Jean-Louis Faure (sculpteur)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Nom de naissance
Jean Louis Paul Élie FaureVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Jean-Louis Faure
Jean-Louis Faure en 2006.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean Louis Paul Élie FaureVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Parentèle
Élie Faure (grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web

Jean-Louis Faure est un sculpteur, peintre et écrivain français né le à Paris et mort le [1] dans la même ville[2].

Son œuvre de sculpteur, commencée en 1979, comporte un total de 112 sculptures, qu'il préférait dénommer « ouvrages de menuiserie narrative ».

Jean-Louis Faure est né à Paris le . Il suit ses études primaires et secondaires à l’école de Saint-Seurin-de-Prats, dans plusieurs lycées parisiens, ainsi qu’au collège de Guyenne. De ces études qu’il qualifie lui-même de « poussives », il retient surtout l’apostrophe de son professeur de mathématiques, en troisième : « Mon pauvre Faure, vous passerez toute votre vie comme un croûton de pain derrière une malle[réf. nécessaire] ».

Le , son père François Faure (dit Paco dans la Résistance), qui avait rejoint le général de Gaulle, est arrêté par les Allemands, envoyé au Struthof puis à Dachau. Il en revient en 1945, et est nommé compagnon de la Libération.

Il entre à l’École des beaux-arts de Paris en 1950, pour un séjour qu’il qualifie de « furtif », et où il apprend la gravure à l’eau-forte[3].

En 1951, il réalise un portrait de Jean Genet (localisation inconnue), et assure le ravitaillement des coureurs durant le Tour de France.

Il effectue son service militaire en Algérie de 1952 à 1954. Spahi affecté à la garde à cheval du gouverneur, muni du sabre modèle 1822, il se fait distinguer par ses talents artistiques, et devient peintre de la cavalerie (sans doute le dernier)[3]. Il est libéré en  ; la guerre d’Algérie commencera le de la même année.

Déserteur, il part pour une année en Bolivie (1955-1956), sur l’Île du Soleil, au milieu du lac Titicaca. Sa première exposition de peinture à lieu à La Paz[3]. Il séjourne en Argentine jusqu'en 1959. Arrêté puis jugé à son retour en France, il est finalement acquitté[4].

En 1960, il signe le Manifeste des 121 pour le droit à l’insoumission. Dans les années 1960, Il prend la direction artistique de magazines (Marie Claire, Adam…) et dans d’importantes maisons d’édition[3]. En 1962, il contribue à la création de la collection 10/18. En 1966, il réalise pour le magazine Le Crapouillot  alors repris par Jean-Jacques Pauvert  les numéros consacrés au commerce des pompes funèbres, au LSD et aux Suédois. Il entre en 1969 aux Éditions Rencontre où il participe à l’élaboration du film Le Chagrin et la Pitié, de Marcel Ophüls et André Harris, produit par Charles-Henri Favrod.

En 1973, Jean-Louis Faure reprend la peinture puis l’abandonne de nouveau, « pour le bonheur de tous » dit-il, après la série des Capitonnages.

Bêtise de l'intelligence (1994) dans l'atelier de l'artiste. On y voit Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir refusant de serrer la main d'Arthur Koestler. Staline est le vrai sujet de l'ouvrage. Collection Régis Debray[5].

En 1979, il aborde la sculpture (Maquette utilisée par Lord Ismay[6]). En 1983, la première exposition de ses sculptures se tient à l'hôtel Salomon de Rothschild à Paris. Fortuitement, c’est dans cet ancien hôtel particulier, et dans la pièce même où il expose, qu’en 1932 fut assassiné le président de la République Paul Doumer, embaumé par Élie Faure, grand-père de Jean-Louis Faure[7].

En 1987, son apparition dans le documentaire du réalisateur allemand Heinz Peter Schwerfel sur la sculpture contemporaine européenne suscite chez le critique Michel Nuridsany l’appréciation suivante : « Passons sur le Français Jean-Louis Faure dont on se demande s’il a été choisi pour accréditer l’idée, si répandue en Allemagne, que l’art français n’existe plus depuis vingt ans »[8].

En 2004, Régis Debray, qui a pris connaissance de l'œuvre au fil des années, projette la construction dans son vaste jardin d’un local en bois destiné à l’exposer. Le projet est abandonné pour des raisons matérielles.

En 2009 ont lieu des expositions et un dépôt temporaire de la plupart de ses œuvres au musée Denon et au musée Nicéphore-Niépce de Chalon-sur-Saône.

En 2013, le soutien constant de Régis Debray à Jean-Louis Faure, par ses écrits et ses interventions, inspire à Antoine Gallimard l’idée de présenter pendant un an la pièce Bêtise de l’Intelligence (1994, collection Régis Debray) dans le hall de la NRF (aujourd'hui Éditions Gallimard[9]).

Depuis 1979, Jean-Louis Faure a réalisé 112 sculptures[10]  qu'il préfère dénommer pièces de « menuiserie narrative » , ainsi que la conception de l’épée d’académicien du professeur Alain-Jacques Valleron en 2005[11].

Œuvre

Dès ses premiers ouvrages en 1979, Jean-Louis Faure incorpore souvent des objets manufacturés (robinets, tapis de voiture, assiettes et couverts, etc.), distantes réminiscences des ready-made de Marcel Duchamp. Ensuite, ces incorporations incluront des objets personnels (insignes, photographies, armes…) y compris des œuvres d'art, dont certaines héritées de son grand-père, Élie Faure (masques africains, statue anonyme de Vierge du XIVe siècle, portefeuille de gravures de Goya, peinture sur bois inachevée de Chaïm Soutine, sculpture hellénistique du IIe siècle av. J.-C., etc.).

Selon Bertrand Raison, « pour aborder l’univers sculpté de Jean-Louis Faure, [il faut] lire les titres de ses œuvres, mais encore […] s’intéresser de près aux notules explicatives qu'il prend la peine de rédiger pour chaque pièce. La légende et la sculpture ne vont pas l’une sans l’autre »[5]. Pour Patrick Marnham « Une grande partie de l'œuvre de Faure vient de la fascination qu'exercent sur lui les côtés sombres de l'Histoire de France et les dessous tragi-comiques du pouvoir. Les titres de ses ouvrages donnent le ton de ses préoccupations »[12].

Projet de Monument au général Dumas

Projet de Monument au général Dumas (2006) proposé par Jean-Louis Faure pour la Ville de Paris. Illustration de Rita Mercédès.

Jean-Louis Faure propose en 2006, sur une commande de la Ville de Paris, un projet de sculpture en hommage au général Dumas destiné à la place du Général-Catroux, sur un terre-plein de gazon bordé par l'avenue de Villiers, à 50 mètres du Monument à Alexandre Dumas (1883), fils du général, par Gustave Doré[13].

Dans une note explicative accompagnant la proposition de l'artiste, Jean-Louis Faure donne les précisions suivantes :

« Il est difficile, pour une sculpture, de rendre l’intelligence, le courage, l’intégrité, la bonté, la noblesse de caractère d’un être. En revanche nous avons le bonheur de tenir, avec notre héros, et contée par son fils, une abondante et charmante légende d’exploits physiques stupéfiants — quatre fusils soulevés à l’horizontale et portés à bout de bras, quatre doigts d’une main glissés dans les canons, ou une dizaine de soldats saisis l’un après l’autre par leur fond de culotte et lancés par-dessus un mur — qui seraient un plaisir à décrire en volume.
Nous avons préféré choisir, dans cette geste admirable, une anecdote proprement surhumaine, la plus propre à frapper les esprits. Thomas-Alexandre sera donc représenté en général de division de la République, sabre au côté, cramponné à une poutre, et à cru sur un cheval perdant pied qui n’en revient pas d’être ainsi traité. Durant cette action agitée — il en perd son bicorne — le regard du père ne quittera pas le fils, sur l’autre versant de l’avenue de Villiers.
Enfin, nous nous devions de commémorer par des inscriptions sur la poutre figurant le fronton du monument, ainsi que sur les colonnes la soutenant, le refus — lui aliénant définitivement Bonaparte — d’aller prendre en 1802 le commandement d’une expédition punitive contre la colonie révoltée de Saint-Domingue.
Nous voulons souligner ainsi par La Liberté ou la Mort, Haïti et France, la fidélité farouche du général à une République anti-esclavagiste, ainsi que son indéfectible attachement à la terre de son enfance. »

La Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris ne donnera pas suite à cette proposition.

Œuvres

Publications

  • La plus puissante des impuissances, in Revue d'Esthétique 33, 1998.
  • J'ai vu les mêmes abrutis dénoncer les Juifs, puis tondre les femmes. préface de Régis Debray ; avant-propos de Charles-Henri Favrod. Gollion (Suisse), Infolio éditions, 2012. (ISBN 9782884748131).

Œuvres dans les collections publiques

Expositions

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI