Kondor (satellite)
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NPO Machinostroïenia
Кондор
| Organisation | Ministère de la Défense de la fédération de Russie |
|---|---|
| Constructeur |
NPO Machinostroïenia |
| Domaine | Satellite de reconnaissance |
| Base de lancement | Cosmodrome de Baïkonour |
| Lancement | 27 juin 2013 (1er lancement) |
| Lanceur | Strela (fusée) |
| Durée | entre 5 et 7 ans |
| Masse en orbite | 1 150 kg |
|---|---|
| Source d'énergie | Panneaux solaires (250 à 1 500 watts) |
| Orbite | Orbite terrestre basse |
|---|
| Instrument | Optique ou radar |
|---|---|
| Radar | Radar à synthèse d'ouverture |
| Charge utile | 350 kg |
|---|
Kondor (en russe : Кондор, en français : Condor) est une famille de satellites de reconnaissance militaire radar et optique russe de petite taille dont le premier exemplaire a été placé en orbite le par un lanceur Strela. Un second exemplaire a été acquis par l'Afrique du Sud et mis en orbite fin 2014. Le début de la conception de ce type de satellite à usage civil ou militaire, proposé par la société NPO Mash, remonte au début des années 1990.
Le développement du satellite Kondor débute en 1993 lorsque le gouvernement russe demande au constructeur aérospatial NPO Machinostroïenia (NPO Masch en raccourci) de réaliser une étude de faisabilité d'un satellite de reconnaissance radar de petite taille (environ 1 000 kg). Cette société bénéficie de son expérience dans le domaine des systèmes d'observation optique Almaz installés dans les stations spatiales soviétiques Saliout et Mir. En 1994, NPO Masch fait partie des cinq sociétés qui répondent à l'appel d'offres du ministère de la Défense russe pour le développement d'un petit satellite de renseignement pouvant disposer soit d'une charge utile optique soit d'un radar à synthèse d'ouverture. NPO Masch est retenu en 1996 et un contrat de développement des versions optique et radar est passé le . La société achève la phase préliminaire de conception en 1998 en utilisant essentiellement des fonds internes mais le projet est gelé à la suite de réductions budgétaires.
En 2001, NPO Mash relance le projet en tentant de trouver des débouchés à l'export avec une version baptisée Kondor-E. Le satellite est modifié pour pouvoir être mis en orbite par le lanceur Strela commercialisé par la même société et qui effectue son premier vol en 2003 avec une maquette du satellite de 978 kg. Au cours de cette phase du développement, la masse du satellite passe de 800 à 1 100 kg. Finalement en 2009, la société signe un contrat à l'exportation de la version radar avec un pays dont elle refuse de révéler l'identité et qui se révèlera être l'Afrique du Sud.
Le ministère de la Défense débloque au début des années 2010 une partie des fonds mais conditionne apparemment le paiement total à une démonstration du fonctionnement opérationnel du satellite. Finalement le premier exemplaire, une version radar, est lancée le depuis Baïkonour pour le compte du ministère de la Défense[1],[2],[3].
Caractéristiques techniques
Version export radar Kondor-E
Le satellite a une masse d'environ 1 150 kg dont 350 kg pour la charge utile. Il utilise une plateforme standard stabilisée 3 axes grâce à des roues de réaction et des magnéto-coupleurs. La précision du pointage est de 6 minutes d'arc et la dérive est de 0,001°/s. L'énergie solaire est fournie par deux ensembles de panneaux solaires d'une superficie totale de 9,2 m2 et qui permettent de fournir les 250 à 1 500 watts nécessaires. La durée de vie est de 5 ans avec un objectif de 7 ans. Les données qui sont produites à un rythme maximal de 960 mégabits par seconde sont stockées dans une mémoire de masse de 192 gigabits et transmis en bande X avec un débit compris entre 350 mégabits par seconde (station terrestre principale) et 61 mégabits par seconde (stations régionales).
La charge utile est constituée par un radar à synthèse d'ouverture développé par la société NPO Vega implantée à Moscou. Le radar fonctionne en bande S sur une longueur d'onde de 9,6 cm (fréquence 3,13 GHz) et utilise une antenne de forme parabolique dont la structure est constituée d'un treillis qui se déploie en orbite. La fauchée en haute résolution est de 10 à 20 km avec une résolution de 1 à 3 mètres. De manière standard, la fauchée est de 20 à 150 km avec une résolution de 5 à 30 mètres. Le radar peut observer une zone située à 500 km de part et d'autre de la trace au sol du satellite[4].
Version optique
Dans sa version optique, le satellite a une masse à peu près identique de 1 150 kg. La charge utile est réalisée par la Leningrad Optical Mechanical Association. La fauchée à haute résolution est de 12 km avec une résolution de 1 mètre[5].
Lanceur Strela
Le lanceur Strela chargé de placer en orbite le premier satellite Kondor opérationnel n'a été utilisé qu'une seule fois en 2003 pour mettre en orbite une maquette du satellite Kondor. Strela est issu d'une reconversion du missile balistique intercontinental tri-étages UR-100NUTTK — comme le lanceur Rokot — mais il s'agit d'un lanceur beaucoup plus simple que ce dernier : contrairement au Rokot, il est lancé dans son silo comme le missile et utilise le dernier étage natif du missile[3].