Jean Taxis
homme d'affaires français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Biographie
D'une vieille famille lombarde d'extraction noble, le grand-père de Jean Taxis est Jean Baptiste Taxis (1564-1618), l'enfant illégitime de Roger de Taxis (1513-1593) avec Cornelia de Hase, une abbesse de Louftémont, issue d'une famille noble du Brabant[3], qui fut reconnu en 1584 par son père. Après être entré dans cette grande famille de messagers, Jean Baptiste Taxis fut nommé dans le poste difficile de maître général des postes dans le Lyonnais, jusqu'en 1601, date à laquelle le Saint-Empire romain germanique cessa ses prétentions sur ce territoire français, en ratifiant le traité de Lyon[4],[5],[6]. Tout comme plusieurs familles italiennes, attiré par l'activité commerciale, l'aura de la cité des Papes à Avignon et les fermes fiscales, Jean Baptiste Taxis s’installa en Arles[7] où il exerça le métier d'astrologue jusqu'en 1618, date de sa mort.
Le fils de Jean Baptiste, Jacques Taxis (1598-?), resta à Lyon et devint un riche marchand, il épousa une certaine Catherine Daumas avec qui il eut un fils, dénommé Pierre (1621-1685), qui partit s'installer au lieu-dit Portail de Soleil-Bœufs dans les environs de Digne-les-Bains[8] où il racheta à Jean Matheron de Salignac l'hôtel des Dourbes[9],[10] et plusieurs hectares de vignes à Clumanc. Le , il se maria avec Blanche Lions[11] à Prads-Haute-Bléone et en 1648 naquit Jean.
Pierre Taxis avait destiné son fils aîné à reprendre l'affaire viticole familiale. Jean Taxis fit ses études dans le collège tenu par les jésuites à Digne-les-Bains où il acquit de solides connaissances. Il se passionna très vite pour le commerce. La mort de son père en 1685[2], le laissa libre de suivre ses intérêts personnels, notamment dans le domaine du négoce de tonneaux et de fûts de chêne.
Le , à l'âge de 21 ans, Jean Taxis se maria à Beaujeu avec Madeleine de Ripert (1649-1694), une jeune fille de 19 ans issue d'une vieille famille de la noblesse du Dauphiné, descendante de Hugues de Ripert et fille de François de Ripert[12],[13] et de Marie d'Artaud-Montauban, qui lui donnera deux enfants, une fille Marie Madeleine (née en ) et un fils héritier, François (né en 1674 à Chavailles, hameau de Prads-Haute-Bléone)[14].
Le vin de Digne n'était qu'un vin de garde destiné à la consommation locale et à la commercialisation régionale mais le « Grand Hiver » de 1709 va précipiter sa réputation dans tout le royaume du XVIe au XIXe siècle[15]. Au cours de l'an 1709, les cours du vin augmentaient et les vins du Bas Languedoc et de Provence, exemptés de droits, s’exportaient pour la première fois à Paris[16]. En 1709, son talent pour le commerce et surtout la réserve de tonneaux qu'il s'est constituée lui permit d'acheminer plusieurs centaines de pintes de vin par jour vers la capitale et ce qui fit sa fortune. On dit que le roi Louis XIV lui-même apprécia le vin de Digne.
Le , Jean Taxis acheta une charge de conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France en la chancellerie près le parlement d'Aix[17],[18].
En 1710, Jean Taxis traita avec un alchimiste dénommé Jean Trouin dit De Lisle[19],[20] qui prétendait avoir trouvé la pierre philosophale. De Lisle soutenait pouvoir transformer le plomb en or et le fer en argent. Jean Taxis reçut auprès de De Lisle vingt livres[21] de lingots d'or qu'il revendit à Lyon pour des sommes colossales[22],[23]. Ils firent affaire ensemble jusqu'à ce qu'il y eût un litige entre eux[24],[25].
Jean Taxis s'éteint en juillet 1714 à Clumanc, à l'âge de 65 ans.
Patronymie
Il co-existe deux origines du nom :
La famille Tasso, originaire du hameau Cornello dei Tasso dans la province de Bergame[26] dans la vallée du Brembo en Lombardie, remonterait jusqu'au VIe siècle[27] à l'époque des invasions barbares et serait probablement à l'origine des chevaliers Lombards qui seraient établis sur ce lieu et où ils ont bâti leur château fort[28] puis on prit le nom de leur fief comme patronyme. Tasso signifie tantôt en italien le taisson (tassi au pluriel), tantôt l'if (tassi en italien)[29]. Les paysages autour de Cornello accueillent aussi bien des ifs que des blaireaux. Mais la famille Tasso retiendra le taisson dans ses armoiries.
Au long de son histoire, l'orthographe du nom évoluera, même si certains descendants gardent intacts l'orthographe originel. Tasso se décline en Tassi car dans la langue italienne, ce pluriel indique la filiation au sens large du terme. Vers 1490, le nom qui a pris un pluriel en italien est francisé, en lui ajoutant un -s devenant ainsi Tassis. Puis, en 1512, une fois anobli par l'empereur Maximilien Ier, l'orthographe du nom de cette famille s'écrira désormais Taxis, car le -ss italien est remplacé en français par un -x[30],[31],[32] avec la particule von utilisée dans les pays germaniques et de en France. Comme beaucoup de familles authentiquement nobles, la branche française des Taxis a discrètement gommé la particule de son nom au moment de la Révolution, pour se protéger. Et comme beaucoup d'autres, elle ne l’a pas fait rétablir par la suite.
La seconde théorie explique que le nom de famille Taxis, avec ses dérivés (Tassy, Taxy, Taxil, Tassi, Tassel, Tacussel) est provençal et qu'il est à relier au nom sabin Tatius ou Taxilus[33].
Héraldisme

La famille Taxis de Digne appartient désormais à la petite aristocratie de Haute-Provence[34] et reprend les armes modernes[35] de la famille Taxis de Cornello mais le blason se présente d'or coupé d'un trait. Le premier chargé d'une aigle double éployée de sable naissante du coupé, le second d'un taisson[36] de sable[37],[38].
Le blaireau figure toujours dans les armoiries familiales des Taxis. Les origines germaniques de la famille Taxis sont manifestées par l'aigle bicéphale aux ailes déployées du Saint-Empire romain germanique[39].
Arbre généalogique
| Reinerius Tasso (†1117)[40] | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Giacomo di Tassis | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Inconnue | Omedeo Tasso (†1296)[41] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Inconnue | Ruggero Tasso (†1312) [42] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Inconnue | Benedetto Tasso[43] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Inconnue | Palazzo de Tassis | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Tonola de Magnasco[44] | Pasimo de Tassis[45],[46],[47] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Alegria de Albricio | Ruggero de Tassis (†1515)[48],[49],[50] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kristina van Wachtendonk[51] | Jean Baptiste de Taxis (†1541) [52] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Cornelia de Hase | Roger de Taxis (†1593) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Inconnue | Jean Baptiste Taxis (†1618) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Catherine Daumas | Jacques Pierre Taxis | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Jean Taxis | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Mariage et descendance
Marié le à Beaujeu avec Madeleine Ripert (née en 1650)[53]. De cette union naquirent :
- Sa fille aînée, Marie Madeleine de Taxis[54] qui épousa Jean-Joseph de Ravel, baron d'Esclapon (1674-1738) en 1703[55],[56]. De cette union, sont nés neuf enfants[57],[58].
- Son fils, François Taxis de Clumanc, né le , seigneur de Clumanc et coseigneur de Poil[59], lieutenant principal civil au siège de la sénéchaussée de Castellane et avocat en Parlement de Provence en 1724[60]. François Taxis de Clumanc se marie avec une roturière prénommée Thérèse Daumas (née le ) le aux Blégiers.