La convention d'armistice du 22juin 1940 ne fait aucune allusion à l'Alsace et la Moselle qui restent donc juridiquement territoires français. L'annexion de l'Alsace, au territoire allemand, se fait de facto et non de jure, donc au mépris du droit international le par un décret de Hitler dont la publication fut interdite[1]. Elle devient le CdZ-Gebiet Elsass, et associée au Gau de Bade, forme le Gau Baden-Elsaß, c’est-à-dire «Gau (pays) de Bade-Alsace», également appelé Gau Oberrhein «Gau du Rhin-Supérieur». La frontière de 1870 entre la France et l'Allemagne est rétablie.
L'Allemagne entreprend la germanisation et la nazification de l'Alsace. La législation allemande est progressivement introduite. En 1940, 30 000 personnes, majoritairement francophiles, sont expulsées[2]. L'usage de la langue française est interdit, les prénoms, toponymes et patronymes d'origine romane systématiquement germanisés[3]. Tout ce qui rappelle la France est détruit (600 monuments, 300 plaques commémoratives)[2]. Les associations sont dissoutes et remplacées par des organismes ou formations du parti nazi auquel les Alsaciens sont poussés à adhérer. Les postes les plus importants sont tenus par les Allemands.
À partir du 25août 1942, les jeunes Alsaciens sont incorporés de force dans la Wehrmacht, devenant ainsi des Malgré-nous ou Malgré-elles[3]. Le refus de l'incorporation entraine la déportation ou l'internement de la famille dans le cadre de la Sippenhaft «responsabilité du clan» ou «de la parenté».
Ces mesures engendrent une résistance massive de la population à la germanisation et à la nazification.
La résistance en Alsace est particulière car il s'agit d'une résistance à l'occupant en territoire annexé. Toute action ou attitude hostile à la germanisation ou portant atteinte au prestige ou à l'effort de guerre allemand est considérée comme un acte de trahison. Pour les Allemands, un résistant alsacien n'est pas un adversaire mais un traître. Il est jugé par le Volksgerichtshof «le tribunal du peuple» ou le Reichskriegsgericht «cour martiale du Reich». Le Chef de l'Administration Civile (Gauleiter) et représentant du Reich, Robert Wagner, définit ainsi la résistance alsacienne:
«Si un Alsacien vient et me déclare: je ne suis pas allemand, mais français, c'est-à-dire que je me considère comme Français; je ne puis que lui dire: Tu n’es pas un Français, tu es un traître allemand. Tu es un traître à ton nom, à ta langue, à ta nationalité, à ton sang, bref à ta propre nature, à ta destinée (…). Aussi devras-tu comprendre qu’on se débarrasse rapidement de toi, comme aujourd’hui dans le monde entier on se débarrasse rapidement de tous les traîtres»
Avec la nouvelle frontière, les relations avec les services de renseignement de Vichy, de la France libre ou des alliés sont difficiles. Les informations et le renseignement passent principalement par la Suisse, mais aussi par la Franche-Comté, Paris et Saint-Dié-des-Vosges.
L'Alsace étant intégrée au Troisième Reich, les Alsaciens se déplacent librement en Allemagne où ils recueillent du renseignement de tout premier ordre et participent aux évasions telle celle du général Giraud mais aussi à celles de nombreux prisonniers de guerre et réfractaires alsaciens.
André Aalberg en tenue militaireAndré Aalberg (résistant de l'intérieur), né le à Sainte-Marie-aux-Mines et mort de ses blessures le (à 30 ans), est un sergent dans l'Infanterie Coloniale. Il participe, pendant la drôle de guerre, à de nombreux coups de main, au sein des corps francs, sur la frontière allemande. Pendant la campagne de France, il est blessé et fait prisonnier, mais s'évade et rejoint le sud de la France où il se porte ensuite volontaire pour l'Indochine. Il déserte lors d'une escale à Dakar pour rejoindre les Forces Françaises Libres, mais il est arrêté et ramené en France en avril1941 et condamné par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand à un an de prison avec sursis. À sa sortie de prison, il rejoint le réseau Mithridate, il en devient l'un des responsables. Le 23mars 1943, il est condamné par contumace à trois ans de prison pour «atteinte à la sûreté extérieure de l’État». Il emprunte l'identité d'un milicien, Lucien Navarron, de Chabreloche. Dénoncé, il est arrêté à Clermont-Ferrand le . En tentant de s'évader, André Aalberg est blessé au ventre et meurt cinq jours plus tard de ses blessures. Il est inhumé sous le pseudo de Lucien Navarron, car les autorités allemandes s'opposent à son identification.
Micheline Adam (résistante déportée), épouse Kieffer, née le à Strasbourg est employée à la section de la police administrative de l'administration civile d'Alsace. Elle est membre du groupe FJA dont son frère, Alphonse Adam, est un des fondateurs. Elle profite de son poste pour faire des copies des documents secrets qui passe entre ses mains. Elle dérobe des cachets officiels qui permettent au groupe de faire de faux papiers. Lors du démantèlement du groupe, elle est arrêtée, le , par la Gestapo et internée au camp de sûreté de Vorbruck-Shirmeck puis libérée le .
Charles Émile Altorffer vers 1919Charles Émile Altorffer (résistant de l'intérieur), né à Wœrth le et mort à Strasbourg le (à 79 ans), est un pasteur, fonctionnaire et homme politique alsacien. En 1939, il est directeur des services des réfugiés d'Alsace-Lorraine à Périgueux et entre dans la Résistance où il est très actif. Il reprend la direction des œuvres sociales juives après leur fermeture par la Gestapo et répartit l'argent clandestinement transporté depuis Lyon[4]. Fin 1940, Charles Altorffer devient délégué du gouvernement français auprès de la commission d'armistice. Pierre Laval le charge de traiter avec les Allemands le rapatriement de tout le patrimoine alsacien évacué en France de l'intérieur. Il trouve tous les prétextes pour freiner cette mission. En février 1944, le rabbinVictor Marx meurt. Charles Altorffer s'assure que la communauté juive puisse réaliser ses obsèques sans intervention des Allemands[2].
Joseph Arnold (déporté politique), né le à Haguenau, est un cultivateur. Le , il est arrêté par les Allemands en gare d'Haguenau pour avoir brandi un drapeau français, dans le train le conduisant en Allemagne, lors de son incorporation de force dans la Wehrmacht. Il est interné le 23 au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le , il est jugé par le Sondergericht à Strasbourg et condamné à une peine de deux années de réclusion pour Zersetzung der Wehrkraft («Affaiblissement de la force armée»). Le , il est transféré à la maison centrale d'Ensisheim. Le , il est déporté au camp de concentration de Vaihingen sur l'Enz un camp annexe de celui de Natzweiler-Struthof. Il est libéré en et rapatrié en France le [2].
Marie Aveline (déporté politique), née Schuler le à Haguenau, habite Ottange. Elle est arrêtée par la Gestapo pour avoir aidé à la désertion de son fils qui s'est fait prendre par les douaniers allemands entre Ottange et Aumetz. Elle est jugée par le Sondergericht («tribunal d'exception») le à Metz. Elle est déportée le au camp de concentration de Ravensbrück où elle décède le . Son fils Joseph-Jacques Avelin est condamné à 8 ans de prison pour désertion et survivra à la guerre[5].
Émile Baas, né à Guebwiller le , est un enseignant de philosophie et essayiste français. Il refuse de prêter le serment de fidélité au Führer exigé dans la fonction publique en Alsace germanisée et nazifiée. Il est muté à Rodez où il est très actif auprès des réfugiés d'Alsace Moselle. Dans le cadre des« paroisses universitaires», il crée et anime les «Carrefours des Tilleuls» où les jeunes Alsaciens-Mosellans apprennent la situation de leur région, ce qu'est l'idéologie le nazisme et pourquoi il faut la combattre. De nombreux membres du Groupe mobiles d'Alsace Sud (GMA Sud) puis de la Brigade indépendante Alsace Lorraine (BIAL) y participeront comme Antoine Ancel-Diener, Adelphe Peltre ou Bernard Metz l'organisateur du GMA Sud et le la BIAL. Après la guerre, Bernard Metz, dans son rapport d'activité de résistant, fait référence au rôle d’Émile Baas dans la formation intellectuelle et la motivation des résistants alsaciens-mosellans.
Samuel Bader (interné résistant), né le à Mulhouse, est un étudiant à la faculté de lettres repliée à Clermont-Ferrand où il fait partie des Gergoviotes. Du au , il appartient au «Maquis écoles», structure chargée de former les jeunes maquisard aux techniques de guérilla et de sabotage. Durant cette période, il utilise les pseudonymes «Berthier» et «Boulanger» pour ses activités clandestines. Le , Samuel Bader est arrêté par les forces allemandes à Lyon. Il est immédiatement interné au fort Montluc, principal lieu de détention de la Gestapo dans la région. Détenu durant plus de cinq mois dans des conditions particulièrement difficiles, il est exécuté le à Saint-Genis-Laval, environ deux semaines avant la libération de Lyon[2],[6].
Le docteur vétérinaire, Charles Bareiss (résistant déporté), né le à Mulhouse et mort le (à 56 ans) à Dabo, organise et fusionne une partie de la résistance alsacienne en un seul mouvement qui prend le nom de «Gaullistes d'Alsace et de Lorraine». Puis il développe son organisation clandestine qui s'étend sur toute l'Alsace et a des antennes jusqu'en Lorraine et au Luxembourg. Il est arrêté par les Allemands en 1942.
Jérôme Barth (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg, est évacué avec sa famille à Périgueux. Il rejette l'annexion de fait de l'Alsace. En , il s'engage au titre du 26e régiment d'infanterie. Le , il est sergent et mit en congé d'armistice. Il devient employé des PTT à Périgueux et intègre L'Organisation de Résistance de l'armée (ORA) où il est agent de liaison. En , il est secrétaire au sein du service des gardes-voies. Son poste lui permet de participer aux sabotages des voies ferrées. Le , il entre dans la clandestinité et rejoint le Groupe-Franc Martial où il prend le commandement d'un groupe de combat. Le , il est blessé au combat et soigné dans un hôpital du maquis mis en place par le professeur René Fontaine. Au sein des Forces françaises de l'intérieur (FFI), il participe, avec le grade de sergent-chef à la Libération de Périgueux, puis de la poche de La Rochelle au sein du 26e régiment d'infanterie dans lequel il s'est engagé pour la durée de la guerre. Mal remis de ses blessures, il est démobilisé le .
Jean-Jacques Bastian devant le monument aux morts de Strasbourg en 2015.Jean-Jacques Bastian alias «Franzmann» (incorporé de force, résistant déporté), né le à Nancy, est aspirant géomètre-cartographe, stagiaire au service du remembrement du cadastre à Strasbourg. Il appartient à l'organisation clandestine la Main noire dont il est à l'origine du nom. Il est chargé de préparer les opérations du groupe. Avec Aimé Martin, il fabrique des explosifs artisanaux. Lors du démantèlement de la Main noire, il est arrêté par la Gestapo le 18juillet 1941 et condamné à six mois de détention par le Sondergericht «tribunal d'exception». Il est libéré, le 20octobre 1942, pour être incorporé de force au 53e régiment d'artillerie lourde motorisée. Il est affecté sur le front de l'Est. Soupçonné à juste titre, avec d'autres malgré-nous, d'actes de résistance au sein de son régiment, il est, volontairement, très grièvement brûlé par un sous-officier allemand qui piège la pièce où dorment les malgré-nous du régiment. Deux ans après la fin de la guerre, il est toujours hospitalisé[7].
Daniel Bénédite (résistant de l'intérieur) voir Daniel Ungemach.
Robert Bildstein (incorporé de force, résistant déporté), né le à Strasbourg est le fils d'un technicien en électromécanique. Il travaille comme coursier dans une blanchisserie. En , alors âgé de 16 ans, il rejoint l'organisation de La Main Noire avec laquelle il coupe régulièrement les câbles téléphoniques de l'armée allemande. Le , il est arrêté par la Gestapo et le , il est interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Du 27 au , il comparaît devant le Sondergericht («tribunal d'exception») de Strasbourg, qui le condamne à trois mois de prison et à une peine éducative de redressement. Le , il est incorporé de force au Reichsarbeitsdienst («Service du travail du Reich (RAD)»), puis dans la Wehrmacht[8].
Marie Christophe Robert Borocco (résistant déporté), né à Colmar le et mort le(à 61 ans) dans la même ville, est un diplomate et résistant français. Dès il rejoint le réseau Uranus-Klébert dont il est le chef du secteur de Colmar. Le 15décembre 1942 à Colmar, il est arrêté lors de la destruction de son réseau et condamné à mort mais il obtient un sursis d'exécution. Il est affecté en dans un Himmelfahrtskommando «Kommando pour l'ascension au ciel» assurant le déminage des bombes alliées non explosées. Il est envoyé à Cologne, Kassel, Straubing. Le il échappe de justesse à la mort en dégageant une bombe. Il est libéré, le , par l'armée américaine. Il est le frère de Joseph Nicolas Edmond Borocco.
Joseph Bossenmeyer (résistant déporté), né le à Haguenau, est Maître relieur. Le , il est fait prisonnier par les Allemands, puis libéré le 9 en qualité d'Alsacien «de souche allemande». Dès , il organise un groupe de passeurs sur Haguenau qui viennent en aide aux prisonniers de guerre évadés. Début 1941, il adhère, avec son groupe, au réseau du docteur Charles Bareiss et devient responsable du secteur de Haguenau. Il rajoute le renseignement à son activité clandestine. Dans le cadre du démantèlement du réseau Bareiss, il est arrêté par la Gestapo le et interné à Offenbourg puis Kehl. Il est jugé, du 4 au à Strasbourg par le Reichskriegsgericht («tribunal militaire du Reich») qui le condamne à la peine de mort pour intelligence avec l'ennemi. Il est déporté le à Bruchsal. Sa peine est commuée en peine de prison par Hitler le . Il est transféré le à Ludwigsburg puis le à Zwickau. Le , il est libéré par l'armée américaine le et rapatrié en France le [5].
Arthur Bossler (résistant de l'intérieur), né le à Lutterbach, est un employé de la ville de Strasbourg. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est militaire dans l'armée de l'air française. Lorsqu'il est rayé des cadres de l'armée d'armistice le , il rejoint sa famille à La Robertsau où il est à l'origine de plusieurs filières d'évasion de prisonniers de guerre. Recherché par la Gestapo, il continue son activité de résistant et rejoint le réseau Ajax en Alsace. En 1944, il rejoint les Forces françaises de l'intérieur (FFI). Il est responsable du secteur de La Robertsau. En , il participe à la tête de ses hommes aux combats du Port au Pétrole et du Parc de l'Orangerie où il est blessé.
René Brecheisen (résistant déporté), né le à Strasbourg, est restaurateur et propriétaire du «Coq de Bruyère» situé 59 avenue de la Forêt-Noire. Avec le soutien de son épouse Alice, il est un des fondateurs avec Albert Ott, Joseph Deiber et Charles Strohl d'une filière d'évasion dont son restaurant est le refuge pour les fugitifs. À la suite d'une dénonciation, il est arrêté par la Gestapo le à Strasbourg puis transféré le au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck et le à nouveau à Strasbourg. Il est jugé par le Volksgerichtshof («le tribunal du peuple»), les 6 et à Strasbourg et condamné à une peine de 10 années de pénitencier pour haute trahison. Il est déporté le à Ludwigsburg puis le à Siegburg où il meurt en déportation le .
René Casagrande (déporté politique), né le à Schiltigheim, est arrêté pour des raisons politiques en 1941, dans un premier temps, il est détenu à la Gestapo, rue Sellenick à Strasbourg avant d’être interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck à deux reprises, notamment pour avoir refusé de servir au Reichsarbeitsdienst (RAD). Il est finalement déporté au camp de concentration de Natzweiler-Struthof en où, affecté à la carrière, il se blesse à l'œil. Exceptionnellement, il est envoyé à la clinique ophtalmologique de la Reichsuniversität Straßburg avec deux autres codétenus en pour «Ajustement d’une prothèse oculaire». Il est l’un des exemples illustrant les liens inhabituels entre le camp et les cliniques universitaires de Strasbourg pendant la guerre. Une fois guérie il est affecté dans les kommandos annexes du camp de concentration de Natzweiler-Struthof en 1944. Il est abattu «pendant une tentative d’évasion» en au camp de Schörzingen dans le Jura souabe[11].
Jean-Paul Cauchi (résistant déporté), parfois orthographié Cauchy, né le à Mulhouse, est étudiant en Lettres à l'université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. Plusieurs groupes de résistance sont présents au sein de l'université. Le professeur Alfred Coste-Floret, du groupe Combat, demande à Jean-Paul Cauchi de créer un groupe de résistants parmi les étudiants. Le mouvement prend le nom de Combat Étudiant. Il organise un certain nombre d’attentats contre les locaux d’organisations collaborationnistes[12]. En 1943, Jean-Paul Cauchi rejoint le réseau Mithridate et le réseau Navarre. Il est trahi par un de ses adjoints Georges Mathieu qui prit une part active à la rafle de Clermont-Ferrand du 25novembre 1943. Jean-Paul Cauchi échappe à la rafle mais est arrêté le 4avril 1944 à Paris et déporté à Buchenwald le 2août 1944. Il est abattu par les Allemands le (à 23 ans) lors du transfert du camp de Buchenwald, à l'arrivée des troupes américaines[13].
Raoul Clainchard (résistant déporté), né le à Strasbourg, est étudiant à l'Ecole de commerce. Il appartient à l'organisation clandestine dirigée par Charles Bareiss. Il est arrêté par les Allemands le à Strasbourg, où il est jugé par le Reichskriegsgericht («tribunal de guerre du Reich»), du 4 au , qui le condamne à mort pour intelligence avec l'ennemi. La sentence est commuée en peine de prison par Adolf Hitler le . Il est déporté à Bruchsal, Siegburg et Hameln où il est libéré par l'armée américaine le . Mais, il décède, des suites des mauvais traitements subis en détention, le . Pour honorer sa mémoire, ses parents créent la Fondation Raoul Clainchard.
André Conreaux (résistant de l'intérieur), né le à Lièpvre, est tisserand. Dès , il devient passeur et aide des fugitifs à quitter l'Alsace annexée de fait. Arrêté le pour avoir chanté des chants patriotiques, il est interné au camp de sûreté de Schirmeck jusqu'en . Réfractaire à l'incorporation de force, il entre dans la clandestinité en . En , il rejoint le maquis de la Chambrette puis les Forces françaises de l'intérieur après la Libération.
Marie-Louise Daul (résistante déportée), épouse Schaeffer, née le à Strasbourg, est comptable et guide-aînée, cheftaine de louveteaux chez les Scouts de France. Elle est la soeur d'Alice Gillig avec laquelle elle s'engage dans la Résistance au sein du réseau de passeur l'Équipe Pur Sang. Elle est arrêtée par la Gestapo le à Strasbourg. Le , elle est internée au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le , elle est jugée avec les autres membres du réseau à Strasbourg, par le Volksgerichtshof. Le , elle est condamnée à une peine de huit années de prison pour aide à l'évasion. Le , elle est déportée à Stuttgart, transférée en à Francfort-sur-le-Main puis à la maison centrale de Ziegenhain et enfin à Hambourg. Elle est libérée par les alliés en mai et rapatriée en France.
Joseph Deiber (résistant déporté), né le à La Broque, est le fils d'un propriétaire de scierie à Schirmeck. En 1926, il s'installe à Strasbourg et ouvre une blanchisserie. Réquisitionné par les Allemands pour laver le linge de la Wehrmacht à la caserne Bataille, il noue des contacts avec les prisonniers de guerre français (PG) de corvée. Il leur fournit 250 bleus de travail abandonnés par l'armée française, permettant une évasion spectaculaire de près de 200 hommes qui s'échappent en une nuit par les égouts. À partir d', il crée avec René Brecheisen et Charles Strohl une filière d'évasion utilisant les passages de la vallée de Munster et de la Moselle. Arrêté le à Strasbourg et interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, il est jugé le par le Volksgerichtshof de Strasbourg pour aide à l'évasion et condamné à 8 ans de travaux forcés. Déporté successivement à Karlsruhe, Ludwigsburg puis au camp de concentration de Dachau, il est libéré par les Américains le et rapatrié en France le [2],[15].
Fernand Demouge (résistant déporté), né le à Mulhouse, est élève à l'École pratique de Commerce et de l'Industrie de Mulhouse. Il a 15 ans quand, avec des camarades de classe, il crée la Légion C 40 pendant les vacances d'été en 1940. C'est chez lui que s'installe le PC de l'organisation de renseignement et de sabotage. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le . Il recrée, avec certains membres de la Légion C 40, une nouvelle organisation appelée «Mission Z799» qui édite un mensuel clandestin de huit à dix pages de novembre1943 à mai1944. Il est une nouvelle fois arrêté le et libéré le 12.
Laure DieboldLaure Diebold (résistante déportée et compagnon de la Libération), alias «Mado», parfois orthographié Laure Diebolt, de son nom de naissance Laure Mutschler, née le à Erstein et morte le (à 50 ans) à Lyon, est la secrétaire de Jean Moulin. En 1940, elle adhère à l'organisation clandestine du docteur Bareiss. Repérée, elle s'évade d'Alsace la vielle de Noël 1941 et se réfugie à Lyon où elle entre au réseau Mithridate en qualité d'agent de liaison. En septembre 1942, elle entre au service de Jean Moulin. Elle est affectée au secrétariat de Daniel Cordier. Elle est arrêtée le et déportée. En , elle est libérée par les Américains et rentre à Paris, où elle arrive, très affaiblie, le .
Charles Diederichs, né le à Mutzig, habite sa ville natale avec sa famille. En , son père et son frère sont mutés à Sézanne, comme employés SNCF. Après l'annexion de fait de l'Alsace en , le reste de la famille est expulsé le vers Colombes. Charles s'inscrit à l'école de navigation et génie civil à Paris avec une spécialisation en radio. Le , il s'engage dans le réseau Alliance avec le grade de sous-lieutenant. Il est affecté au secteur Ferme-Normandie et rattaché à Jean Truffaut «Tadorne». Il distribue des tracts, fabrique de fausses pièces d'identité et utilise du matériel radio. La Gestapo l'arrête le chez lui. Interné à Fresnes, puis déporté le comme Nacht und Nebel («Nuit et brouillard») au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Dans la nuit du 1er au , il est transféré avec 105 autres membres d'Alliance au camp de concentration de Natzweiler-Struthof où il est exécuté dans le sous-sol du crématoire et son corps incinéré. Pour ne laisser aucune trace, son décès n'est inscrit ni sur les registres communaux de Natzweiller ni sur ceux du camp[2],[17].
Joseph Dretsch (résistant de l'intérieur), né le à La Broque, est ouvrier forestier au poste de Wackenbach-Schirmeck. Du au , il est mobilisé au Reichsarbeitsdienst (RAD) à Hellenthal. Le , il est incorporé de force dans la Wehrmacht et envoyé en Italie près de Parme. Le , il s'évade et rejoint les partisans italiens, de la région. Il combat au sein de la brigade Pablo appartenant au détachement Cervi, un groupe du Corps des volontaires de la Liberté italien. Le , il est libéré par l'armée américaine et démobilisé le . Il rentre en Alsace en juin[2],[18].
Aloyse Eckert (résistant déporté), né le à Rosheim, est gendarme à la brigade de Provenchères-sur-Fave. Il est fait prisonnier de guerre par les Allemands le à Raon-lès-Leau et il est libéré le en qualité d'Alsacien «de souche allemande». Après plusieurs mutations en Lorraine, il est affecté le à Provenchères-sur-Fave dans une brigade très impliquée dans la Résistance. Il appartient à une filière d'évasion puis au maquis de la Grande-Fosse. À la suite d'une dénonciation il est arrêté par les Allemands le avec toute sa brigade (sauf un gendarme logé à l'extérieur). Il est détenu à Saales, transféré le 13 au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck et déporté le au camp de concentration de Dachau puis fin à celui d'Auschwitz où il est affecté au Kommando de Gleiwitz. Il meurt en déportation le [2],[19].
René Ehrhardt (résistant déporté), né le 1erseptembre1924 à Strasbourg, est élève à l'École pratique de Commerce et de l'Industrie de Mulhouse. Il a 16 ans quand, avec des camarades de classe, il crée la Légion C 40 pendant les vacances d'été en 1940. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le . Il est incorporé de force dans la Wehrmacht dont il s'évade au Pays-Bas.
Paul Engel (déporté politique), né le à Strasbourg, évolue comme footballeur au Red Star, club strasbourgeois du quartier de la Kibitzenau. Lors de l'évacuation de 1939, il gagne Périgueux où il intègre l'équipe alsacienne de l'Entente Périgueux-Strasbourg, plus connue sous le nom de Racing Club de Strasbourg. De retour à Strasbourg après 1940, il retrouve le Red Star devenu FC Frankonia sous occupation allemande, puis transformé en Sportgemeinschaft SS Strasbourg. Résistant aux pressions nazies, il refuse l'inscription à l'université de Tübingen et s'évade à la Pentecôte 1941 vers Clermont-Ferrand, où l'université de Strasbourg s'est repliée. Il y décroche une licence de droit. Le , il est arrêté avec 300 autres personnes lors de rafles en représailles de l'attentat de la rue Montlosier du . Le , il transite par le camp de Royallieu avant sa déportation le vers le camp de concentration de Mauthausen où il est affecté au Kommando de Melk pour construire une usine souterraine puis à celui d'Ebensee où les forces américaines le libèrent le . Il regagne Strasbourg dans un état critique et succombe à ses épreuves le [20].
Lucien Entzmann (résistant déporté), né le à Strasbourg, est apprenti-droguiste. Il appartient à l'organisation clandestine la Main noire au sein de laquelle, il est très actif. Il fait la connaissance de Xavier Nicole qui leur donne la solution pour pénétrer dans le fort Ulrich-Hoch à Illkirch-Graffenstaden où sont stockées des grenades à main. Après la destruction de la Main noire, il sort de détention le 31mai 1942 et reprend le combat avec le groupe Schaeffer. Il effectue son service au Reichsarbeitsdienst (RAD) puis il est incorporé de force dans la Wehrmacht le 24février 1944. Blessé en Lituanie, il profite de sa permission de convalescence à Strasbourg pour se mutiler le pied. Il déserte le 3septembre 1944 et se réfugie chez un paysan de Goxwiller jusqu'à la Libération[2],[21].
Roland Paul Erhart (mort pour la France), né le à Strasbourg, est un assistant du professeur René Louis Fontaine depuis 1942[22]. Il réalise de nombreuses opérations chirurgicales clandestines dans les maquis ou à l'Hôpital des réfugiés de Dordogne. Le , il est arrêté avec les docteurs Bernard Labrue, Claude Schreiber et Delarge par des Francs-tireurs et partisans (FTP) à la suite d'une dénonciation. Ils sont conduits au camp des résistants, au lieu-dit Fer à Cheval sur la commune de Clermont-d'Excideuil. Après un interrogatoire sommaire, ils sont abattus par les FTP. Le , la préfecture de la Dordogne indique que les enquêtes approfondies effectuées par les inspecteurs de la police spéciale de la Dordogne et les services de sûreté de la 20e brigade mobile ont révélé que les accusations, qui ont mené à la mort des médecins, sont dénuées de fondement[23].
Henri Eschbach, né le à Ingersheim, étudie le droit à Strasbourg et devient notaire. Il exerce à Colmar de 1913 à 1915. Le , il est nommé président du tribunal administratif d'Alsace et de Lorraine. Il œuvre pour l'introduction du droit français tout en respectant la législation locale. En , il assume les fonctions de secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin repliée à Lutzelhouse. Il est arrêté par les Allemands et révoqué. En 1942, il participe activement à l'évasion de son ami Robert Schuman. À la Libération, il retrouve ses fonctions à la tête du tribunal administratif, puis devient conseiller d'État en 1954. Il représente la France dans diverses commissions internationales, notamment sur le règlement des questions liées à la guerre et à l'occupation jusqu'en 1957. Parallèlement, il préside plusieurs commissions juridiques (répartition de crédits aux proscrits, internés civils, épuration des entreprises). Il meurt le à Strasbourg[24],[21].
Jean Eschbach (capitaine Rivière) en 1945.Jean Eschbach (résistant de l'intérieur), alias «capitaine Rivière», né le à Guebwiller, industriel dirigeant une tannerie à Poligny. Volontaire dans l'armée française en 1939, il rejoint après la défaite la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial), assurant la communication entre Lyon et l'Alsace. Il centralise le renseignement et aide les évadés. Devenu chef d'état-major de Marcel Kibler, ils créent en le GMAVosges. En juin, ils organisent les réunions de juin et juillet à Grendelbruch qui structurent les FFI et définissent les actions à la Libération. Après la destruction du GMA Vosges, il rallie l'armée française. En , il commande des sections FFI d'Alsace contre l'offensive allemande sur Strasbourg.
Robert Oscar Léon Falbisaner (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg et mort dans cette même ville le (à 67 ans), est un agent général d'assurance. Il crée un groupe de résistants sous couvert de son club canin «l'Aireda l-Club» de Strasbourg. Puis il l'intègre à l'organisation clandestine du docteur vétérinaire Charles Bareiss dont il devient l'adjoint. Lors du démantèlement de l'organisation clandestine du docteur Bareiss, il réussit à fuir avec son épouse et s'évade d'Alsace.
Arno Falck (interné politique), né le à Strasbourg, est le fils de Gabriel Falck et de Ella Strauss. Il épouse Joséphine Schmidlin. À partir du , les époux s'installent à Excideuil avant de déménager à Saint-Médard-d'Excideuil. Arno travaille comme chauffeur et ouvrier agricole au château d'Essendiéras, domaine où il réside avec son oncle Eugène Strauss, originaire d'Alsace et ancien chef d'entreprise. Oncle et neveu s'engagent dans la Résistance, Arno y assumant des fonctions d'agent de liaison. Il est arrêté lors de la rafle menée le à Excideuil et dans les environs, avant d'être incarcéré à la prison de Limoges. Il figure parmi les 23 otages exécutés le à Sainte-Marie-de-Chignac, au lieu-dit Les Potences, par des unités de la division Brehmer, en représailles à une action de la Résistance[25],[26].
Joseph Fertig (résistant de l'intérieur), né le à Cologne, est un avocat et résistant français d'origine alsacienne. Mobilisé en 1939 et promu sergent en 1940, il sert dans l'armée d'armistice à Clermont-Ferrand jusqu'en . Il reprend alors ses études de droit à l'université de Strasbourg repliée et rejoint dès leur création les groupes francs du mouvement «Combat» fondé par son professeur Alfred Coste-Floret, ainsi que la communauté des Gergoviotes. Il distribue des tracts, assure les liaisons entre villes et participe à des sabotages. Recherché par la Gestapo, il est arrêté début 1943, condamné à mort et emprisonné à Perpignan, mais parvient à s'évader en sautant d'un train. Il rejoint alors le maquis FTP de Haute-Corrèze où, sous les pseudonymes «Jean Forestier» et «Hannibal», il devient capitaine et commande le Ve bataillon FTP à partir du , participant aux combats de libération de la Corrèze. Il poursuit son action en Alsace et en Allemagne au sein du 126e régiment d'infanterie.
Claude Fiefel (résistant déporté), né le à Haguenau, est technicien-mécanicien à l'usine Zinser. Dès l'été 1940, il crée un réseau d'évasion pour les prisonniers de guerre (PG), puis par l'intermédiaire des résistants Victor Giesi et Joseph Bossenmeyer, il adhère à l'organisation clandestine dirigée par le docteur Charles Bareiss. Le , il s'évade d'Alsace annexée de fait et rejoint Lyon où il est formé au renseignement. Il est arrêté en tentant de revenir lors d'une mission en Alsace. Il est jugé, du 4 au à Strasbourg par le Reichskriegsgericht («tribunal militaire du Reich») qui le condamne à 10 années de prison pour «espionnage et intelligence avec l'ennemi».
Serge Fischer (résistant déporté), né le à Strasbourg, est le fils d'un ingénieur protestant et d'une assistante d'ophtalmologie juive russe. Étudiant en sciences à Strasbourg, il adhère au parti communiste en 1926. Diplômé bibliothécaire en 1933, il travaille à la BNU de Strasbourg. Replié à Clermont-Ferrand en 1939, il rejoint Combat puis devient responsable du Front national pour le Puy-de-Dôme sous les pseudonymes Raoul et Maurice. Il organise la résistance universitaire, procure de faux papiers aux étudiants alsaciens-lorrains et dirige des volontaires vers les maquis FTP. Dénoncé par Georges Mathieu, il est arrêté le , torturé mais ne révèle rien. Déporté à Buchenwald le , il devient interprète et infirmier, participant au comité clandestin international de résistants dans le camp. Libéré le , il rentre à Clermont-Ferrand le .
Robert Fleig (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg, est un négociant en bière et un participant aux Jeux olympiques d'été de 1920 à Anvers. Lors de la charge de la 2e division blindée pour libérer Strasbourg, il renseigne et guide la colonne du lieutenant-colonel Rouvillois du 12e RC et lui permet de surprendre les défenses allemandes et d'entrer dans la ville. Constamment en tête de la colonne, il meurt au combat le (à 51 ans) à quelques mètres du pont de Kehl et de la frontière allemande.
Paul Flesch (résistant déporté), né le à Haguenau, est un médecin. Dès 1940, il s'investit dans une filière d'évasion en qualité de pourvoyeur et en liaison avec la secrétaire de son cabinet médical, Caroline Muller. À la suite d'une dénonciation, il est arrêté par la Gestapo le à Haguenau pour aide à l'évasion. Il est interné à la prison Saint-Jean à Strasbourg puis transféré le au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le il est déporté au camp SSAbfertigungslager («camp de travail») de Schelklingen. Il y soigne, entre autres, les femmes détenues de la prison de Stuttgart. Puis il est réquisitionné comme médecin à l'hospice psychiatrique de Rudersberg. Il est libéré par les alliés et rentre en France le [5].
François Flicker (résistant déporté), né le à Still, est menuisier et appartient à une filière d'évasion dirigée par René Brecheisen et Joseph Deiber. Incorporé de force dans la Wehrmacht le , il est arrêté par la Feldgendarmerie le à Polotsk. Jugé par le tribunal de commandement de la forteresse de Polotsk le , il est condamné à mort puis déporté à Rockenberg. Il parvient à s'évader le et est ensuite libéré et rapatrié en France le [28].
René Louis Fontaine (résistant de l'intérieur), né le à Bischtroff-sur-Sarre, est un chirurgienfrançais. En 1940, à sa démobilisation, il rejoint la cité sanitaire de Clairvivre où il dirige le service de chirurgie. À la demande du comité médical de la Résistance, il organise des équipes chirurgicales mobiles avec ses assistants pour soigner les blessés dans les maquis. Appelé à prendre des responsabilités au sein du comité médical de la Résistance à Limoges, il en confie la direction au professeur Bernard Labrue. Les blessés les plus atteints sont transférés à la cité sanitaire de Clairvivre qui sera surnommée «l'Hôpital de la Résistance[23].
Paul Freiss (résistant de l'intérieur), né le à Hangenbieten, est un agent de renseignement français en Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale. Employé chez Keller à Strasbourg, il développe dès 1928 des liens avec Robert Falbisaner. Dès , il filme les rassemblements nazis pour les Alliés et organise des filières d'évasion. Après l'arrestation de Charles Bareiss en , il intègre la septième colonne d'Alsace (réseau Martial). Il obtient les plans du V1 via l'entreprise de Dietrich, surveille un réacteur expérimental à l'hôpital de Strasbourg et collecte du renseignement industriel. En juin et , il organise les deux réunions de Grendelbruch qui définissent l'organisation des FFI pour la libération de la région.
Émile Fritsch (déporté politique), né le à Colmar, est un ouvrier serrurier-ajusteur aux ateliers des chemins de fer de Bischheim, syndicaliste et militant communiste. Secrétaire de la section communiste de Strasbourg-Ville durant les années 1930, il est élu conseiller d'arrondissement en . Évacué en , il est interné au Château du Sablou suite à la dissolution du Parti communiste. De retour en Alsace annexée de fait durant l'été 1940, il intègre le réseau clandestin de Georges Wodli. Arrêté le , il est interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck puis transféré à Mannheim. Condamné le par le Sondergericht à vingt-sept mois de travaux forcés pour préparation à la haute trahison, il est emprisonné à Bruchsal. Libéré le , il se cache dans la région de Colmar. Après-guerre, il devient secrétaire de l'Union des syndicats de cheminots d'Alsace et de Lorraine et conseiller municipal de Strasbourg.
Rodolphe Furth naît le à Strasbourg. Ingénieur réfugié dans le Sud-Ouest après la défaite française, il enseigne les mathématiques à l'école de l'Organisation Reconstruction Travail de Toulouse dès 1941, avant d'en prendre la direction. Recruté par David Knout au sein de la Main Forte, organisation sioniste assistant les internés, il prête serment et introduit plusieurs camarades dans ce réseau. Lorsque le mouvement devient l'Armée Juive début 1942, il participe activement à sa structuration: falsification de documents d'identité, hébergement clandestin, recherche de refuges. Au printemps 1943, il fonde une nouvelle école à Mégève en zone italienne où il conjugue enseignement et actions de résistance. Après la capitulation italienne, il poursuit le recrutement à Grenoble puis à Lyon où il assure également les fonctions de trésorier. Arrêté lors d'une rafle organisée par le Parti Populaire Français le , il réussit à s'évader et reprend ses activités. Il combat lors de la Libération de Lyon en [29].
Hermann Gelberger (interné résistant) naît le à Strasbourg dans une famille juive. Après l'évacuation de l'Alsace en , la famille se réfugie à Lanouaille. Hermann est incorporé au groupement de travailleurs étrangers de Mauriac avant de rejoindre un refuge clandestin. Assujetti au Service du travail obligatoire institué en 1943, il choisit la clandestinité en raison de sa condition de Juif et intègre un groupe de cinquante à soixante jeunes réfractaires installés au moulin de la Papeterie de Beyssenac. Ce refuge est organisé par Fernand Devaud et Raoul Audrerie, responsables de l'Armée secrète en Dordogne septentrionale. Le , les troupes allemandes investissent le site et exécutent sommairement trente-quatre personnes lors du massacre dit du Pont-Lasveyras. Hermann Gelberger figure parmi les victimes[30].
Hubert Gier (résistant déporté), né le à Strasbourg, est maraîcher à la Robertsau durant l'annexion de fait de l'Alsace. Il organise avec son fils Lucien Gier, son neveu Joseph Huss, Joseph Lambert, René et Eugène Masse une filière d'évasion en liaison avec la famille Burger établie aux Fermes du Schneeberg à Engenthal. Agissant comme pourvoyeur, il facilite le passage d'évadés dès l'été 1940. La Gestapo l'arrête le à son domicile de la Robertsau. Emprisonné à Strasbourg, il est transféré le au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Il est libéré le [2],[31].
Victor Giesi, né le à Illkirch-Graffenstaden, est instituteur à Hochfelden. Il devient rapidement membre du réseau de résistance «Bareiss», dirigé par le vétérinaire Charles Bareiss. Victor Giesi est chargé d'organiser le secteur de Wissembourg et participe à la collecte de renseignement militaire et économique sur le secteur de Pechelbronn-Reichshoffen destinés au gouvernement français en exil à Londres. Le réseau organise également l'évasion de prisonniers français. Arrêté par la Gestapo le à Hochfelden, il est condamné en à trois années de pénitencier pour non-dénonciation de projets criminels. Déporté au camp de sûreté militaire de Bruchsal, il y édite clandestinement une publication intitulée «le Phare» destinée aux prisonniers.
Alice Gillig (résistante déportée), née Daul, née le à Strasbourg, et morte le (à 95 ans) dans la même ville, est une infirmière et une cheftaine des Guides de France.Elle est membre du réseau l’Équipe Pur Sang, un réseau de passeurs. Elle est arrêtée le 21mars 1942 sur son lieu de travail à Strasbourg et déportée. Le , elle s'évade et parcourt 600 km en Allemagne pour franchir la frontière suisse le .
Jacques Graf (déporté politique), né le à Strasbourg est un étudiant, assistant à la faculté de pharmacie à l'université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. Il est arrêté par les Allemands lors de la raffle du 25 juin 1943 au foyer universitaire de Strasbourg «Gallia». Il est incarcéré dans la caserne du 92e régiment d'infanterie à Clermont-Ferrand, transféré le 28 à Moulins puis à Compiègne. Le , il est déporté au camp de concentration de Buchenwald puis transféré le à celui de Dora où il est affecté comme pharmacien au Revier. Le , il est évacué au camp de Neuengamme . Il décède en déportation le lors du bombardement du Cap Arcona par la RAF dans la baie de Lübeck[32].
Marie Gross (Résistante déportée), née Krebs le à Altenstadt et morte le à Wissembourg, est une buraliste qui participe à l'évasion d'une soixantaine de prisonniers de guerre français. Ces derniers viennent avec leurs gardiens acheter du tabac dans son commerce. Ils sollicitent son aide pour s'évader. Avec la complicité de son mari Paul, elle les accueille dans son magasin ou chez elle, les habille, les nourrit. Elle les confie à son amie, Anne-Marie Muller qui les convoie jusqu'à la gare de Strasbourg où ils sont pris en charge par un réseau de passeurs, l'Équipe Pur Sang. Dans certains cas, elle les achemine vers Reichhoffen où ils sont pris en charge par le réseau Hector. La chute de l'Équipe Pur Sang entraîne son arrestation, le , ainsi que celle de son mari et de son amie Anne-Marie Muller. Elle est déportée jusqu'à la fin de la guerre.
Bernard Haller (résistant de l'intérieur), né le à Fulleren, est un élève de l'école normale d'Obernai repliée à Solignac. À l'automne 1940, il refuse de revenir en Alsace. Le , avec son ami Guy Streicher, il rejoint le maquis de Corrèze puis les Forces française de l'intérieur (FFI) de Haute-Vienne au sein du régiment de marche Corrèze-Limousin. Il y est tireur au fusil-mitrailleur. Le , il est blessé puis tué au combat en tenant sa position par les Allemands au lieu-dit «Le Perrier» en Corrèze.
Marthe Haller (Résistante déportée), né le à Mulhouse, est sténo-dactylographe. Avec ses parents, elle est membre de la filière d'évasion de René Feldmann. Elle est pourvoyeuse. En , sa famille héberge pour la filière deux incorporés de force évadés. Le , ces derniers se font capturer en tentant de passer la frontière et la filière est démantelée. Marthe Haller est arrêtée le à Brunstatt. Dans un premier temps, elle est incarcérée à Mulhouse puis déportée le au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck enfin le à nouveau à la prison de Mulhouse. Elle meurt, le au lendemain de sa libération, à l'hôpital de Mulhouse des suites des mauvais traitements subis durant son internement. Elle est reconnue Morte pour la France.
Frédéric-Shimon Hammel, né le à Strasbourg, est un enseignant-chercheur en chimie. Commissaire national des Éclaireurs Israélites de France, il fonde en 1941 le centre agricole de Taluyers dans le Rhône pour protéger des dizaines de jeunes juifs. Face aux rafles de 1942, il établit un second centre clandestin en Ardèche et organise l'évacuation de jeunes juifs vers l'Espagne. Arrêté puis libéré, il poursuit ses activités de sauvetage jusqu'en .
René Hatt (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg, est administrateur-directeur de la Brasserie de l'Espérance à Schiltigheim. Il intègre une organisation de renseignement dirigée par Emile Cremer, ingénieur, pour laquelle il collecte des informations sur la situation économique et bancaire régionale, notamment concernant la conversion monétaire du franc au Reichsmark. Après l'arrestation d'Émile Cremer en , il participe à une filière d'évasion animée par l'architecte Paul Widmann. Le , il rejoint le réseau Goélette des Forces françaises combattantes sous le pseudonyme «Tamis». Il héberge un opérateur radio dans sa brasserie, où les transmissions sont effectuées depuis une draisine en mouvement pour éviter la localisation par radiogoniométrie. Il effectue des liaisons mensuelles entre Strasbourg et Paris, transmettant du renseignement militaire sur les déplacements de troupes et les installations aéronautiques en Alsace annexée de fait[2].
Adélaïde Hautval (déporté politique), surnommée «Haïdi», née Marthe Adélaïde Haas le au Hohwald, est une psychiatrefrançaise. Arrêtée en avril 1942, alors qu'elle traversait la ligne de démarcation à Vierzon elle est conduite à Bourges. Sur le quai de la gare, elle prend la défense d'une famille juive maltraitée par les Allemands. Emprisonnée à Bourges, les Allemands lui font porter une étoile jaune avec «amie des juifs». Refusant de se rétracter, elle est déportée à Auschwitz par le convoi du . Médecin dans un des revier de Birkenau, elle sauve de la chambre à gaz des détenues atteintes du typhus en ne les déclarant pas. Malgré le risque d'être exécutée, elle refuse de participer aux expériences nazis. Transférée à Ravensbrück, le elle continue à protéger des malades en falsifiant leurs fiches médicales. Libérée en avril 1945, elle reste volontairement pour soigner les blessés et quitte le camp le .
Sylvie Hée, aussi appelée Sylvette (résistante de l'intérieur), née le à Strasbourg, fille d'Auguste Hée et d'Arlette Fergant, universitaires strasbourgeois originaires de Caen, est étudiante à l'université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. Elle fait partie du noyau dur des Gergoviotes et, à partir de , elle est surnommée «Tigre». Elle adhère au mouvement Combat comme agent de liaison. Elle se serait engagée comme médecin en 1944 dans l'armée française. Elle meurt à Caen le [2],[35].
Jeanne Helbling en 1937Jeanne Helbling, née Johanna Maria Helbling le 28 à Thann, est une actrice française. À Paris, en 1940, elle s'engage dans la Résistance sous le nom de «Chantal». Elle utilise son appartement de Neuilly, pour héberger des résistants et des agents alliés. Pierre Brossolette, le colonel Passy et Forest Yeo-Thomas y organisent une importante réunion qui permettra la création du Comité de coordination des mouvements de résistance de la zone nord.
Alfred Hering (résistant déporté), né le à Barr, est agent technique de viticulture. En 1944, il fait partie des 42 officiers de réserve alsaciens déportés au camp de concentration de Neuengamme pour avoir refusé de s'engager dans la Waffen SS. Il est transféré au camp de rassemblement de Sandbostel où il est recueilli par des prisonniers de guerre (PG) français qui le cachent, sous le nom de sergent «Vuillaume», dans leur camp contigu à celui des déportés. Il est libéré par l'armée britannique le . Il rentre chez lui à Barr le .
Paul Hertz (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg, est libraire dans cette ville jusqu'à son évacuation en 1940, puis employé au service de la censure du ministère de l'Information à Grenoble avant d'être révoqué par le régime de Vichy en . Déclaré inapte au service militaire durant la drôle de guerre, il travaille ensuite à la Maison du livre français à Lyon jusqu'en , date à laquelle il bascule totalement dans l'activité clandestine. Dissimulé successivement à Marseille, Toulouse puis Lezay, il exerce comme relieur et imprimeur tout en produisant avec son épouse de faux documents d'identité pour des prisonniers évadés. En , il s'engage dans les Francs-tireurs et partisans et rejoint les maquis des Deux-Sèvres avant de se déplacer vers le Lot en octobre. Diplômé de l'École des cadres de Toulouse où il obtient le grade de lieutenant, il assure l'acheminement et les interrogatoires de soldats allemands capturés jusqu'à sa démobilisation en [37].
Gauthier Heumann, né le à Strasbourg, est médecin auxiliaire au centre de recherches marines de Banyuls de 1939 à 1940. Il se réfugie à Marseille en et tente de gagner les États-Unis avec un médecin juif allemand. Après l'échec de cette démarche, il vit à Pringy de à . Arrêté le à Annemasse, il s'évade et franchit la frontière suisse. Arrêté en par la police suisse, il est interné dans divers pénitenciers puis dans un camp de travail près de Zurich. Le , il s'engage dans le Groupe Mobile d'Alsace suisse rattaché à l'armée De Lattre. Il participe à la bataille de Seppois près de Mulhouse et regagne Strasbourg en avec le grade de lieutenant[38],[31].
Louis Hickel (résistant déporté), né le à Reichshoffen est un étudiant en médecine à la Faculté de médecine de l'Université de Nancy. Il appartient à une filière d'évasion de Reichshoffen avec Joseph Bossenmeyer, Emile Rosio et son père, Alphonse Hickel. Lorsque la filière oriente des évadés vers Nancy, il les héberge dans sa chambre d'étudiant puis les accompagne en train jusqu'à la gare de Besançon-Viotte ou de Bar-le-Duc. À la suite d'une dénonciation, il est arrêté par la Gestapo le à Nancy, interné à la prison Charles III, transféré au camp de Compiègne-Royallieu et déporté au camp de concentration de Dachau. Il est libéré par l'armée américaine le 2 et rapatrié en France le .
Lucien Jacob (déporté politique), né le à Bisping, est un batelier du Rhin patron de la péniche Mont Blanc III. Il crée un groupe de renseignement avec d'autres bateliers du Rhin. Ils transmettent, au renseignement britannique, des informations sur l'efficacité des bombardements alliés le long du Rhin et sur les flux ferroviaires dans la région de Saint-Louis. Grâce sa nièce, il fournit plusieurs listes d'espions allemands infiltrés en zone libre. À la suite d'une dénonciation, il est arrêté le par la Gestapo. Il est condamné à mort par le 4e Sénat du Reichskriegsgericht et guillotiné le à la prison Roter Ochse de Halle-an-der-Saale.
Jeanne Jenny voir Jeanne Pfendler dans cet article.
Adolphe Michel Jung, né le à Schiltigheim, est un chirurgien. À sa démobilisation, il est affecté à la cité sanitaire de Clairvivre. Après l'armistice, il revient en Alsace pour chercher sa famille mais les nazis lui interdisent de repartir. Il reprend ses fonctions à l'hôpital civil. Il est profondément francophile et supporte très mal la nazification de l'Alsace annexée. Il démissionne de toutes ses fonctions et travaille dans le privé. En représailles, il est séparé de sa famille et exilé en Allemagne. Fin 1942, il fait la connaissance de Fritz Kolbe qui travaille pour les Alliés. Il photographie les documents qu'il lui apporte pour qu'ils soient acheminés par le réseau «Samson». À la fin de la guerre, il doit se justifier auprès de la commission d'épuration. Il est rapidement blanchi par les Alliés et reprend ses fonctions.
Léonard Keim (résistant déporté), né le à Strasbourg, est un tailleur et militant communiste. Après avoir adhéré aux Jeunesses communistes en 1924 puis au Parti communiste français en 1927, il devient secrétaire de la section strasbourgeoise du PCF vers 1935, puis secrétaire régional à l'organisation pour l'Alsace entre 1936 et 1939. De retour à Strasbourg en après sa libération comme prisonnier de guerre, il reprend son activité de tailleur pour les aviateurs allemands de la base d'Entzheim tout en participant à la reconstruction du Parti communiste clandestin. En 1941, il devient l'adjoint de Georges Wodli, responsable interrégional pour l'Alsace-Lorraine, et participe à la rédaction et à la diffusion de tracts. Arrêté par la Gestapo le , il est interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, puis condamné à la réclusion à perpétuité par le Volksgerichtshof («Tribunal du peuple») le . Emprisonné à Ludwigsburg, il est libéré par l'armée française le .
Marcel Kennel (déporté politique), né le à Haguenau, est un ouvrier forestier. Le , il est arrêté par les Allemands en gare de Karlsruhe pour avoir brandi un drapeau français dans le train le conduisant en Allemagne, lors de son incorporation de force dans la Wehrmacht. Il est interné le 23 au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le , il est jugé par le Sondergericht à Strasbourg et condamné à une peine de deux années de réclusion pour Zersetzung der Wehrkraft («Affaiblissement de la force armée»). Le , il est transféré à la maison centrale d'Ensisheim. En , il est déporté dans l'univers concentrationnaire nazi (Ludwigsburg, Aïchach) d'où il revient en [2].
Georges Kiefer, alias «commandant François» (résistant de l'intérieur), né le à Brumath, est mécanicien. Après l'annexion de fait de l'Alsace, il s'engage dans des filières d'évasion de prisonniers de guerre. En 1943, il adhère à la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial) comme agent de renseignement et effectue des missions en Allemagne. Il participe aux deux réunions de Grendelbruch des 17 au et 27 au , à l'issue desquelles il est nommé chef des Forces françaises de l'intérieur du Bas-Rhin avec le grade de commandant. Il organise son département en douze secteurs et trente-sept sous-secteurs. Le , il mobilise les FFI pour participer à la libération de Strasbourg aux côtés de la 2e division blindée. En , lors de l'offensive allemande Nordwind, il refuse d'évacuer Strasbourg et maintient les positions le long du Rhin jusqu'à l'arrivée des renforts français. Après la guerre, il gère un garage puis devient moniteur d'auto-école.
Albert Kirrmann (déporté politique), né le à Strasbourg, est un chimiste et professeur de chimie organique à l'université de Strasbourg. Mobilisé en 1939, il rejoint son université repliée à Clermont-Ferrand en 1940. Victime de la rafle du 25 novembre 1943 à Clermont-Ferrand, il est transféré à Compiègne avec d'autres universitaires alsaciens avant d'être déporté à Buchenwald. Il formule alors le «serment de Kirrmann», appelant les intellectuels germanophones à tenir bon moralement et physiquement afin de témoigner. Libéré en , il honore cet engagement en coordonnant en 1947 la publication de De l'Université aux camps de concentration – Témoignages Strasbourgeois.
Raymond Lucien Klée (résistant déporté), né le à Haguenau, est professeur agrégé de philosophie. Après des études à Strasbourg et à Paris, il enseigne successivement à Nancy, Obernai, Thionville, Bar-le-Duc, puis au lycée Saint-Louis à Paris et au lycée Hoche à Versailles à partir de 1942. Catholique engagé dans les mouvements universitaires, il participe à la création du Cercle universitaire catholique Alsatia et dirige la revue Alsatia academica. Mobilisé en 1939 comme officier du deuxième bureau en liaison avec le Grand quartier général britannique, il poursuit après sa démobilisation des activités de renseignement pour le réseau Les Ardents par l'intermédiaire d'André Médard, enseignant à l'université de Nancy. Son action s'étend de la Suisse à Nancy. Arrêté par la Gestapo le à Versailles pour propagande gaulliste, il est interné à Fresnes puis déporté en tant que Nacht und Nebel («Nuit et brouillard») au camp de concentration de Natzweiler-Struthof en . Il y meurt le des suites des mauvais traitements[2],[5],[31].
Anne Marie Klein (résistante de l'intérieur), dite «Anna» ou «Sœur Marie-Gilberte», née le à Strasbourg, est une religieuse infirmière de la Congrégation du Très Saint-Sauveur. Issue d'une famille d'origine lorraine dont le père travaillait comme aiguilleur aux Chemins de fer, elle entre dans la vie religieuse en 1921 et reçoit une formation d'infirmière. Affectée à la clinique de la rue du Bourg à Mulhouse, elle s'engage dans la Résistance dès l'été 1940 en participant à des filières d'évasion permettant à de nombreux prisonniers de guerre français de fuir l'Alsace annexée de fait. En , elle joue un rôle décisif dans la protection de Paul Winter, chef des Forces françaises de l'intérieur du Haut-Rhin et figure du réseau Martial, menacé d'arrestation par la Gestapo, en lui administrant des injections qui le rendent intransportable juste avant l'arrivée des troupes de la 1re armée[31].
Liliane Klein, née Lieber le à Strasbourg, est une militante associative. Membre des Éclaireuses et Éclaireurs israélites de France depuis 1931, elle quitte Strasbourg avec sa mère et sa sœur lors de l'évacuation de septembre 1939 et se réfugie à Vichy, puis à Grenoble. En , elle est recrutée par Robert Gamzon pour intégrer le réseau clandestin juif La Sixième, dont la mission est de protéger des enfants et adolescents juifs. Sous le nom de Lyne Leclerc, elle opère dans la zone de Grenoble où elle cache des jeunes, leur procure de faux papiers et assure leur suivi. En lien avec le réseau Garel de l'OSE, elle conduit aussi des groupes de jeunes jusqu'à la frontière suisse via Annemasse, en s'appuyant sur le réseau mis en place par Georges Loinger. Au printemps 1944, elle passe clandestinement en Suisse avant de revenir en France dès la libération de la Haute-Savoie afin d'accompagner les enfants cachés dans leurs retrouvailles familiales.
Noah Klieger, né le à Strasbourg, est un jeune membre d'un mouvement de jeunesse sioniste. Devant la montée du nazisme, sa famille quitte l'Alsace en 1938 et s'établit en Belgique. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, il participe à la création de ce mouvement dont la mission est de faciliter le passage de Juifs vers la Suisse. Arrêté puis déporté en au camp de concentration d'Auschwitz, il parvient à survivre grâce à des combats de boxe organisés pour le divertissement d'un officier SS, bien qu'il n'ait jamais pratiqué ce sport. Séparés dans différents sous-camps du complexe concentrationnaire, ses deux parents et lui survivent tous les trois à la déportation. À la Libération, il entame une carrière journalistique en couvrant plusieurs procès de criminels de guerre nazis en Belgique, en France et en Allemagne.
Philipp Jacob Koell (résistant déporté), né le à Bischeim, est un cheminot alsacien membre des Forces françaises combattantes. Chef de gare au Port du Rhin à Strasbourg, il refuse l'annexion de fait de l'Alsace et rejoint la Résistance le au sein du sous-réseau Alsace, rattaché au service de renseignement de l'armée française. Il met à profit sa position ferroviaire pour transmettre des informations sur les convois militaires en transit par la gare strasbourgeoise. Adhérant à plusieurs organisations nazies pour dissimuler ses activités, il renseigne également sur les dispositifs d'encadrement nazis de la population. Arrêté par la Gestapo le à son bureau du Port du Rhin, il est emprisonné rue du Fil à Strasbourg. Après cinq jours d'interrogatoires, il décède le aux hôpitaux civils de Strasbourg des suites des mauvais traitements subis et de l'absence de soins[31],[43].
Joseph Kuhn (mort pour la France), né en 1922 en Alsace et mort le , est étudiant en faculté de médecine. Il se cache durant 25 mois pour échapper à l'incorporation forcée dans l'armée allemande. Il meurt à 25 ans affaibli par ses conditions de claustration.
Octave Landwerlin (résistant de l'intérieur), né le à Haguenau, est un libraire et résistant alsacien. Encouragé par son père à fuir l'incorporation de force, il achemine des fugitifs et des prisonniers de guerre évadés depuis l'Alsace annexée de fait. Évadé en , il rejoint le maquis de Savoie avec son cousin Paul Merle. Chef de bureau au Secours National à Annecy, il participe aux combats de la Libération en . Il joue un rôle déterminant dans la constitution du «bataillon Mulhouse» au sein de la Brigade indépendante Alsace-Lorraine, dans laquelle il sert comme lieutenant.
Paul Lehn, né le à Rosheim, accomplit son service militaire à Nancy entre 1935 et 1937. Dès le début du conflit mondial, il combat au 153e régiment d'infanterie de forteresse et tombe aux mains de l'ennemi à Blâmont le . Sa qualité d'Alsacien lui vaut d'être relâché, mais l'incorporation forcée le rattrape le . Versé au Festungs-Infanterie-Bataillon 1012 («bataillon d'infanterie de forteresse 1012») de la 41. Festungs-Division («41e Division de forteresse»), crée à Hameln, il part avec cette unité vers la Grèce. En , une hospitalisation à Athènes l'éloigne temporairement du service actif. Transféré dans une compagnie de convalescence en mars, il parvient à s'échapper le pour rejoindre la résistance grecque à Livadia. Les forces britanniques le libèrent dix jours plus tard. Le , le croiseur léger Émile Bertin l'embarque depuis le port athénien. Après une étape algérienne où il sert au 2e régiment de zouaves, il transite par Oran fin avant de retrouver le territoire français. Il revient dans sa ville natale le [19].
Gaston Lévy, né le à Mutzig, est un médecin pédiatre qui organise pour l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) un service médico-social destiné aux populations juives réfugiées dans l'Hérault, devient inspecteur médical des homes d'enfants de l'OSE et directeur de la pouponnière de Limoges, puis met en place un réseau clandestin de placement d'enfants dans des familles d'accueil.
Albert Lichtlé (interné résistant), né le à Soultzmatt, est chaudronnier sur cuivre au Gaz de Strasbourg, syndicaliste CGT et militant communiste. Il participe à un groupe de résistance clandestin, distribue de la propagande antinazie et organise le ralentissement de la production à l'usine du Gaz. Menacé d'arrestation à partir de 1943, il se réfugie à Ingwiller jusqu'à l'arrivée des Américains en [31],[47].
Fanny Loinger, née le à Strasbourg, est une infirmière. Elle travaille aux Hospices civils de Strasbourg évacués à la cité sanitaire de Clairvivre. En 1941, elle adhère à l’Œuvre de secours aux enfants (OSE) pour s’occuper des Juifs étrangers, réfugiés à Marseille, en attente d’un visa d’immigration vers les États-Unis. En , lorsqu'ils sont transférés au camp des Milles, elle décide de les accompagner comme «internée volontaire», afin de faire sortir les enfants du camp. Elle intègre le Réseau Garel et en devient la responsable du Sud-Est. Elle sauve 400 enfants.
Marc Lucius, né le à Strasbourg, est administrateur délégué et vice-président des Hospices civils de Strasbourg. Il en gère l'évacuation vers la cité-sanitaire de Clairvivre, puis refuse de rentrer en Alsace annexée de fait et prend la direction administrative de l'Hôpital des réfugiés de la Dordogne, au sein duquel il protège les personnels juifs et prévient le départ au STO des jeunes de la cité-sanitaire. L'établissement est surnommé «l'Hôpital de la Résistance».
Marcel Mangel (Mime Marceau) en 1962.Marcel Mangel, né le à Strasbourg, dit «Mime Marceau» est le fils d'un immigrant juif polonais. Au début de la guerre, sa famille est évacuée en Dordogne, puis en 1941 à Limoges. Il participe à la fuite d'une trentaine d'enfants juifs vers la Suisse. En 1942, il s'engage dans la Résistance au sein des FTP Dordogne Nord sous le pseudonyme de «Marceau» qu'il gardera comme nom de scène. À la libération, il s'engage dans la 1er armée du général de Lattre de Tassigny avec laquelle il fait la campagne d'Allemagne.
Charles Mangold (interné résistant), né le à Ostwald (Basse-Alsace annexée), est fonctionnaire. En , il est évacué avec son service à Périgueux en Dordogne. En 1941, il est l'un des fondateurs du Groupement d'entraide des réfugiés d'Alsace et de Lorraine (GERAL). Il rejoint, avec son fils Jean-Paul Seret-Mangold, la résistance au sein du groupe «Roland», dépendant de l'Armée secrète (AS). Il prend le nom de code «Vernois». De janvier à il est chef de l'AS pour Périgueux puis de à il devient chef de l'AS de Dordogne-centre. Il est l'inspirateur et le principal responsable du «corps franc Roland», bras armé du groupe du même nom. Le 7août 1944, une semaine avant le départ des Allemands de Périgueux, il est arrêté sur dénonciation. Il est torturé et tente de se suicider pour être certain de ne pas parler. Il est fusillé le (à 52 ans) à Périgueux (Dordogne). Son corps est récupéré dans une fosse commune par sa famille, le 19août 1944 après le départ des Allemands.
Aimé Martin (résistant déporté), né le à Strasbourg, est élève au collège Saint-Étienne. Membre de la Main Noire, organisation active à Strasbourg, il participe aux actions de sabotage et de propagande anti-nazie menées par le groupe. Arrêté par la Gestapo le , il est interné à Strasbourg et Mulhouse, puis transféré à la prison Sainte-Marguerite de Strasbourg le , avant d'être conduit au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck le , dont il est libéré le . Requis en Allemagne par la suite, il subtilise des pistolets qu'il remet à la Résistance alsacienne œuvrant dans les filières d'évasion de prisonniers[2],[31].
André Mathis (déporté politique), né le à Strasbourg, est apprenti mécanicien-dentiste. Adjoint de Marcel Weinum au sein de l'Organisation de la Main Noire, il est arrêté par la Gestapo le , interné successivement à Strasbourg et Mulhouse avant d'être transféré le à Kehl. Jugé par le Sondergericht («tribunal d'exception») de Strasbourg du au , il est condamné à une peine de réclusion et déporté à Heilbronn, d'où il s'évade le pour rejoindre la France[2],[31].
Georges Louis Mattern, né le à Schiltigheim, est ajusteur aux ateliers de chemins de fer de Bischheim, syndicalisteCGT et militant du Parti communiste français. Adhérent au Parti communiste depuis , membre de son bureau régional dès , il devient secrétaire administratif de l'Union des syndicats CGT des cheminots d'Alsace et de Lorraine après la réunification syndicale de . En Alsace annexée de fait, il s'engage dans les activités clandestines du Parti communiste illégal aux côtés de Georges Wodli. Le , il échappe à une arrestation par la Gestapo en se dissimulant dans les locaux des ateliers de Bischheim, puis adopte dans la clandestinité plusieurs identités successives, s'appuyant sur de faux documents de sa propre confection. Après l'arrestation de Georges Wodli le , il assume la direction du Parti communiste illégal d'Alsace jusqu'à la Libération[31],[49],[50].
Félix May (interné politique), né le à Westhoffen, est commerçant en vins, installé à Strasbourg avant de se réfugier à Saint-Amand-Montrond. Président de l'Union générale des israélites de France (UGIF) pour le sud du Cher, il coordonne discrètement le soutien aux enfants juifs abandonnés par les déportations vichystes: approvisionnement, hébergement et fabrication de faux papiers. Responsable sous-départemental du Groupement des expulsés et réfugiés d'Alsace et de Lorraine (GERAL), il est arrêté par des miliciens à Saint-Amand-Montrond à la mi-, interné et exécuté; son corps n'est retrouvé que le . Il est le père de Jean-Pierre et Gilbert May, eux-mêmes résistants déportés[2],[31].
Jean-Pierre May (résistant déporté), né le à Strasbourg, est étudiant. Engagé dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI) du Cher au sein du groupe «Surcouf», il contribue, avec son frère Gilbert, à avertir les familles juives menacées par les persécutions des autorités vichystes. Fait prisonnier lors d'un engagement contre les Allemands le , il est interné dans plusieurs prisons avant d'être déporté le de Dijon à Cologne. Jugé par le Volksgerichtshof («Tribunal du peuple»), il est condamné à mort et exécuté le dans la prison de Siegburg[2],[31],[51].
Marie-Anne Merk (résistante déportée), née le à Strasbourg, est une institutrice alsacienne, nommée à Rheinau après un stage d'Umschulung à Mannheim. Elle intervient comme pourvoyeuse dans la filière d'évasion de Reichshoffen, aux côtés de sa sœur Marie-Antoinette, Paul Waltz et Georges Klein. Arrêtée par la Gestapo le à Mannheim, condamnée à deux ans de réclusion par le Volksgerichtshof («Tribunal du peuple»), elle est déportée à Gotteszell et libérée par l'armée américaine le [31].
Marie-Antoinette Merk (résistante déportée), née le à Haguenau, est une institutrice, nommée dans les environs de Mannheim où elle a effectué un stage dans le cadre de l'Umschulung. Elle joue un rôle central dans la filière d'évasion de Reichshoffen, organisant le ravitaillement des candidats à l'évasion. Arrêtée par la Gestapo le , condamnée à mort par le Volksgerichtshof, sa peine est commuée en 12 ans de travaux forcés. Elle est déportée à Waldheim jusqu'à sa libération par l'Armée rouge le .
Louis Merklé (déporté politique), né le à Mulhouse, est ouvrier métallurgiste. Membre du Parti communiste depuis 1921 et domicilié à Schiltigheim, il dirige l'Union des syndicats des ouvriers métallurgistes du Bas-Rhin en tant que secrétaire de 1936 à 1939. Il décline le poste de secrétaire que lui propose le Deutsche Arbeitsfront («Front du travail nazi»). Interpellé le dans le cadre des arrestations massives de communistes alsaciens, il est interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck pendant deux ans et demi, où il est torturé et est en contact avec Georges Wodli. Transféré à l'hôpital de Strasbourg le , il est libéré le . Après la Libération, il reprend ses activités syndicales et siège au conseil municipal de Schiltigheim de 1945 à 1959[52].
Joseph-Louis Metzger (résistant déporté), né le à Saint-Louis, est monteur en chauffage. Sa profession lui permet de renseigner les services de renseignement britannique sur les flux ferroviaires à la gare de Saint-Louis, puis il recueille des informations sur l'industrie de la région qu'il transmet en Suisse par l'intermédiaire de bateliers du Rhin. Il est arrêté par la Gestapo le et condamné à la peine de mort pour espionnage. Il est guillotiné le à la prison Roter Ochse de Halle-an-der-Saale.
Eugène Mey (résistant de l'intérieur), né le à Reutenbourg, est lieutenant d'artillerie de réserve et professeur de lettres. Mobilisé en comme capitaine, affecté comme interprète auprès de la 6e région militaire de Metz, il est fait prisonnier en puis libéré en tant qu'Alsacien «de souche allemande». Dès l'automne 1940, il intègre la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial) comme représentant du Bas-Rhin. Contraint d'exercer en Allemagne de à , il opère sous le pseudonyme de «Firmin», chargé de collecter des renseignements, et contribue à l'évasion de soldats prisonniers. Entré dans la clandestinité en après avoir refusé un retour en Allemagne, il est nommé capitaine des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et rejoint l'état-major départemental du Bas-Rhin en qualité d'adjoint du commandant Georges Kiefer. Il prend part à la libération de Strasbourg le et aux opérations de défense de la ville en [2],[31].
Richard Mock (résistant déporté),né le à Mulhouse, est élève au Lycée technique de Mulhouse. Il a 14 ans quand il s'engage dans le mouvement de Résistance Légion C 40 pendant les vacances d'été en 1940. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le .
Georges Muller (résistant de l'intérieur), né le à Nancy, est ingénieur-électricien et directeur commercial de l'Électricité de Strasbourg (ES). Fils d'optants alsaciens réfugiés à Nancy après 1871, il rejoint l'ES en 1933. Lieutenant de réserve des services spéciaux, il est fait prisonnier en puis s'évade et regagne Strasbourg dans la clandestinité. Le départ forcé du directeur général de l'ES en lui permet de se maintenir à la tête de la direction commerciale sous l'administration nazie. Dès lors, il s'engage dans le réseau Uranus-Kléber des Forces françaises combattantes et participe à des filières d'évasion de prisonniers de guerre. Arrêté par la Gestapo le , puis une seconde fois le lors d'une rafle touchant une douzaine d'employés de l'ES, il est révoqué en 1942. À partir de , nommé par le commandant Georges Kiefer, il prend la tête du secteur FFI «Électricité de Strasbourg» et fait parvenir à la 2e division blindée un plan détaillé de la ville. Après la libération de Strasbourg, il veille à la continuité du service électrique[2],[31].
Laure Mutschler voir Laure Diebold dans cet article.
Xavier Nicole (résistant déporté), né le à Strasbourg, est apprenti. Avant l'arrivée des Allemands, il fait franchir l'Ill à un maximum de soldats français. Par l'intermédiaire d'Edmond Erb il rejoint le groupe Feuille de Lierre. Il devient l'agent de liaison avec le groupe la Main noire qu'il connaît par l'intermédiaire de Lucien Entzmann. Lors du démantèlement des groupes Main noire et Feuille de Lierre, il est arrêté le 18juillet 1941. Il est interné au camp de sureté de Vorbruck-Schirmeck puis incorporé de force dans la Wehrmacht le 2avril 1942. Il est fait prisonnier de guerre et interné dans un camp. Il revient en France en 1945.
Léon Nisand, né le à Strasbourg, est membre de la Sixième, organisation clandestine des Éclaireurs israélites de France chargée notamment de la mise à l'abri d'enfants juifs, aumônier des camps d'internement de la zone Sud-Ouest sous le pseudonyme «Léon Descamps», membre de l'Organisation juive de combat au sein de laquelle il facilite le passage de plusieurs centaines de jeunes gens en Espagne, et maquisard dans la compagnie Marc Haguenau du Corps franc de la Libération[2],[31].
Guy Perny (résistant déporté), né à Sarreguemines, est un étudiant à l'école d'ingénieur de Strasbourg[2]. Ses parents sont établis à Wasselonne où ils tiennent le restaurant «Au Cygne d'Or». En , il rejoint son école évacuée en Dordogne pour y apprendre qu'elle n'ouvrirait pas. Il trouve un travail à Bordeaux où il entend l'appel du 18 juin du général de Gaulle. Il tente plusieurs fois, sans résultats, de franchir clandestinement la frontière espagnole pour rejoindre Londres. De guerre lasse, il tente de s'engager dans la marine nationale à Toulon mais il est trop jeune. Il est rapatrié d'office en Alsace annexée. À son retour à Wasselonne, il constate que sa mère utilise son restaurant comme relais à une filière d'évasion de prisonniers de guerre (PG). Il décide de créer un groupe de résistance qu'il nomme dans un premier temps «Jeunesse impérialiste française». L'épithète impérialiste se rapporte à l'empire colonial français. Plus tard il le renomme «Jeunesse Française»[7]. Le groupe compte dans ses rangs, Jacques Ruff, qui via son père Camille Ruff, lui permet d'avoir des contacts avec l'organisation du docteur Bareiss. Par Henri Monpeurt il a des contacts avec les résistants implantés dans les services de l'électricité de Strasbourg. Le 14mars 1941, sa mère est arrêtée et son restaurant est fermé. Il tente, en vain, de s'évader d'Alsace et continue son activité de résistant. Il est arrêté le 21avril 1942 pour «fondation d'une organisation de jeunesse anti-allemande»[7]. Il est libéré le puis incorporé de force le 11janvier 1943 dans la Wehrmacht et envoyé sur le front de l'Est. Il est rapatrié le [2].
Pierre Peter (résistant de l'intérieur), né le à Riespach est secrétaire de mairie de son village natal et le fils du maire en poste pendant la guerre. Dans la nuit du 10 au 11février 1943, il s'évade d'Alsace en guidant une colonne de 183 jeunes hommes fuyants l'incorporation de force dans l'armée allemande. Ce groupe, connu par la suite sous le nom de Espenkolonne du nom de la croix de l’Espen d’où ils partirent, rejoint la Suisse après sept heures de marche dans la neige. En représailles, leurs familles sont déportées par les Allemands en application de la Sippenhaft «responsabilité du clan» ou «de la parenté». Le 14octobre 1944, il s'engage dans le Groupe Mobile d'Alsace (GMA) Suisse et combat au sein du 1er bataillon de chasseurs à pied (BCP) jusqu'à sa démobilisation le 12décembre 1944[2].
Jeanne Pfendler (internée résistante), née Jenny le à Hagenthal-le-Bas est la fille d'un cafetier suisse émigré en France avant la guerre. Elle travaille dans l'établissement de ses parents situé à quelques centaines de mètres de la frontière suisse qui est matérialisée par la rivière Lertzbach. Très vite la position du village entraine l'afflux de prisonniers de guerre évadés et autres fugitifs. Spontanément, Jeanne Pfendler effectue des centaines de passages de nuit. Son action est connue des réseaux d'évasion comme celui d'Auguste Riegel, qui lui envoie des évadés. Régulièrement, elle passe clandestinement la frontière pour transmettre les messages et informations militaires entre Paul Winter alias «commandant Daniel» et Julien Dungler du consulat général de France à Bâle qui les envoie à Londres. Le 28août 1944, sur dénonciation, Jeanne Pfendler est arrêtée mais s'évade le soir même. Elle se réfugie dans une annexe du café de ses parents qui sont avertis par un douanier, ami de la famille, d'une fouille imminente de l'établissement. Elle franchit la frontière dans la nuit du 2 au . Jeanne Pfendler est condamnée à mort par contumace. Elle a fait passer clandestinement la frontière suisse à 604 personnes. Les membres de sa famille ne seront pas inquiétés car ils sont suisses. Jeanne Jenny opte pour la nationalité française quand elle se marie avec Monsieur Pfendler le [2].
Henry Pohorylès (résistant déporté), né le 26 décembre 1920 à Strasbourg, est éducateur au home d'enfants du château de La Guette. Réfugié en zone libre, il participe à la diffusion du journal Combat en milieu universitaire avant d'intégrer en mars 1943 le groupe niçois du Mouvement de jeunesse sioniste (MJS), dirigé par Jacques Weintraub, dont il prend la direction après l'arrestation de ce dernier. Il met en place, en coordination avec l'Armée juive, un réseau de passage vers l'Espagne. En décembre 1943, il constitue le groupe franc de Nice de l'Organisation juive de Combat (OJC) et établit un service de renseignement chargé d'identifier les indicateurs et auxiliaires de la Gestapo. En juin 1944, il rejoint la direction du groupe parisien de l'OJC pour y négocier une livraison d'armes avec l'Intelligence Service. Dénoncé, arrêté le 18 juillet 1944, il est incarcéré à Fresnes puis déporté le 17 août 1944 depuis Drancy vers Buchenwald. Il parvient à s'échapper du convoi avec 26 compagnons dans la nuit du 20 août 1944 au 21 août 1944, rejoint les FFI de Saint-Quentin et participe aux combats de la Libération[54],[31].
Raymond Raedel (résistant déporté), né le à Holtzheim, est élève au Collège technique de l'Ill. Il a 14 ans quand il s'engage dans le mouvement de Résistance Légion C 40 en 1940. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné à la prison de la rue du Fil à Strasbourg puis libéré. Le , il est, une seconde fois, arrêté par la Gestapo et interné le au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le .
René Reinold (résistant déporté), né le 1erjanvier1926 à Soulzmatt, est élève au Lycée technique de Mulhouse. Il a 14 ans quand il s'engage dans le mouvement de Résistance Légion C 40 en 1940. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné, à partir du 30, au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le .
Auguste Riegel (résistant de l'intérieur) alias «Oncle Auguste» ou «Tante Augustine», né le à Belfort, est le chef des établissements Clemessy à l'arrivée des Allemands à Mulhouse. Il s'engage dans la résistance au sein de son entreprise et André Clemessy, directeur de la société, intègre son organisation. Par l'intermédiaire de Paul Winter, il rejoint rapidement la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial) dont il devient le responsable du secteur de Mulhouse avec Raymond Berchtold. Son bureau devient son PC. Il participe à l'organisation de filières d'évasions et coopère avec d'autres organisations comme le réseau Uranus-Kléber des Forces françaises combattantes (FFC) ou celui d'André Hug, chef d'un groupe de cheminots résistants à la gare de Saint-Louis. En 1944, Paul Winter le nomme chef d'état-major des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) du Bas-Rhin. Il est membre du Comité départemental de Libération (CDL) puis devient président du Comité de libération de Mulhouse. Après la libération de la ville le 21novembre 1944, il commande le bataillon des FFI qui combat aux alentours de la ville[2].
Curt-François Rosenstiehl (déporté politique), né le à Strasbourg, est pasteur de la paroisse de Bischheim-Hoenheim. Il soutient le moral des jeunes paroissiens incorporés de force dans la Wehrmacht par une correspondance soutenue et entretient parmi eux l'esprit d'opposition au régime. Ses prédications, jugées subversives par la Gestapo, entraînent son arrestation le à Bischheim. Interné à Strasbourg puis transféré au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck le , il est transféré à Strasbourg le et comparaît devant le Sondergericht («tribunal d'exception») les 16 et pour atteinte au moral de l'armée. Acquitté faute de preuves, il est libéré le puis expulsé d'Alsace et déporté avec sa famille dans le Bade-Wurtemberg[2],[31].
Camille, Georges Ruff (interné résistant), né le à Strasbourg, est fondé de pouvoir aux établissements Simon-Loeb à Strasbourg, il réside à Eckbolsheim où il cache des armes et des munitions. Il est responsable du secteur Strasbourg-campagne au sein de l'organisation clandestine du docteur vétérinaire Charles Bareiss. Capturé par les Allemands, il se suicide le (à 43 ans) en détention. Sa mort évite la capture des résistants du secteur dont il a la responsabilité.
Jules Ruhfel (interné résistant), né le à Strasbourg est chef de service à la Caisse d'épargne de Strasbourg. Il est fait prisonnier de guerre par les Allemands le au Donon et libéré peu de temps après en qualité d'Alsacien «de souche allemande». Il rejoint sa famille en Dordogne où il devient le responsable de la Résistance départementale. Le , il est arrêté par la Gestapo et interné à la prison de Limoges. Il est fusillé en représailles d'un attentat contre l'occupant le à Brantôme.
Yves Ruhlmann (résistant déporté), né le à Mulhouse, est élève à l'Ecole Primaire Supérieure (EPS). Il a 14 ans quand, avec des camarades de classe, il crée la Légion C 40 en . Il est responsable du service de renseignement de l'organisation clandestine. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné, à partir du 30, au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le . Avec Fernand Demouge et Raymond Sick, il recrée une nouvelle organisation appelée «Mission Z799» qui édite un mensuel clandestin de huit à dix pages de novembre1943 à mai1944. En se mutilant, il parvient à éviter son incorporation de force dans l'armée allemande.
Jean-Paul Sac (résistant de l'intérieur), né le à Mulhouse est un étudiant. Avec son père, il participe à la filière d'évasion de la famille Lutenbacher membre de la Septième colonne d'Alsace. Il est arrêté avec d'autres membres du réseau dont son père. Il s'évade au moment de son exécution. Quelques semaines plus tard, alors qu'il guide dans les Vosges le Corps franc Pommiès, il est mortellement blessé et meurt à l'âge de 16 ans.
Andrée Salomon (résistante de l'intérieur), née Sulzer le à Grussenheim, est secrétaire. Engagée au sein des Éclaireurs israélites de France (EIF), elle rejoint l'Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) dont elle devient responsable du service de l'enfance en zone non occupée. Elle organise l'aide aux internés juifs dans les camps de Gurs et de Rivesaltes, puis dirige le circuit clandestin «B» du réseau Garel, chargé de procurer de fausses identités à des enfants juifs et d'assurer leur placement en milieu non juif ou leur passage en Suisse, contribuant au sauvetage de plusieurs milliers d'enfants.
Marie-Louise Schaeffer voir Marie-Louise Daul dans cet article.
Lucien Schiffmann (résistant de l'intérieur) alias «Demoiselle», né le à Strasbourg, est médecin et l'un des assistants du professeur René Fontaine à la cité sanitaire de Clairvivre. Ce dernier lui confie la gestion d'une équipe chirurgicale mobile pour la Résistance de Dordogne. Le , il installe son équipe à Lamonzie-Montastruc pour soutenir les maquisards qui se battent à Mouleydier. Il est fait prisonnier par les Allemands dans la région de Vergt et transféré à Périgueux où il est fusillé deux mois plus tard, le . À la Libération, sa dépouille est exhumée et ses cendres transférées à Strasbourg, au cimetière israélite de Cronenbourg[55].
Camille Schneider, né le à Molsheim, est un enseignant d'École normale, homme de lettres. En , Il crée, à Strasbourg , l'un des premiers journaux clandestins français, L'Alsace - Journal libre, durant l'Occupation. 37 numéros sont publiés, sous le pseudonyme de R.W., allusion au Gauleiter Robert Wagner.
Claude Schreiber (mort pour la France), né le , à Strasbourg, est un assistant du professeur René Louis Fontaine[22]. Il réalise de nombreuses opérations chirurgicales clandestines dans les maquis ou à l'Hôpital des réfugiés de Dordogne. Le , il est arrêté avec les docteurs Bernard Labrue, Roland Paul Erhart et Delarge par des Francs-tireurs et partisans (FTP) à la suite d'une dénonciation. Ils sont conduits au camp des résistants, au lieu-dit Fer à Cheval sur la commune de Clermont-d'Excideuil. Après un interrogatoire sommaire, ils sont abattus par les FTP. Le , la préfecture de la Dordogne, indique que les enquêtes approfondies effectuées par les inspecteurs de la police spéciale de la Dordogne et les services de sûreté de la 20e brigade mobile ont révélé que les accusations, qui ont mené à la mort des médecins, sont dénuées de fondement[23].
Marie Schuler voir Marie Aveline.
Jean-Paul Serret-Mangold (résistant de l'intérieur), né le , est le fils de Charles Mangold chef de l'Armée secrète (AS) de Dordogne-centre. En , il suit sa famille réfugiée à Périgueux en Dordogne et reprend ses études au lycée professionnel de Claveille. En , il s'engage dans l'armée de l'air de l'armée d'armistice. A la dissolution de cette dernière, il aide à cacher les armes et le matériel du 26e régiment d'infanterie pour le compte de Organisation de Résistance de l'Armée (ORA). Avec son père, il rejoint le groupe «Roland», dépendant de l'Armée secrète (AS) dont il devient l'agent de liaison jusqu'à la libération de la Dordogne en . Le 3septembre 1944, il s'engage dans le bataillon «Strasbourg» de la Brigade indépendante Alsace-Lorraine (BAL) au sein de laquelle il finira la guerre. Il est démobilisé en .
Raymond Sick (résistant déporté), né le à Ingersheim, est élève à l'Ecole pratique de Commerce et de l'Industrie de Mulhouse. Il a 15 ans quand, avec des camarades de classe, il crée la Légion C 40 en . Au sein de l'organisation, il crée et gère la section à Wittenheim. Il est arrêté dans la nuit du 3 au et interné, à partir du 30, au centre de redressement de Sinsheim d'où il est libéré le . Avec Fernand Demouge et Yves Ruhlmann, il recrée une nouvelle organisation appelée «Mission Z799» qui édite un mensuel clandestin de huit à dix pages de novembre1943 à mai1944. En 1943, il est incorporé de force dans la Wehrmacht et affecté en Pologne puis sur le front de l'Est. Il meurt le , près de Tartu. Il est déclaré Mort pour la France[2],[7].
Roger Sick (déporté politique), né le à Wittenheim, est instituteur et lieutenant de réserve mobilisé en 1939-1940. Il est l'oncle de Raymond Sick qui est l'un des fondateurs du mouvement de Résistance Légion C 40. Il lui prodigue ses conseils et récupère le renseignement collecté pour les transmettre aux services de renseignement de Vichy. À la suite du démentellement de la Légion C40, il est arrêté en par la Gestapo. Il est détenu à Fribourg-en-Brisgau, puis à la prison Alt-Moabit de Berlin. Le , il est jugé par le Reichskriegsgericht («tribunal de guerre du Reich») qui le condamne à la détention à vie. Le , il est déporté à Bützow. Il meurt en déportation. Il reçoit la médaille de la Résistance à titre posthume par décret du [2],[16].
Charles Streicher (interné), est élève au Collège technique de l'Ill. ll a 16 ans quand il s'engage dans le mouvement de Résistance Légion C 40 en . Il est arrêté par la Gestapo le , et interné à la prison de la rue du Fil à Strasbourg, puis transféré le 30 au centre de redressement de Sinsheim. Il est libéré le et expulsé avec ses parents par les Allemands.
Joseph Thuet (résistant déporté), né le à Colmar, est inspecteur des douanes auprès de l'administration des Douanes allemandes à Colmar. En 1944, il fait partie des 42 officiers de réserve alsaciens déportés au camp de concentration de Neuengamme pour avoir refusé de s'engager dans la Waffen SS. Le , il est transféré au camp de Sandbostel. À son arrivée, Claude Blum, un prisonnier de guerre, camarade du Lycée Bartholdi, lui fait franchir la limite entre le camp des déportés et celui des prisonniers de guerre. Il devient le sergent «Dupuy» et il est pris en charge par les médecins du camp jusqu'à l'arrivée de l'armée britannique le . Il rentre chez lui le .
Daniel Ungemach (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg, est rédacteur au secrétariat particulier du cabinet du préfet de police de Paris. Il choisit de prendre le nom de famille de sa mère après la séparation de ses parents et devient Daniel Bénédite. En , il devient le trésorier du Comité Américain de Secours dirigé par Varian Fry. En , lorsque ce dernier est arrêté par les Allemands, il en prend la direction. Il est arrêté plusieurs fois mais relaxé. Il participe à la création du réseau Tartane-Masséna puis adhère au réseau Franc-Tireur et entre dans la clandestinité. En , il est, une nouvelle fois, arrêté et libéré en août par les FFI.
Louis Voegtli (résistant déporté), né le à Wintzenheim est un boulanger, maire de Wintzenheim. Il est membre du Réseau Kléber-Uranus. Il permit à de nombreux prisonniers de guerre (PG) français de quitter l'Alsace annexée de fait en traversant les Vosges. Grâce à sa fonction de maire, il fournit des renseignements à son réseau. Il est arrêté lors du démantèlement du réseau Kléber. Condamné, il est affecté à un Himmelfahrtskommando («Kommando pour l'ascension au ciel») assurant le déminage des bombes alliées non explosées. Il est tué pendant le désamorçage d'une bombe de 10 tonnes.
Guillaume Voelckel, né le à Bischwiller, est pharmacien sous-lieutenant de réserve. Incorporé en au sein du groupe sanitaire de la 70e DI, il collabore avec les forces de l'ordre au printemps 1940 pour identifier des personnes soupçonnées de sympathies pro-allemandes dans le secteur de Hochfelden. Capturé à Vomecourt en , il parvient à faire libérer plus de 700 militaires français en obtenant leur reconnaissance comme inaptes pour raisons médicales. De retour à Hochfelden durant l'annexion de fait de l'Alsace, il adhère à diverses structures allemandes afin d'échapper aux représailles. Dès 1942, il entre dans la clandestinité en rejoignant le réseau Bareiss et organise des filières de soutien destinées aux réfractaires. Le , il intègre les FFI du Bas-Rhin sous l'autorité de Georges Kiefer, alias commandant François, et reçoit le grade de capitaine. Il prend part aux combats pour la libération de l'Alsace pendant l'opération Nordwind en . En , il accède à la présidence du Comité Cantonal de Libération[45].
Emmy Weisheimer (résistante déportée), née le à Strasbourg, est une employée de mairie et cheftaine chez les Scouts de France. Elle s'engage dès aux côtés de Lucienne Welschinger avant la création de du réseau de passeur l'Équipe Pur Sang. Au sein de ce dernier, avec l'aide de ses parents, elle gère l'hébergement et le ravitaillement des prisonniers évadés. Elle est arrêtée par la Gestapo le à Strasbourg. Le , elle est internée au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le , elle est jugée avec les autres membre du réseau à Strasbourg, par le Volksgerichtshof. Le , elle est condamnée à une peine de huit années de prison. Le , elle est déportée à Karlsruhe, transférée le 15 à la maison centrale de Ziegenhain puis le à Hambourg. Le , elle est libérée par l'armée britannique et rapatriée en France le 25.
Lucie Welker (résistante déportée), née le à Strasbourg, est infirmière au centre radiologique des Hospices civils de Strasbourg et assistante cheftaine chez les Scouts de France. Elle est membre du réseau d'évasions l'Équipe Pur Sang. Alors qu'elle rentrait de mission en zone libre, elle est arrêtée par les Allemands le à la gare d'Avricourt et détenue à Sarrebourg. Elle est transférée le à Strasbourg, le 1 à Kehl puis le au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Le , elle est jugée avec les autres membre du réseau à Strasbourg, par le Volksgerichtshof. Le , elle est condamnée à une peine de quinze années de travaux forcés pour aide à l'ennemi. Elle est déportée le à la Maison Centrale de Ziegenhain puis le à Hambourg. Le , elle est libérée par l'armée britannique et rapatriée en France le 28.
Émile Wendling (résistant déporté), né le à Rockerhausen, est un batelier du Rhin pour la compagnie de navigation fluviale Vongerichten à Illkirch-Graffenstaden. Dans un premier temps, à bord de la péniche La Pierre, il fait passer en Suisse des prisonniers de guerre évadés, puis, en , il remet, à Lucien Jacob, un rapport détaillé sur l'efficacité des bombardements alliés (résultats, effet sur le moral de la population, défense anti-aérienne…) contre les installations portuaires le long du Rhin et les canaux de la région. À la suite d'une dénonciation, il est arrêté le par la Gestapo. Il est condamné à mort par le 4e Sénat du Reichskriegsgericht et guillotiné le à la prison Roter Ochse de Halle-an-der-Saale.
Lucien Werck (résistant de l'intérieur), né le à Strasbourg est militaire au 158e régiment d'infanterie dont il intègre très rapidement les corps francs. Il est fait prisonnier de guerre par les Allemands le près de Maubeuge, mais il est rapidement libéré en qualité «d'Alsacien de souche allemande». Il tente de s'évader plusieurs fois d'Alsace annexée de fait, mais échoue. En 1942, il se fait embaucher par l'Organisation Todt qui l'affecte, comme conducteur de travaux, à Bordeaux pour participer à l'aménagement de la base sous-marine. Il devient indispensable comme traducteur entre les ingénieurs allemands et les entreprises françaises réquisitionnées. Le , sous les pseudonymes de «Factory» et «Dupuy», il s'engage au sein du réseau Vélite-Thermopyles et lui transmet les plans de la base qu'il recopie. Après une convocation par la Gestapo, le , il décide de rentrer dans la clandestinité et rejoint Nancy où il anime la branche locale du réseau Vélite-Thermopyles. Après avoir échappé à plusieurs arrestations, il se réfugie à Bordeaux où, après la libération de la ville le , il est affecté au deuxième bureau. Il est muté à Mulhouse puis en à Strasbourg pour rechercher les collaborateurs et les nazis. Avec 10 camarades, il est empoisonné en Allemagne et meurt le à l'hôpital de Strasbourg[2].
Germain Winterhalter (résistant déporté), né le à Wittenheim, est élève au Lycée technique de Mulhouse. Il a 12 ans quand il s'engage dans le mouvement de Résistance Légion C 40 en . Au sein de l'organisation, il est agent de liaison entre la section de Mulhouse et celle de Wittenheim. Il est arrêté par la Gestapo le à Kingersheim et interné à Mulhouse puis transféré le 30 au centre de redressement de Sinsheim. Il est libéré le .
Paul Wormser, escrimeur français, à Berlin en 1936.Paul Wormser (interné résistant), né le 11 juillet1905 à Colmar, est chef du service de stomatologie de l’hôpital Louis Pasteur de cette ville. Il est médaillé olympique à l'épée en 1936 à Berlin. Il est fait prisonnier par les Allemands alors qu'il portait secours à un résistant blessé. Il est exécuté, le , avec 29 autres otages lors du massacre du champ de tir de Sainte-Radegonde près de Rodez.
Hélène Wucher (Résistante de l'intérieur), née Kuntz le à Mayence, et morte le à Sélestat, est une jeune passeuse. Elle n'a que 16 ans au début de la guerre. Pendant toute la durée du conflit, sans faire partie d'une filière, elle aide de nombreux fugitifs à passer la frontière de l'Alsace annexée.
Albert Zimmer (résistant de l'extérieur), né le à la Wantzenau, est un combattant de la 2e DB mort le (à 22 ans) en participant à la libération de Strasbourg. En juillet 1941, il s'évade d'Alsace annexée et rejoint l'armée française. Il participe à la libération de la France au sein du 12e RC où il est le chef de char du M4A3 Sherman «Cherbourg». Il est tué sur le coup par un tir antichar à quelques mètres du pont de Kehl et de la frontière allemande qu'il est le premier à atteindre. Il meurt à quelques kilomètres de chez lui sans revoir sa famille.
Rapport économique:Fin janvier 1942, le Reichmarschal Hermann Goering, chargé de l'économie du Reich, convoque à Berlin les principaux responsables régionaux des Services économiques pour leur faire part des difficultés actuelles et à venir de l'Allemagne. Son exposé est particulièrement pessimiste. La résistance alsacienne en fait une synthèse appelée Rapport économique et largement diffusée.
Le «Rapport d'Alsace», rédigé par Robert Heitz, présente le contexte alsacien (militaire, économique, administratif, scolaire, culturel, religieux et linguistique…). Il est initialement destiné au gouvernement de Vichy et doit, entre autres, permettre de saisir la commission d'armistice sur l'imminence du danger de l'incorporation de force des Alsaciens dans l'armée allemande. Le rapport est envoyé aux services de renseignements de Vichy, des Alliés et du général de Gaulle.
Eberhard Jäckel (trad.de l'allemand par Denise Meunier, préf.Alfred Grosser), La France dans l'Europe de Hitler [«Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg»], Fayard, coll.«Les grandes études contemporaines», , 554p., p.123, chap.«L'annexion déguisée».
Eric Le Normand (dir.), Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens. (ill.Christophe Clavel), La Résistance des Alsaciens, Fondation de la Résistance, Département AERI, cop. 2016 (ISBN978-2-915742-32-9 et 2-915742-32-4, OCLC959964698, lire en ligne)
Anstett, Marlène, Gommées de l'histoire: des Françaises incorporées de force dans le Service du travail féminin du IIIe Reich, Strasbourg, Éditions du Signe, cop. 2015 (ISBN978-2-7468-3329-6 et 2746833298)
Bertrand Merle (préf.Général Christian Baptiste), Haguenau: Portrait et parcours de ses 24 médaillés de la Résistance, t.42, La Wantzenau, Société d'Histoire et d'Archéologie de Haguenau (SHAH), coll.«Ètudes haguenoviennes», , 155p. (ISBN978-2-9550344-2-9[à vérifier: ISBN invalide])
Charles Béné, L'Alsace dans les griffes nazies tome 4: Les communistes alsaciens, la jeunesse alsacienne dans la résistance française., Fetzer, , 412p. (ISBN978-2-402-22760-5, lire en ligne).
Alphonse Troestler, Rosheim, 1939-1945: De la drôle de guerre à la paix retrouvée, 67210 Bernardswiller, ID l'édition, coll.«Rosheim, histoire & patrimoine», , 112p. (ISBN978-2-36701-332-9)
Jean-Claude Richez, Léon Strauss et Hélène Bigot, Résistantes et résistants strasbourgeois, EDBH, coll.«Histoires entre deux siècles», (ISBN978-2-493781-33-8)
Marion Dacko, Arnaud Pocris et Yann Deberge, Les Gergoviotes: des étudiants en résistance, Presses universitaires Blaise-Pascal, (ISBN978-2-38377-271-2)
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Eric Le Normand, Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA), La Résistance des Alsaciens, Paris, Fondation de la Résistance, Département AERI, (ISBN978-2-915742-32-9).
Auguste Gerhards, Tribunal de guerre du IIIe Reich: des centaines de Français fusillés ou déportés: Résistants et héros inconnus 1939-1945, Le Cherche midi, (ISBN9782749120676, lire en ligne).