La représentation de femmes vertueuses s'adonnant à des travaux d'aiguille, tels que le filage, la couture, la dentelle et la broderie, était un thème populaire et répandu chez les peintres de genre néerlandais à partir du milieu du XVIIe siècle. Dans cette œuvre, Metsu dépeint une scène de la vie quotidienne. La femme représentée porte les traits de l'épouse de l'artiste, Isabella de Wolff. Dans une pièce où un tableau à l'huile est accroché à un mur gris, la femme fait face au spectateur, une dentelle aux fuseaux posée sur ses genoux, et elle est occupée à confectionner de la dentelle. Elle porte une robe de satin gris et une veste bleue bordée de fourrure, et sourit nonchalamment. Un chauffe-pieds est placé à sa gauche, et un chat est assis dessus.
Cette pièce, en apparence anodine, regorge d'allusions. Les chats étaient des symboles de sensualité et de séduction, tout comme le chauffe-pieds, objet indispensable des ménagères néerlandaises. Dans son recueil de figures allégoriques, très populaire, l'auteur Roumel Visser représente le chauffe-pieds comme une figure de l'amant potentiel d'une femme. Pour conquérir son cœur, un homme doit, à l'instar du chauffe-pieds, « se jeter à ses pieds » et la servir fidèlement[1].