Jinwook Jung

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Nom de naissance
정진욱
Nationalité
Sud-coréenne
Formation
Korean National University of Arts (2006–2011)
Hochschule für Künste Brême (licence, Jörg Birkenkötter)
Universität für Musik und darstellende Kunst Graz (master, Beat Furrer, Franck Bedrossian)
CNSMDP (Gérard Pesson)
Hochschule für Musik und Tanz Köln (Konzertexamen, Brigitta Muntendorf)
Jinwook Jung
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Biographie
Naissance
Nom de naissance
정진욱
Nationalité
Sud-coréenne
Formation
Korean National University of Arts (2006–2011)
Hochschule für Künste Brême (licence, Jörg Birkenkötter)
Universität für Musik und darstellende Kunst Graz (master, Beat Furrer, Franck Bedrossian)
CNSMDP (Gérard Pesson)
Hochschule für Musik und Tanz Köln (Konzertexamen, Brigitta Muntendorf)
Autres informations
Maître
Genre artistique
Site web
Distinction
1er prix concours international de composition de Karlsruhe (2015)
1er prix concours de composition de Florence pour quatuor à cordes (2016)
2e prix concours international de composition Gesualdo, Italie (2016)
2e prix concours international Karol Szymanowski, Pologne (2022)
Lauréat Voix Nouvelles, Fondation Royaumont (2022)

Jinwook Jung (en coréen : 정진욱, né en 1994 à Séoul) est un compositeur sud-coréen de musique contemporaine basé à Bruxelles et Paris. Son œuvre explore des problématiques post- et néocoloniales, le dialogue entre esthétiques culturelles éloignées — notamment entre le baroque français et la K-pop coréenne — et des questions liées aux rapports de genre et aux dynamiques des réseaux sociaux[1].

Jinwook Jung commence l'étude du piano et du violon à l'âge de six ans. En 2006, il est admis comme élève pré-professionnel à la Korean National University of Arts (한국예술종합학교), où il étudie la composition et le piano jusqu'en 2011[1]. Il y est alors le plus jeune compositeur de sa promotion[2].

Il poursuit ses études en Allemagne à la Hochschule für Künste Brême, où il obtient sa licence de composition dans la classe de Jörg Birkenkötter, tout en travaillant la composition électroacoustique avec Kilian Schwoon. Il obtient ensuite un master à l'Universität für Musik und darstellende Kunst de Graz, dans les classes de Beat Furrer et Franck Bedrossian, ainsi qu'au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) dans la classe de Gérard Pesson. Il achève sa formation par un Konzertexamen à la Hochschule für Musik und Tanz de Cologne sous la direction de Brigitta Muntendorf[1]. Il participe également aux masterclasses d'été de Chaya Czernowin et Simon Steen-Andersen à Milan (Sound of Wander), ainsi qu'à l'Accademia Musicale Chigiana de Sienne dans la classe de Salvatore Sciarrino (2018)[3].

Carrière

A Bruxelles, où il est installé depuis 2020, Jinwook Jung collabore avec de nombreux ensembles et orchestres de renommée internationale, parmi lesquels l'Orchestre philharmonique de Radio France, le SWR Symphonieorchester Stuttgart, le Klangforum Wien, l'ensemble recherche, l'Ensemble intercontemporain, l'ensemble Ictus, l'ensemble Multilatérale, l'ensemble Schallfeld et l'ensemble Musikfabrik[1].

En 2018, il est sélectionné pour le festival ManiFeste de l'IRCAM à Paris, où son œuvre orchestrale Unerasing est créée par l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Peter Rundel au CentQuatre[2]. La même année, son œuvre Bom? est créée par l'ensemble Airborne Extended au festival Musikprotokoll (Steirischer Herbst) de Graz, et Urmeer par l'ensemble Schallfeld dans le cadre du festival Impuls.

En 2022, il est sélectionné lauréat de l'Académie Voix Nouvelles de la Fondation Royaumont, en résidence avec l'ensemble Ictus et ses directeurs artistiques Frédéric Durieux, Clemens Gadenstätter et Dmitri Kourliandski. Son œuvre Plan à vol de corbeau, poème n°1, pour soprano, viole de gambe et guitare électrique, y est créée[4]. La critique musicale d'Anaclase décrit cette pièce comme « une musique de traces où les notes sont consumées jusqu'à leur souffle », soulignant que « la maîtrise et le procédé rappellent que le compositeur a étudié dans la classe de Gérard Pesson »[5].

En 2023, il est compositeur invité au festival Gaudeamus (Utrecht), où sa pièce Sarabande est créée par le Duo Dulfer & Witteveen, et au festival Warsaw Autumn de Varsovie[1]. En 2024, il est sélectionné dans le cadre du réseau Ulysses pour une collaboration avec HIIIT (anciennement Slagwerk Den Haag), ensemble avec lequel il crée K-ourante au festival Gaudeamus[6]. La même année, il est compositeur en résidence à la Cité internationale des arts de Paris dans le cadre du programme Composició Musical Rodamúsic[1].

Parmi les commandes reçues figurent notamment celles de la Philharmonie de Paris, du Bozar (Bruxelles) pour l'ensemble Ictus, de Radio France, du Brucknerhaus Linz, du Stockholm Chamber Brass et de l'ensemble Fractales, dont la commande a été créée à La Boverie à Liège[7]. Il a également été compositeur invité de l'ensemble TIMF en Corée du Sud, et résident de la résidence artistique NODUS[3].

Esthétique

Jinwook Jung cherche son point de départ dans des œuvres ou des concepts issus d'autres disciplines artistiques — arts visuels, littérature, architecture. Plutôt que de simplement transposer les idiomes de son environnement culturel, il les interroge en profondeur et les met en perspective critique. À travers sa musique, il aborde fréquemment des problématiques post- et néocoloniales en lien avec les études culturelles de la génération actuelle. L'un de ses axes de recherche majeurs est une analyse sociale des esthétiques de différentes époques, notamment entre le baroque français et les vagues contemporaines de la K-pop coréenne, afin de faire émerger des réflexions sur les biais de genre et les dynamiques des réseaux sociaux[7]. Sa pièce K-ourante (2024) construit explicitement un pont entre la représentation du genre dans la culture K-pop et la danse de cour française des XVIIe et XVIIIe siècles[6].

Sa pièce Plan à vol de corbeau est directement inspirée par la poésie du poète coréen Yi Sang (1910–1937), l'une des figures majeures de l'avant-garde de la littérature coréenne moderne, dont l'écriture expérimentait le langage et l'intériorité dans le contexte de l'occupation japonaise[1]. La matière même du souffle et de l'air y est constitutive de l'écriture musicale.

Œuvres

Liste des œuvres

  • Eu-scha (2014) — flûte solo ; commande de la série konzertreihe 11.11 neue musik de Hans-Joachim Hespos ; création le 11 novembre 2014, Theater Delmenhorst (Allemagne)
  • Narcisse (2014) — duo pour deux violoncelles
  • Folias (2015) — musique sur support fixe ; ZKM, next_generation 6.0, Karlsruhe
  • Traumbesuch (2015) — quatuor à cordes
  • Stairs (2016) — quintette pour clarinette, deux violoncelles, harpe et piano
  • Reverse (2016) — pour ensemble de treize musiciens ; création le 1er juillet 2016, Hochschule für Künste Brême
  • Lame Duck (2017) — hautbois solo ; projet de l'ensemble recherche, Ensemblehaus, Fribourg-en-Brisgau
  • "Bom?" (2018) — duo pour flûte à bec ténor et clavecin ; commande Impuls ; création au Musikprotokoll / Steirischer Herbst, Graz, 7 octobre 2018
  • Urmeer (2018) — trio pour saxophone, percussion et piano ; commande Text im Klang, Impuls, Graz ; création le 1er juin 2018, Großer Minoritensaal, Graz
  • La pyramide de macarons (2018) — quatuor pour flûte et trio à cordes ; Accademia Chigiana / classe Salvatore Sciarrino ; création le 20 juillet 2018, Palazzo Chigi Saracini, Sienne
  • Unerasing (2016–2018) — pour orchestre ; commande IRCAM ; création par l'Orchestre philharmonique de Radio France, dir. Peter Rundel, festival ManiFeste, CentQuatre, Paris, 23 juin 2018[8]
  • illuminé (2019) — trio pour saxophone, alto et accordéon ; commande open music pour le Klangforum Wien ; création le 20 décembre 2019, Museum der Wahrnehmung, Graz
  • Tipping Point (2020) — pour flûte et clarinette
  • Au magasin de nouveautés (2020) — pour flûte basse
  • Plan à vol de corbeau, poème n°1 (2022) — trio pour soprano, viole de gambe et guitare électrique ; lauréat Voix Nouvelles 2022, Fondation Royaumont ; interprété par l'ensemble Ictus (Anne-Claire Baconnais, soprano ; Eva Reiter, viole de gambe ; Tom Pauwels, guitare électrique)[8]
  • Plan à vol de corbeau, poème n°4 (2022) — pour violon solo (dédié à Biliana Voutchkova)
  • Sarabande (2023) — pour le Duo Dulfer & Witteveen ; Gaudeamus Festival, Utrecht[9]
  • K-ourante (2024) — pour HIIIT (anciennement Slagwerk Den Haag) ; Gaudeamus Festival, Utrecht ; explore les représentations du genre dans la K-pop et la danse baroque française[6]

Distinctions et bourses

Notes et références

Voir aussi

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