direction de Jean-Claude Brialy (Un amour de pluie), d'Élie Chouraqui (Mon premier amour) et de Jacques Rozier (Les Naufragés de l'île de la Tortue). Dans ce dernier film, il est le frère du personnage joué par Maurice Risch, acteur qui lui ressemble physiquement beaucoup.

Il obtient ses premiers rôles importants grâce à Claude Lelouch, qui lui trouve « des qualités spécifiques pour être acteur : innocent, timide, fou », et avec qui il tourne au total huit films, dont Le Bon et les Méchants (1976) et Robert et Robert (1978), qui lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle.

Bien qu'ayant obtenu en 1979 le premier rôle de Bête, mais discipliné, il n'accède véritablement à la célébrité qu'en 1981 avec son rôle d'extraterrestre « oxien » (La Denrée) dans La Soupe aux choux, de Jean Girault, en compagnie de Louis de Funès et de Jean Carmet dans les deux premiers rôles principaux. Autre second rôle fameux : le demi-frère d'Adolf Hitler dans Papy fait de la résistance (1983), où il interprète la chanson Je n'ai pas changé, reprise parodique (avec un fort accent allemand) de la chanson de Julio Iglesias.

En 1986, il est pressenti pour jouer le rôle d'Ugolin dans Jean de Florette, après l'essai infructueux de Coluche. Dans le documentaire Jacques Villeret, destin tragique diffusé sur France 3 en , le metteur en scène Jean-Michel Ribes révèle une conversation avec Claude Berri. Montand, jaloux du succès de Villeret dans le film Garçon ! de Claude Sautet, menaçait de ne pas faire le film si l’acteur était engagé[10].

En 1998, Francis Veber adapte au cinéma sa propre pièce de théâtre Le Dîner de cons. Le réalisateur fait de nouveau appel à Villeret afin de jouer le personnage de François Pignon et l'acteur remporte pour ce rôle le César du meilleur acteur. Par la suite, Jacques Villeret tourne notamment sous la direction de Jean Becker dans Les Enfants du marais (1999), Un crime au Paradis (2001) et Effroyables Jardins (2003), incarnant des rôles poignants et touchants salués par le public et la critique.

Mort

Jacques Villeret meurt à Évreux (Eure) le à l'âge de 53 ans des suites d'une hémorragie interne en rapport avec une maladie hépatique. Il est enterré à Perrusson (Indre-et-Loire), auprès de sa mère.

Vie privée

Il épouse la comédienne et autrice Irina Tarassov le , dont il élève comme le sien son fils Alexandre. Le couple se sépare en 1998. Il rencontre par la suite Seny, une veuve sénégalaise qui, peu avant sa mort, s'apprêtait à quitter Lille pour vivre avec lui à Paris.

Dans Un jour tout ira bien (Flammarion, 2006)[11], Irina Tarassov relate leur parcours et leur combat contre l'alcoolisme qui finit par emporter Jacques Villeret en 2005. Cet ouvrage souvent primé fait l'objet d'une polémique. En effet, Ghislaine Villeret, la demi-sœur de Jacques Villeret, pourtant très éloignée de la vie de celui-ci[réf. nécessaire], dénonce « les mensonges sur son frère »[12]. Certains considèrent que la famille choisit de nier par cette prise de position la souffrance endurée par l'acteur[réf. nécessaire].

Théâtre

Filmographie

Cinéma

Longs métrages

Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000

Courts métrages

Télévision

Distinctions

Décorations

Récompenses

Nominations

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI