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Joseph Séger

résistant français en Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale From Wikipedia, the free encyclopedia

Joseph Séger ou Seger, né le à Petit-Landau, dans le district de Haute-Alsace de l'Empire allemand, et fusillé le à Strasbourg, est un sous-officier de carrière reconverti en restaurateur, impliqué dans la filière d'évasion Brecheisen et dans le Front de la jeunesse alsacienne (FJA).

Décès
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Nationalité
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Biographie

Joseph Séger est le fils de Joseph Séger, garde-chasse, et de Florentine Heitz. Mobilisé dans l'armée allemande de 1914 à 1918, il s'engage dès 1919 dans l'armée française. Il sert notamment avec la Légion étrangère lors de la guerre du Rif, campagne qui lui vaut la Médaille militaire. Il atteint le grade d'adjudant-chef avant de quitter l'armée à Strasbourg en 1932. Il acquiert alors le restaurant « La Tête Noire (Mohrenkopf) », au 9 quai des Pêcheurs, et épouse en secondes noces Clémence Gsell, originaire de Colmar[1],[2].

Rappelé sous les drapeaux au 158e régiment d'infanterie lors de la campagne de 1939-1940, il est fait prisonnier en , puis libéré au mois d'août suivant en sa qualité d'Alsacien « de souche allemande ». Il rouvre son restaurant tout en s'impliquant dans une organisation clandestine de passeurs, fondée par René Brecheisen[1],[2].

Dans les premiers mois de 1941, Joseph Séger entre en contact avec le réseau de Charles Bareiss, notamment par l'intermédiaire de l'assureur Robert Falbisaner, René Radius assurant la liaison. Les évadés empruntent la vallée de Munster jusqu'à Soultzeren : un beau-frère de Clémence Séger y tient un hôtel, tandis qu'un autre, Paul Gsell, conducteur de locomotives, assure le convoiyage des fugitifs. Ceux-ci franchissent ensuite la frontière dans le massif du Tanet avec l'aide d'un fermier local. Un autre itinéraire passe par Mulhouse en direction de la Suisse[1].

À partir de 1942, le restaurant « La Tête Noire » devient le lieu de rencontres clandestines du Front de la jeunesse alsacienne d'Alphonse Adam, la liaison étant assurée par Ernest Andrès. Après l'arrestation de René Brecheisen le , Joseph Séger reprend en charge une partie de la filière par l'intermédiaire de Charles Strohl. Le restaurant accueille régulièrement plusieurs évadés par semaine ; quand l'afflux dépasse les possibilités de l'établissement, les deux serveuses, Juliette Heim et Philomène Lemberger, les hébergent à leur domicile. Les fugitifs y sont restaurés et rééquipés de vêtements civils grâce à un réseau d'approvisionnement composé notamment d'Albert Burgard, Mathieu Gander et Charles Jost. Ils sont ensuite convoyés par des membres des organisations Strohl et Bareiss, parmi lesquels le moniteur d'auto-école Georges Kiefer et l'instituteur André Herrbach[1],[2].

Arrestation et procès

Joseph Séger est arrêté par la Gestapo le à Strasbourg et interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Les deux serveuses, Juliette Heim et Philomène Lemberger, sont appréhendées sept jours plus tard ; Clémence Séger est arrêtée à son tour le . Toutes trois sont internées au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck avant d'être libérées le . Joseph Séger est transféré le à Mulhouse, puis à Bühl, avant d'être ramené à Strasbourg dans l'attente de son jugement[1],[2].

Les 6 et , Joseph Séger comparaît devant le 1er Sénat du Volksgerichtshof (« tribunal du peuple »), présidé par Roland Freisler, réuni à Strasbourg avec les membres du FJA. Il est condamné à mort pour haute trahison le . Le Gauleiter Wagner obtient de Berlin que la sentence soit exécutée rapidement, en réponse aux manifestations patriotiques du à Strasbourg ; Joseph Séger est fusillé le au stand de tir Desaix, à l'île aux Épis au Port-du-Rhin, avec Alphonse Adam, Robert Kieffer, Pierre Tschaen, Charles Schneider et Robert Meyer. Leurs dépouilles sont portées au crématoire du cimetière nord de la Robertsau, et leurs cendres dispersées dans le canal de la Marne au Rhin[1],[2].

Reconnaissance

  • Un service commémoratif est célébré en à l'église catholique Sainte-Madeleine de Strasbourg.
  • En , le conseil municipal de Petit-Landau donne son nom à la rue principale du village.
  • Une stèle à proximité du pont de l'Europe, reliant Strasbourg à Kehl, rappelle le souvenir des six fusillés du 15 juillet 1943. Une cérémonie commémorative a lieu chaque 15 juillet à proximité du lieu de l'exécution[2].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

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