Jean-Daniel Pigasse
dirigeant français de presse et de communication
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Jean-Daniel Pigasse, né le et mort le [1], est un dirigeant français de presse et de communication.
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Jules Pigasse (d) |
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Directeur de l'Information du groupe Thomson à partir de 1982, il participe à la création de Thomson Digital Image (TDI) en 1984, puis réunit en 1988 les équipes de TDI et de la Sogitec au sein d'Ex-Machina, l'un des pionniers français de l'image de synthèse, qu'il préside jusqu'en 1993. Il achève sa carrière comme secrétaire général de l'hebdomadaire La Manche libre. Il est le père du banquier d'affaires Matthieu Pigasse.
Formation
En 1957, Jean-Daniel Pigasse fait partie d'un groupe d'études de l'Institut d'études politiques de Paris consacré au traitement de la crise de Suez par la presse française, dont les travaux sont publiés dans la revue Politique étrangère sous la signature de Jacques Kayser[2].
Presse et communication (1975-1982)
En décembre 1975, il dirige l'hebdomadaire hippique Cheval Hebdo[3] et s'associe à Didier Rémon, cofondateur de la revue Réalités, au sein de la société Communication Aujourd'hui[4].
En 1978, il quitte Paris pour le Cotentin et devient secrétaire général de La Manche libre, à Saint-Lô, pour laquelle il écrit également des éditoriaux ; selon Vanity Fair, ce départ fait suite à une difficulté professionnelle[5]. Il retrouve ensuite un poste chez Thomson : la réorganisation de l'état-major du groupe, annoncée en septembre 1982 par Alain Gomez, le place à la tête de la direction de l'Information, l'une des six directions fonctionnelles créées, dont les responsables ont rang de directeur général adjoint[6],[7].
TDI et Ex-Machina (1984-1993)
En septembre 1984, il participe avec Gérard Allain à la création de Thomson Digital Image (TDI), filiale de Thomson-CSF consacrée à l'image numérique, rattachée à Thomson Techniques de Communication (TTC), la structure qu'il dirige et qui réunit aussi Thomson Compétition et l'organisateur de salons SEDITAS[8],[9]. Une caméra Thomson équipe en août 1985 la Renault RE60 de François Hesnault au Grand Prix d'Allemagne, première retransmission en direct depuis une Formule 1 en course[10],[11]. En 1988, sous sa présidence, TDI réalise son premier exercice bénéficiaire[12].
La même année, il réunit dans un nouveau studio, Ex-Machina, les divisions Images de TDI et de la Sogitec, jusqu'alors sa principale concurrente française[12]. Interrogé par Le Monde, il résume sa vision du secteur : « À terme, il n'y aura plus que deux sources d'images : la caméra et l'ordinateur. Notre groupe aura la maîtrise technique des deux. »[12] Créée le 1er janvier 1989, Ex-Machina est détenue à 66 % par TDI et à 34 % par l'INA ; Pigasse en est le président-directeur général[13].
Son film fondateur, 1789, présenté comme la première association mondiale d'images de synthèse et d'animation traditionnelle, est projeté dans le jardin des Tuileries à partir du 8 mai 1989, ouvre le festival d'Annecy et reçoit le premier prix Pixel-INA à Imagina 1990[14],[15]. Le studio ouvre des bureaux aux États-Unis et au Japon et, en 1992, le « Roncarelli Report » le classe troisième studio mondial de la 3D[16]. Pigasse en quitte la direction en 1993, remplacé par Pascal Bap[13]. Ex-Machina cesse toute activité en 2008 ; un Genie d'Honneur est décerné à sa mémoire en 2022[16].
Milipol et retour à La Manche libre
Après son départ d'Ex-Machina, Pigasse est directeur de la publication du Milipol Magazine[17]. En 1997, il est commissaire général du salon international des équipements de police et de sécurité Milipol[8].
Il retourne ensuite à La Manche libre, dont il est de nouveau secrétaire général jusqu'à la fin de sa carrière[5],[18],[19].
Mandat municipal à Regnéville-sur-Mer
De 2008 à 2014, Jean-Daniel Pigasse est conseiller municipal de Regnéville-sur-Mer (Manche), commune du Cotentin où il réside, et y préside la commission de la vie économique[8].
Vie privée
Il est le neveu d'Albert Pigasse, fondateur de la Librairie des Champs-Élysées, qui lance en 1927 la collection de romans policiers Le Masque[20],[21].
Il épouse Madeleine Bonhomme, responsable de la communication du groupe Promodès, fonction qu'elle conserve après la fusion de 1999 avec Carrefour[22]. Le couple s'installe à Regnéville-sur-Mer[18] et a quatre enfants[23].
Son fils Matthieu Pigasse, banquier d'affaires chez Lazard, devient en novembre 2010 actionnaire du groupe Le Monde aux côtés de Pierre Bergé et Xavier Niel, au sein de la structure Le Monde Libre, dont le nom est choisi en écho à La Manche libre[18]. Un autre de ses fils, Nicolas Pigasse, est cofondateur du magazine Public[20].
Il est le frère du journaliste Jean-Paul Pigasse (1939-2026), longtemps éditorialiste des Échos puis directeur de la rédaction de L'Express, avant de fonder à Brazzaville l'Agence d'information d'Afrique centrale (ADIAC)[5],[24].
Jean-Daniel Pigasse décède le 17 juin 2019 à Regnéville-sur-Mer, à l'âge de 82 ans[1].