Janet Mills

femme politique américain From Wikipedia, the free encyclopedia

Janet Mills, née le à Farmington (Maine), est une femme politique américaine, membre du Parti démocrate et gouverneure du Maine depuis 2019.

Élection6 novembre 2018
Réélection8 novembre 2022
PrédécesseurPaul LePage
GouverneurPaul LePage
Faits en bref Fonctions, 75e gouverneure du Maine ...
Janet Mills
Illustration.
Janet Mills en 2019.
Fonctions
75e gouverneure du Maine
En fonction depuis le
(7 ans, 2 mois et 24 jours)
Élection 6 novembre 2018
Réélection 8 novembre 2022
Prédécesseur Paul LePage
55e et 57e procureure générale du Maine

(5 ans, 11 mois et 26 jours)
Gouverneur Paul LePage
Prédécesseur William Schneider
Successeur Aaron Frey

(2 ans)
Gouverneur John Baldacci
Prédécesseur Steven Rowe
Successeur William Schneider
Membre de la Chambre des représentants du Maine

(6 ans, 1 mois et 2 jours)
Circonscription 78e et 89e district
Prédécesseur Walter Gooley
Successeur Lance Harvell
Biographie
Nom de naissance Janet Trafton Mills
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Farmington (Maine, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Diplômée de Université du Massachusetts à Boston
Université du Maine
Profession Avocate

Image illustrative de l’article Janet Mills
Gouverneurs du Maine
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Janet Mills est élue pour la première fois procureure générale, élue par la législature du Maine le 6 janvier 2009, et succédant dans cette fonction à un démocrate. Son deuxième mandat débute le 3 janvier 2013 : elle reprend cette fonction à un élu républivain. Elle est la première femme à occuper ce poste. Avant son élection, elle siège à la Chambre des représentants du Maine, où elle représente les villes de Farmington et d'Industry. Son parti la désigne ensuite comme candidate au poste de gouverneur lors des élections de 2018, qu'elle remporte en battant un candidat républicain et un candidat indépendant. Le 2 janvier 2019, elle devient la première femme gouverneure du Maine. Elle succède à ce poste au républicain Paul LePage. Elle est réélue en 2022.

Elle est connue également pour s'être opposée au nom du droit à Donald Trump, lors de la première assemblée des gouverneurs à la Maison Blanche depuis le retour de celui-ci au pouvoir, en février 2025, et pour sa réponse à ses menaces de sanctions (blocage de fonds fédéraux, menaces qu'il a mis en application) pour lui tenir tête : « See you in court ! [ on se voit au tribunal ! ] ».

Biographie

Née le 30 décembre 1947[1], Janet Trafton Mills est, du côté maternel, petite-fille d'agriculteurs qui cultivaient la pomme de terre dans le comté d'Aroostook. Son père, Summer Peter Mills Jr, qui a servi dans la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, est procureur du Maine de 1953 à 1961 puis de 1969 à 1977[2]. Sa mère, Katherine Coffin, enseigne l'anglais et le latin dans les lycées de Warren, de South Paris et de Farmington[3].

Janet Mills est diplômée du lycée Mt Blue de Farmington, de l'université du Massachusetts à Boston puis de la faculté de droit de l'université du Maine[4]. Elle épouse en 1985 Stanley Kuklinski (1940-2014)[5], un veuf alors père de cinq filles âgées de 4 à 14 ans, que Janet contribue à élever[6] tout en travaillant à temps plein. Elle est, en 2024, grand-mère de trois garçons et de deux filles[4].

Procureure générale du Maine

Avocate de profession, Janet Mills commence sa carrière publique en qualité de procureure générale adjointe de 1974 à 1980, avant d'être élue procureure de district pour les comtés d'Androscoggin, Franklin et Oxford, poste auquel elle est réélue trois fois[4]. Elle est élue à la Chambre des représentants du Maine de 2002 à 2004 pour le 78e district, puis de 2004 à 2009 pour ce 89e district. À cette date, la législature du Maine l'élit à la fonction de procureur général d'État, première femme à occuper cette fonction dans cet État. En 2011, lorsque le Parti républicain réussit à reprendre la majorité, William Schneider lui succède, mais elle lui reprend le poste deux ans plus tard.

Son époux meurt en 2014. Pendant la dernière maladie de son mari, elle acquiert une expérience personnelle du système de santé du Maine, qu'elle cite comme l'un des moteurs de son engagement en faveur d'une réforme des soins de santé[7].

Gouverneure du Maine

Janet Mills remporte les élections de 2018 pour devenir gouverneure du Maine, par 50,9 % des voix contre 43,2 % au candidat républicain Shawn Moody. Elle entre en fonction le , succédant à Paul LePage, dont la popularité est en forte baisse au cours de son second mandat. Elle devient ainsi la première femme à occuper cette fonction, dans le Maine[6].

Janet Mills promulgue des réglementations visant à limiter l'utilisation de matériaux nuisibles à l'environnement, comme l'utilisation de sacs en plastique[8] ou l'utilisation de contenants en polystyrène expansé[9]. Lors d'un discours à l'Assemblée générale des Nations unies, elle s'engage à ce que le Maine atteigne la neutralité carbone d'ici 2045[10].

Janet Mills décide aussi de soutenir les droits des personnes LGBT. En mai 2019, elle signe un projet de loi interdisant la thérapie de conversion[11]. En 2019 toujours, elle prend des mesures pour améliorer les relations avec les tribus autochtones du Maine. Elle signe notamment un projet de loi un peu symbolique visant à remplacer le jour férié de la fête de Christophe Colomb par la Journée des peuples autochtones et s'engage à pourvoir les sièges restés vacants sous son prédécesseur au sein d'une commission étatique-tribale[12]. Elle signe aussi un projet de loi visant à établir des normes plus strictes en matière de qualité de l'eau pour les rivières utilisées par les tribus du Maine pour la pêche de subsistance[13].

En 2020, elle est vivement critiquée par Tucker Carlson, animateur de l'émission Tucker Carlson Tonight sur Fox News, en raison des restrictions qu'elle impose lors de la pandémie de Covid-19. Il déclare notamment qu'« il n'y a rien que Janet Mills ne puisse pas faire maintenant », ajoutant que « le pouvoir est ce qui [lui] importe »[14].

Le 24 juin 2021, Janet Mills opposeson veto à sept projets de loi, dont celui qui aurait entraîné la fermeture du Long Creek Youth Development Center, une prison pour mineurs. Ces vetos sont sévèrement critiqués par les démocrates progressistes de l'Assemblée législative de son État[15].

Le 20 avril 2022, Mills promulgue le budget supplémentaire de l'État du Maine, qui prévoit la gratuité des collèges communautaires pour les élèves des promotions 2020, 2021, 2022 et 2023[16].

Le 29 octobre 2024, elle reçoit les insignes de l'ordre national de la Légion d'honneur, qui lui ont été remis par l'ambassadeur de France aux États-Unis Laurent Bili, « pour ses efforts visant à promouvoir et à honorer la langue et la culture françaises dans le Maine ». Janet Mills, qui parle couramment le français, a obtenu un baccalauréat ès arts dans cette langue avant de s'orienter vers le droit[17].

Elle soutient aussi la participation des athlètes transgenres à des sports qui correspondent à l'identité qu'ils ou elles se sont choisis. En février 2025, elle tient tête sur ce sujet au Président Tump, qui, lors de la première réunion des gouverneurs organisé par celui-ci à la Maison Blanche, l'interpelle, menace de couper toutes les dotations fédérales à son État et veut l'humilier en l'amenant par de telles menaces à se soumettre à ses diktats dans ce domaine. Elle lui répond par une formule lapidaire qui marque les esprits  : « See you in court ! » on se voit au tribunal ! »)[6], en ayant rappelé au préalable qu'elle respectera les lois fédérales, mais pas ses diktats personnels, car il n'est pas un monarque. Donald Trump lui répond : « Je suis la loi ». Mais elle ne peut s'empêcher de penser « Quand il a dit : “Je suis la loi”, ça m’a soufflée. C’était tellement énorme ! J’ai pensé : il se prend pour Louis XIV. Il nous ramène trois cents ans en arrière. Or il n’est pas la loi, il ne peut ni la faire, ni l’amender, ni l’annuler par décret présidentiel, tweet, message Facebook ou Instagram, que sais-je encore. Seul le Congrès a le pouvoir de faire la loi. Le job du président, c’est de veiller à ce qu’elle soit fidèlement appliquée. Et c’est au pouvoir judiciaire de lui demander des comptes »[6]. Puis Donald Trump ajoute à son attention, devant les autres gouverneurs : « Très bien, on se voit au tribunal ! Ça devrait être une affaire vite réglée. Profitez de votre vie après ça, gouverneure, car je ne pense pas que vous soyez un jour réélue »[6].

Le soir même, le ministère fédéral américain de l’éducation annonce une enquête sur le système d’éducation du Maine[6]. Puis dans les vingt-quatre heures qui suivent, trois agences fédérales lançent des investigations sur une supposée violation, par l'État du Maine, de la loi fédérale interdisant la discrimination de genre dans les programmes éducatifs. Et des dotations d’un programme de recherche et d’éducation sur la mer sont annulées ; ainsi que des subventions du ministère de l’agriculture à l’université du Maine, tandis que les ministères fédéraux américains de la santé et de la justice suivent le mouvement[6]. Elle attaque devant les tribunaux ces décisions et l’Etat du Maine se retrouve impliqué dans une quarantaine de procès, quelquefois seul, quelquefois associé à d’autres États[6].

Elle enregistre une première décision en faveur de son État, contre le ministère fédéral de l’agriculture et affectant notamment les cantines scolaires et les crèches[6]. Un juge fédéral lui donne raison[6]. L’administration Trump doit reculer[18]. Le 2 mai 2025, cette administration Trump accepte de débloquer les fonds et le Maine abandonne les poursuites judiciaires engagées sur ce sujet[18]. Les repas de 172 000 enfants du Maine sont préservés[6]. Mais d'autres décisions juridiques restent attendues, et l'Administration Trump, si elle n'obtient pas gain de cause peut porter ces différents points juridiques pour lesquels elle n'obtiendrait pas gain de cause devant la Cour Suprême[6].

Alors qu'elle ne peut pas briguer un troisième mandat de gouverneure lors des élections de , elle annonce en sa candidature aux élections sénatoriales, briguant ainsi le siège détenu depuis 1997 par la républicaine Susan Collins[19]. Si le leader des sénateurs démocrates, Chuck Schumer a encouragé pendant plusieurs mois Mills à se présenter car l'estimant être la mieux placée pour battre Collins, sa candidature ne fait pas l'unanimité au sein du parti, notamment du fait de son âge (77 ans)[20]. En cas d'élection, elle prendrait ses fonctions à 79 ans, devenant la personne la plus âgée de l'histoire américaine à commencer son premier mandat au Sénat[21].

Références

Voir aussi

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