Jean Ralaimongo

homme politique malgache et rebelle contre la colonisation From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Ralaimongo (1884-1943) est un nationaliste et franc-maçon malgache qui participa en 1920 à la fondation de la Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits des citoyens français[1]. Il en sera le président.

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Jean Ralaimongo
Monument à la mémoire de Jean Ralaimongo à Tananarive
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Biographie

Jean Ralaimongo est né le à Ikalamavony, dans la province de Fianarantsoa. Dans son enfance, Jean Ralaimongo obtient d'une famille française d'être engagé comme domestique et de se faire amener en métropole où il est scolarisé et où il obtient le Brevet de capacité primaire qui lui aurait permis de devenir instituteur à Madagascar, mais lorsqu'il y revient, sa carrière est contrariée par deux choses : le poste d'instituteur lui est refusé en raison du fait qu'il n'obtient guère l'égalité professionnelle qui lui aurait permis de travailler pour le Ministère de l'Instruction Publique, et Jean Ralaimongo préfère, dans une époque troublée d'un point de vue géopolitique, s'engager dans l'armée française en 1914 pour défendre son pays contre la menace de l'empire Allemand.

Dans sa jeunesse, il suit une formation dans les écoles missionnaires protestantes. Il devient ensuite instituteur, ce qui lui permet d’acquérir une solide maîtrise de la langue française et de se familiariser avec les idées politiques et sociales diffusées à cette époque. Cette formation intellectuelle jouera un rôle important dans son engagement futur dans la presse et dans la politique[2].

De retour en France, il se rapproche des milieux anticolonialistes (la Vy Vato Sakelika, V.V.S) et les plus fervents représentants, comme Hô Chi Minh avec lequel il se lie d'amitié[3] et l'économiste Charles Gide qui lui apporte l'appui de la Ligue des Droits de l'Homme dont Ralaimongo s'inspire pour sa Ligue pour l'Accession des Malgaches à la Citoyenneté Française. Avec cette ligue, Jean Ralaimongo s'engage dans une lutte politique, avec son journal l'Opinion, de 1920 à 1939, il dénonçait les abus et réclamait « Madagascar département (d'Outre-mer) français »[4] et pour tous les Malgaches la citoyenneté française au même titre que n'importe quelle personne née sur le territoire national. Sa lutte naît surtout de l'idée que l'annexion de Madagascar aurait dû entrainer une naturalisation de l'ensemble des Malgaches et de leur accession à la citoyenneté française sans qu'une discrimination soit institutionnalisée comme celle que la République Française impose à Madagascar depuis le avec le régime colonial de l'Indigénat qu'elle impose également en Cochinchine, en Nouvelle-Calédonie, au Sénégal, à l'ensemble de l'Afrique Occidentale Française, à l'Afrique Équatoriale Française, au Togo et au Cameroun[5].

Engagement politique

Dans les années 1920, Jean Ralaimongo devient l’une des figures les plus visibles du mouvement politique malgache qui réclame l’égalité des droits entre les Malgaches et les citoyens français. Il milite notamment pour que les habitants de Madagascar puissent bénéficier des mêmes droits civiques et politiques que les citoyens de la métropole[6].

Il participe à la création de la Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits des citoyens français, une organisation qui défend l’idée que les Malgaches doivent être reconnus comme citoyens à part entière au sein de l’Empire français.

Ses prises de position attirent l’attention de l’administration coloniale et suscitent des débats importants dans la société malgache de l’époque. Lors de certaines réunions publiques organisées à Madagascar, plusieurs milliers de personnes viennent écouter ses discours, ce qui témoigne de l’influence croissante de ses idées.

Activités journalistiques

La presse constitue l’un des principaux moyens d’action politique de Jean Ralaimongo. Il participe à la création et à l’animation de plusieurs journaux engagés qui dénoncent les abus du système colonial et qui défendent les droits politiques des Malgaches.

Parmi les publications auxquelles il est associé figurent notamment L’Aurore malgache, La Patrie malgache et Le Libéré. Ces journaux servent de tribunes pour exprimer les revendications politiques de certains intellectuels malgaches et pour critiquer certaines décisions de l’administration coloniale[7].

À travers ses écrits, Jean Ralaimongo critique les discriminations juridiques qui existent entre les populations colonisées et les citoyens français. Il dénonce également les abus administratifs et les injustices sociales qui affectent la population malgache sous la domination coloniale[8].

Rôle dans le nationalisme malgache

Les historiens considèrent aujourd’hui Jean Ralaimongo comme l’un des précurseurs du nationalisme malgache au XXe siècle. Bien qu’il ne réclame pas directement l’indépendance de Madagascar, son action contribue à faire émerger une conscience politique chez de nombreux intellectuels et militants malgaches[6].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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