Jibril Rajoub
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Jibril Rajoub (arabe : جبريل رجوب), né en 1953 à Dura (Cisjordanie), est un militant et homme politique palestinien.
Il fut emprisonné par Israël pour avoir attaqué un convoi militaire et il dirigea les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie jusqu'en 2002. Il est élu au comité central du Fatah pendant le congrès de 2009. Personne controversée, il dirige la Fédération palestinienne de football (PFA), le Conseil suprême pour la jeunesse et des sports et le Comité olympique de Palestine (POC).
Militant et homme politique
Jibril Rajoub est aussi connu sous le nom de Abou Rami[1].
À l'âge de 15 ans, en 1968, il est arrêté par les services de sécurité israéliens et passe quatre mois dans les prisons israéliennes. À sa sortie, il rejoint l'organisation politique et militaire palestinienne Fatah[1].
En 1970, Rajoub a 17 ans et lance une grenade sur un bus militaire israélien. Il est condamné à la prison à vie[2],[3].
Il est libéré lors d'un échange surnommé « Jibril Deal » de 1 150 prisonniers arabes contre trois otages israéliens détenus par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), en 1985[4],[1].
Il reprend son activisme et est emprisonné et libéré plusieurs fois par Israël. Accusé de participation à la première intifada, il est déporté au Liban en 1988[2]. Il se rend ensuite en Tunisie où il devient conseiller de l'activiste et dirigeant palestinien Khalil al-Wazir dit « Abou Jihad » qui sera tué par un commando israélien pour avoir été le cerveau d'attentats sanglants contre des civils israéliens[1],[3]. Rajoub devient alors un proche du dirigeant Yasser Arafat[1].
À la suite des accords d'Oslo de 1994, Rajoub est autorisé à rentrer en Cisjordanie et monte à la tête de la Force de sécurité préventive (PSF) puis en 2003, à la sécurité nationale mais durant son mandat, il est accusé de harceler, torturer et faire taire l'opposition politique palestinienne[1],[3],[2].
En 2001, trois obus israéliens visent son domicile mais Rajoub s'en sort indemne[2].
Fin 2016, Rajoub est réélu au comité central du Fatah, obtenant le deuxième total de voix derrière Marouane Barghouti[4].
Dirigeant d'instances sportives palestiniennes
En 2009, Jibril Rajoub est élu au Comité central du Fatah. Il devient aussi le chef du Comité olympique palestinien (POC), celui du Conseil suprême pour la jeunesse et des sports[5] et dirige la Fédération palestinienne de football (PFA).
Entre mai et , en pleine guerre de Gaza, Rajoub, en tant que chef du PFA et du POC, appelle à nouveau la FIFA et le CIO à interdire Israël de leurs compétitions, citant les effets des attaques israéliennes contre les sports palestiniens ainsi que les « violations commises par certains athlètes israéliens et les institutions sportives officielles israéliennes »[6].
Controverses
Il est également possible que sa longueur crée un déséquilibre dans l'article, au point d'en compromettre la neutralité en accordant à un aspect du sujet une importance disproportionnée.
En , il s'oppose à la tenue d'une minute de silence aux Jeux Olympiques de Londres, en mémoire des athlètes israéliens assassinés aux Jeux de 1972 à Munich, au motif que « le sport est un pont pour l'amour... et ne doit pas être utilisé pour la division et la propagation du racisme ». Il réclame en outre au Comité international olympique (CIO) l'expulsion d'Israël du mouvement sportif mondial[3].
L'année suivante, il déclare au réseau de télévision libanaise Al Mayadeen affilié au Hezbollah : « Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu d’armes nucléaires... mais au nom d’Allah, si nous avions des armes nucléaires, nous les utiliserions »[7].
En , Rajoub s'oppose aussi à la tenue de matchs de football dans le cadre de la Fondation pour la paix dirigée l'ancien premier ministre israélien Shimon Peres, où des enfants israéliens et palestiniens devaient jouer ensemble, en indiquant que « toute activité de normalisation dans le sport avec l'ennemi sioniste est un crime contre l'humanité »[3].
En , Rajoub baptise un tournoi de tennis de table du nom de l'étudiant palestinien Muhannad Halabi[8],[9] qui avait attaqué au poignard une famille juive se rendant au Mur occidental pour y prier lors d'une fête juive et avait tué deux civils israéliens dont un rabbin, dans la vieille ville de Jérusalem, un mois auparavant[10],[11]. Une affiche publicitaire du tournoi présentait deux photographies de Halabi et indiquait : « Sous le patronage du dirigeant Jibril Rajoub, président du Comité olympique palestinien »[9].
Il assiste également à un match de boxe baptisé en l’honneur d’Ali Hassan Salameh, l'un des organisateurs de Septembre noir, groupe terroriste palestinien, qui a ôté la vie à 11 athlètes olympiques israéliens lors des Jeux olympiques d’été de 1972 à Munich[9].
En 2017, une famille américano-palestinienne dépose plainte au civil contre Rajoub et lui réclame 250 millions de dollars, avançant qu'il serait directement impliqué, en tant que directeur de la sécurité palestinienne en Cisjordanie[12],[13], , dans les tortures en 1995 (ecchymoses, côte brisées, dents cassées, lèvre déchirée, traces de brûlures de cigarette) puis l'assassinat par les forces de l’Autorité palestinienne (AP), de leur mari et père Azzam Rahim, en violation de la loi sur la protection des victimes de torture[14],[15]. Les États-Unis n'accordent plus de visa de séjour à Jibril Rajoub à partir de cette date[16][source insuffisante].
En , la FIFA décide d'interdire le président de la fédération palestinienne de football de toutes fonctions officielles pendant les matchs pour un an, et de le condamner à une amende de 17 528 euros, en raison de ses « incitations à la haine et à la violence », notamment lors des appels de Rajoub à brûler des maillots de Lionel Messi si celui-ci n'appelait pas à boycotter un match amical prévu le à Jérusalem entre Israël et l'Argentine, ce qui aurait selon Rajoub, occulter les « crimes » israéliens. Le match est finalement annulé[17].
Lors d'une interview pour la chaîne saoudienne Al-Hadath en , Rajoub n'hésite pas à comparer la Palestine à Auschwitz en déclarant que « Dans toutes les villes de Palestine, de Rafah à Jénine, il existe un Auschwitz israélien pour massacrer les Palestiniens »[18].
En , la commission d’éthique de la FIFA envoie un courrier à Jibril Rajoub, affirmant qu’elle avait des preuves de violations du règlement intérieur de la FIFA : Jibril Rajoub est soupçonné d’avoir contrevenu aux statuts de l’instance en glorifiant le terrorisme et en incitant à la haine et à la violence[19][source insuffisante].
Le , à son retour des Jeux olympiques de Paris, l'armée israélienne arrête brièvement Rajoub au poste-frontière, pour avoir fait l'éloge de Yahya Sinwar, chef du Hamas, dans une interview télévisée et le convoquent pour interrogatoire[20]. Rajoub refuse de se conformer à l'ordonnance car elle est émise par « une autorité d'occupation »[21].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jibril Rajoub » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 « Jibril Rajoub », sur www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) « Profile: Jibril Rajoub », BBC News,
- 1 2 3 4 5 (en-US) Aiden Pink, « FIFA, the Palestinians, and the Future of World Football - FIFA », sur The Tower, (consulté le )
- 1 2 (en) Daoud Kuttab, « Will new Fatah leaders' fluency in Hebrew make a difference? », Al-Monitor,
- ↑ « المجلس الاعلى للشباب و الرياضة | كلمة رئيس المجلس », sur hcys.ps (consulté le )
- ↑ (en) Crane, Jonathan ; Sumlaji, Dana, « Palestinian Olympic chief wants Israel Olympic ban », sur dw.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Rajoub: Israel should beware, we are enemies », sur Ynetnews, (consulté le )
- ↑ « Aux JO de Paris, huit Palestiniens concourent “à l’ombre de la guerre Israël-Hamas” »
, sur Courrier international, (consulté le ) - 1 2 3 (en-US) « Palestinian Olympians deserve better than Jibril Rajoub - The Boston Globe », sur BostonGlobe.com, (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Israelis killed in Jerusalem, Palestinians banned from Old City », BBC News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ THE ASSOCIATED PRESS, « The Latest: Israeli stabbing victim describes Palestinian attack that killed her husband », sur usnews.com,
- ↑ (en-US) The Center for Justice & Accountability, « Mohamed v. Palestinian Authority – CJA » (consulté le )
- ↑ (en) « Mohamad (Individually and for the Estate of Rahim, Deceased) and Others v. Palestinian Authority and Others », International Law Reports, vol. 159, , p. 723–733 (ISSN 0309-0671 et 2633-707X, DOI 10.1017/9781107416079.019, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Par Times of Israel Staff, « Une plainte présentée à un cadre du Fatah à son arrivée à New York », sur fr.timesofisrael.com, (consulté le )
- ↑ (en) Arutz Sheva Staff, « Jibril Rajoub receives lawsuit from US Arab family in New York », sur Israel National News (consulté le )
- ↑ (en) Palestinian Media Watch (PMW), « Deny terror-supporter Jibril Rajoub entry to the US », sur pal watch,
- ↑ « Palestine. Le président de la fédération suspendu un an », sur Le Telegramme, (consulté le )
- ↑ « « Israël a recréé Auschwitz dans les villes palestiniennes » (Fatah) », sur Al-Manar french,
- ↑ « Enquête de la FIFA sur Jibril Rajoub pour promotion du terrorisme et incitation », sur The Times of Israel,
- ↑ (en) The New Arab Staff, Naela Khalil, « Israel detains Palestine Olympics chief Rajoub at Jordan border », The New Arab, 14 august, 2024 (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) « Israeli forces summon head of Palestinian football association for interrogation upon returning from Paris 2024 Olympic Games », sur WAFA Agency (consulté le )