Jennifer Walshe
compositrice irlandaise
From Wikipedia, the free encyclopedia
Jennifer Walshe, née le à Dublin, est une compositrice, chanteuse, comédienne et vidéaste irlandaise.
Biographie
Jennifer Walshe naît le dans une famille ouvrière mais encline aux arts[1]. Sa mère, poétesse, l'élève au milieu de la littérature anglophone : Samuel Beckett, Flann O'Brien ou encore Lydia Davis font partie de la bibliothèque familiale[1]. Elle fait ses premières études musicales à la trompette, au sein d'orchestres pour jeunes en Irlande[1]. Elle étudie la composition avec John Maxwell Geddes à la Royal Conservatoire of Scotland à Glasgow, puis avec Kevin Volans lors de son retour à Dublin[1]. Elle fait passe son doctorat à la Université Northwestern de Chicago en 2002[1]. Elle y assiste aux cours d'Amnon Wolman et Michael Pisaro[1]. Elle s'intéresse alors à la musique expérimentale et aux performances des artistes Laurie Anderson et Diamanda Galás[1]. Si elle ne prend pas de cours de chants, ses performances vocales sont intégrées à ses œuvres[2].
En 2007, elle fonde le collectif Grúpat qui se définie comme un « groupe insurrectionnel »[2]. Le groupe est en réalité composé de douze personnalités, alter égos de la compositrice[2]. Elle réitère cette expérience avec la base de donnée Aisteach, inventant une mémoire fictive de l'avant-garde irlandaise, de la deuxième moitié du xixe siècle jusqu'au début du xxe siècle[2]. Le terme aisteach est un mot irlandais qui signifie étrange ou queer[3]. Cette expérience lui a été donné à la suite de conversations avec Tony Conrad en 2009 concernant la tentative de définition des musiques expérimentales[3]. Avec lui, elle forme le duo Ma La Pert[3]. Elle travaille aussi en collaboration avec des personnalités comme Okkyung Lee, George Lewis, Roscoe Mitchell, Elaine Mitchener ou encore Nick Roth[3].
En 2016, elle enseigne à la Hoschule für Musik und Darstellende Kunst de Stuttgart[3]. Elle est élue à l'Académie des arts de Berlin en 2019[3]. En 2020, c'est à l'Aosdána qu'elle est élue[3]. L'année suivante, elle est professeure de composition à l'Université d'Oxford[3].
Esthétique
Elle tire de la vie quotidienne une poésie subversive et provocante, souvent amère vis-à-vis de ses contemporains[1]. Elle intègre le zapping à son œuvre, qui change en continu d'esthétique[1]. Dans XXX_LIVE_NUDE_GIRLS !!!, elle écrit pour huit poupées Barbie, où quatre sont écrites au masculin et quatre au féminin[2]. Elles sont actionnées par deux marionnettistes dans une maisonnette de poupée[2]. Le tout est filmé et projeté sur grand écran, à côté desquels se trouvent les musiciens (clarinette, trombone, accordéon, violoncelle et deux vocalistes)[2]. Pour autant, l'œuvre s'inscrit dans la veine des opéras pour marionnettes de Wolfgang Amadeus Mozart et Joseph Haydn[2]. Elle évite ainsi le faste de l'opéra[2]. Opposée à la tradition vocale opératique, elle considère qu'il faut l'inscrire dans la contemporanéité, à l'image de ce que fait Robert Ashley[2].
Dans 1984 IT'S O.K., pour violon, violoncelle et percussion, elle se réfère à des souvenirs de Los Angeles où elle cotoyait des groupes de punks[3]. L'œuvre est chronométrée dans la partition, minutée[3]. L'interprétation musicale autant que vocale s'interromp régulièrement par des prises de poses devant un appareil photographique numérique qui envoie l'image sur un écran[3].
Œuvres
Son catalogue comprend plus de cent vingt œuvres[3].