Jean de Saint-Igny
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Malgré les pages que lui ont consacré Chennevières[1] et Hédou[2], on sait peu de choses sur la vie de Jean de Saint-Igny. On sait cependant qu’il a commencé son apprentissage dans sa ville natale en 1614 et qu’il est présent à Paris de 1629 à 1630, où il était probablement depuis quelque temps. Il participe à la fondation de la confrérie de Saint-Luc en 1631 à Rouen où il parait avoir poursuivi sa carrière, même s’il a passé certaines périodes — comme en 1632, pour honorer une commande du couvent des Augustins — dans la capitale, puis à Caen. En 1635, il est élu maitre de la confrérie de Saint-Luc à Rouen.
En 1636, il signe et date deux grandes grisailles, L’Adoration des Mages et L’Adoration des Bergers[3] pour les Franciscains de Rouen, ainsi qu’une Assomption pour l’église abbatiale de la Trinité à Fécamp. En 1638-1639, il est commissionné pour l’exécution de toiles destinées à la chapelle de la Vierge dans la cathédrale de Rouen. Tous ces tableaux, auxquels il convient d’ajouter une deuxième Assomption pour l’église de Caudebec, sont fortement marqués par le maniérisme imposé à Paris par Bellange, Lallemant et Vignon ainsi que Bosse, et qui est resté à la mode pendant un certain temps après le retour de Vouet d’Italie en 1627.
D’autres petites œuvres attribuables à Saint-Igny, comme une grisaille allégorique[3] et une série de petits sujets historiques traités presque comme des scènes de genre, comme la Cavalcade triomphale d’Anne d’Autriche et du jeune Louis XIV[4], un certain nombre de petits panneaux (et peut-être également les boiseries sculptées) décorant la Chapelle Dorée de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris, qui se caractérisent par un style de pinceau cursif, plus rapide et fougueux.
Il reste un grand nombre de gravures originales ou de gravures réalisées à partir de ses œuvres par Nicolas Briot, Michel Lasne et Bosse, ainsi que certains dessins préparatoires[5]. Les gravures ont été souvent réalisées dans le cadre d’une série, comme la Noblesse Françoise à l’église, le Jardin de la noblesse françoise et les Elémens de pourtraiture. Ses images d’hommes et de femmes élégamment vêtus font de Saint-Igny l’un des illustrateurs les plus représentatifs des mœurs et des modes de son temps.
Publications
- Elémens de pourtraiture ou La métode de représenter et pourtraire toutes les parties du corps humain, Paris, chez l’autheur demeurant au faux-bour S. Germain proche la porte de Bussi, au grand Turc. Avec privilege du roi, 1630, in-12 43 p.Les Éléments de pourtraitures, publiés en 1630, diffèrent assez notablement du recueil de 1625, à peu près introuvable.
- Le Jardin de la Noblesse française dans lequel se peut recueillir leur manière de vêtements, pièces gravées par Bosse, Ciastres, 1629.
- La Noblesse française à l’église, dédiée à Messire Claude Maugis, conseiller aulmosnier du Roy et de la Reine Mere du Roy, abbé de S. Ambroise, Paris, chez l’auteur, demeurant au faubourg S. Germain proche de la porte de Bussy au Grand Turc.