Jan Blanc
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| Doyen Faculté de philosophie (d) Université de Genève | |
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| Professeur d'université (d) Université de Genève | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Français |
| Nom de naissance |
Jan-Bartosz Joseph Blanc |
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Jan Blanc, né à Bois-Colombes (France) en 1975, est un historien d'art. Professeur associé (2010-2015) puis ordinaire (depuis 2014) d'histoire de l'art des temps modernes à l'Université de Genève, il est spécialiste de l'art français, flamand et hollandais du XVIIe siècle, des arts britanniques du XVIIIe siècle et de la littérature artistique de la période moderne (XVe – XVIIIe siècles).
Jeunesse et formation
Né le à Bois-Colombes, Jan Blanc suit des études d'histoire de l'art et archéologie à l'Université de Paris X-Nanterre, où il enseigne entre 2000 et 2002 comme chargé de cours. Durant la même période, il travaille comme chargé de recherches dans l'association de préfiguration de l'Institut national d'histoire de l'art, détaché à l'École nationale supérieure des beaux-arts, à la Bibliothèque centrale des musées nationaux, à la bibliothèque de la Fondation Jacques-Doucet et à la bibliothèque de l'École nationale des chartes. Au sein du Deutsches Forum für Kunstgeschichte, il est également chercheur boursier, avant de faire partie de l'équipe des chercheurs participant à l'édition des deux premiers tomes des Conférences de l'Académie royale de peinture et de sculpture, dirigée par Jacqueline Lichtenstein et Christian Michel. Ces deux volumes sont publiés en 2006 (Les Conférences au temps d'Henri Testelin, 1648-1681).

À l'Université de Paris X-Nanterre, il consacre son mémoire de maîtrise et son Diplôme d'études approfondies (DEA) à l'Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst (Introduction à la haute école de l'art de peinture), un traité publié en 1678 par Samuel van Hoogstraten, un peintre, poète et théoricien néerlandais et élève de Rembrandt dont il est l'un des principaux spécialistes, avec Michiel Roscam Abbing (nl), Celeste Brusati et Thijs Weststeijn. En 2005, il publie la première traduction de ce traité, toutes langues confondues, à la Librairie Droz[1]. Sous la direction de Christian Michel, il commence à Nanterre une thèse de doctorat ès lettres en histoire de l'art sur les rapports entre théories et pratiques artistiques dans les Pays-Bas du XVIIe siècle, Peindre et penser la peinture au XVIIe siècle : la théorie de Samuel van Hoogstraten, qu'il achève et soutient à l'Université de Lausanne en 2005. Cette thèse est publiée par Peter Lang en 2008[2].
Après avoir été assistant (2003-2006), puis maître-assistant (2006-2010) à l'Université de Lausanne, il est nommé professeur associé d'histoire de l'art de la période moderne, de la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle, à l'Université de Genève, en 2010, à l'âge de 35 ans. Il succède ainsi, à la tête de la chaire, à Marcel Roethlisberger et Mauro Natale. Cinq ans plus tard (2015), il devient professeur ordinaire. Entre 2015 et 2023, il exerce par ailleurs les fonctions de doyen de la Faculté des lettres de l'Université de Genève, tout en poursuivant ses activités d'enseignant et de chercheur[3]. Il succède à Nicolas Zufferey.
Principales activités d'enseignement et de recherche
Les recherches de Jan Blanc portent sur l'art flamand et hollandais du XVIIe siècle, ainsi que sur les arts dans la France du XVIIe siècle et de la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, et leurs rapports à la littérature artistique.
L'art des anciens Pays-Bas (XVe – XVIIe siècles)
Les travaux de Jan Blanc se sont d'abord concentrés sur la littérature artistique néerlandaise du XVIIe siècle et, en particulier, sur les écrits de Samuel van Hoogstraten[1],[2]. Au fil des années, Jan Blanc a progressivement déplacé son regard sur l'histoire artistique des anciens Pays-Bas dans sa globalité. En 2008, il organise avec Gaëtane Maes l'un des premiers grands colloques consacrés aux échanges artistiques entre les anciens Pays-Bas et la France entre 1482 et 1814, à l'Université de Lille[4]. La question de la présence des artistes néerlandais en Orient l'a également intéressé[5]. Avec Philip Benedict, il conçoit un colloque sur les conséquences de la Réforme dans la production artistique des Pays-Bas du XVIIe siècle à l'Université de Genève (2013)[6]. Il a également interrogé le "réalisme" des scènes de la vie quotidienne[7] ou des paysages peints par les artistes néerlandais du XVIIe siècle[8].

L'œuvre et la carrière de Johannes Vermeer occupe une place centrale dans les recherches de Jan Blanc, durant les années 2000. À l'Université de Genève, il a en outre donné une conférence publiques sur les rapports de Vermeer à l'argent (2013)[9]. Il s'est également à Rembrandt, à l'organisation de son atelier[10] comme à ses représentations des Pèlerins d'Emmaüs[11]. Il a en outre publié plusieurs articles sur le sublime[12], en particulier dans les paysages d'Allart van Everdingen[13], sur les paysages suisses de Jan Hackaert[14], la parodie chez Adriaen Brouwer[15], les stillevens culinaires de Joseph de Bray[16] et les méthodes perspectives[17], en particulier chez Pieter Saenredam.
Plus récemment, dans le cadre d'un projet financé par le Fonds National Suisse, Un Siècle d'or ? Repenser la peinture hollandaise du XVIIe siècle, Jan Blanc a organisé, avec son équipe de recherche, plusieurs colloques et séminaires, consacrés à la fabrication de la notion de "siècle d'or" (gulden ou gouden eeuw) dans les Pays-Bas du XVIIe siècle, à l'Université de Genève[18], aux genres artistiques dans les Provinces-Unies du XVIIe siècle, au Frans Halsmuseum de Haarlem[19], aux chrononymes utilisés au XVIe et au XVIIe siècle pour désigner les cultures artistiques européennes (séminaire en ligne) et à la manière dont l'art néerlandais du XVIIe siècle a été perçu et interprété par les voyageurs étrangers, à la Société des arts et au Musée d'art et d'histoire de Genève (2022)[20]. Ce projet a été salué comme l'un des plus novateurs des dernières années concernant l'art néerlandais du XVIIe siècle[21]. Ces activités de recherche ont été accompagnées d'un cours public donné au sein de la Maison de l'histoire de l'Université de Genève, entre 2017 et 2021 - certains de ces cours ont été enregistrés.
L'art en France au XVIIe siècle

Jan Blanc est également un spécialiste des théories artistiques françaises, du XVIe au XVIIIe siècle. Sous la direction de Christian Michel et de Jacqueline Lichtenstein, avec Thomas Gaehtgens, Bénédicte Gady, Karim Haouadeg et Markus Castor, il a participé en 2006 à la transcription et à l'édition des conférences de l'Académie royale de peinture et de sculpture qui se sont tenues dans l'institution entre 1648 et 1681, publiées sous l'égide du Deutsches Forum für Kunstgeschichte et de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris[22]. Ses réflexions sur les rapports entre théories et pratiques le conduisent également à s'interroger sur la pensée artistique de Nicolas Poussin, jusqu'à imaginer à quoi aurait pu ressembler le traité de peinture que le peintre romain n'a finalement pas écrit, dans une dimension uchronique[23].
Il a également travaillé sur la place de l'art français dans l'Europe de la Renaissance et des temps modernes. Avec Marc Bayard, Diane Bodart, Nicole Hochner, Godehard Janzing et Olaf Reumann, il a organisé un grand colloque consacré à l'image du roi en Europe de François Ier à Louis XIII, qui se tient au Deutsches Forum für Kunstgeschichte, à Paris (2002), dont les actes sont publiés en 2006[24]. Avec Gaëtane Maes, il a également programmé un colloque consacré aux échanges artistiques entre les anciens Pays-Bas et la France entre 1482 et 1814, à l'Université de Lille (2008)[4].
Enfin, plusieurs de ses travaux sont spécifiquement consacrés à certains peintres français du XVIIe siècle, comme Nicolas Poussin[23] ou Philippe de Champaigne[25].
L'art dans la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle
À partir des années 2010, Jan Blanc a également engagé une réflexion sur les relations entre art, société et théories dans le Royaume-Uni, singulièrement durant le XVIIIe siècle, en commençant par se consacrer aux écrits du peintre Joshua Reynolds, l'un des principaux acteurs de la peinture britannique du XVIIIe siècle, avec Allan Ramsay, Thomas Gainsborough, George Romney et John Hoppner, mais aussi le premier président de la Royal Academy.

Il a lancé ces recherches à travers un grand colloque rassemblant les principaux spécialistes de Joshua Reynolds, à l'Université de Lausanne (2010)[26]. Constatant que seule une faible partie des écrits publiés ou manuscrits du peintre anglais avait été traduite en français - pour l'essentiel, ses quinze discours prononcés à l'Académie, une partie de ses voyages en Italie et aux Pays-Bas, en grande partie par Hendrik Jansen au XVIIIe siècle et Louis Dimier au début du XXe siècle - et sa correspondance -, Jan Blanc entreprend de réunir tous les textes connus de Reynolds et d'en proposer une édition traduite complète[27]. Choisissant de prendre en compte l'ensemble pourtant varié de ces textes - notes de lecture, brouillons d'articles, lettres, commentaires d'œuvres et de textes, essais, carnets de voyages, discours -, Jan Blanc met aussi en évidence la très grande diversité des avis du peintre anglais, du rôle essentiel des contextes dans lesquels ces avis sont énoncés, mais aussi de la cohérence d'une pensée qui ne peut en aucun cas être qualifiée, comme on l'a parfois prétendu, de «classique» ou, de «néo-classique». Au sein des écrits et des œuvres de Reynolds, Jan Blanc s'est particulièrement intéressé à ses réflexions sur la sculpture[28] et à l'ambiguïté générique de ses portraits[29].
Il s'est en outre intéressé à d'autres aspects de la culture visuelle britannique au XVIIIe siècle, comme la manière dont les séismes qui ont secoué la Calabre entre 1783 et 1783 ont été interprétés par sir William Hamilton en termes géologiques et physiques mais aussi esthétiques et sublimes[30] ou la question de la délicatesse masculine dans les portraits[31].
Théories et pratiques artistiques, et questions de méthode et d'interprétation en histoire de l'art
Spécialiste des rapports entre théories et pratiques artistiques durant la période moderne, Jan Blanc a fait partie du comité scientifique du projet ERC LexArt – Words for Art : The Rise of a Terminology (1600–1750), dirigé par Michèle-Caroline Heck à l'Université de Montpellier entre 2007 et 2013. À cette occasion, il a contribué à l'un des deux volumes finaux consacrés à la terminologie artistique[32]. Avec Elizabeth Cropper, Ulrich Pfisterer et Barbara Agosti, il a participé à une discussion sur les méthodes d'édition des textes anciens, publiée dans la revue Perspective de l'Institut national d'histoire de l'art[33]. Il a également écrit sur le genre théorique du traité de peinture dans les Pays-Bas du XVIIe siècle[34].
Les recherches de Jan Blanc l'ont souvent conduit à interroger de façon critique les méthodes et les outils de l'histoire de l'art, en lien avec une réflexion sur la manière de décrire et d'interpréter les œuvres d'art anciennes. Plusieurs de ses travaux portent sur les intérêts et les limites de l'étude de la géographie artistique en histoire de l'art[35],[36] et aux rapports entre autoportrait et autobiographie[37]. En 2013, il présente une conférence à l'Université de Genève sur les rapports entre art et énigme au XVIIe siècle, en particulier en France et dans les Provinces-Unies[38].
Autres publications

Jan Blanc s'est également intéressé à l'art moderne et contemporain, consacrant une monographie à Vincent van Gogh[39] et une étude à René Magritte. En outre, il a écrit quelques textes sur le cinéma. Dans le cadre d'une série de conférences données sur les séries télévisuelles, il a également écrit un article sur la série Bates Motel, inspirée du film Psychose d'Alfred Hitchcock[40]. Il a en outre animé, avec Ana Luisa Castillo, Morena Maria La Barba et Sonia Vernhes Rappaz, un entretien avec la réalisatrice néerlandaise Lydia Chagoll, dans le cadre des journées du film historique organisées à Genève[41]. Enfin, quelques articles de Jan Blanc sont consacrés à des aspects spécifiques du fait littéraire - les rapports entre le voir et le dire dans le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jan Potocki[42].
Autres activités
Colloques et écoles doctorales
Jan Blanc a également organisé des colloques consacrés à la notion de crise dans les arts, à l'École polytechnique fédérale de Zürich, avec Peter Schneemann et Philip Ursprung (2015), à la carrière et l'œuvre de Jean-Pierre Saint-Ours à la Société des arts de Genève et au Musée d'art et d'histoire de Genève (2015)[43], aux Lumières en Suisse à la Société des arts de Genève et au Château de Prangins (2016), aux nourritures spirituelles dans les cultures, les pratiques et les représentations modernes et contemporaines, avec Francesca Arena, Andrea Carlino, Frédéric Cousinié, Yasmina Foehr-Janssens, Philip Rieder, Brigitte Roux, Sarah Scholl, Jade Sercomanens et Daniela Solfaroli-Camillocci, à l'Université de Genève (2017)[44] et à l'innovation dans les arts, les techniques et les sciences en Europe, entre 1400 et 1900, en collaboration avec Jérôme Baudry, Liliane Hilaire-Pérez, Marc Ratcliff et Sylvain Wenger, à la Société des arts de Genève (2017)[45]. Entre 2014 et 2015, il organise avec Michel Grandjean et Michel Porret les grandes conférences de la Maison de l'histoire, à l'Université de Genève. En tant que président de l'Association suisse des historiens et historiennes de l'art, il a coorganisé le troisième congrès de l'association à l'Université de Bâle, avec Andreas Beyer (2016). En 2014, il a accueilli à l'Université de Genève et au Musée Rath une journée d'études sur l'histoire de la tapisserie et des arts décoratifs organisée par le réseau de recherche Arachné, en collaboration avec la Fondation Toms Pauli[43]. Dans le cadre des activités de la Conférence universitaire de Suisse occidentale, il a coordonné l'organisation de deux journées d'études doctorales, la première sur la question des identités culturelles ("Art et identités à l’époque moderne : définitions et méthodes"), en 2014, et la seconde sur le présent dans les arts et la littérature du XVIIIe siècle ("Être contemporain, être moderne : la question du temps présent dans les arts et la littérature des Lumières"), en 2015[20], à l'Université de Genève.
Panels et séminaires
Jan Blanc a en outre organisé plusieurs panels pour des colloques et des symposiums, avec Frédéric Elsig sur la place de l'attributionnisme dans les méthodes actuelles de l'histoire de l'art, à l'Université de Berne (2010), avec Marie-Theres Stauffer ("Images of the Courtier in Northern European Art, 1500–1700"), dans le cadre du symposium annuel de la Renaissance Society of America à l'Université de Berlin (2015)[19], et avec Marije Osnabrugge ("Artists on the Move : New Methods, New Directions"), dans le cadre du symposium de l'association américaine des historiens de l'art néerlandais (Historians of Netherlandish Art), à l'Université de Gand (2018)[46].
Expositions
Jan Blanc a également participé à la conception de deux expositions, sous la direction de Laurence Madeline et Jean-Roch Bouiller sur le panorama (MUCEM, Marseille ; Musée d'art et d'histoire, Genève, 2015-2016)[47], et, sous la direction de Lada Umstätter, sur la nature morte (Musée d'art et d'histoire, Genève, 2019)[48].