Jeanne Sisley
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Marie-Louise Adélaïde-Eugénie Lescouezec (d) |
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Fernand Diets (d) (de à ) |
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Jeanne Sisley, aussi appelée Jeanne Sisley Diets, aussi écrit Dietsh (née le à Paris 17e et morte le à Paris 2e) est une graveuse, peintre, aquarelliste et collectionneuse, fille du peintre franco-britannique Alfred Sisley.
Jeanne Sisley, née le à Paris[1], au n° 27 de la Cité des Fleurs, aux Batignolles, un an et demi après la naissance de son frère Pierre Sisley, est la fille d'Alfred Sisley et de sa compagne Marie-Louise Adélaïde-Eugénie Lescouezec[2],[3].
Son père, un des fondateurs de l'impressionnisme, né à Paris, a centré son œuvre sur les paysages français de Paris, Louveciennes, Marly-le-Roi, Sèvres et Moret-sur-Loing[4]. Le , il tente d'obtenir la nationalité française, en vain[5].
Jeanne Sisley est l'élève de son père et étudie la gravure avec Félix Bracquemond, reproduisant des œuvres d'Alfred Sisley. Elle réalise une gravure en couleurs d'après L'Été de la Saint-Martin d'Alfred Sisley un temps dans la collection Roger Marx[6].
Vers 1875, Renoir peint le portrait de Jeanne Sisley, que son père conserve jusqu'à sa mort[7].
Gustave Geffroy rencontre Jeanne Sisley en 1894 quand il rend visite à Alfred Sisley[8] à Moret-sur-Loing accompagné de Désiré Louis[9], un journaliste de La Justice[10] et la décrit comme « dans tout l’éclat de la jeunesse et de la beauté »[11].

Une photographie publiée en 2024 figure Alfred Sisley et Jeanne Sisley dans un lieu identifié par Christophe Langlois comme situé à quelques centaines de mètres du centre de Moret-sur-Loing[12].
Vers 1895, Jeanne commence à peindre des œuvres qui comme les toiles de son père, portent la signature Sisley[13].
En 1897, Alfred Sisley et sa compagne se rendent au Royaume-Uni pour légitimer leurs enfants, ce qu'ils font le au consulat de France de Cardiff avant de se marier à l'hôtel de ville le . De retour à Moret-sur-Loing, en , il tente à nouveau de se faire naturaliser français, mais ses démarches n'aboutissent pas en raison de la perte de certains documents officiels. Il écrit le : « Je suis rompu par la douleur… Je n’ai plus l’énergie de combattre… ». Il fait appeler Claude Monet, lui recommande ses enfants et lui dit adieu. Il meurt le dans sa maison à Moret-sur-Loing sans avoir pu acquérir la nationalité française[14].

Le , à l'initiative de Monet, une exposition-vente de toiles de Sisley et d'autres artistes au profit de ses enfants Jeanne et Pierre, l'Atelier Alfred Sisley (d)
, est réalisée à la galerie Georges Petit. La vente des tableaux de Sisley atteint plus de 100 000 francs, et celle des autres peintres dont Cézanne, Degas, Monet, Pissarro et Renoir atteint plus de 40 000 francs[15],[14]. Jeanne adresse une lettre de remerciement notamment à Cézanne[16].
En 1904, trois toiles (Le Loing et le coteau de Saint-Nicaise, à Moret, 1890, Église de Moret au soleil, 1894, Marine à Penarth, Angleterre, 1897), dans la collection de Jeanne Sisley sont exposés à la Galerie Rosenberg lors d'une exposition d'une cinquantaine d'œuvres d'Alfred Sisley appartenant à des collectionneurs[17].
L'année suivante, elle épouse un joaillier parisien, Louis Georges Fernand Dietsh[18]. Le , Jeanne Sisley vend 14 tableaux de son père à Drouot[19].
Pour ériger le monument à Alfred Sisley commandé par le « Comité exécutif du monument Sisley »[20] et inauguré le , et aujourd'hui à quelques mètres de la porte de Samois de Moret-sur-Loing, Jeanne Sisley demanda à Auguste Rodin de réaliser un buste représentant Alfred Sisley, ce que Rodin accepta, mais le comité fit appel au sculpteur Eugène Thivier[21],[22], si bien que Jeanne Sisley retire son soutien au monument le [22].
Elle meurt le , à l'âge de 50 ans, à Paris, à son domicile au 26 rue Vivienne[23]. Elle est suivie dans la mort par son époux le .
À Paris, le nombre de morts liés à la grippe espagnole connaît un pic en [24].
Quatre mois après la mort de Jeanne Sisley et de son époux, des œuvres d'Alfred Sisley et d'elle-même sont vendues aux enchères à l'Hôtel Drouot le . Le lot 4, Le pont de Moret, effet d'orage d'Alfred Sisley sera vendu en 1940 et envoyé en Allemagne. Il se trouve au musée d'Art moderne André-Malraux du Havre (Musées nationaux récupération). Le lot 9, La maison rose, une autre toile de son père, est vendue chez Christie's à Londres le , Impressionist and modern day sale, lot 334[25].
Son frère Pierre est mort dix ans plus tard en 1929 à Levallois-Perret[26]. Leur père finalement déclaré de nationalité française selon la loi du , lors de l'affaire de la succession de Pierre Sisley en 1937.
Notes et références
- ↑ Acte de naissance à Paris 17e, n° 229, vue 17/32.
- ↑ François Daulte, Sisley : Les Saisons, éditions La Bibliothèque des Arts, 1992, (ISBN 2850471844 et 9782850471841), « Pierre Sisley Né le 19 juin 1867 à Paris, au n° 27 de la Cité-des-Fleurs, aux Batignolles. [...] 2. Jeanne Sisley Née le 30 janvier 1869 à Paris, au N° 27 de la Cité-des-Fleurs, aux Batignolles. Peintre et aquarelliste, Jeanne Sisley meurt le 4 février 1919, à l'âge de 49 ans, à Paris, en son domicile 26 rue Vivienne... Elle épouse le 23 juillet 1908 Louis-Georges-Fernand Diets Joaillier-bijoutier, Fernand Diets meurt le 17 février 1919, à Paris, en son domicile 26 rue Vivienne... Jacques Sisley né le 26 novembre 1871, 41 rue Nollet, à Paris. Décédé la même année. »
- ↑ Paul Romane-Musculus, « Généalogie des Sisley », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1903-), vol. 120, , p. 458–463 (ISSN 0037-9050, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean-François Lasnier, « Dans les pas de Sisley, l’impressionniste oublié », dans Connaissance des arts, 29 janvier 2020.
- ↑ Alfred Sisley, Sisley l'impressionniste, Hazan Eds, 2017 (ISBN 2754109846), p. 186.
- ↑ Sophie Monneret, L'impressionnisme et son époque: M à T, 1978, p. 271.
- ↑ (en) Portrait de Jeanne Sisley, sur le site de Christie's.
- ↑ (en) Benezit Dictionary of British Graphic Artists and Illustrators, Volume 1, p. 371.
- ↑ François Daulte, Alfred Sisley, Fratelli Fabbri Editori, , p. 6.
- ↑ Correspondance Generale, éd. L'Âge d'homme, p. 268.
- ↑ Gustave Geffroy, Sisley, p. 8.
- ↑ Christophe Langlois, « Sisley et Jeanne à la passerelle. Découverte d’une photographie inédite d’Alfred Sisley », Revue de l'art, 2024, vol. 1, no 223, p. 76-77.
- ↑ François Daulte, op. cit., p. 82-83.
- 1 2 Alfred Sisley, Sisley l'impressionniste, Hazan Eds, 2017 (ISBN 2754109846), p. 187.
- ↑ « Catalogue de tableaux, études, pastels par Alfred Sisley et de tableaux, aquarelles, pastels et dessins offerts à ses enfants par les artistes », sur Gallica, (consulté le ).
- ↑ « 1899 | Société Cezanne », sur www.societe-cezanne.fr (consulté le )
- ↑ Exposition d'une cinquantaine d'oeuvres de Sisley faisant toutes partie de collections particulières Galerie Rosenberg, 7-24 novembre 1904, sur Gallica.
- ↑ Archives de Paris Acte de mariage no 890 dressé au 16e arrondissement le 23/07/1908, vue 20 / 31.
- ↑ « Catalogue de 14 tableaux par Alfred Sisley, appartenant à M. D. S... », sur Gallica, (consulté le ).
- ↑ Alfred Vallette (dir.), « Le Monument Sisley », Mercure de France : série moderne, Paris, Mercure de France, , p. 637 (lire en ligne).
- ↑ Moret-sur-Loing, la Porte de Samois, le Monument à Sisley et Mardi Poésie, 17 novembre 2020.
- 1 2 Hadrien Viraben, Le savant et le profane : documenter l’impressionnisme en France, 1900-1939, 24 juin 2024, p. 131-134
- ↑ Acte de décès (avec date de naissance erronée) à Paris 2e, n° 139, vue 26/31.
- ↑ Freddy Vinet, « La gestion de l’épidémie de grippe espagnole (1918-1919) : préfets et municipalités en première ligne », Revue française d'administration publique, vol. 4, no 176, , p. 857 à 873 (lire en ligne).
- ↑ « Catalogue des tableaux, pastels et dessins par Alfred Sisley [...] : [vente du… », Bibliothèque numérique, collections Jacques Doucet, sur inha.fr, Institut national d'histoire de l'art (consulté le ).
- ↑ L'Art vivant, 1929, p. 587 : « On a récemment annoncé la mort dans une très modeste chambre d'un immeuble de Levallois-Perret, de Pierre Sisley, le fils du célèbre peintre impressionniste. Petit dessinateur industriel, Pierre Sisley vécut simplement... ».
Liens externes
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