Je ne suis pas coupable
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| Je ne suis pas coupable | ||||||||
| Auteur | Agatha Christie | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Roman policier | |||||||
| Version originale | ||||||||
| Langue | Anglais | |||||||
| Titre | Sad Cypress | |||||||
| Éditeur | Collins Crime Club | |||||||
| Lieu de parution | Londres | |||||||
| Date de parution | ||||||||
| Version française | ||||||||
| Traducteur | Louis Postif (1944) - Anciennes éditions Jacques Baudou (1993) - Éditions actuelles |
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| Éditeur | Librairie des Champs-Élysées | |||||||
| Collection | Le Masque no 328 | |||||||
| Date de parution | 1944 | |||||||
| Nombre de pages | 241 p. | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| Série | Hercule Poirot | |||||||
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Je ne suis pas coupable (titre original : Sad Cypress) est un roman policier d'Agatha Christie publié en au Royaume-Uni, la même année aux États-Unis et quatre ans plus tard, en 1944, en France.
Elinor Carlisle est accusée d'avoir assassiné la jeune Mary Gerrard. Selon l'accusation, elle considérait Mary comme étant une « rivale » et soupçonnait son cousin Roddy, dont elle était amoureuse, d'aimer Mary. Par ailleurs Elinor est aussi suspectée d'avoir tué sa tante Laura, dont elle a hérité. Mais au procès, Elinor affirme qu'elle n’est pas coupable du meurtre. Le détective belge Hercule Poirot, qui n'intervient pas dans le premier tiers du roman, est appelé pour enquêter et démasquer le vrai coupable.
- L'enquêteur
- Hercule Poirot : célèbre détective privé belge.
- Les victimes
- Laura Welman : environ 70 ans ; veuve ; tante d'Elinor Carlisle. On ignore si son décès est accidentel ou criminel.
- Mary Gerrard : 21 ans ; morte empoisonnée ; « protégée » de Laura Welman ; fille d'Ephraim Gerrard, gardien de la propriété des Welman.
- L'accusée
- Elinor Carlisle : environ 25 ans ; nièce de Laura Welman ; fiancée à Roddy (son cousin par alliance).
- Les suspects
- Roderick Welman, dit « Roddy » : neveu du défunt mari de Laura Welman ; fiancé d'Elinor Carlisle.
- Jessie Hopkins : infirmière de secteur, intervenant chez Laura Welman.
- Eileen O'Brien : infirmière de Laura Welman.
- Emma Bishop : gouvernante de Laura Welman.
- Ted Bigland : environ 25 ans ; garagiste ; amoureux de Mary.
- Peter Lord : 32 ans ; médecin du canton.
- Ephraim Gerrard : père de Mary Gerrard ; jardinier et gardien de Hunterbury Hall.
- Horlick : aide-jardinier et adjoint d'Ephraim Gerrard.
- Autres personnages
- Maître Seddon : notaire de Laura Welman.
- M. Abbott : épicier du village, ayant vendu les pots de rillettes au saumon.
- Alfred Wargrave : horticulteur.
- Marsden : inspecteur-chef de la police locale ; il a effectué l'enquête de police.
- M. Beddingfeld : magistrat présidant la cour d'assises.
- Edwin Bulmer : avocat d'Elinor Carlisle.
- Samuel Attenbury : procureur royal lors du procès.
- Amelia Sedley : citoyenne néo-zélandaise, témoin de la défense.
- Edward Marshall : citoyen néo-zélandais, témoin de la défense.
Résumé
Le récit est composé de trois parties de tailles différentes, précédées d'un court prologue.
Prologue
C'est le jour du procès criminel d'Elinor Carlisle, accusée d'avoir assassiné la jeune Mary Gerrard. Selon l'accusation, elle considérait Mary comme étant une « rivale ». Elle soupçonnait son cousin Roddy, dont elle était amoureuse, d'aimer Mary. Selon le procureur, le motif est évident, ainsi que l'occasion de tuer la jeune femme. Toutefois, Elinor plaide « non coupable ».
Pendant l'instruction du dossier, elle se souvient des événements passés qui l'ont amenée à comparaître devant la cour.
« Première partie »
La première partie comporte 8 chapitres.
Elinor Carlisle est la nièce de la vieille Laura Welman. Elle est fiancée avec Roddy Welman, qui est le neveu du premier mari de Laura. Ainsi, Elinor et l'héritière normale de Laura tandis que Roddy est censé ne pas en hériter. Toutefois Elinor et Roddy envisagent de se marier à moyen terme. Ils reçoivent une lettre anonyme les avertissant que quelqu'un, dans l'entourage de la vieille Laura Welman, tenterait de soutirer de l’argent de la part de l'intéressée, voire de l'amener à rédiger un testament par lequel elle déshériterait Elinor et Roddy pour tester en faveur de la personne concurrente. Intrigués, ils décident de rendre visite à la vieille dame.
Arrivés dans la propriété familiale (« Hunterbury ») dans le Berkshire, Elinor en vient à suspecter que c'est Mary Gerrard, la protégée de Laura, qui pourrait être la personne voulant accaparer l'héritage. Au surplus, Elinor remarque l'effet que fait Mary aux yeux de Roddy, qui semble attiré par la jeune femme.
La vieille Laura, alitée et impotente en raison d'une santé déficiente, dit à Elinor et à son médecin, le docteur Peter Lord, à quel point elle en a assez de la vie diminuée qu'elle mène, et envisage d'en finir par euthanasie. Le médecin refuse de s'engager dans cette voie.
Voyant l'attirance de Roddy pour Mary Gerrard, Elinor rompt les fiançailles. Roddy ne s'oppose pas à cette rupture.
Laura ayant une nouvelle attaque la rendant encore plus faible, elle demande à Elinor de pourvoir à l'entretien de Mary si elle meurt. Elinor s'y engage. Laura meurt très peu de temps après, alors qu'elle avait prévu de faire venir son notaire le lendemain pour modifier son testament.
Le notaire, M. Seddon, informe la famille que Laura n'a jamais fait de testament. Toute sa fortune revient donc à Elinor ; Roddy et Mary n'ont aucun droit sur la fortune.
Elinor prévoit de verser deux mille livres sterling (valeur 1936) à Mary pour respecter les vœux de sa tante. Constatant que la mort peut surgir n'importe quand, Mary Gerrard rédige son propre testament, léguant ses éventuels biens à sa tante qui réside en Nouvelle-Zélande, Mary Riley. Apprenant cela, Elinor écrit au notaire Seddon pour qu'il prépare un testament la concernant : si elle décède, sa nouvelle fortune sera transmise à Roddy.
Dans les semaines qui suivent, elle met en vente le domaine familial. Le , elle reçoit une offre d'achat du domaine pour un prix de 12500 livres sterling.
Alors qu'elle prend une collation avec Elinor et l'infirmière Jessie Hopkins, Mary meurt soudainement d'une overdose de morphine.
« Deuxième partie »
La deuxième partie comporte 13 chapitres.
Le médecin Peter Lord, tombé amoureux d'Elinor, demande à Hercule Poirot d'enquêter : Elinor a été arrêtée par la police et est accusée de meurtre. Elle aurait tué Marry en raison de la jalousie qu'elle éprouvait pour la jeune femme, la considérant comme une rivale, Roddy s'étant amouraché d'elle. Le médecin ne croit pas en l'efficacité professionnelle de l’avocat de la jeune femme, un avocat certes talentueux et aux honoraires élevés, mais sans vision stratégique des choses. Au surplus, sa réputation (« l'avocat des causes désespérées ») ne plaie pas en sa faveur. Si on veut acquitter Elinor, il faut présenter à la cour d'assises un autre suspect (ou une suspecte) potentiel/potentielle.
Le cadavre de Laura Welman est exhumé de la tombe familiale et son corps est autopsié. L'analyse biologique montre que la vieille dame a été empoisonnée à la morphine.
Il semblerait que la morphine ait été subtilisée dans la trousse médicale de Mme Hopkins quelques jours auparavant. L'infirmière s'était aperçue de la disparition inexpliquée de ce tube et en avait parlé à sa collègue infirmière Eileen O'Brien. Quant à l'administration du poison, on pense aux rillettes au saumon ingérées par Mary lors de la collation : c'est Elinor qui avait préparé ces sandwiches.
Hercule Poirot se met à enquêter. Il interroge les protagonistes ou témoins, même lointains, de l'affaire :
- Jessie Hopkins (infirmière) ;
- Emma Bishop (gouvernante) ;
- Ted Bigland (amoureux de Mary) ;
- Roddy Welman (cousin d'Elinor) ;
- M. Seddon (notaire) ;
- Marsden (inspecteur-chef de la police) ;
- Eileen O'Brien (infirmière) ;
- Elinor Carlisle (accusée) ;
- Horlick (aide-jardinier).
Poirot se pose des questions. L'une d'elles est de déterminer si le poison se trouvait effectivement dans les rillettes au saumon préparées par Elinor ; l'autre si la victime prévue par l'assassin était Mary, ou Elinor elle-même. Tout ceci doit être mis en relation avec le fait que l'on ignore si l'assassin avait ou non connaissance des testaments, ou absences de testament, de la part de Laura Welman, de Marry Gerrard et d'Elinor Carlisle.
« Troisième partie »
La troisième partie comporte 6 chapitres.
La narration revient au cours des événements juste après le prologue : on est au procès d'Elinor et son sort va être décidé dans les heures qui viennent.
L'accusation met en avant un bout d'étiquette d'une boîte de médicament retrouvé sur le parquet, dans la cuisine où Marry a trouvé la mort. Il y a le mot « morphine » écrit dessus.
Les pièces probatoires sont présentées aux jurés. Les témoins déjà rencontrés par Poirot sont interrogés à la barre.
Des témoins sont cités par la défense.
Mais Hercule Poirot montre que le papier a été déchiré (« m » au lieu de « M »), et que le médicament n'était pas de la morphine, mais du chlorhydrate d'apomorphine, un violent vomitif pouvant servir d'antidote. Les lettres « Apo » ont été retirées. Qui a pu ingérer de l'apomorphine, et dans quel but ?
Poirot explique que, selon lui, c'est l'infirmière Hopkins qui avait tué Mary, non pas en empoisonnant les sandwiches aux rillettes de saumon, mais le thé. Pour donner le change, elle en avait bu puis avait quitté les lieux (prétextant d'aller laver les verres et les couverts), tandis que Elinor n'en avait pas consommé. Hopkins était allée au rez-de-chaussée, avait ingéré de l'apomorphine, avait lavé les verres et était remontée immédiatement, laissant volontairement tomber sur le sol le bout de papier déchiré mentionnant « morphine ». Elle s'était blessée au doigt, prétextant une piqûre à un rosier, alors que l'espèce de rosier ne comportait pas d'épines. Son mobile était l’argent : Mary Gerrard était la fille naturelle de Laura Welman et d'un homme que celle-ci avait passionnément aimé 25 ans auparavant, Lewis Rycroft. Elle avait fait en sorte que les époux Gerrard déclarent l'enfant à sa naissance comme étant le leur, et cela explique pourquoi la vieille dame avait porté un tel intérêt à Mary. Or la mère de Marry, Eliza Riley, était la sœur de Mme Hopkins, laquelle s'appelle Mary Riley. C'est Mme Hopkins/Mary Riley qui avait suggéré à Mary de rédiger un testament en faveur de « Mary Riley », donc Mme Hopkins. La mort par empoisonnement de Mary et celle d'Elinor à la suite d'une condamnation à mort aurait pour conséquence que l’intégralité de la fortune des Welman passerait à la parente la plus proche, en l'occurrence Mme Hopkins. Hercule Poirot présente un document et deux témoins venus spécialement de Nouvelle-Zélande établissant que Mary Riley est effectivement Mme Hopkins (les témoins l'ont reconnue lors de son audition à la barre). Voyant la tournure des événements à l'audience, Mme Hopkins quitte l'audience en catimini. On ne remarque son départ discret que plus tard.
L'accusation confirme la demande de condamnation. L'avocat d'Elinor, appuyé sur les déclarations et les témoins présentés par Hercule Poirot, plaide efficacement. Elinor est acquittée par la cour d'assises. Peter Lord la récupère à la sortie de l’audience et lui propose des vacances bien méritées, au calme.
Dans le chapitre final, Hercule Poirot et le docteur Lord discutent. Le médecin demande à Poirot quel événement lui a permis de découvrir la vérité. Le détective lui explique que c'est un courrier que lui avait présenté Mme Hopkins. Ce courrier avait été envoyé « À Mary, à lire après ma mort ». Rédigé par Elisa Riley, il était destiné, non pas à Mary Gerrard comme on le croyait, mais à Mary Riley, alias Mme Hopkins. Puis les deux hommes discutent d'Elinor. Le docteur Lord se plaint de l'amour de la jeune femme pour Roddy. Paternel, Poirot lui suggère de croire en lui-même : elle n'est plus amoureuse de Roddy, et c'est un homme comme lui dont elle a besoin, avec qui construire une vie stable et paisible.
Élaboration du roman
Écriture
Le roman est divisé en trois parties : le récit de l'accusée, les développements relatifs au meurtre et l'enquête d'Hercule Poirot. Après la publication, Agatha Christie trouva que son roman aurait été bien meilleur sans la présence du détective belge[1].
Titre
Le titre original anglais du roman, Sad Cypress (« Tristes Cyprès »), est extrait d'une chanson de la comédie La Nuit des rois (Twelfth Night) de William Shakespeare. La chanson figure au début du roman comme épigraphe[1] :
« Come away, come away, death,
And in sad cypress let me be laid;
Fly away, fly away breath;
I am slain by a fair cruel maid.
My shroud of white, stuck all with yew,
O, prepare it!
My part of death, no one so true
Did share it[2]. »
« Va, va, ô mort,
Et sous ces tristes cyprès laisse-moi reposer ;
Envole-toi, souffle, envole-toi !
Une beauté cruelle m'assassine.
Mon blanc linceul, tout brodé d'ifs,
Ô tends-le-moi ;
Mort, ô mort, nul jamais avec toi
Plus loyal ne sut se montrer[3]. »
Éditions
- (en) Sad Cypress, Londres, Collins Crime Club, , 256 p.
- (en) Sad Cypress, New York, Dodd, Mead and Company, , 270 p.
- Je ne suis pas coupable (trad. Louis Postif), Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque » (no 328), , 241 p. (BNF 31945501)
- Je ne suis pas coupable (trad. Élise Champon), dans : L'Intégrale : Agatha Christie (préf. Jacques Baudou), t. 6 : Les années 1938-1940, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. « Les Intégrales du Masque », , 1182 p. (ISBN 2-7024-2239-X, BNF 35585904)