Jeu de couleur
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Le jeu de couleur, aux échecs, est une base d'analyse stratégique et positionnelle d'une partie ou d'un coup en fonction du contrôle et de l'utilisation des cases selon leur couleur. Ce concept est principalement lié à l'emplacement de deux types de pièces : le fou et le pion.
Il est question de « monochromie » lorsqu'un joueur a un faible contrôle sur un groupe de cases de même couleur[1],[2],[3]. Hans Kmoch distingue dans son livre L'Art de jouer les pions la « leucopénie » (faiblesse sur les cases claires) et la « mélanopénie » (faiblesse de cases sombres)
La monochromie est liée à la structure de pions ; en effet, un pion sur une case claire ne contrôle que des cases claires[4]. Dans la variante d'avance de la défense française par exemple, il y a des chaînes de pions imbriquées qui créent des complexes de cases de couleur faible[5] Dans cette variante, les cases faibles sont aussi liées au « mauvais fou de cases claires des Noirs ».
Comme un Fou ne peut contrôler des cases que d'une seule couleur, si un joueur échange son fou de cases sombres et place ses pions sur des cases claires, il risque de se créer une faiblesse sur cases sombres : ses cases sombres sont plus difficiles à défendre ; les opportunités tactiques pouvant être liées à la localisation des pièces, ces cases risquent notamment d'être vulnérables à l'infiltration des Cavaliers adverses. Dans une finale de fous, un joueur avec le fou contrôlant la couleur des cases où sont situés les pions adverses peut avoir un avantage significatif.
Quand les Blancs ont effectué le petit roque, avancé le pion g en g3 et qu'ils n'ont plus leur fou de cases claires, les Noirs peuvent impunément occuper les cases f3, g4 et h3 et éventuellement les mater. Réciproquement, un bon moyen d'exploiter un complexe de cases faibles de même couleur chez son adversaire est de capturer le fou qui contrôle ces cases. Un exemple célèbre est la deuxième partie du match des candidats de 1974 remportée par Anatoli Karpov contre Viktor Kortchnoï où Karpov a joué : 17. Fh6 Fxh6 18. Dxh6[6].
Partie d'exemple sur la monochromie
- Zlatko Klarić-Garry Kasparov, Graz, 1981[7]
- Ouverture : Défense moderne, variante avec c2-c3
- 1. d4 Cf6 2. c3 g6 3. Fg5 Fg7 4. Cd2 0-0 5. e4 d6 6. f4 c5 7. dxc5 dxc5 8. Fc4!?[8] Cc6 9. Cgf3 Ca5![8] Début de la stratégie de jeu sur les cases sombres 10. Fe2 Cg4![8] 11. Cf1 Db6 12. Dc1 c4 13. Fh4 e5!![8] gagne l'initiative 14. h3 Cf6 15. Fxf6 engendre la « mélanopénie » Dxf6 16. fxe5 De7 17. Df4 Cc6 18. Ce3 Cxe5 19. Cxc4?[8] (19. Cd5 Dd6 20. 0-0-0) 19...Cxf3+ 20. Fxf3 Fe6 21. Ce3 Dc5!?[8] 22. Cc2 Tad8 23. De3 Db5 24. Cb4 Fc4 25. a4 De5 26. Rf2 Ff6![8] 27. Thd1 Fe7!?[8] 28. Cc2 Txd1 29. Txd1 Fb3 30. Dd3 Dc5+![8] 31. Re1 Fh4+ 32. Rd2 Td8 33. Cd4 Fxd1 34. Fxd1 Ff6 35. b4 Dd6 36. Re3 Dg3+ 37. Ff3 De1+ 38. Fe2 Dg1+ 39. Rf3 Fxd4 40. cxd4 0-1.