Joëlle Pagès-Pindon
critique littéraire française
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Joëlle Pagès-Pindon est une critique littéraire française, spécialiste de l’œuvre de Marguerite Duras et poète.
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Biographie
Joëlle Pagès-Pindon, agrégée de lettres classiques (1974), professeure honoraire de chaire supérieure (khâgne classique), est chercheuse associée Thalim/Sorbonne nouvelle/CNRS et membre du conseil d'administration de l'Assocciation internationale Marguerite Duras[1].
Autrice, entre autres publications, d’un essai intitulé Marguerite Duras. L’écriture illimitée[2], elle a collaboré à l’édition des tomes 3 et 4 des Œuvres complètes de Marguerite Duras dans la Bibliothèque de la Pléiade[3] et elle a publié des entretiens inédits de Marguerite Duras, Le Livre dit. Entretiens de ″Duras filme″[4]. Elle a codirigé un recueil sur le théâtre de Duras, Marguerite Duras. Un théâtre de voix/A Theatre of Voices[5]. En , elle a édité, annoté et préfacé des lettres de Marguerite Duras à Michelle Porte, Lettres retrouvées (1969-1989), suivies d'entretiens inédits[6].
Pour le centenaire Duras, en 2014, elle a été conseillère scientifique de « Paris Bibliothèques » et commissaire de l’exposition photographique « Lieux de Marguerite Duras. De l’Indochine à la rue Saint-Benoît » à la Médiathèque Marguerite Duras (75020)[7] .
Joëlle Pagès-Pindon est l’autrice de l'ouvrage de référence Marguerite Duras. L’écriture illimitée (Ellipses, 2012)[8], édition augmentée de Marguerite Duras (Ellipses, 2001). Elle introduit en 2001 l’expression de « cycle atlantique » pour désigner les productions des années 1980 — une périodisation adoptée depuis par les spécialistes de Marguerite Duras — et l’approfondit en 2005 dans un article du Cahier de l’Herne Duras : « On peut alors parler d’un nouveau cycle succédant au cycle indien, que nous baptiserons le "cycle atlantique" et dont Yann Andréa figure le centre à la fois réel et scriptural »[9]. Son travail sur les archives personnelles de Jean Mascolo lui a permis d’établir que la date donnée par l’écrivain pour l’arrivée de Yann Andréa à Trouville auprès d’elle est « une reconstruction qui s’inscrit dans la symbolique du mythe du cycle atlantique, la véritable date de l’arrivée de Yann étant le samedi 30 août 1980 »[10]. En 2014, dans son édition commentée des entretiens de Duras filme [11],[12],[13],[14],[15] autour du tournage d’Agatha et les lectures illimitées (mars 1981), jusqu’alors inédits dans leur totalité, Joëlle Pagès-Pindon a mis en évidence la fusion du réel et de l’imaginaire chez Marguerite Duras : « À l’œuvre d’art reflet du vécu, [Duras] substitue un réel tout entier soumis au pouvoir démiurgique de ses fictions. L’arrivée, à la fin de l’été 1980, de Yann Lemée qu’elle nommera ″Yann Andréa″ permet à l’écrivain de donner corps aux figures foisonnantes de son imaginaire »[16].
Joëlle Pagès-Pindon a publié des poèmes dans diverses revues[17] et un recueil de poésies en 2010 : Naissances d’argile[18]. Ses textes ont fait l’objet de plusieurs lectures publiques : Marché de la Poésie (Paris, Place Saint-Sulpice, 2009 et 2010) ; Théâtre du Temps (Paris, les 27 et 28 février 2010) ; Printemps des poètes (Halle Saint-Pierre, 2012). Cinq de ses poèmes ont été mis en musique par Paul Wehage[19]. S’intéressant tout particulièrement au dialogue entre les arts, elle est l’autrice de préfaces et d’articles dans plusieurs catalogues d’expositions[20]. Ses textes accompagnent les créations de divers artistes tels que Jeanne Socquet, Jean Lancri, Michèle Laverdac[21],Jean-Pierre Dall'Anese[22] , Marie-Pierre Thiébaut, Paul Wehage, Christine Spengler, Claire Deluca et Michelle Porte.
L’écriture poétique de Joëlle Pagès-Pindon privilégie la dialectique de la présence et de l’absence, du sujet et de l’objet, de l’espace et du temps, du présent et du passé à travers l’obsession des traces : « Le poème concentre les fulgurances que le temps s’active à éteindre. Entre ombre et lumière, le parcours poétique de Joëlle Pagès-Pindon capture leur empreinte dans les créations de l’art .»[23].
Dans les années 1980, en marge de son enseignement, elle a cosigné avec Alain Pagès plusieurs manuels de littérature française qui ont été utilisés dans les classes de lycée[24]. Elle a été membre des jurys de l’agrégation et du CAPES internes de Lettres modernes de 1990 à 1994.
Publications
Ouvrages personnels
- Marguerite Duras. La voix du ravissement, Bruxelles, L’Arbre à paroles, 2015.
- Marguerite Duras. L’écriture illimitée, Paris, Ellipses, 2012.
- Naissances d’argile, un recueil de poèmes avec des illustrations originales de Marie-Pierre Thiébaut, collection « Les mots qui couvent », Agneaux, Éditions du Frisson esthétique, 2010.
- Marguerite Duras, collection "thèmes et études", Paris, Ellipses, 2001.
Ouvrages collectifs
- Marguerite Duras. Un théâtre de voix/A Theatre of Voices, Mary Noonan et Joëlle Pagès-Pindon dir., Leyde, Brill, 2018
- Manuels scolaires cosignés avec Alain Pagès :
- Le Français au Lycée - Manuel des Études françaises, Nathan 1982;
- Le Français en seconde, Nathan 1987;
- Les textes littéraires au Lycée - Anthologie par les thèmes et les formes, Nathan 1990.
Éditions
- Marguerite Duras et Michelle Porte, Lettres retrouvées (1969-1989). Préfacées et annotées par Joëlle Pagès-Pindon, Gallimard, NRF « Hors série littérature », 2022.
- Marguerite Duras Le Livre dit. Entretiens de "Duras filme" (Joëlle Pagès-Pindon éd., Paris, Gallimard « Les Cahiers de la NRF », 2014).
- Collaboration à l’édition des tomes 3 et 4 des Œuvres complètes de Marguerite Duras (Gilles Philippe dir., Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2014).
Choix d'articles et de contributions
- Joëlle Pagès-Pindon, « Les mots comme des pierres », in Cahier de l’Herne Annie Ernaux, Pierre-Louis Fort dir., 2022, p. 175.
- Joëlle Pagès-Pindon, « Être “de gauche” de Mai 68 aux années 1980 : politique et lyrisme poétique chez Marguerite Duras », Cahiers Marguerite Duras, 2, 2022, p. 145-161 [en ligne] https://www.societeduras.com/_files/ugd/93a238_20ce0b82aff34bb592794f68323d64f3.pdf
- « Ko no at esaki: Duras to Yann Andrea", in Marguerite Duras, "koe" no genzen: syouset su, eiga, gikyoku (textes réunis par Atsuo Morimoto et Gilles Philippe), Suiseisya 2020, pp 173-189.
- « La voix adressée de Marguerite Duras dans le cycle atlantique : une voix fantôme », Dossier spécial Marguerite Duras, une voix fantôme : roman, théâtre, cinéma, textes réunis par Atsuo Morimoto et Gilles Philippe, Revue Zinbun (Institute for Research in Humanities, Kyoto University), n°50, mars 2020, pp. 150-158.
- « Atlantique », « Caprice », « Empire français », « Gérard Jarlot », « Jean Mascolo », « Neauphle », « Orient », Dictionnaire Marguerite Duras, B. Alazet et C. Blot-Labarrère dir., Champion, 2020.
- « Marie-Pierre Thiébaut : l’empreinte du vivant », in Marie-Pierre Thiébaut. La forme-geste, éditions invenit, Musée La Piscine, Roubaix, 2019, pp. 42-54.
- « L’intratextualité ou les nœuds de l’imaginaire durassien dans Le Marin de Gibraltar » in Le Marin de Gibraltar de Marguerite Duras. Lectures critiques, Joël July et Najet Limam-Tnani dir., Presses Universitaires de Provence, 2019, pp. 15-29.
- «Le Livre dit: de la voix qui s’exhibe à la voix qui fait voir », in Marguerite Duras. Passages, croisements, rencontres, O. Ammour-Mayeur, F. de Chalonge, Y. Mevel, C. Rodgers dir., Paris, Classiques Garnier, 2019.
- « Genèse de la voix adressée dans Agatha. Du dialogue au récitatif », in Marguerite Duras. Un théâtre de voix/A Theatre of Voices, Mary Noonan et Joëlle Pagès-Pindon dir., Leyde, Brill, 2018.
- « La photographie absolue », préface et choix des extraits de M. Duras, in Christine Spengler, Série indochinoise. Hommage à Marguerite Duras, Cherche midi, 2017.
- « Marguerite Duras. Écrire l’enfance », préface au recueil Quelque chose de l’enfance, 7 monologues, Koïnè Éditions, 2017.
- « Noir désir. Genèse de l’automythographie atlantique dans Le Livre dit », in L’écriture désirante : Marguerite Duras, A.M. Reboul et E. Sanchez-Pardo éd., Paris, L’Harmattan, 2016.
- « Philippe Vilain et Marguerite Duras : de ʺLector in fabulaʺ à ʺEgo scriptorʺ », in Philippe Vilain ou la dialectique des genres, Arnaud Schmitt et Philippe Weigel dir., Orizons, collection « Universités/Comparaisons », 2015.
- «L’espace cartographique de l’Asie : du discours ethnogéographique de l’Empire français à l’imaginaire du texte» in Najet LimamTnami dir., Marguerite Duras Altérité et étrangeté Presses universitaires de Rennes, 2013 https://books.openedition.org/pur/56728
- « L’espace scripturaire dans Ma Morte de Pierre Albert-Birot », Poésie vivante. Hommage offert à Arlette Albert-Birot, textes réunis et présentés par C. Aurouet et M.Simon-Oikawa, Champion, 2012.
- « Du subjectile au sujet Duras : ‘ C’est moi Agatha’ », Les archives de Marguerite Duras /Textes réunis et présentés par Sylvie Loignon, Grenoble, ELLUG, 2012. https://books.openedition.org/ugaeditions/1049
- « Savannah Bay : genèse d’une dramaturgie », Mettre en scène Marguerite Duras, A. Cousseau et D. Denès éd., Presses Universitaires de Nancy, 2011.
- « L’Après-midi de M. Andesmas : Topogenèse d’un univers fictionnel », De Kafka à Toussaint - Ecritures du XXè siècle, P. Bazantay et J. Cleder dir., Presses Universitaires de Rennes, collection « Interférences », 2010. https://books.openedition.org/pur/39914
- « La mère océanique de Marguerite Duras : un lieu métaphorique », Revue des Lettres modernes Minard, série Marguerite Duras n°3, 2009.
- « Les couloirs scéniques dans Les Yeux bleus cheveux noirs », Marguerite Duras. Marges et transgressions, textes réunis par A. Cousseau et D. Denès, Presses Universitaires de Nancy, 2006.
- « L’architecture de l’invisible dans le cycle atlantique », Cahier de l’Herne Duras, sous la direction de Bernard Alazet et Christiane Blot-Labarrère, 2005.