Joseph Roch Boyer de Fonscolombe
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| Gouverneur Hyères | |
|---|---|
| à partir de | |
| Conseiller d'État | |
| à partir de | |
| Ministre plénipotentiaire | |
| à partir de |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Formation | |
| Activité | |
| Famille | |
| Père |
Honoré Boyer de Fonscolombe (en) |
| Mère |
Catherine Carnaud (d) |
| Fratrie |
| Distinction |
|---|
Joseph (Roch Marc) Boyer de Fonscolombe (né à Aix-en-Provence en 1722 et mort en ) est un diplomate français, artisan du rattachement de la Corse à la France.
Famille
Son père est Honoré Boyer (né à Aix-en-Provence en 1683, mort en ), écuyer, seigneur de Fonscolombe, négociant en tissus et banquier ; il fut troisième consul d’Aix et procureur du pays de Provence (1726-1727), anobli par charge de conseiller secrétaire du Roi en la chancellerie du Parlement de Provence (1741) ; il a bâti le château de Fonscolombe. Sa mère est Jeanne Carnaud (vers 1690 - 1739, Aix), sa parente, fille d'un marchand de laine d’Apt.
Enfance et éducation
Joseph Roch, comme ses frères, est élevé au collège des Jésuites d'Aix-en-Provence, dirigé par un oncle.
Diplomate de carrière de 1746 à 1777, Joseph Roch Boyer de Fonscolombe a été en poste principalement au sein de l'Empire romain germanique et en Italie.
Son frère aîné sera avocat à Aix, grand collectionneur de peintures et père d'un conseiller au Parlement de Provence (1767), baron de La Môle (1771). Ses trois autres frères seront officiers des armées du roi, chevaliers de l'ordre militaire de Saint-Louis.
Tous seront artistes, savants et collectionneurs.
Leur sœur deviendra Madame de Miollis, mère du général Sextius Alexandre François de Miollis et de Mgr Bienvenu de Miollis.
Un portrait en pied de Joseph Roch Boyer de Fonscolombe a été peint par Carle Van Loo vers 1762[1], conservé dans la descendance de son frère aîné. Un buste de lui, sculpté vers la même époque, existe au château de Fonscolombe (devenu un hôtel), visible sur la cheminée d'un salon[2].
Carrière diplomatique
En 1746, il est nommé secrétaire d’ambassade à Dresde, royaume de Saxe, avec compétence sur Varsovie, royaume de Pologne, d' à fin 1752, sous Charles Hyacinthe de Galléan (Avignon 1716 - ), marquis des Issarts[3], et comme chargé d'affaires (dès , puis de à , durant 20 mois. En 1753 - 1754, il est à Turin, royaume de Piémont-Sardaigne , sous le marquis des Issarts, et comme chargé d'affaires en 1753[4].
De à , il est à Rome, États pontificaux, sous le comte de Stainville, futur duc de Choiseul, comme chargé d'affaires (octobre-, puis - , durant une année[4].
Poste à Rome (1754-1757) et intimité avec Choiseul
Cet abbé Barthélémy, « conseiller culturel », numismate, paléographe et orientaliste, entrera à l’Académie française en 1789 ; il était provençal comme Fonscolombe. Le nouvel ambassadeur, accompagné de sa jeune femme, prend ses fonctions à Rome le .
Fonscolombe se lie avec Barthélémy (1716 - 1795), avec l'ambassadeur et son épouse, née Louise Crozat (1735 - 1801). Tous quatre seront inséparables et le resteront jusqu’à leur mort.
Outre Fonscolombe et Barthélémy, un autre pilier de l’ambassade était Charles de La Condamine, membre de l’Académie des sciences et grand voyageur, récemment revenu du Pérou.
Le peintre Jean-Baptiste Greuze, alors à Rome, était l’un des artistes accueillis par les Choiseul[5].
Le , Choiseul remplacera Bernis aux Affaires étrangères. Il va faire office de principal ministre pendant douze ans (ministre des Affaires étrangères de 1758 à 1761, puis de la Guerre de 1761 à 1770 et de la Marine de 1761 à 1766).
Proche collaborateur d'Étienne-François de Choiseul entre 1754 et 1759, à Rome puis à Vienne, Fonscolombe restera son ami intime après sa disgrâce[6],[7].
De à , Fonscolombe est nommé à Vienne, Saint-Empire romain germanique, sous le comte de Stainville, puis comme chargé d'affaires ( - ), jusqu'à l'arrivée comme ambassadeur du duc de Praslin, cousin de Choiseul, et futur ministre des Affaires étrangères[4].
En 1759, il est ministre plénipotentiaire du roi Louis XV, à Liège, principauté-évêché de Liège, État satellite des Habsbourg, de à ; son secrétaire est Azear-Dominique Michel, sieur du Pinet[4].
Le , il est fait grand-croix de l’ordre de Saint-Michel de Bavière, dignité conférée par le roi de Bavière à la demande du prince-évêque de Liège, né prince de Bavière.
De à , il est à Gênes, république de Gênes, comme ministre et envoyé extraordinaire du roi Louis XV, puis de Louis XVI. Son secrétaire reste M. Michel[4].
Artisan du rattachement de la Corse à la France (1762-1768)
En , Fonscolombe est nommé Envoyé extraordinaire du roi auprès de la république de Gênes. La question Corse est sa priorité, outre le suivi des relations de l'Etat génois avec Rome, Londres et Madrid. L'Envoyé prend ses fonctions en , il reste à Gênes jusqu’en , soit quinze ans[8].
Au cours de ce séjour, il négocie le rattachement de la Corse à la France (1762-1768). Familier de l'Italie comme de la Provence, Fonscolombe estimait initialement qu'une solution sarde à la question corse serait à la fois la plus cohérente (continuité territoriale, forces navales et terrestres suffisantes...) et la plus avantageuse pour la France dans sa relation avec la maison de Savoie. Les instructions de Louis XV et de Choiseul sont exactement contraires à ses vues d'alors, Fonscolombe va s'employer avec succès à faire prévaloir une solution française.
En 1764, Gênes n'a pas assez de troupes pour contrôler l'île. Elle fait appel au roi de France pour rétablir l’ordre en Corse. La révolte se prolonge, la France se substitue localement à l’Etat génois dans l’exercice de la puissance publique. En 1768, la République de Gênes abandonne à Louis XV ses droits sur la Corse. Le traité signé le précise que la cession n’est pas irrévocable et que la République pourra reprendre sa souveraineté, à la condition de rembourser au roi les frais de son intervention militaire. La clause figure dans le traité pour rassurer l’Angleterre.
En 1768, en récompense des services de Fonscolombe, Louis XV le maintient à son poste, le nomme conseiller d’Etat, gouverneur de la cité d’Hyères et lui accorde une rente de 10.000 livres sur la place de trésorier de l’artillerie.
Le , Choiseul est renvoyé et exilé sur ses terres, au château de Chanteloup. Fonscolombe veut présenter sa démission et le rejoindre ; Choiseul lui ordonne de conserver son poste. Fonscolombe veut venir à Chanteloup, les Choiseul le pressent de ne pas s’exposer à perdre sa place[9].
En 1778, il prend sa retraite à Aix. Sa première visite est un séjour chez les Choiseul.
Sources
- ↑ Portrait reproduit en noir et blanc in Gaston Maugras, "La Disgrâce du duc et de la duchesse de Choiseul", Plon, Paris, 1903
- ↑ Observation directe, été 2018.
- ↑ Lydia Scher-Zembitska, "L'Aigle et le Phénix - Un siècle de relations franco-polonaises, 1732-1832", CNRS Histoire, Paris, 2001, chapitre III.
- 1 2 3 4 5 Archives du ministère des Affaires étrangères, dossier personnel de ce diplomate (1746-1777).
- ↑ Guy Chaussinand-Nogaret, "Choiseul, naissance de la Gauche", Perrin, 1998. Pages 29 et 52 (ambassade de Choiseul à Rome).
- ↑ Guy Chaussinand-Nogaret, « Choiseul, naissance de la Gauche », Perrin, Paris, 1998
- ↑ Annie Brierre, « Le Duc de Choiseul – La France sous Louis XV », Albatros, Paris, 1986.
- ↑ Édouard Driault, "Recueil des Instructions données aux Ambassadeurs et Ministres de France", tome XIX (Florence, Modène, Gênes), Félix Alcan, Paris, 1912.
- ↑ Gaston Maugras, « La disgrâce du duc et de la duchesse de Choiseul », Plon, Paris, 1903 : chapitre XV, visite de Boyer de Fonscolombe à Chanteloup en 1778, chapitre XVIII : correspondance de Mme de Choiseul avec Boyer de Fonscolombe (1789-1792), chapitre XX : mort de Boyer de Fonscolombe.