Josephine Caroline Lang

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Naissance
Décès
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TübingenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Josephine Lang
Josephine Caroline Lang par Carl Mueller (1842).
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
TübingenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Theobald Lang (d) ou Joseph Karl StielerVoir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Regina Hitzelberger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Reinhold Köstlin (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Felix Reinhold Köstlin (d)
Heinrich Adolf Köstlin (d)
Marie Fellinger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Instrument
Maître
Genre artistique

Josephine Caroline Lang (ou Josefine) puis Köstlin, née le à Munich et morte le à Tübingen, est une compositrice de Lieder et une chanteuse allemande de l'époque romantique.

Fille de Theobald Lang (1783–1839), violoniste munichois et membre de l'orchestre de la cour de Munich, et de la chanteuse Regina Hitzelberger (1786–1827)[1], elle se révèle très vite comme une enfant prodige[2]. Après avoir reçu très tôt des leçons de piano, dès l'âge de neuf ans, elle écrit ses premières compositions. Ses progrès au piano sont très rapides et dès l'âge de douze ans, elle enseigne, tout en continuant à développer ses dons pour la composition. De santé fragile, elle tente de concilier études et soins[3].

Plus tard, elle entre dans un collège où elle manifeste des dons pour les langues et la littérature. Elle rend souvent visite à son parrain, le peintre munichois Joseph Karl Stieler (1781–1858), dont elle a hérité du prénom et dont la maison devient son second foyer après le décès de sa mère en 1827[4]. Là, elle a l'occasion de rencontrer de nombreux musiciens connus, comme Felix Mendelssohn (1809-1847)[5], qui par la suite devient le parrain de son premier fils Felix (1842-1868). Elle rencontre aussi Ferdinand Hiller (1811-1885). Mendelssohn, impressionné par ses Lieder, lui donne des conseils pour le contrepoint et la basse continue. Il lui conseille d'aller à Berlin se perfectionner auprès de Adolf Bernhard Marx (1795–1866), mais ses parents refusent[6].

Les années 1830 sont la période la plus productive de Josephine Lang. En 1831 est publié à Munich, grâce à l'appui de Mendelssohn, le premier cahier de Lieder[7]. Dans les années suivantes, elle se produit régulièrement comme chanteuse à la Cour de Munich et dans les salons privés. En 1838, elle se rend à Salzbourg pour rencontrer Constance Mozart, veuve de Wolfgang Amadeus Mozart et de Georg Nikolaus von Nissen. Les deux femmes entretiennent par la suite une correspondance active[8]. À partir de 1835, Josephine Lang retrouve chaque été le pianiste et compositeur Stephen Heller (1813-1888) pour des concerts à Augsbourg. Grâce à lui, elle réussit à avoir ses entrées à la Chapelle Royale de Munich et elle a pu attirer l'attention de Robert Schumann sur ses œuvres[5]. Ce dernier découvre les Lieder de Josephine, les apprécie, les rend publics et en fait une critique dans son journal « Neue Zeitschrift für Musik ». Josephine noue alors une solide amitié avec Clara Schumann (1819–1896)[1]. Cette dernière s'assure que les œuvres de Josephine paraîtront non seulement dans le journal de Robert Schumann, mais également dans le Allgemeine musikalische Zeitung ou dans le Allgemeine deutsche Musikzeitung. En 1840, Josephine est enfin nommée au poste de chanteuse de la chapelle de la Cour, et peut se familiariser avec les chefs-d'œuvre de la musique religieuse du catholicisme.

Épuisée par les énormes charges qu'elle assume et par la mort de son père, l'année précédente, elle doit, en 1840, accepter l'ordre de Caroline-Auguste de Bavière (1792-1873), la veuve du roi, et partir en cure à Wildbad Kreuth[9]. Là elle fait la connaissance du juriste Christian Reinhold Köstlin (1813-1856), qu'elle épouse deux ans plus tard, à sa sortie. Ils s'installent à Tübingen, où elle doit assurer le train de vie de la maison et les soins à sa famille[2]. Elle est ainsi conduite à consacrer moins de temps à son art. Ensemble ils ont six enfants, parmi lesquels Theobald, fortement handicapé de naissance[10]. En 1850, son époux tombe malade et meurt en 1856, la même année que Robert Schumann. Après cette disparition et malgré sa santé fragile, Josephine doit nourrir sa famille par ses leçons de piano et de chant et par ses compositions[11]. Parmi ses élèves les plus illustres figurent le Prince Guillaume, futur roi du Wurtemberg (1848–1921) et son cousin le comte Eugen de Wurtemberg (1846–1877). Elle ne peut pas consacrer tout le temps nécessaire à son travail de composition et pour la première fois, ses publications connaissent l'échec. C'est grâce à l'aide de ses vieux amis Ferdinand Hiller et Clara Schumann, que quelques-unes de ses publications renouent avec le succès[12]. Cependant de nouveaux coups du sort touchent Josephine. Son fils Felix, qui promettait d'être un artiste talentueux, est atteint à vingt ans d'une maladie mentale et doit être hospitalisé à Winnenden[1],[13]. Il meurt dans un incendie en 1868[14]. Josephine perd également son fils handicapé Theobald en 1873 ainsi que son troisième fils Eugen, mort en 1880 des suites du typhus[15]. Quelques mois plus tard, elle meurt le [16].

Famille

Villa Köstlin

Josephine Caroline Lang se marie le avec Christian Reinhold Köstlin, fils du professeur de théologie et membre du consistoire Nathanael Friedrich von Köstlin (de) (1776-1855) et de Heinrike Schnurrer (1789-1819)[17]. Elle a six enfants, dont le professeur de théologie et musicologue Heinrich Adolf Köstlin (de), ainsi que Felix Reinhold Köstlin (1842-1868), artiste prometteur, très tôt disparu. Sa fille Maria Regina (1849-1925) a épousé Richard Albert Fellinger (1848-1903), directeur d'une usine Siemens[18].

Œuvre

Dans son travail, Josephine Lang est une artiste douée, aux multiples facettes, utilisant aussi bien une technique sévère et économe qu'une virtuosité pianistique, qu'elle fait dialoguer avec les voix. Sur le plan du style, elle est influencée par Mendelssohn et Schumann. À ses débuts, elle choisissait ses textes parmi les poètes contemporains Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), Heinrich Heine (1797-1856), Friedrich Rückert (1788-1866), Justinus Kerner (1786–1862), Nikolaus Lenau (1802-1850) ou August von Platen-Hallermünde (1796-1835), mais aussi des auteurs moins connus comme Wilhelm von Marsano (de) (1797-1871) ou Christoph August Tiedge (1742-1851). Elle mit en musique également toute une série de poétesses comme Louise Brachmann (de) (1777-1822), Helmina von Chézy (1783-1856) et d'autres. Après son mariage, elle utilisa aussi un nombre important de poésies de son époux que celui-ci avait publiées sous le pseudonyme de Christian Reinhold[19].

Plusieurs de ses compositions ont été transcrites par Mendelssohn, Friedrich Silcher (1789-1860) et d'autres pour chœur d'hommes. Josephine Lang a catalogué elle-même avec des numéros d'opus ses 124 lieder et quelques-unes de ses pièces pour piano, mais elle en avait égaré plus d'une à la suite de diverses circonstances. Son unique fils survivant Heinrich Adolf Köstlin (de) (1846-1907) a travaillé à établir le catalogue de ses œuvres, qui garde aujourd'hui encore sa validité. Ce fils a aussi publié une biographie de sa mère chez Breitkopf & Härtel[19].

Il est à noter que le choix de ses textes constitue une sorte de journal intime autobiographique, comme elle le reconnait dans plusieurs de ses lettres. À la lecture des textes choisis, on peut suivre les états d'âme du moment, ses problèmes de santé, mais aussi les coups du sort qui ont touché sa famille. Composer avait pour Josephine et, selon sa propre interprétation, une fonction thérapeutique[19].

Discographie

  • Josephine Lang. Dana Mckay, soprano; Thérèse Lindquist, piano. SBPK Duché-o Schallplatten DS 1016-2 (1995).
  • Josephine Lang, Johanna Faggy Kinkel; Ausgewählte Lieder. Claudia Taha, soprano; Heidi Kommerell, piano. Bayer Records BR 100 248 (1995).
  • Müchner Komponistinnen de Klassik und Romantik. Christel Krömer, soprano; Jutta Vornehm, piano. Musica Bavarica MB 902. Reissued on CD as MB 75121 (1997).
  • Âmes sœurs, Lorraine Campet, contrebasse, Nathanaël Gouin, piano. Oeuvres de Lang, Beethoven, Schubert, Schumann, Aparte Music AP387 - 1CD , .

Références

Bibliographie

Liens externes

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