Jean-Eudes Gannat
militant identitaire d'extrême droite
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Jean-Eudes Gannat, né le , est un militant néofasciste et un homme politique. Connu pour avoir fondé en 2017 le groupe d'extrême droite L'Alvarium, dissous en 2021, il lance le Mouvement Chouan en 2023. Il est condamné plusieurs fois pour provocation à la haine raciale ainsi que injure raciste et fait appel de ses condamnations judiciaires.
| Jean-Eudes Gannat | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Conseiller municipal de Segré-en-Anjou Bleu | |
| En fonction depuis le (2 mois et 21 jours) |
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| Élection | 22 mars 2026 |
| Maire | Geneviève Coquereau |
| Biographie | |
| Surnom | « Reine des abeilles» (sur les réseaux sociaux) |
| Date de naissance | |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | FN (2012-2017) L'Alvarium (2017-2021) Mouvement Chouan (2023-) |
| Syndicat | Rassemblement des étudiants de droite |
| Père | Pascal Gannat |
| Fratrie | François-Aubert Gannat Louis-Joseph Gannat |
| Diplômé de | Université d'Angers |
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Biographie
Jean-Eudes Gannat est le fils de Pascal Gannat, ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen et figure du Front national[1],[2],[3]. Il est également le frère de François-Aubert Gannat, membre de Génération identitaire[2], et de Louis-Joseph Gannat, qui s'est présenté aux élections législatives de 2024 sous l’alliance entre Éric Ciotti et le RN[2], avant d'en être exclu pour propos antisémites et homophobes[4].
Formation
Jean-Eudes Gannat est d'abord scolarisé au collège de l'Espérance, en Vendée, une institution privée non mixte. Puis, il intègre au lycée l'établissement catholique Notre-Dame d'Orveau[3]. Il réalise deux années d'études de droit à l'université d'Angers, à la faculté de droit, économie et gestion, vers 2012[3],[5].
Parcours politique
En 2012, Jean-Eudes Gannat devient secrétaire général du mouvement jeunesse du Front national dans le Maine-et-Loire[6]. La même année, il fonde le Rassemblement des étudiants de droite (RED), syndicat étudiant d'extrême droite lié au GUD, et se mobilise contre le mariage pour tous[6].
En 2014, il est troisième de la liste du RN lors des élections municipales à Angers[6]. En , il est tête de liste RN lors des élections départementales[6].
En 2017, à Angers, il fonde le collectif L'Alvarium, présenté comme un centre identitaire local, proche de l'organisation néofasciste du Bastion social[7]. Le collectif se fait alors connaître pour ses actions lors de manifestations, souvent marquées par des heurts avec des militants de gauche qui mènent à des procédures judiciaires[8],[9],[10]. L'Alvarium reçoit également le soutien de militants royalistes de l'Action Française, d'anciens membres de Génération identitaire, des Nationalistes d'Yvan Benedetti, ainsi que de l'ancien président du Front national de la jeunesse Julien Rochedy[11].
En 2020, il se présente aux élections législatives partielles de Saumur Nord[12].
Le , le ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin, annonce la dissolution officielle de L'Alvarium, dénonçant « un activisme identitaire susceptible de troubler l'ordre public », son « recours à la violence » et son « idéologie xénophobe »[13],[14],[15],[16]. Après cette dissolution, plusieurs membres relancent des activités politiques comme le Mouvement Chouan, fondé en 2023 avec Jean-Eudes Gannat comme président[17]. Ce nouveau mouvement se rattache à une ligne national-catholique d'extrême droite[18],[7].
En , il obtient son premier mandat et siège dans l'opposition du conseil municipal de Segré-en-Anjou Bleu[6] après avoir remporté 21,72 % des voix[19].
Procédures judiciaires et condamnations
Condamnation pour complicité de diffamation
Le , Jean-Eudes Gannat est condamné pour complicité de diffamation envers un citoyen chargé d'un mandat public. Il avait accusé l'adjoint au maire de la commune de Trélazé d'être un « cheval de Troie de l'islamisme »[20],[21].
Condamnation pour « participation à un groupement en vue de la préparation de violences »
En , Jean-Eudes Gannat est condamné en appel pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences sur des manifestants à Angers[22]. Relaxé en première instance[23], il se pourvoit en cassation[10].
Condamnation pour injure raciste et diffamation
En , Jean-Eudes Gannat est condamné à 3 500 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Rennes pour « injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion » et « diffamation envers particulier »[24],[25],[26],[10] après avoir ciblé explicitement les origines guadeloupéenne d'un journaliste de Ouest-France dans une interview accordée au site d'extrême droite Breizh-info[27].
Le , la cour d'appel de Rennes relaxe Jean-Eudes Gannat[28]. Celle-ci estime que les propos ne « dépassent pas les limites admissibles de la liberté d'expression » et que « l'infraction d'injure n'est pas caractérisée »[28],[29], mais la Cour de cassation annule la décision de la cour d'appel de Rennes estimant que celle-ci « n'a pas justifié sa décision » et aurait dû « apprécier le sens et la portée » des propos visées[30],[31]. L'affaire est donc renvoyée devant la cour d'appel de Rennes, qui examine de nouveau l'affaire le [31],[10],[32].
Condamnation pour« injure » et « provocation à la haine raciale »
En novembre 2025, Jean-Eudes Gannat est placé en garde à vue après avoir filmé des migrants afghans vivant dans sa ville et posté la vidéo sur son compte TikTok, dénonçant l'afflux migratoire dans les villes rurales[33]. Il lui est interdit par le juge des libertés et de la détention d'utiliser les réseaux sociaux X et TikTok pour une période d'un mois[34],[10]. Le procès se déroule le au tribunal correctionnel d'Angers, la ligue des droits de l'homme s'y constitue partie civile[10],[35]. Le parquet requiert contre lui quatre mois de prison avec sursis et 1 000 euros d'amende[36]. Le , Jean-Eudes Gannat est condamné à trois mois de prison avec sursis pour « injure » et « provocation à la haine raciale »[37].
Publication
- Jean-Eudes Gannat, Pourquoi l'Alvarium, d'une politique antinaturelle à la sécession, Paris, La Nouvelle Librairie, , 151 p.