Jurisprudence Anne Sinclair

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La jurisprudence Anne Sinclair désigne, par métonymie, une décision prise par la journaliste française Anne Sinclair et son employeur, consistant, en tant que journaliste, à abandonner la présentation d'une émission hebdomadaire d'actualité générale, pour prévenir et éviter tout soupçon de conflit d'intérêts, dans l'intérêt de l'image de son entreprise et/ou de l'information du public, et au titre d'une règle non écrite de déontologie journalistique.

Le [note 1], Anne Sinclair annonce qu'elle « cessera de présenter le magazine d'actualité générale 7 sur 7 », à la suite de l'annonce de l'entrée dans le gouvernement Jospin, comme ministre de l'Économie, de son époux Dominique Strauss-Kahn[1],[2] .

Cette décision est « assez logique », c'est un « problème de crédibilité extérieure », déclare le même jour à l'AFP Robert Namias, directeur de l'information de TF1, qui propose à Anne Sinclair pour la rentrée suivante une émission culturelle de troisième partie de soirée[2]. Au même moment, 7 sur 7 est remplacée par une émission d'actualité générale au concept proche, Public, présentée par Michel Field, puis par 19 heures dimanche présentée par Ruth Elkrief de septembre 1999 à juin 2000.

Dominique Strauss-Kahn avait déjà participé à un gouvernement mais avec de bien moindres responsabilités, à une époque où son épouse, avec Christine Ockrent, s'était « fait allumer » pour une interview de François Mitterrand « alors que leurs époux étaient ministres »[2]. En 1997, elle et la direction de TF1 estiment que « l'incompatibilité est plus grande » car il a « fortement inspiré le programme de Lionel Jospin », et a « la haute main sur un portefeuille important »[2].

Selon Nadia Le Brun et Alain Bourmaud, cette « jurisprudence » émerge dès 1993, lorsqu'Isabelle Legrand-Bodin, épouse d'Alain Juppé, quitte son emploi de journaliste au quotidien La Croix[3] où elle suit le RPR, ce dernier étant nommé ministre des Affaires étrangères, poste-clé du gouvernement Balladur, puis Premier ministre.

Par la suite, Marie Drucker et Béatrice Schönberg, compagnes respectives des ministres François Baroin et Jean-Louis Borloo, renoncent à présenter le journal télévisé de 20 heures. En , c'est la jurisprudence Audrey Pulvar : dès l’annonce de la candidature à la présidentielle de son conjoint Arnaud Montebourg, i-Télé stoppe son émission en vertu d'une « règle de prudence et d’éthique élémentaire »[4] et d'une « forme de jurisprudence établie par d'autres médias »[5],[note 2]. iTélé lui confie alors une nouvelle émission culturelle, dont la politique est « exclue »[6]. Le CSA avertit alors que l'ensemble de son temps de parole sur France 2, où elle continue à officier, pourra être décompté de celui d'Arnaud Montebourg. Malgré cet avertissement, elle y réalise une interview d'Harlem Désir, numéro deux du PS, juste après la présidentielle, dans l'émission On n'est pas couché, ce qui est critiqué par l'UMP[7]. Peu après, Aymeric Caron lui succède[8].

En presse écrite, Ivanne Trippenbach annonce le , la veille d'une réunion du comité d'éthique et de déontologie de son employeur, qu'elle quitte son poste de cheffe du service politique du Monde, « au vu de l'émoi suscité » par la nomination de son conjoint, Rayan Nezzar, le précédent, comme conseiller, chef du pôle action et comptes publics, auprès du Premier ministre Gabriel Attal. Selon une enquête de Mediapart[9], plusieurs membres de la rédaction du Monde « s’étaient inquiétés d’un risque de conflit d’intérêts »[10],[11].

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Histoire

Notes et références

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