Joseph Starot de Saint-Germain
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Joseph Claude Starot de Saint-Germain, seigneur de Villeplat, de Montvendre et de Montmeyran, né à Valence le et guillotiné à Paris le 22 floréal an II (), est un fermier général français.
Origines
Son grand-père, dénommé Jean-Baptiste Starot de Saint-Germain (1672-1730) et fils de gardes suisses et tanneurs suisses-allemands, était maître écrivain, arithméticien, précepteur et bourgeois de Romans puis de Valence.
Le père de Joseph Starot de Saint-Germain est Louis Starot de Saint-Germain (1701-1793), seigneur de Villeplat, conseiller du roi et receveur des impositions de l'élection de Valence, et sa mère Isabeau Foriel (fille d'Abel Foriel et d'Isabeau Durand).
Un de ses frères, Aimé Starot de Saint-Germain, sera curé-prieur de Saint-Saturnin de Nogent. Un autre, Louis-Antoine Starot de Saint-Germain de Loberie[1], s'embarquera sur la Boudeuse comme explorateur aux côtés de Bougainville[2]. Une de ses sœurs épousera le général Charles-Victor de Bachasson de Montalivet et une autre François Sandecœur La Croix Saint-Pierre (arrière-grands-parents d'Albert Lacroix-Saint-Pierre).
Rapide ascension
Brillant, il devient avocat au parlement du Dauphiné, docteur-agrégé ainsi que recteur de l'Université de Valence[3]. Il occupe ensuite la charge de receveur des gabelles de Valence en 1764.
Sa carrière prend un essor rapide grâce à sa femme, maîtresse de Louis XV[réf. nécessaire]. Deux ans après son mariage, il devient ainsi en 1770 inspecteur général des postes. En 1780, il achète pour la somme de 107 000 livres, la terre et baronnie de Montmeyran. Puis, en 1786, il devient fermier général du Dauphiné, considérable charge qui lui permit d'amasser une immense fortune, devenant ainsi l'un des hommes les plus riches de Valence, y possédant un hôtel particulier (21 côte des Chapeliers), ainsi qu'un autre à Paris[4].
La Révolution
Dès le 20 floréal, Joseph Starot de Saint-Germain, 66 ans, demeurant à Fontainebleau, se présente au tribunal pour demander l'examen et l'apurement de sa conduite. Il est arrêté sur-le-champ et déféré au tribunal révolutionnaire le 22 du même mois. Pour sa défense, il se désolidarise de ses collègues fermiers. Il prétend que, de tout temps, il leur avait reproché leur conduite peu scrupuleuse et spécialement le mouillage du tabac. Il précise qu'il n'a été fermier qu'à partir de 1787 et n'a donc pas participé aux faits reprochés sous les baux David et Salzard. Que s'agissant des rémunérations perçues, il ne pouvait à lui seul changer les pratiques de toute une corporation. Enfin, il souligne que, si sa conscience lui avait fait le moindre reproche, il ne se serait pas présenté spontanément au tribunal, après les exécutions du 19 floréal, mais aurait fui, au contraire, son domicile de Fontainebleau pour se soustraire aux poursuites.
Sans doute était-il convaincu que cette démarche ne pouvait qu'aboutir positivement. Sa défense fut balayée par l'accusateur public. La condamnation est prononcée en faisant référence aux chefs d'accusation du précédent procès, y compris ceux relatifs au seul bail David auquel l'intéressé n'avait pas participé. Il est exécuté le jour de sa condamnation à mort.
Il est guillotiné à Paris le 22 floréal an II comme ancien fermier général à la barrière du Trône.
Mariage et descendance
Le , Joseph Starot de Saint-Germain épouse à Nogent-sur-Marne Catherine Éléonore Bénard (1740-1769), femme de chambre d'Adélaïde de France. Catherine meurt 11 mois plus tard, des suites de la naissance de leur fille Adélaïde, future comtesse de Montalivet. La rumeur tardive faisant de Catherine une maîtresse de Louis XV et attribuant au roi la paternité d'Adélaïde[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12] n'est étayée par aucune documentation contemporaine connue et est considérée comme douteuse[13],[14].