Robert Kieffer (résistant)
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Robert Kieffer, né le à Bischheim, est un étudiant en droit et résistant français, fusillé le à Strasbourg.
Front de la jeunesse alsacienne
Robert Kieffer est le fils de Charles Kieffer, boucher établi à Schiltigheim, et de Marie Anne Léonie Gerber. Mobilisé en 1940, il rentre à Strasbourg après la défaite française et l'annexion de fait de l'Alsace par le troisième Reich[1],[2].
Contraint de poursuivre ses études de droit à l'université de Heidelberg de 1940 à 1941, il profite de son séjour en Allemagne pour mener, avec Emile Hincker, un travail de repérage des étudiants alsaciens. Leur objectif est d'identifier ceux qui soutiennent le régime nazi et ceux susceptibles de rejoindre la Résistance. Lors de la réouverture de l'université allemande de Strasbourg en novembre 1941, il poursuit ses études de droit dans cet établissement transformé en Reichsuniversität[3],[1],[2].
Robert Kieffer participe à la création du Front de la jeunesse alsacienne aux côtés d'Alphonse Adam et de Pierre Tschaen. Cette organisation clandestine regroupe principalement des étudiants catholiques strasbourgeois et recrute de nouveaux membres lors de rencontres organisées au mont Sainte-Odile. Le mouvement entretient également des liens avec le réseau de Charles Bareiss. Au sein du Front de la jeunesse alsacienne, Robert Kieffer occupe la fonction d'adjoint d'Alphonse Adam. Il participe activement aux cérémonies d'assermentation des nouvelles recrues qui doivent prêter serment sur le drapeau français et un crucifix. Lors de ces rituels, il présente sous une cagoule blanche l'histoire de l'Alsace et ses liens avec la France, tandis qu'Alphonse Adam expose les objectifs de l'organisation. Les nouveaux membres prononcent un serment d'engagement envers l'Alsace et la France, promettant obéissance à leurs supérieurs et secret absolu[3],[1],[2].
Actions de résistance
À l'automne 1942, face à la proclamation de l'incorporation de force des Alsaciens dans la Wehrmacht, Robert Kieffer rédige avec Alphonse Adam un tract incitant les jeunes Alsaciens à refuser de répondre à la convocation pour l'incorporation dans l'armée allemande. Il conçoit également avec Robert Meyer des cartes d'identité internationales traduites en plusieurs langues, destinées à faciliter l'évasion des incorporés de force alsaciens de l'armée allemande. Le Front de la jeunesse alsacienne organise aussi le passage clandestin de la frontière pour des prisonniers de guerre alliés et pour des Alsaciens déserteurs de la Wehrmacht[3],[1].
Arrestation et exécution
En , le mouvement est dénoncé par l'un de ses membres. Face au danger, Robert Kieffer et Alphonse Adam se cachent chez Augusta Soenser à Strasbourg. Robert Kieffer tente de fuir vers la Suisse mais est arrêté par la Gestapo le . Jugé par le Volksgerichtshof (« « Tribunal du peuple » ») présidé par Roland Freisler, Robert Kieffer est condamné à mort avec cinq autres résistants le , à l'issue d'un procès tenu les 6 et à Strasbourg. Il est fusillé le à Strasbourg, près du pont de Kehl. Sur ordre du Gauleiter Robert Wagner, exaspéré par les manifestations patriotiques et désertions qui suivent l'incorporation des Alsaciens, les corps des condamnés sont incinérés et leurs cendres dispersées dans un canal[3],[1],[2].

Reconnaissance
Une rue de Bischheim porte son nom,[2].
Son nom figure sur la stèle au square des fusillés du et sur une plaque commémorative au collège Saint-Etienne à Strasbourg[4].