Joseph-Xavier de Jullien de Vinezac
From Wikipedia, the free encyclopedia
Largentière, Ardèche, France
Largentière, Ardèche, France
| Xavier-Joseph de Jullien Comte de Vinezac | |
| Surnom | Monsieur de Vinezac |
|---|---|
| Naissance | Largentière, Ardèche, France |
| Décès | (à 64 ans) Largentière, Ardèche, France |
| Origine | Français |
| Allégeance | |
| Grade | Lieutenant-général |
| Années de service | 1777 – 1796 |
| Conflits | Insurrections royalistes Chouannerie |
| Faits d'armes | Bataille d'Ouessant (1778) Bataille de La Pellerine |
| modifier |
|
Joseph-Xavier de Jullien, vicomte puis comte de Vinezac, né à Largentière le , mort à Largentière le , est un militaire français, chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare, qui a pris part à la Révolution française, d'abord comme partisan de l’unification de l’insurrection royaliste contre les forces révolutionnaires puis, à partir de 1794, comme chouan en Bretagne.
Lieutenant au régiment d’Auvergne[1], il est envoyé à Brest au mois de . Il fait partie du détachement embarqué, en 1778, sur le vaisseau la Ville de Paris commandé par l’amiral le comte d’Orvilliers. En effet, dès 1777, la France avait commencé à apporter son aide aux treize colonies américaines contre la Grande-Bretagne. D’Orvilliers, nommé lieutenant général des armées navales, est chargé du commandement de l’armée navale déployée dans l’océan Atlantique. Le , la flotte française quitte Brest où elle était stationnée.
Dès le lendemain, elle entre en vue de la flotte anglaise. Le , à quatre heures du matin, les deux flottes se font face à Ouessant (petite île du Finistère) et engagent le combat à la Bataille d'Ouessant (1778). Après plus de trois heures d’échanges intensifs, le comte d'Orvilliers parvient à prendre l'avantage et contraint l'amiral anglais à abandonner le champ de bataille en désordre.
Le lieutenant Jullien se fait particulièrement remarquer lors de cette bataille, où il est cité dans le rapport de l’amiral. À la suite de cette citation, il obtient le suivant la commission de capitaine et l’assurance, de la part de Louis XVI, d’obtenir la croix de Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis à 23 ans de service[2],[1]. Il rentre avec son régiment, à Lille en .
Révolution française
Rentré en Vivarais lorsque la Révolution éclate, il reçoit, tout de même grâce à son oncle, des nouvelles sur les évènements survenant à Paris durant l’été 1789. Bientôt les rumeurs d’une invasion de brigands venus du Dauphiné se répandent dans tout le Vivarais, provoquant un vent de panique au sein de la paisible population de Largentière[3].
Le Comte de Vinezac informe aussitôt le comte d'Antraigues de la situation: « Nous venons d'être instruits par les consuls de la côte du Rhône, que trois mille brigands arrivant des montagnes du Dauphiné, ont passé ce fleuve, après avoir ravagé et pillé plusieurs paroisses et mis tout à feu et à sang. Un corps de dix mille Piémontais est campé à Chabeuil, en Dauphiné, et l'on craint une invasion en Vivarais »[4]. À la suite de ces rumeurs, le capitaine commandant des chasseurs du Roussillon en garnison à Largentière est chargé de contacter le Comte de Vinezac afin d’organiser la défense de la région[5]. Mais ces bruits d'invasion piémontaise, reconnus faux par la suite, avaient été répandus dans le but de propager le mouvement révolutionnaire en provoquant l'armement des populations.
Dénoncé, peu de temps après, au club révolutionnaire de Largentière, avec plusieurs de ses amis, dont MM. de Comte, d'Allamel, de Valgorge et Rouchon, il comprend très vite le sort réservé aux membres de la noblesse. Poursuivi, mais heureusement, sans succès, il décide de s’expatrier. Avant de partir et pour se procurer un peu de liquidité, il fait vendre une grande partie du mobilier du château de Vinezac[6]. Il quitte alors Largentière pour rejoindre Paris.
Insurrection royaliste
Il rejoint la capitale, où il intègre la 3e division des gardes nationales de la ville de Paris[7], avec le grade de major général[8]. Il participe à l’unification de l’insurrection royaliste contre les forces révolutionnaires. Pour cela, il rejoint le Club des amis de la constitution monarchique, créé par Malouet et Clermont-Tonnerre le , dont il devient l’un des membres les plus actifs. Par contrat du , il épouse Geneviève Noël Adélaïde Poissonnier des Perrières. Le jour de ces noces sont présents Louis XVI et Marie-Antoinette qui apposent tous deux leurs signatures au bas du contrat de mariage[9].
En 1793, une violente guerre oppose les Jacobins au Club des amis de la constitution monarchique, qui réunit les conservateurs de l'Assemblée partisans d'une monarchie tempérée à l'anglaise. Les Jacobins n'hésitent pas à poursuivre les Monarchiens de rue en rue et de maison en maison, effrayant par des menaces les propriétaires des salles où ils se rassemblaient. On répand dans Paris que les Monarchiens ont payé des soldats pour assassiner le peuple. Antoine Barnave leur lance, de la tribune nationale, un mot cruellement équivoque : « ils distribuaient au peuple un pain empoisonné ». On ne leur permet pas de réclamer, de faire expliquer ce mot. Au cours de ce complot diffamatoire, Monsieur de Vinezac est accusé d’avoir forgé un ordre qui ôtait aux volontaires de la 3e division, la garde nocturne des faubourgs St. Denis et St. Laurent, route des Pays-Bas autrichiens, pour la donner aux soldés[10],[11],[12]. Afin d’éviter une arrestation qui l’aurait conduit très certainement à l’échafaud, il quitte la capitale pour entrer dans la clandestinité et rejoindre vers 1794 la Bretagne.