Léonor Fresnel (navire)
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| Léonor Fresnel | |
| Type | baliseur |
|---|---|
| Histoire | |
| Commanditaire | Service des phares et balises |
| Chantier naval | Établissement de la Brosse et Fouché, Nantes |
| Fabrication | acier |
| Quille posée | 1905 |
| Lancement | 1906 |
| Statut | retiré du service en 1954 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 36,50 m |
| Maître-bau | 6,20 m |
| Tirant d'eau | 3,00 m |
| Déplacement | 280 tonnes |
| Propulsion | 1 machine à vapeur à 2 foyers, 2 cylindres compound |
| Puissance | 300 ch |
| Vitesse | 9 nœuds |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | (1917-1918) 1 canon de 90 mm modèle 1877 |
| Carrière | |
| Pavillon | |
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Le Léonor Fresnel était un navire baliseur français du Service des phares et balises, en service de 1906 à 1954.
Il porte le nom de Léonor Fresnel (1790-1869), polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées. Frère cadet d’Augustin Fresnel (1788-1827), l’inventeur de la lentille de Fresnel, il a succédé à son frère à la Commission des phares et a poursuivi son œuvre afin de doter tout le littoral de la France de phares améliorant la sécurité de la navigation[1].
Le Léonor Fresnel avait une longueur hors tout de 36,50 mètres, une largeur de 6,20 m, un tirant d'eau de 3,00 m et un déplacement de 280 tonnes. Sa propulsion reposait sur une machine à vapeur à 2 foyers, 2 cylindres compound, d’une puissance de 300 ch, qui lui donnait une vitesse maximale de 9 nœuds. Il avait une seule cheminée[2].
Historique
Début de carrière
Le Léonor Fresnel a été construit en 1905 au chantier naval « Établissement de la Brosse et Fouché » à Nantes[2],[3] bien que certaines sources attribuent sa construction aux Ateliers et chantiers de la Loire, situés dans la même ville[4]. Le , il est inscrit au quartier maritime de Paimpol, sous le matricule 5P4-6 n°2545, et affecté en 1906, à la subdivision des Phares et Balises de Lézardrieux[3]. Le service des Phares et Balises du département des Côtes-du-Nord s'était en effet installé à Lézardrieux en 1889, après avoir quitté le site de la Corderie sur l'île de Bréhat, un site qui s'était avéré être un mauvais mouillage par vent de nord-ouest pour le bateau La Confiance du service des phares et balises[5].
Première Guerre mondiale
En 1916, l’action des sous-marins allemands (U-Boote) sur les côtes de Bretagne se fait de plus en plus menaçante. Outre leurs attaques contre le trafic commercial, ils attaquent souvent au canon les sémaphores et les phares en mer, dans le but d’interdire certains chenaux ou au moins de compliquer la navigation dans les atterrages des ports. Afin de contrer cette menace, les ministères de la Marine et de la Guerre envisagent à l’automne 1916 l’installation de postes de défense contre les sous-marins (P.D.C.S.M.) dans plusieurs phares en mer du 2e arrondissement maritime. Le ministère des Travaux publics, dont dépendent les Ponts et Chaussées et la Direction des phares et balises, adhère aux mesures proposées. La Marine et l’Armée de terre se chargent de fournir des pièces d’artillerie et des mitrailleuses, ainsi que les effectifs pour mettre en œuvre cet armement[2]. Une convention est établie entre les ministères de la Guerre et de la Marine et les Ponts et Chaussées, qui précise que le transport des troupes et du matériel sera assuré par le Léonor Fresnel, dont le port d’attache est toujours Lézardrieux, à partir de la fin du mois de . Ces transports seront réalisés en même temps que les tournées périodiques de ravitaillement des phares et de relève des gardiens de phare[2],[3]. Le Léonor Fresnel transporte ainsi depuis Lézardrieux, le , date de la relève des gardiens du phare, un canon de 37 mm modèle 1885 TR à tir rapide pour renforcer la défense du phare des Héaux de Bréhat, qui n’était doté que de deux mitrailleuses Hotchkiss modèle 1914[2].
Pour qu’il puisse assurer son auto-défense en cas de rencontre avec un sous-marin ennemi, le Léonor Fresnel est doté d’un armement[2],[3] : en quatre jours, du 18 au , la Marine installe sur la plage arrière du baliseur un canon de 90 mm modèle 1877 sur affût modèle 1916 à pointage à l’épaule. Dans l’après-midi du , des essais de tir sont effectués, et donnent entière satisfaction[3]. L’équipe de pièce est constituée d’un quartier-maître pointeur, et d’un matelot pourvoyeur[2],[3]. La dotation en munitions est de 200 coups bons de guerre et 20 coups d’exercices, ainsi que 6 appareils fumigènes Berger. Cet armement sera réintégré à la fin de la guerre, le [3].
La coopération avec les ministères de la Guerre et de la Marine prend fin dans les premiers mois de 1919, après le désarmement des P.D.C.S.M. installés dans les phares en mer du Trégor[3]. Ainsi, après le désarmement du P.D.C.S.M. des Sept-Îles, qui est effectif à compter du , l’enlèvement des matériels est effectué par le Léonor Fresnel au début du mois de , en même temps que la relève des gardiens de phares[2].
Un autre moyen de lutter contre les sous-marins ennemis est envisagé par la Marine Nationale au mois d’. Il s’agit de transformer des navires en « mouilleurs de microphones » pour le repérage acoustique des submersibles. Dans ce cadre, l’enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve Rabecq, chargé de la prospection pour trouver ces navires, s’intéresse au Léonor Fresnel. Le baliseur semble le navire idéal, en raison de la disposition de son pont qui est équipé de deux rouleaux à l’avant pour soulever les corps-morts ou les bouées. La charge transportable est d’une vingtaine de tonnes qu’il serait possible de doubler en débarquant des gueuses du lest. Mais en raison des difficultés de réquisition du baliseur, la Marine renonce à ce projet[3].
Entre-deux-guerres
Après l’armistice du 11 novembre 1918, le Léonor Fresnel reprend son service normal du temps de paix. Il reste rattaché à la subdivision des Phares et Balises de Lézardrieux jusqu’au [2].
Le peintre paysagiste Paul Signac (1863-1935) passait tous ses étés près du Trieux et de l'archipel de Bréhat. Entre 1923 et 1930, il vint régulièrement à Lézardrieux, où il louait une maison. Signac a réalisé de nombreux dessins et toiles représentant les paysages et l'activité maritime de l'estuaire du Trieux. Il appréciait la compagnie des gens de mer, et embarquait régulièrement à bord du Léonor Fresnel pour effectuer la relève des phares[6].
Le , le Léonor Fresnel est mis à la disposition des Phares et Balises du Morbihan, et affecté au Palais (Belle-Île-en-Mer)[2],[3]. Il resta dans le Morbihan jusqu'à la fin des campagnes de nettoyage des côtes et de remise en état de la signalisation maritime[7].
Le , il est transféré en mer Méditerranée et part du Palais[2],[3]. Après avoir fait escale à Royan, Lisbonne (Portugal), Port-Vendres et Toulon[3], il arrive à La Seyne-sur-Mer le [2],[3].
Seconde Guerre mondiale
En représailles contre le débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch) et le ralliement de l’amiral Darlan aux Alliés, Adolf Hitler décide le l’invasion de la « zone libre » (opération Anton). Afin d’empêcher qu’elle soit capturée par les Allemands, et peut-être utilisée contre les Alliés, l'Amirauté française ordonne le le sabordage de la flotte française à Toulon[8]. Le plus gros de la flotte française est coulé par ses propres équipages, et seules quelques rares unités appareillent, échappant tant au sabordage qu'à la capture par les forces de l'Axe[9]. Parmi ces unités, il y a cinq sous-marins : le Casabianca et le Marsouin, qui rejoignent Alger, le Glorieux qui rejoint Oran, l'Iris qui, à court de gazole, se réfugie à Barcelone, où il restera interné jusqu’à la fin de la guerre[8],[9] et la Vénus, qui se saborde finalement en grande rade de Toulon[9]. Le Léonor Fresnel est le seul navire de surface[3] qui réussit à rejoindre Alger[7],[8],[9],[10] grâce à un concours de circonstances. Au soir du , après une journée de maintenance du balisage maritime dans les atterrages des îles d'Hyères, le Léonor Fresnel n’est pas rentré à Toulon mais est allé mouiller dans le port de l’île de Porquerolles, à couple du remorqueur de la Marine nationale Mont Caume. Au petit matin du , les équipages des deux navires sont réveillés par de puissantes explosions venant de Toulon. Le sabordage de la flotte française a débuté. Le commandant de la Marine à Porquerolles l’annonce aux deux équipages. Le capitaine du baliseur (Pierrès) et le chef mécanicien Richaud sont décidés à tenter l’aventure pour essayer de gagner l’Afrique française du Nord (AFN), mais l’équipage préfère rester en France occupée. Il est remplacé par des volontaires du Mont Caume. Le baliseur fait le plein de charbon dans la journée, puis il appareille en pleine nuit, tous feux éteints. Après trois jours de traversée sans incident, le Léonor Fresnel arrive au petit matin à l’entrée du port d’Alger. Un remorqueur s’approche pour l’identifier, puis il rentre dans le port sous les ovations des équipages des navires à quai. Un piquet d’honneur lui présente même les armes[3].
Après la Libération de la France, le Léonor Fresnel rejoint La Seyne-sur-Mer en 1944[3]. Il est désarmé en 1954[2], après un demi-siècle de service[3].
Notes et références
- ↑ « Fresnel, Léonor (1790-1869) », sur ENPC (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Alain Bohee, « La Grande Guerre 1914 – 1918. Les phares en mer, des Heaux de Bréhat, des Sept-Iles et des Triagoz, mobilisés dans la lutte contre les sous-marins ennemis », sur ARSSAT, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 abhe, « Le navire baliseur "Léonor Fresnel" », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
- ↑ ROL78, « LEONOR FRESNEL », sur Vagus-Vagrant. La Batellerie d'hier et d'aujourd'hui..., (consulté le ).
- ↑ Guy Prigent, « Etablissement des Phares et Balises au Port de Lézardrieux », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
- ↑ « Les Peintres à Lézardrieux », sur Lézardrieux (consulté le ).
- 1 2 « Le remorqueur Elisa et le navire auxiliaire Léonor Fresnel à Martigues », sur Archives maritimes, (consulté le ).
- 1 2 3 « Histoire précise du Sabordage de la Flotte à Toulon », sur Provence 7 (consulté le ).
- 1 2 3 4 Vincent Groizeleau, « Sous-marins : une troisième génération de Casabianca en construction », (consulté le ).
- ↑ Mathieu Dalaine, « Il y a 80 ans, la flotte française se sabordait en rade de Toulon pour échapper à l'armée allemande », sur Var-Matin, (consulté le ).