Jean Becquet
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités |
| Ordre religieux | |
|---|---|
| Membre de |
Société archéologique et historique du Limousin Société d'histoire religieuse de la France (d) |
Jean Becquet, né le à Camon dans le département de la Somme et mort le à Ligugé dans le département de la Vienne, est un moine bénédictin et historien français.
Moine de l'abbaye de Ligugé et spécialiste de l'histoire des ordres religieux — en particulier celui de Grandmont — des chanoines ainsi que du Limousin, il dirige pendant une vingtaine d'années la Revue Mabillon.
Bénédictin
Jean Becquet est né le à Camon dans le département de la Somme[1],[2]. Il est l'aîné de quatre enfants. Son père travaille dans l'extraction du charbon à Hénin-Liétard[2].
Il obtient une licence de lettres classiques, enseigne au collège des jésuites de Lille, puis devient moine bénédictin à l'abbaye de Ligugé en 1943. Il est ordonné prêtre en 1948[3],[4],[5].
Il reprend ensuite ses études à l'Institut catholique de Paris et à l'École pratique des hautes études. Il obtient le diplôme de l'École pratique des hautes études en 1951, en soutenant un mémoire dirigé par Gabriel Le Bras et consacré à l'ordre de Grandmont au Moyen Âge. Puis il revient dans son abbaye de Ligugé[3],[4],[5]. Moine à Ligugé et artisan émailleur, il fait partie des quelques historiens reconnus de sa génération qui ne sont pas universitaires[6].
Historien
Jean Becquet est l'auteur de nombreux travaux d'histoire religieuse, sur le Limousin, l'ordre de Grandmont, les chanoines et les ermites[5].
En 1965, il publie une étude et un recueil de chartes de l'abbaye Notre-Dame d'Hénin-Liétard, fondation canoniale du XIe siècle, qui existe jusqu'à la Révolution française[7],[8],[9],[10]. Il consacre de nombreux articles aux chanoines, surtout ceux du Limousin. Une sélection de ces articles est réunie dans un volume publié en 1985, sous le titre Vie canoniale en France[11]. Il est alors le principal spécialiste de l'ordre de Grandmont[12],[5], dont il publie les textes des XIIe et XIIIe siècles en 1968[13]. Ses travaux sur l'ordre de Grandmont sont repris dans un recueil[14]. Il publie également les actes des évêques de Limoges des origines à la fin du XIIe siècle, soit 170 actes épiscopaux[15],[16],[17].
En 1999, la liste bibliographique de ses publications comprend 200 titres, essentiellement des articles[18],[19]. Ses publications initient des recherches nouvelles qui renouvellent l'historiographie de l'ordre de Grandmont et des chanoines médiévaux[14].
Directeur de la Revue Mabillon
De 1966[3],[5] à 1989[20], Jean Becquet dirige la Revue Mabillon, consacrée à l'histoire monastique et publiée par les moines de l'abbaye de Ligugé[5],[20]. La publication de cette revue, y compris dans ses aspects matériels, repose essentiellement sur son travail[3]. Il y insère à partir de 1970 une série d'études, intitulée Abbayes et prieurés, qui est une continuation d'une série du même nom publiée de 1905 à 1941 par les bénédictins mais interrompue depuis. Il s'agit de répertoires des abbayes et prieurés par diocèse. Jean Becquet a ainsi publié dans la Revue Mabillon des séries consacrées aux établissements religieux des diocèses d'Arras, d'Amiens, de Soissons, de Beauvais et de Reims[21],[22].
En 1988, la santé de Jean Becquet se dégrade et il annonce en 1989 qu'il ne peut plus publier la Revue Mabillon[14], qui manque alors de disparaître[21],[20]. En 1990, une réorganisation la fait passer sous la responsabilité d'une association, la société Mabillon, et les éditions Brepols en reprennent la publication. Jean Becquet en laisse la direction à André Vauchez[20], mais reste présent dans les instances de la revue, qui demeure dans une continuité éditoriale[14].
À la fois moine et érudit, Jean Becquet s'inscrit dans la tradition des bénédictins mauristes[3]. Il meurt le à Ligugé[1],[5], « sans doute victime […] de l'affreuse canicule qui aura marqué cet été »[3].