Léon Marchand
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Léon Marchand | |||||||||||||
Léon Marchand lors des championnats masculins de natation Pac-12 à Federal Way, en 2023. | |||||||||||||
| Informations | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nages | Quatre nages, brasse, papillon | ||||||||||||
| Période active | Depuis 2019 | ||||||||||||
| Nationalité | |||||||||||||
| Naissance | Toulouse (France) |
||||||||||||
| Taille | 1,87 m (6′ 2″)[1] | ||||||||||||
| Poids | 77 kg (169 lb) | ||||||||||||
| Club | Dauphins du TOEC (2008-) Sun Devils d'Arizona State (2021-2024) Longhorns du Texas (2024-) |
||||||||||||
| Entraîneur | Nicolas Castel (2008-) Bob Bowman (2021-) |
||||||||||||
| Records | |||||||||||||
| Grand bassin | 200 m 4 nages : 1 min 52 s 69 (RM) 400 m 4 nages : 4 min 2 s 50 (RM) 200 m papillon : 1 min 51 s 21 (RF) (RO) 100 m brasse : 59 s 06 200 m brasse : 2 min 5 s 85 (RE) (RO) 200 m nage libre : 1 min 46 s 44 |
||||||||||||
| Petit bassin | de 25 mètres 100 m 4 nages : 49 s 92 (RE) 200 m 4 nages : 1 min 48 s 88 (RM) 400 m 4 nages : 3 min 58 s 30 (RF) 200 m brasse : 2 min 2 s 00 (RF) 200 m dos : 1 min 47 s 68 (RF) 100 m nage libre : 47 s 46 200 m nage libre : 1 min 40 s 91 de 25 yards 200 yd 4 nages : 1 min 36 s 34 (RM) 400 yd 4 nages : 3 min 28 s 82 (RM) 200 yd brasse : 1 min 46 s 35 (RM) 500 yd nage libre : 4 min 2 s 31 (RM) |
||||||||||||
| Palmarès | |||||||||||||
|
|||||||||||||
| modifier |
|||||||||||||
Léon Marchand, né le à Toulouse (Haute-Garonne),est un nageur français spécialiste des épreuves quatre nages, brasse et papillon. Il est l'athlète le plus décoré des Jeux olympiques de Paris 2024 avec quatre médailles d'or, ce qui fait de lui le sportif français le plus titré sur une édition des Jeux. Il détient les records du monde des 200 m et 400 m quatre nages.
Après une première apparition au plus haut niveau lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021 (6e du 400 mètres 4 nages), il acquiert une notoriété certaine lors des Championnats du monde 2022 à Budapest, devenant champion du monde et recordman d'Europe du 400 m quatre nages, champion du monde du 200 m quatre nages et vice-champion du monde du 200 m papillon.
Lors des championnats du monde de natation 2023 qui se déroulent à Fukuoka, au Japon, il fait irruption parmi les meilleurs nageurs de sa génération, puisqu'il remporte cette fois 3 titres mondiaux en individuel, ce qu'il est le premier Français à faire lors de la même édition sur 200 m 4 nages, 200 m papillon et 400 m quatre nages, où, en 4 min 2 s 50, il bat le dernier record du monde encore en vigueur de l'Américain Michael Phelps.
Au cours des Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris, Léon Marchand s'impose comme le meilleur nageur du monde, et devient le français le plus titré lors d'une même édition des Jeux olympiques, été et hiver confondus, en remportant 4 médailles d'or sur ses 4 courses individuelles. Il s'impose en effet sur 400 m quatre nages en 4 min 2 s 95 centièmes, avec le plus gros écart de l'histoire sur la distance[2], puis sur le 200 m papillon (1 min 51 s 21 centièmes) et le 200 m brasse ( 2 min 5 s 85 centièmes) dans la même journée, ce qu'il est le premier athlète à accomplir depuis 1976, et le premier de l'histoire à faire en moins de deux heures, avec seulement 1 h 54 min entre ses deux finales. Il remporte enfin le 200 m quatre nages en 1 min 54 s 6 centièmes. En plus de remporter quatre titres individuels dans la même olympiade, un exploit précédemment accompli seulement par les Américains Mark Spitz et Michael Phelps, il s'empare des quatre records olympiques des épreuves où il est titré. Athlète le plus titré de la XXXIIIe olympiade, et athlète le plus masculin le plus décoré[3], puisqu'il remporte également la médaille de bronze avec le relais français du 4x100 m quatre nages, il est désigné pour éteindre la vasque lors de la cérémonie de clôture, le . Le , il est fait chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur.
Lors des championnats du monde de natation 2025 à Singapour, où il remporte deux nouveaux titres mondiaux sur 200 et 400 m quatre nages, il bat en demi-finale du 200 m quatre nages le record du monde de l'épreuve en 1 min 52 s 69 centièmes, effaçant des tablettes celui de Ryan Lochte (1 min 54 s 00), qui lui avait échappé pour six centièmes l'année précédente.
Quadruple champion olympique, septuple champion du monde, recordman du monde du 400 m 4 nages, du 200m 4 nages en grand et petit bassin, recordman d'Europe du 200 m brasse et du 100 m 4 nages en petit bassin, quintuple recordman de France en grand et petit bassin, et quadruple recordman du monde en bassin américain de 25 yards, Léon Marchand possède, dès l'âge de 23 ans, un palmarès inédit dans l'histoire de la natation française.
Enfance et débuts
Né le à Toulouse[4], en Haute-Garonne, Léon Marchand est le fils des nageurs Xavier Marchand, finaliste olympique en 1996 et 2000, et Céline Bonnet, olympienne en 1992[5]. Cette famille de nageurs est complétée par son oncle Christophe Marchand, nageur olympique en 1988 et 1992[4],[5] ainsi que son jeune frère Oscar.
Le jeune Léon s'initie d'abord au judo — il vit à côté d'un dojo — puis au rugby à XV[6] et, s'il n'est pas poussé à la natation par ses parents, il se trouve très vite à l'aise dans l'eau à la piscine Alfred-Nakache au sein du club des Dauphins du TOEC où il prend sa première licence à la Fédération française de natation à six ans[5],[7].
« Le club, c'est un prolongement de ma famille. À sept ans, j'ai vraiment commencé à nager. Mais j'étais gringalet, j'avais trop froid dans l'eau et j'ai arrêté un ou deux ans. Il n'y avait plus que pendant les vacances que je prenais du plaisir dans l'eau »
— Léon Marchand dans Le magazine L'Équipe en 2023[5].
Formé et entraîné par Nicolas Castel au sein du club toulousain jusqu'en 2021, Léon Marchand commence à s'entraîner avec des horaires aménagés vers 12 ou 13 ans[5],[7]. S'il est polyvalent en crawl, en papillon en brasse et bon nageur sur de nombreuses distances, il n'est pas le meilleur nageur national de sa génération chez les benjamins, moins grand et puissant que certains de ses jeunes concurrents[5]. En 2017, l'adolescent s'essaie au 400 m quatre nages sur les conseils de ses parents et se prend de passion pour l'épreuve[5]. Parallèlement à son parcours sportif, il obtient un baccalauréat scientifique avec une mention très bien puis suit des études d'informatique à l'université Toulouse-III-Paul-Sabatier[7].
Il mesure 1,87 m, pour 77 kg[8].
Carrière
2019-2021 : premiers coups d'éclat
2019 : Champion de France
Le , lors des Championnats de France de natation 2019 à Rennes, en Ille-et-Vilaine, Léon Marchand est sacré champion de France du 200 mètres papillon[9]. Il est cependant devancé sur cette course par le Suisse Jérémy Desplanches[10]. Il est le premier à être sacré champion de France à moins de 17 ans[11]. Le lendemain, il remporte la médaille de bronze sur le 200 m quatre nages, terminant derrière Jérémy Desplanches et les Français Samy Helmbacher et Clément Bidard[12].
En juillet, à l'occasion des championnats d'Europe juniors 2019 à Kazan, en Russie, il remporte une médaille de bronze sur le 400 m quatre nages et sur le 200 m brasse[13]. En août, lors des championnats du monde juniors de natation 2019 à Budapest, en Hongrie, il remporte la médaille de bronze sur le 400 m quatre nages. À cette occasion, il s'empare, en 4 min 16 s 37 centièmes, du record de France détenu depuis 2009 par Anthony Pannier (4 min 16 s 97 centièmes)[11].
2020 : deux nouveaux titres de champion de France
Dès le début des années 2020, Léon Marchand est atteint d'un mal-être évoquant un burn-out et s'interroge sur la poursuite de sa carrière. Il profite du confinement lié à la pandémie de Covid-19, qui décale les Jeux olympiques d'été de 2020 à Tokyo d'un an, pour retrouver des plaisirs simples et entamer une collaboration avec un préparateur mental, Thomas Sammut[14],[15].
En , lors des championnats de France de natation 2020 à Saint-Raphaël, dans le Var, Léon Marchand est à nouveau sacré champion de France du 200 mètres papillon en remportant la course en 1 min 56 s 63 centièmes[16].
Il est également sacré champion de France du 200 mètres quatre nages en terminant en 2 min 1 s 29 centièmes, devancé uniquement par le Suisse Jérémy Desplanches[17].
Il remporte la médaille d'argent sur le 100 mètres papillon en terminant derrière Jérémy Desplanches et le Français Mehdy Metella[18] et sur le 400 mètres quatre nages en terminant derrière le Français Émilien Mattenet[19].
2021 : triple champion de France et découverte des Jeux olympiques
En , lors du meeting Open Méditerranée - Golden Tour Camille Muffat à Marseille, il améliore son record de France du 400 m quatre nages (il l'avait battu une première fois lors de la finale des Mondiaux Juniors de 2019), le faisant passer à 4 min 14 s 97 centièmes[20].
En , lors des championnats de France à Chartres, il bat de plus de cinq secondes son record de France du 400 m quatre nages en réalisant un temps de 4 min 9 s 65 centièmes, soit la deuxième meilleure performance mondiale de l'année. Il s'impose également sur le 200 mètres quatre nages en 1 min 58 s 3 centièmes[21] et sur le 200 mètres papillon en 1 min 55 s 40 centièmes[22], conservant ses titres.
Lors des Jeux olympiques à Tokyo, Léon Marchand prend part au 200 mètres quatre nages (série), 200 mètres papillon (demi-finale) et au 400 mètres quatre nages où il va jusqu'en finale et prend la sixième place[23],[24].
2022 : Champion du monde
En , il annonce qu'il part étudier à l'université d'État de l'Arizona (ASU) et s'entraîner dans le club de celle-ci, les Sun Devils d'Arizona State, après les Jeux de Tokyo. Poussé par ses parents, tous deux anciens nageurs qui ont eu la même expérience américaine, Léon Marchand y pose ses valises en après avoir envisagé en premier choix l'université de Californie à Berkeley ou de Stanford mais la crainte de ne pas obtenir de bourse lui fait changer ses plans[25]. Il justifie ainsi son choix par sa volonté d'être entraîné par Bob Bowman, le mentor de Michael Phelps. « J'ai envoyé un mail à Arizona State et c'est Bob Bowman qui m'a répondu. C'était vraiment cool. Ça m'a fait bizarre mais c'était sympa. On a fait un Skype avec lui, et tout s'est très bien passé »[26],[27]. Le , Léon Marchand remporte en 1 min 37 s 69 centièmes le 200 yards quatre nages (182 m) aux championnats universitaires américains battant ainsi de près d'une demi-seconde le record de l'épreuve détenu depuis plusieurs années par Caeleb Dressel (1 min 38 s 13 centièmes)[28],[29].
En , à l'occasion du Grand Prix de San Antonio aux États-Unis, il s'impose lors du 400 mètres quatre nages en 4 min 10 s 38 centièmes réalisant la meilleure performance de l'année. D'abord annulée pour une faute en virage, la victoire de Léon Marchand est finalement validée le lendemain après examen vidéo[30]. Lors de cette compétition, il termine 2e du 200 mètres quatre nages en 1 min 56 s 95 centièmes, battant le record de France détenu depuis 2013 par Jérémy Stravius (1 min 57 s 89 centièmes)[31]. Enfin, il remporte le 200 m brasse avec un nouveau record personnel en 2 min 9 s 24 centièmes. Ses performances dans ces trois épreuves lui permettent de réaliser les minima pour se qualifier aux championnats du monde 2022 à Budapest et aux championnats d'Europe 2022 à Rome[30],[31].
En , il devient champion du monde du 400 m quatre nages lors des Mondiaux de Budapest. Il pulvérise à cette occasion son record personnel de près de cinq secondes en nageant en 4 min 4 s 28 centièmes, ce qui constitue un record de France, un record d'Europe, un record des Championnats du monde ainsi que la deuxième meilleure performance mondiale de tous les temps sur cette discipline, à moins d'une demi-seconde du record établi par Michael Phelps[32],[33]. Il prend ensuite la médaille d'argent du 200 m papillon en s'inclinant en finale face au Hongrois Kristóf Milák, très dominateur devant son public et auteur du record du monde. Avec un temps de 1 min 54 s 32 centièmes, il s'empare en demi-finale du record de France détenu par Franck Esposito. Il l'améliore ensuite en finale avec un temps de 1 min 53 s 37 centièmes[34]. Enfin, il est sacré champion du monde du 200 m quatre nages. Durant la compétition, il améliore par deux fois son record de France, avec un temps de 1 min 55 s 75 centièmes en demi-finale, puis 1 min 55 s 22 centièmes en finale. En cumulant les victoires sur le 200 m et le 400 m quatre nages, il devient le troisième nageur français double médaillé d'or individuel lors d'une même édition des championnats du monde après Laure Manaudou (200 m et 400 m nage libre en 2007) et son frère Florent Manaudou (50 m nage libre et papillon en 2015)[35].
Il renonce aux Championnats d'Europe disputés à Rome en août. Le , lors des championnats d'Espagne Open d'Été à Sabadell, Marchand bat le record de France du 200 mètres brasse d'Hugues Duboscq de 18 centièmes et le porte à 2 min 8 s 76 centièmes[36].
2023 : meilleur nageur du monde
Le , Léon Marchand bat le record du 400 yards quatre nages en réalisant 3 min 31 s 84 centièmes[37]. Également détenteur du record du 200 yards quatre nages, il est le premier nageur depuis Michael Phelps à détenir ces deux records simultanément[38]. Le , lors d'une rencontre universitaire entre l'université d'État de l'Arizona et l'université de l'Arizona, Léon Marchand réalise un temps de 4 min 7 s 81 centièmes sur le premier 500 yards nage libre de sa carrière en compétition officielle. Cette marque, la cinquième meilleure de l'histoire, impressionne les spécialistes car elle est établie à une période de l'année où les nageurs n'ont habituellement pas encore atteint leur meilleure forme[39].
Le , il améliore son record du 400 yards quatre nages en le nageant en 3 min 31 s 57 centièmes lors des finales de conférence Pac-12[40]. Le lendemain, il bat le record de la compétition du 200 yards brasse en réalisant 1 min 47 s 67, marque précédemment détenue par Will Licon (en) (1 min 47 s 91 centièmes)[41]. Vainqueur du 200 yards quatre nages, 400 yards quatre nages, 200 yards brasse et des relais 4 × 50 yards quatre nages, 4 × 100 yards quatre nages et 4 × 200 yards nage libre, Léon Marchand participe grandement au succès des Sun Devils d'Arizona State. C'est ainsi la première fois de leur histoire que les Sun Devils remportent les finales de conférence Pac-12[42]. Le , durant les championnats NCAA (en), Léon Marchand performe à nouveau. Lors de la première journée, il établit la meilleure marque lancée de l'histoire sur un 50 yards brasse (22 s 27 centièmes) lors du relais 4 × 50 yards quatre nages[43] puis la meilleure marque lancée de l'histoire sur un 200 yards nage libre (1 min 28 s 42 centièmes) lors du relais 4 × 200 yards nage libre, surpassant largement l'ancienne performance de Dean Farris (en) (1 min 29 s 15 centièmes) datant de 2019[44]. Le lendemain, il améliore considérablement son propre record National Collegiate Athletic Association (NCAA) du 200 yards quatre nages en le portant de 1 min 37 s 69 centièmes à 1 min 36 s 34 centièmes.
Le , il devient le premier homme à descendre sous les 3 min 30 s sur 400 yards quatre nages en nageant en 3 min 28 s 82, presque trois secondes de moins que son propre ancien record de 3 min 31 s 57[45]. Un peu plus tard dans la soirée, il établit la meilleure marque lancée de l'histoire sur un 100 yards brasse lors du relais 4 × 100 yards quatre nages en le nageant en 49 s 23, surpassant l'ancien record de Kevin Cordes (49 s 56) établi en 2013[46]. Le dernier jour, il améliore également l'un de ses autres records NCAA : celui du 200 yards brasse. Léon Marchand le porte ainsi de 1 min 47 s 67 à 1 min 46 s 91 avec un temps de passage à la mi-course en 50 s 65, un chrono qui l'aurait classé 3e du championnat sur 100 yards brasse et qui constitue par la même occasion le nouveau record de l'université d'État de l'Arizona sur la distance[47]. Enfin, il contribue grandement au podium de son équipe sur le relais 4 × 100 yards nage libre en nageant ses 100 yards lancés en 40 s 55, la deuxième marque la plus rapide de la course parmi les quatre-vingt-seize nageurs engagés[48].
Au total, lors de la saison 2022-2023 de NCAA, Léon Marchand gagne l'ensemble des 26 courses individuelles auxquelles il prend part. Il est le premier nageur à réaliser un sans-faute sur un exercice entier dans le championnat universitaire américain depuis Natalie Coughlin en 2002-2003[49]. Mi-, il commence sa saison en grand bassin (de 50 mètres) lors de l'étape des Pro Swim Series de Westmont, dans l'Illinois. Il remporte les quatre courses auxquelles il prend part (400 m quatre nages, 200 m papillon, 200 m brasse et 200 mètres quatre nages). Lors de cette dernière épreuve, il efface notamment des tablettes le record de la compétition établi par Michael Phelps en 2012 (1 min 56 s 32) en l'améliorant de 64 centièmes (1 min 55 s 68)[50].
Le , lors des championnats de France, il améliore de plus de deux secondes son record de France du 200 mètres brasse en grand bassin grâce à une marque de 2 min 6 s 59 qui le place à 64 centièmes du record du monde de la distance et qui en fait, par ailleurs, le quatrième meilleur performeur de tous les temps[51]. Le lendemain, il est sacré champion de France du 200 m nage libre en 1 min 46 s 44. C'est ainsi la meilleure performance française sur la distance depuis Jérémy Stravius en 2016. Le , il s'adjuge le titre de champion de France du 200 m papillon. Les deux jours suivants, il gagne aisément le 200 m quatre nages puis le 400 mètres quatre nages, ce qui lui permet de conclure les championnats de France avec cinq titres remportés sur les cinq épreuves sur lesquelles il était engagé[52]. À la veille des championnats du monde censés se dérouler le mois suivant à Fukuoka, au Japon, la presse de l'archipel le qualifie de « nouveau monstre » (新怪物, Shin Kaibutsu), en référence au surnom de Michael Phelps, « le monstre »[53],[54],[55],[56].
Le , lors du premier jour des championnats du monde en grand bassin, il bat le record du monde du 400 m quatre nages de Michael Phelps (4 min 3 s 84) de plus d'une seconde (4 min 2 s 50)[57]. Cette précédente marque datait de 2008 et constituait le plus ancien record du monde encore actif[58]. Le , profitant de l'absence du tenant du titre, le Hongrois Kristóf Milák, il dompte le 200 m papillon, au terme d'une course maîtrisée de bout en bout. Il établit, à cette occasion, un nouveau record de France de la distance en 1 min 52 s 43[59]. Le lendemain, il conserve son titre mondial sur le 200 m quatre nages en l'emportant (1 min 54 s 82) avec plus d'une seconde d'avance sur le deuxième, l'Américain Duncan Scott. Il en profite pour s'emparer du record d'Europe de la distance qui était détenu depuis 2009 par le Hongrois László Cseh[60] et devenir le Français le plus titré en individuel aux championnats du monde (en dépassant les quatre titres de Camille Lacourt)[61]. Il est nommé meilleur nageur de la compétition[62].
En , son entraîneur aux États-Unis, Bob Bowman, n'est pas choisi pour diriger la sélection américaine aux Jeux olympiques de Paris 2024. Libéré de cette charge, le coach américain pourra accompagner Léon Marchand lors des JO[63]. Il est désigné en fin d'année Champion des champions de L'Équipe (France)[64].
2024 (année olympique) : Une star du sport mondial

Une saison universitaire brillante
En , Léon Marchand participe aux championnats de la Pacific-12 Conference à Federal Way, dans l'État de Washington.
Le , avec ses coéquipiers des Sun Devils d'Arizona State, il remporte et bat le record du relais du 4 × 50 yards quatre nages (1 min 20 s 55) en parcourant ses 50 yards de brasse en 22 s 71[65]. Dans la foulée, il s'impose également sur le relais du 4 × 200 yards nage libre (6 min 6 s 14) en nageant ses 200 yards en 1 min 30 s 43, un temps qui lui aurait permis de gagner l'épreuve individuelle du 200 yards nage libre de près d'une seconde et demie[66]. Le lendemain, Léon Marchand fait le choix de nager le 500 yards nage libre au lieu du 200 yards quatre nage dont il détient le record de National Collegiate Athletic Association (NCAA). Malgré tout, il s'impose en finale (4 min 6 s 18) et bat de 14 centièmes le record NCAA de l'épreuve qui était jusque-là la possession du médaillé olympique du 400 mètres nage libre Kieran Smith[67].
Le , il gagne aisément le 400 yards quatre nages (3 min 34 s 66)[68] puis l'emporte sur le relais 4 × 100 yards quatre nages (2 min 58 s 49) avec une portion de brasse nagée en 49 s 87, soit la plus rapide parmi les 6 participants[69]. Le dernier jour, il est vainqueur du 200 yards brasse (1 min 48 s 60) avec plus de trois secondes d'avance sur David Schlicht (en) et établit par la même occasion la meilleure marque de la saison en NCAA. Enfin, il lance le relais du 4 × 100 yards nage libre des Sun Devils avec un temps personnel de 40 s 92 qui lui aurait largement suffi pour s'emparer de l'épreuve individuelle du 100 yards nage libre sur les championnats. Arizona State s'impose en 2 min 44 s 23 mais échoue à 16 centièmes du record NCAA appartenant aux Gators de la Floride[70]. Vainqueur des trois épreuves individuelles et quatre relais sur lesquels il était engagé dans la compétition, Léon Marchand est élu meilleur nageur de la Pacific-12 Conference pour la troisième saison consécutive[71].
À la fin du mois de se tiennent les championnats NCAA (en) à Indianapolis, dans l'Indiana. Le , Léon Marchand bat le record du monde du 200 yards nage libre en lançant le relais 4 × 200 yards nage libre d'Arizona State qui se classe deuxième de la finale derrière les Golden Bears de la Californie. Le Français réalise le temps de 1 min 28 s 97 et devient le premier nageur de l'histoire à passer sous la barre des 89 secondes sur la distance, record qui sera battu de 16 centièmes deux jours plus tard par Luke Hobson. Le lendemain, il bat de près de 4 secondes son précédent record du monde du 500 yards nage libre en le portant à 4 min 2 s 31[72]. Il s'adjuge ainsi son premier titre sur ces championnats.
Le , il remporte le relais 4 × 100 yards quatre nages (2 min 57 s 32, nouveau record du monde) en réalisant personnellement la meilleure marque lancée de l'histoire sur 100 yards brasse (48 s 73). Par ailleurs, il s'impose facilement en individuel sur 400 yards quatre nages (3 min 32 s 12)[73]. Le jour suivant, il améliore de plus d'une demi-seconde son record du monde du 200 yards brasse (1 min 46 s 35) puis il est couronné sur le relais 4 × 100 yards nage libre (2 min 43 s 40, nouveau record du monde). En lançant les Sun Devils, il effectue au passage le troisième meilleur temps de l'histoire sur cette distance de 100 yards (40 s 28)[74],[75]. À l'issue de la compétition, Léon Marchand et Arizona State remportent leur premier titre de NCAA. Il est également élu meilleur nageur de l'année en première division NCAA par l'association américaine des entraîneurs universitaires de natation et plongeon (CSCAA) pour la troisième année de suite.
Préparation olympique
Le , Bob Bowman est nommé directeur de la natation et du plongeon à l'université du Texas à Austin[76],[77],[78],[79]. Douze jours plus tard, ce dernier annonce que Léon Marchand va passer professionnel à partir de la rentrée 2024 et le suivre pour s'entraîner au sein des infrastructures de l'université du Texas[80]. Le Français quitte ainsi le monde universitaire avec 17 victoires en championnats de la Pacific-12 Conference, 10 victoires en championnats NCAA, un titre collectif NCAA avec Arizona State et quatre records du monde toujours à son actif en bassin de 25 yards[81].
Le , lors du CA NOVA-Speedo Grand Challenge se déroulant à Irvine, en Californie, Léon Marchand améliore de près de deux secondes son record personnel sur le 100 mètres brasse, le passant de 1 min 1 s 2 à 59 s 06. Il devient le deuxième meilleur performeur français de tous les temps sur la distance derrière Hugues Duboscq. Dans la foulée, il s'impose sur 200 mètres quatre nages en 1 min 55 s 74, soit la meilleure performance mondiale de la saison.
Mi-, lors des championnats de France, il s'impose en finale sur 400 mètres quatre nages, 200 mètres papillon et 200 mètres brasse avec des temps inférieurs aux minimas requis, ce qui lui permet de se qualifier pour les Jeux olympiques sur les distances.
Quadruple champion olympique
À l'aube des Jeux olympiques de Paris 2024, la presse américaine, à travers le Wall Street Journal, désigne Léon Marchand comme le « nouveau Michael Phelps »[82].
Le , Léon Marchand remporte la médaille d'or sur le 400 mètres quatre nages et bat le record olympique à cette occasion avec un temps de 4 min 2 s 95 centièmes[83],[84],[85]. Il devance le Japonais Tomoyuki Matsushita et l'Américain Carson Foster[86]. Sa performance, la deuxième meilleure marque de l'histoire sur la distance, est suivie par 9,5 millions de téléspectateurs en direct sur France 2[87].
Le , il concourt en finale du 200 mètres papillon puis du 200 mètres brasse à moins de deux heures d'intervalle[88]. Étant donné le peu de temps entre ces deux épreuves, son entraîneur Bob Bowman souhaite initialement que son nageur ne dispute qu'une des deux épreuves contrairement à Marchand qui veut relever ce défi. Ce dernier se rallie à cette position après la victoire de Léon Marchand sur le 400 mètres quatre nages[89]. Léon Marchand remporte la finale du 200 mètres papillon en 1 min 51 s 21 centièmes, battant le record olympique[90],[91],[92]. Il bat le Hongrois Kristóf Milák et le Canadien Ilya Kharun[93]. Puis, il s'impose à nouveau en battant le record olympique lors de la finale du 200 mètres brasse en 2 min 5 s 85 centièmes[94],[95],[96]. Il devance l'Australien Zac Stubblety-Cook et le Néerlandais Caspar Corbeau[97]. Selon Michael Phelps, cette double performance constitue « le plus grand doublé de l’histoire du sport »[89]. Il devient à cette occasion le cinquième Français à remporter trois titres individuels sur une même édition des Jeux olympiques.
Le , Léon Marchand remporte sa quatrième médaille d'or au cours de la même olympiade, lors du 200 mètres quatre nages[98],[99],[100]. Il établit un nouveau record olympique en 1 min 54 s 6 centièmes en devançant le Britannique Duncan Scott et le Chinois Shun Wang[101],[102]. À l'issue de la course, il déclare : « être quatre fois champion olympique concrètement, devant 15 000 personnes qui scandent mon nom, avec beaucoup de pression sur mes épaules, je suis trop fier »[103]. Le lendemain, avec Yohann Ndoye-Brouard, Marie Wattel et Béryl Gastaldello, il participe au relais 4 × 100 mètres quatre nages mixte et finit au pied du podium derrière les États-Unis, la Chine et l'Australie[104],[105]. La France termine la course en 3 min 40 s 96 centièmes[106].
Le , il remporte la médaille de bronze lors du relais 4 × 100 mètres quatre nages masculin en compagnie de Yohann Ndoye-Brouard, Maxime Grousset et Florent Manaudou[107],[108]. Les Français terminent derrière la Chine et les États-Unis en 3 min 28 s 38 centièmes, battant au passage le record de France[109]. Après sa dernière course de ces Jeux olympiques, il dit : « Cette médaille a autant de saveur que les autres, sauf que là, c'est partagé […] Partager ce truc avec ces gars-là, c'était dingue »[110]. Par ailleurs, la performance hors norme de Léon Marchand consistant à décrocher plusieurs médailles d’or en des délais très courts (comme les deux médailles d’or obtenues en deux heures[111] le ) a pu être mise au crédit de sa préparation mentale[15],[112] qui, depuis 2020, s’appuie sur la recherche du plaisir dans la compétition et sur d’autres pratiques comme la cohérence cardiaque (récupération plus rapide, diminution du stress)[113],[114]. À la suite de ses différentes performances réalisées, il est considéré comme l'un des héros de ces Jeux olympiques d'été[115],[116].
Athlète des Jeux
À l'issue de ces Jeux olympiques de Paris, Léon Marchand est le seul athlète à avoir glané quatre médailles d'or, soit le quart des médailles d'or de la délégation française[117],[118]. Avec ses cinq médailles remportées au total, il n'est cependant pas le sportif le plus décoré de la compétition. En effet, la nageuse chinoise Zhang Yufei repart de la capitale française avec six médailles à son cou (une en argent et cinq en bronze). Léon Marchand reste celui qui a eu le plus de médailles d'or lors de cette édition des Jeux[119]. Le , lors de la cérémonie de clôture de ces Jeux, il est désigné pour récupérer la flamme olympique située dans le jardin des Tuileries et éteindre la vasque[120],[121]. Devant plus de 70 000 spectateurs, la flamme olympique arrive ensuite au Stade de France. Puis, entouré de six athlètes représentant chacun un continent et l'équipe des réfugiés, Léon Marchand souffle sur la flamme de la lanterne pour l'éteindre symboliquement[122],[123].
En octobre, Léon Marchand reprend la compétition à Shanghai lors de la Coupe du monde de natation FINA dans la perspective des championnats du monde en petit bassin de Budapest. Il s'impose tout d'abord le sur le 100 mètres quatre nages en 50 s 65 centièmes soit un nouveau record de France et la quatrième meilleure performance de l'histoire de cette épreuve[124]. Le lendemain, sur 200 mètres quatre nages, il bat le record de France en séries puis le record d'Europe lors de sa victoire en finale avec un temps de 1 min 50 s 30 centièmes[125]. Il termine cette étape de Coupe du monde par deux nouveaux records de France, sur 400 mètres quatre nages qu'il remporte en 4 min 0 s 03 centièmes puis sur 200 m brasse où il réalise 2 min 2 s 99 centièmes, terminant quatrième de la finale[126],[127]. La semaine suivante, il commence l'étape d'Incheon par une victoire ex-aequo avec Noè Ponti sur le 100 mètres quatre nages en 51 s 0 centième[128]. Le deuxième jour, il est éliminé en séries du 100 mètres nage libre avant de remporter le 200 mètres quatre nages en 1 min 50 s 91 centièmes[129]. Il termine cette étape par une nouvelle victoire sur 400 mètres quatre nages en abaissant le record de France à 3 min 58 s 30 centièmes[130]. À Singapour, où a lieu la troisième étape de la Coupe du monde, il établit tout d'abord un nouveau record d'Europe sur 100 mètres 4 nages en 49 s 92 centièmes et devient le second nageur à passer sous la marque des 50 secondes sur cette distance, le premier étant l'Américain Caeleb Dressel[131]. Le lendemain, il réalise 1 min 48 s 88 centièmes sur 200 mètres 4 nages, soit un nouveau record du monde de la distance, 75 centièmes de moins que le temps réalisé par Ryan Lochte en 2012[132]. Le dernier jour, il gagne le 400 mètres 4 nages, se classe deuxième du 200 mètres nage libre et termine premier du classement général de la Coupe du monde[133]. Se disant « épuisé » et ayant été blessé à une épaule, Léon Marchand annonce à la fin du mois de novembre renoncer à participer aux Mondiaux en petit bassin[134],[135]. Il est désigné comme l'année précédente Champion des champions de L'Équipe (France)[136].
2025 : déménagement au Texas et deux nouveaux titres mondiaux
Léon Marchand décide de partir en Australie en début d'année pour « deux à trois mois » avant de retourner s'entraîner aux États-Unis avec Bob Bowman[137],[138],[139]. Il y travaille sous la direction de Dean Boxall, entraîneur notamment d'Ariarne Titmus, tout particulièrement le crawl[140]. Sa session australienne est perturbée par une fracture de fatigue à une côte, le contraignant à plusieurs jours d'arrêt[135],[141]. Aux États-Unis, le nageur toulousain s'installe au Texas, là où exerce désormais Bob Bowman, pour « pouvoir [s]'entraîner normalement et retrouver [sa] zone de confort »[142]. Il annonce reprendre la compétition à l'occasion des Tyr Pro Series à Fort Lauderdale, en Floride, où il s'aligne sur deux épreuves qui ne sont pas habituelles pour lui, le 200 et le 400 mètres nage libre[140],[142],[143]. Le , il termine à la troisième place de la finale A du 400 mètres nage libre relevée en 3 min 48 s 97 centièmes[144]. Le lendemain, il est huitième du 200 mètres nage libre et deuxième du 400 mètres quatre nages en 4 min 13 s 86 centièmes, battu de 19 centièmes par Robert Finke[145]. En réalisant 1 min 57 s 27 centièmes, il est également battu sur 200 mètres quatre nages, cette fois par Shaine Casas[146].
La Fédération française de natation (FFN) annonce en mai la dispense de participation de Léon Marchand aux championnats de France ayant lieu à Montpellier du 14 au et qui sont en théorie un passage obligé pour se qualifier pour les championnats du monde. La FFN déclare avoir eu une « attention particulière à sa situation » et pris une décision « exceptionnelle et propre à cette année post-olympique ». Pour participer aux Mondiaux, Marchand est toutefois tenu de valider les minima sur d'autres compétitions, chose déjà réussie à Fort Lauderdale sur 200 mètres quatre nages[147],[148]. En compétition mi-mai à Austin, il ne parvient pas à réaliser les minima sur 400 mètres nage libre et les réussit sur 400 mètres quatre nages[149], une épreuve qu'il remporte. Il gagne également le 200 mètres brasse en réussissant les minima[150]. Fin juin, lors de l'Indy Summer Cup d'Indianapolis, il s'impose sur 100 mètres brasse et 200 mètres quatre nages, termine deuxième du 200 mètres dos derrière Hubert Kós et septième du 100 mètres nage libre[151].
Une semaine avant le début des Mondiaux, il déclare forfait pour le 200 mètres brasse et le 200 mètres papillon et confirme sa participation aux deux épreuves individuelles de quatre nages[152]. Lors de ceux-ci, sa première épreuve est le 200 mètres quatre nages. Le , il réalise 1 min 52 s 69 en demi-finale, ce qui constitue un nouveau record du monde, succédant ainsi au temps de 1 min 54 s 00 de Ryan Lochte datant de 2011[153]. Le lendemain, il remporte la finale en 1 min 53 s 68 et devance deux de ses partenaires d'entraînement, Shaine Casas et Hubert Kós[154]. Le , dernier jour de la compétition, Marchand remporte le titre sur 400 mètres quatre nages en 4 min 4 s 73 puis fait partie de l'équipe de France médaillée d'argent en relais 4 x 100 mètres qua tre nages, le Toulousain étant aligné sur le parcours de brasse.
En octobre, Marchand reprend la compétition à l'occasion de la Coupe du monde. Lors de l'étape de Carmel, il est devancé le premier jour par Hubert Kós sur 200 mètres dos et est troisième du 400 mètres nage libre. Battu le lendemain par Shaine Casas en 200 mètres quatre nages, il l'est aussi le dernier jour par Caspar Corbeau sur 200 mètres brasse[155],[156]. Après un stage en altitude, il reprend la compétition en décembre à Austin en grand bassin. Le , sur 400 mètres nage libre, il bat à deux reprises son record personnel sur la distance, l'abaissant de plus de trois secondes, et s'impose en 3 min 44 s 70[157],[158]. Le lendemain, éliminé en séries sur 100 mètres brasse et 100 mètres dos, il se qualifie sur 100 mètres papillon en battant son record personnel. Il l'abaisse à 51 s 20 en finale où il se classe troisième[159]. Le troisième jour, il s'impose sur 200 mètres papillon en 1 min 52 s 57 et devance de plus de trois secondes son plus proche adversaire, Ilya Kharun[160].
Le , il est nommé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde d'après le Time Magazine[161],[162],[163].
En 2025, il décroche son diplôme en ingénierie informatique à l'Arizona State University[164].
2026
Léon Marchand commence la compétition en janvier à l'occasion des USA Pro Swim Series à Austin, son lieu habituel d'entraînement. Il s'impose le sur 200 mètres quatre nages en 1 min 57 s 65 et se classe deuxième du 200 mètres dos en 1 min 57 s 90, un peu plus d'une seconde derrière son compatriote Yohann Ndoye-Brouard[165]. Le lendemain, il gagne le 400 mètres quatre nages en 4 min 13 s 21[166]. Il conclut cette compétition par une victoire en 200 mètres brasse en 2 min 9 s 72[167]. En mars, lors des USA Pro Swim Series de Westmont, il gagne le premier jour le 200 mètres dos en 1 min 57 s 56 puis le 200 mètres brasse en 2 min 10 s 06[168]. Il est également sixième du 200 mètres nage libre et quatrième du 400 mètres nage libre[169].
Caractéristiques du nageur
Physique
Léon Marchand est relativement grand pour un nageur (1m87), et très longiligne (77kg). Par comparaison, Michael Phelps mesurait 1m93 pour 84kg[170],[171]. En outre, il n'a "pas de hanches" ("no hips") selon son entraineur Bob Bowman, ce qui lui donne un "physique de torpille" absolument idoine à l'exercice des coulées[172],[173]. Ses jambes fines contribuent aussi à ses qualités de glisse aquatique, et le rendent particulièrement fort dans les nages techniques, qui nécessitent peu de battements de jambes, à savoir le papillon et la brasse[174].
Technique de nage
De par ses qualités de glisse subaquatique, Léon Marchand se distingue tout particulièrement par ses coulées extrêmement longues, proches des 15 mètres même en fin de course. Lors de son record du monde du 400 mètres 4 nages lors des Championnats du monde 2023 à Fukuoka par exemple, il pousse sa dernière coulée sur 14,77 mètres[172]. Par ailleurs, cette capacité à glisser sous l'eau lui permet d'être très économe dans ses mouvements de brasse: lors de sa victoire sur 200 m 4 nages aux Jeux Olympiques de Paris 2024, sur les 35 derniers mètres de la longueur de brasse, il n'a besoin que de 15 mouvements, quand Duncan Scott, qui termine deuxième, en effectue 18[175].
Il excelle par ailleurs dans les nages techniques, à savoir la brasse et le papillon. Son gabarit et ses jambes minces le rendent en revanche moins performant sur la nage libre : souvent très en avance sur les bases des records du monde en 200 et 400 m 4 nages, il perd du temps sur le crawl, nagé en dernier. Après les Jeux de Paris, il ambitionne avec son entraineur d'améliorer sa nage faible, dans l'optique de disputer les Jeux 2028 à Los Angeles sur 400 m nage libre, voire 200 m.
Spécialités
Léon Marchand est un spécialiste des épreuves de brasse, papillon et 4 nages à partir de 200 mètres. Il est particulièrement performant dans les épreuves de 200 mètres et 400 mètres 4 nages où sa domination en brasse et en papillon et ses longues coulées lui permettent de faire la différence face à ses adversaires[176].
Palmarès
Jeux olympiques
| Édition | Épreuve | |||||
| 200 m brasse | 200 m papillon | 200 m 4 nages | 400 m 4 nages | Relais 4 × 100 m 4 nages masculin | Relais 4 × 100 m 4 nages mixte | |
| Tokyo 2021 | — | 14e 8e de sa demi-finale 1 min 55 s 68 |
18e 6e de sa série 1 min 58 s 30 |
6e 4 min 11 s 16 |
10e 3 min 33 s 41 TP en papillon : 52 s 5 |
— |
| Paris 2024 | Or 2 min 5 s 85 (RE) (RO) |
Or 1 min 51 s 21 (RO) |
Or 1 min 54 s 06 (RE) (RO) |
Or 4 min 2 s 95 (RO) |
Bronze 3 min 28 s 38 (RF) TP en brasse : 58 s 62 |
4e 3 min 40 s 96 (RF) TP en brasse : 58 s 66 |
TP : temps personnel
Championnats du monde
| Édition | Épreuve | ||||
| 200 m papillon | 200 m 4 nages | 400 m 4 nages | Relais 4 × 100 m 4 nages masculin | Relais 4 × 200 m nage libre masculin | |
| Budapest 2022 | Argent 1 min 53 s 37 (RF) |
Or 1 min 55 s 22 (RF) |
Or 4 min 4 s 28 (RE) |
5e 3 min 32 s 37 TP en papillon : 51 s 50 |
7e 7 min 8 s 78 TP : 1 min 47 s 59 |
| Fukuoka 2023 | Or 1 min 52 s 43 (RF) |
Or 1 min 54 s 82 (RE) |
Or 4 min 2 s 50 (RM) |
4e 3 min 29 s 88 TP en brasse : 59 s 00 |
4e 7 min 3 s 86 TP : 1 min 44 s 89 |
| Singapour 2025 | — | Or 1 min 53 s 68 |
Or 4 min 4 s 73 |
Argent 3 min 27 s 96 (RF) TP en brasse : 58 s 44 |
6e 7 min 3 s 69 TP : 1 min 44 s 34 |
TP : temps personnel
Championnats de France
| Édition | Épreuve | |||||
| 100 m papillon | 200 m papillon | 200 m 4 nages | 400 m 4 nages | 200 m brasse | 200 m nage libre | |
| Rennes 2019 | — | Or 1 min 58 s 60 | Bronze 2 min 1 s 22 | — | — | — |
| Saint-Raphaël 2020 | Argent 52 s 89 | Or 1 min 56 s 63 | Or 2 min 1 s 29 | Argent 4 min 19 s 05 | — | — |
| Chartres 2021 | — | Or 1 min 55 s 40 | Or 1 min 58 s 03 | Or 4 min 9 s 65 | — | — |
| Rennes 2023 | — | Or 1 min 55 s 79 | Or 1 min 56 s 25 | Or 4 min 10 s 57 | Or 2 min 6 s 59 (RF) | Or 1 min 46 s 44 |
| Chartres 2024 | — | Or 1 min 54 s 08 | Or 1 min 56 s 33 | Or 4 min 10 s 62 | Or 2 min 8 s 95 | — |
RF : record de France
Championnats NCAA
| Édition | Épreuve | ||||||||
| 200 yd brasse | 200 yd 4 nages | 400 yd 4 nages | 500 yd nage libre | Relais 4 × 50 yd nage libre | Relais 4 × 50 yd quatre nages | Relais 4 × 100 yd nage libre | Relais 4 × 100 yd quatre nages | Relais 4 × 200 yd nage libre | |
| Atlanta 2022 (en) | Or 1 min 48 s 20 | Or 1 min 37 s 69 (RM) | Argent 3 min 34 s 08 | — | 6e 1 min 14 s 85 TP : 18 s 41 | — | Argent 2 min 46 s 40 TP : 41 s 31 | 8e 3 min 2 s 81 TP en crawl : 40 s 98 | 5e 6 min 7 s 32 TP : 1 min 29 s 96 |
| Minnesota 2023 (en) | Or 1 min 46 s 91 (RM) | Or 1 min 36 s 34 (RM) | Or 3 min 28 s 82 (RM) | — | — | Argent 1 min 21 s 07 TP en brasse : 22 s 27 (MMLH) | Bronze 2 min 45 s 12 TP : 40 s 55 | Bronze 2 min 59 s 18 TP en brasse : 49 s 23 (MMLH) | Argent 6 min 5 s 08 TP : 1 min 28 s 42 (MMLH) |
| Indianapolis 2024 (en) | Or 1 min 46 s 35 (RM) | — | Or 3 min 32 s 12 | Or 4 min 2 s 31 (RM) | — | Argent 1 min 20 s 55 TP en brasse : 22 s 59 | Or 2 min 43 s 40 (RM) TP : 40 s 28 | Or 2 min 57 s 32 (RM) TP en brasse : 48 s 73 (MMLH) | Argent 6 min 4 s 95 TP : 1 min 28 s 97 (RM) |
RM : record du monde
TP : temps personnel
MMLH : meilleure marque lancée de l'histoire
Championnats du monde juniors
- Championnats du monde juniors 2019 à Budapest :
Médaille de bronze du 400 mètres quatre nages.
Championnats d'Europe juniors
- Championnats d'Europe juniors 2019 à Kazan :
Médaille de bronze du 200 mètres brasse.
Médaille de bronze du 400 mètres quatre nages.
Records individuels
Records de France
Ce tableau détaille les records de France de Léon Marchand au .
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 400 m quatre nages | 4 min 2 s 50 | Championnats du monde de natation 2023 | Fukuoka, Japon | |
|---|---|---|---|---|
| 200 m quatre nages | 1 min 52 s 69 | Championnats du monde de natation 2025 | Singapour | |
| 200 m papillon | 1 min 51 s 21 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France | |
| 200 m brasse | 2 min 5 s 85 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France |
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 100 m quatre nages | 49 s 92 | Coupe du monde | Singapour | |
|---|---|---|---|---|
| 200 m quatre nages | 1 min 48 s 88 | Coupe du monde | Singapour | |
| 400 m quatre nages | 3 min 58 s 30 | Coupe du monde | Incheon, Corée du Sud | |
| 200 m brasse | 2 min 2 s 00 | Coupe du monde | Carmel, États-Unis | |
| 200 m dos | 1 min 47 s 68 | Coupe du monde | Carmel, États-Unis |
Records d'Europe
Ce tableau détaille les records d'Europe de Léon Marchand au .
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 400 m quatre nages | 4 min 2 s 50 | Championnats du monde de natation 2023 | Fukuoka, Japon | |
|---|---|---|---|---|
| 200 m quatre nages | 1 min 52 s 69 | Championnats du monde de natation 2025 | Singapour | |
| 200 m brasse | 2 min 5 s 85 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France |
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 100 m quatre nages | 49 s 92 | Coupe du monde | Singapour | |
|---|---|---|---|---|
| 200 m quatre nages | 1 min 48 s 88 | Coupe du monde | Singapour |
Records du monde
Ces tableaux détaillent les records du monde détenus par Léon Marchand au .
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 400 m quatre nages | 4 min 2 s 50 | Championnats du monde de natation 2023 | Fukuoka, Japon | |
|---|---|---|---|---|
| 200 m quatre nages | 1 min 52 s 69 | Championnats du monde de natation 2025 | Singapour |
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 200 m quatre nages | 1 min 48 s 88 | Coupe du monde | Singapour |
|---|
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 200 yd quatre nages | 1 min 36 s 34 | Championnats NCAA (en) | Minneapolis, Minnesota | |
|---|---|---|---|---|
| 400 yd quatre nages | 3 min 28 s 82 | Championnats NCAA (en) | Minneapolis, Minnesota | |
| 500 yd nage libre | 4 min 2 s 31 | Championnats NCAA (en) | Indianapolis, Indiana | 28 mars 2024 |
| 200 yd brasse | 1 min 46 s 35 | Championnats NCAA (en) | Indianapolis, Indiana | 30 mars 2024 |
Records olympiques
Ces tableaux détaillent les records olympiques détenus par Léon Marchand au .
| Épreuve | Temps | Compétition | Lieu | Date |
| 400 m quatre nages | 4 min 2 s 95 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France | |
| 200 m quatre nages | 1 min 54 s 06 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France | |
| 200 m papillon | 1 min 51 s 21 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France | |
| 200 m brasse | 2 min 5 s 85 | Jeux olympiques 2024 | Paris, France |
Sponsoring
Dans la perspective des Jeux olympiques d'été de 2024, Léon Marchand signe un partenariat à l'été 2023 avec LVMH[177]. En , il s'engage avec l'équipementier américain Nike[178].