Jean-Claude Xuereb

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AvignonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Lycée Gautier (d)
Faculté de droit d'Alger (d)
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Jean-Claude Xuereb
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Fonction
Président
Tribunal de grande instance d'Avignon (d)
-
Jacques Garnier (d)
Guy Schrub (d)
Biographie
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Nationalité
Formation
Lycée Gautier (d)
Faculté de droit d'Alger (d)
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Jean-Claude Xuereb, né le à Birmandreis et mort le à Avignon[1], est un poète et magistrat français.

Jeunesse

Jean-Claude Xuereb, né le dans la commune de Birmandreis située à quelques kilomètres d'Alger, est fils d'un pompiste d'origine maltaise ; sa mère est minorquine[2]. Il expliquera plus tard que sa réussite est due notamment à cette dernière[3].

En 1944, il découvre par l'entremise de l'un de ses professeurs du lycée d'Alger, Proust, Eluard et le surréalisme. Un an plus tard, il rencontre Joë Bousquet alors qu'il poursuit sa scolarité à Carcassonne[4].

Rencontre du milieu littéraire et débuts dans la poésie

De retour dans la capitale algérienne à l'âge de dix-huit et alors étudiant en philosophie au lycée Emile-Félix Gautier, il rencontre Albert Camus à l'occasion des Rencontres de Midi Madani[5]. Jean-Claude Xuereb raconte qu'il a assisté le à des débats en présence d'intellectuels - dont Camus - sur la création d'une nouvelle revue et qu'à l'issue de la réunion, ce dernier répondit à ses questions « avec simplicité, clarté et gentillesse »[6].

En 1951, il lie connaissance, sur les bancs de la faculté de droit d'Alger, avec Jamel Eddine Bencheikh[7]. De cette amitié naît peu de temps après la revue de poésie Les feuilles volantes[8].

Parcours professionnel

Un rapport académique relatif aux grandes figures de l'histoire judiciaire du XXe siècle écrit s'agissant de Jean-Claude Xuereb que son entrée dans la magistrature avait « un sens : servir la fonction publique [...]. Mais, l’âme du poète et sa sensibilité l’ont accompagné et aidé, non pour prendre des décisions de justice mais pour résister à l’injustice lorsqu’elle apparaissait flagrante »[9].

Carrière dans la magistrature

Nommé auditeur de justice en , son premier poste est celui de substitut du procureur de la République au Puy-en-Velay en 1964[10]. Il en garda un souvenir douloureux évoquant notamment la sensation d'être « prisonnier de quelque chose d'insupportable »[11]. Entre 1966 et 1973, il est juge des enfants à Avignon. Il occupe la même fonction dans la capitale jusqu'en 1979 avant d'être promu Vice-président du TGI de Paris, chargé de la présidence du tribunal pour enfants. Enfin, de 1983 à 1991, il préside le TGI d'Avignon[12]. Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1991[13].

Syndicalisme, milieu associatif et prises de position

Jean-Claude Xuereb est l'un des fondateurs du Syndicat de la magistrature dont il a démissionné en 1990 en raison de « magouilles »[14].

En outre, engagé sur le terrain de la justice des mineurs de par ses fonctions successives, il milite plusieurs années au sein de l'Association Française des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille (AFMJF) jusqu'à en devenir Président[15]. Il œuvra en particulier pour favoriser le dialogue entre les juges des enfants et les autres magistrats à l'instar de l'ancien juge aux affaires matrimoniales ; il fut également formateur lors de sessions réservées aux professionnels et organisées par l'Ecole nationale de la magistrature[16].

Plus largement, il travaille tout au long de sa carrière sur les questions liées aux peines privatives de liberté. En ce sens, il considère que : « la plupart des mineurs considérés sont incapables de comprendre ce qui leur arrive. La prison les écrase. Elle a pour effet de structurer, souvent de façon difficilement réversible, des personnalités délinquantes »[17]. Lors de l'audience solennelle de rentrée du , en présence d'Alain Peyrefitte - Garde des Sceaux à l'époque - Jean-Claude Xuereb prononce un discours en contrepied aux propos tenus quelques jours plus tôt par Paul-André Sadon : la presse titre les jours suivants "La prison ne résout rien" ou encore "J’accuse la police". Le syndicat des commissaires décide de déposer une plainte à son encontre et il est contraint de rédiger une lettre afin de calmer l'affaire[18]. Par ailleurs, il s'alarme comme d'autres collègues dès les années 1980 de certaines pratiques (par exemple : la place moindre laissée à la défense alors même que s'agissant des mineurs, celle-ci devrait consister en un accompagnement sur le long terme du client ; la confusion des rôles entre policiers et magistrats, les premiers dépassant souvent le cadre strict de la recherche d'infractions)[19].

En , il décide de suspendre les audiences matrimoniales du TGI d'Avignon afin de protester contre la « pénurie » de moyens humains et matériels ; il est soutenu par le bâtonnier du ressort de la juridiction[20].

Même après son départ à la retraite, Jean-Claude Xuereb reste un observateur attentif de la justice des mineurs. En 2006, il se montre extrêmement critique à l'égard des évolutions en la matière (primauté du répressif sur l'éducatif, faiblesse des ressources financières accordées à la Protection judiciaire de la jeunesse, logique « verticale » bureaucratique) et en appelle à un « humanisme judiciaire »[21].

Poète et auteur confirmé

En 1962, il rencontre René Char à l’Isle-sur-Sorgue et les deux hommes deviendront amis[4]. En 1970, René Rougerie décide de le publier dans sa maison d'édition. Auteur d'une quinzaine de recueils, on retrouve également ses poèmes dans de nombreuses revues (Sud, Friches, Europe, Souffles, Esprit, etc.)[22].

Après avoir pris sa retraite, il se consacre plus encore au domaine littéraire. En 1995, il coordonne la publication d'un recueil de témoignages sous diverses formes (romans, pièces de théâtre, poèmes, lettres) portant sur les exilés d'Algérie[23]. Jean-Claude Xuereb définit le projet ainsi[24] :

« Ceux qui, par vagues successives, ont dû quitter ou quittent encore l'Algérie, ceux qui veulent y rester même exilés ou morts en sursis, ceux qui y succombent à la violence totalitaire, partagent une semblable vision d'inaliénable beauté de leurs lieux d'enfance et de jeunesse. »

À partir de l'an 2000, il participe à la préparation et à l'animation des Rencontres méditerranéennes autour d'Albert Camus à Lourmarin. En outre, il intervient régulièrement dans les établissements scolaires, universitaires et pénitentiaires afin de parler d'art poétique[25].

En 2016, il figure parmi les signataires d'une pétition de la Maison des écrivains et de la littérature appelant, « dans une époque pleine de menaces et d’incertitudes », à tenir un congrès international afin que la littérature « offre aussi des possibilités de réponse »[26].

Investi dans le festival Le Printemps des Poètes, il inaugure l'édition 2018 à Avignon en tant que parrain local[27]. En 2020, dans le cadre de la même manifestation culturelle, la médiathèque d'Uzès lui consacre une exposition illustrant « le compagnonnage d’artistes dont [il] s’entoura »[28],[29].

Distinctions

Œuvres

Pour approfondir

Notes et références

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