Jean-Marie Minot
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Jean-Marie Minot, né le à Douai, est un historien et archéologue industriel reconnu[1] de la mémoire du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
Jeunesse et études
Jean-Marie Minot réside jusqu’au début des années soixante-dix dans la commune de Waziers, siège d’une importante activité industrielle au coeur du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, notamment avec ses fosses Gayant et Notre-Dame. Fréquentant quotidiennement des sites exploités par les Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais (HBNPC), Jean-Marie Minot devient familier des locomotives tractant les trains de charbon. Il dessine chevalements et locomotives dès l’âge de cinq ans[2]. Il se lance dans la photographie à douze ans. Ayant obtenu son diplôme de dessinateur industriel, il entre alors dans la vie active[3].
Carrière
Il travaille successivement chez Breguet, Arbel, Poclain, puis en Belgique. Il prend ensuite la direction des Ateliers de Billy à Billy-Montigny, puis termine sa carrière chez Famacom à Anzin[4].
L'archéologue industriel
L'archéologie industrielle est une discipline centrée sur l’étude des vestiges matériels du patrimoine industriel[5]. Depuis l'enfance Jean-Marie Minot est attiré par la mine et les chemins de fer, la fosse Gayant devenant l’épicentre de cette passion. Sans le savoir, il va se spécialiser aussi bien pour l’archéologie industrielle minière que pour l’archéologie ferroviaire, disciplines qui ne connaîtront un certain développement qu’à partir des années 1970 grâce à de multiples travaux d'inventaires[6].
Jean-Marie Minot va sauvegarder par la photographie les sites miniers du Nord—Pas-de-Calais telles que les fosses Notre-Dame, Dechy, Déjardin, Saint-René et 5 de l’Escarpelle, mais aussi de la Lorraine, des Cévennes, de la Belgique et de la Ruhr. La sauvegarde par l’image va de pair avec de nombreuses visites, tant au jour qu’au fond, que Jean-Marie Minot effectue dans les dernières mines européennes encore en activité. Il va aussi préserver une masse considérable de documents, partageant ses connaissances avec d’autres passionnés tels Pierre-Christian Guiollard et Patrick Etiévant[7]. Prenant appui sur les documents ainsi collectés, il est auteur de livres et d'articles[8],[9]. Il est consulté pour des travaux de recherche sur la mine et le chemin de fer[10]. Il est sollicité pour apporter des précisions à divers ouvrages comme l'équipement des Houillères françaises avec de puissantes machines[11], les mines de Carvin[12], les chevalements des Houillères françaises[13]ou les chemins de fer industriels[14]. Auprès de médias télévisés, il relate son expérience de bénévole pour la préservation et la transmission de la mémoire[15].
Vie associative
Jean-Marie Minot est membre actif de deux associations à Oignies, l’une préservant le patrimoine minier, l’autre le patrimoine ferroviaire[16].
L'Acccusto Seci du 9-9 bis d’Oignies
La fosse no 9 - 9 bis est une ancienne mine de la Compagnie des mines de Dourges. C’est sur ce site qu’eut lieu la fermeture de la dernière exploitation de fond des Houillères du Nord—Pas-de-Calais, le . L’Acccusto Seci (Association pour la Création du Centre de Culture Scientifique d’Oignies sur les Sécurités Industrielles) est créée en 1992. Elle regroupe d’anciens mineurs et des passionnés de la mine, qui restaurent et entretiennent les principaux éléments de la fosse (machines d’extraction, compresseurs, etc.). Jean-Marie Minot, membre depuis la création, est actuellement président de l’association. Il assure, entre autres, les visites commentées lors des Journées européennes du patrimoine[17].
Le site Unesco du 9 - 9 bis d’Oignies[18] accueille également le Métaphone, salle de spectacle.
Le Centre de la Mine et du Chemin de Fer d'Oignies
Le Centre de la Mine et du Chemin de Fer (CMCF) d'Oignies est une association déclarée au titre de la loi de , qui vise à la préservation, la conservation et la mise en valeur du patrimoine ferroviaire[19]. On y retrouve différentes échelles et notamment des locomotives électriques et diesel à échelle réelle. Les bénévoles du CMCF s’occupent de matériel SNCF, ainsi que d’une Super Pacific de la Compagnie des chemins de fer du Nord, devenue SNCF région Nord.
Le CMCF entretient également une locomotive diesel 040 DE qui vient des Houillères, la seule encore existante qui a été repeinte aux couleurs d’origine HBNPC.