Femme lisant une lettre

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Femme lisant une lettre
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
52,5 × 40,2 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Pendant
Propriétaire
Alfred Beit (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
NGI.4537Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Femme lisant une lettre est un tableau réalisé en 1664-1666 par le peintre néerlandais Gabriel Metsu peu avant sa mort. De son vivant, à l'époque de l'âge d'or de la peinture hollandaise, Metsu était un peintre renommé, bien plus connu que Vermeer[1].

Cette huile sur panneau de bois est une scène de genre représentant une jeune femme plongée dans la lecture d'une lettre d'amour et constitue le pendant de L'Homme écrivant une lettre.

Ces deux tableaux comptent parmi les œuvres les plus célèbres de Metsu. Ils font partie de la collection de la Galerie nationale d'Irlande à Dublin, depuis 1987.

Une femme assise est absorbée par la lecture d'une lettre. Elle est vêtue avec élégance d'une veste jaune avec un luxueux col d'hermine et d'une jupe en soie couleur pêche ; la jupe et l'élégante chaussure qu'elle a retirée sont ornées de bordures dorées[1]. Le coussin brodé rouge et bleu posé sur ses genoux et le panier à couture à côté d'elle montrent qu'elle a mis ses ouvrages de côté pour lire. Elle oriente la lettre vers la luminosité provenant d'une fenêtre ornée d'un rideau bleu, mais elle évite qu'elle soit vue par sa servante. Celle-ci est à côté d'elle, en vêtements sombres, après avoir remis la lettre, elle écarte d'une main un rideau vert cachant un tableau représentant une marine dans un cadre en ébène, la mer agitée est une métaphore indiquant que l'être aimé est parti après un voyage en mer, toujours périlleux. Voyage outre-mer, probablement à des fins commerciales, ce qui était courant dans les Pays-Bas du XVIIe siècle. La comparaison était courante à l’époque entre l’amour et une mer tumultueuse[2],[note 1].

Dans la Hollande de l'époque, les tableaux étaient souvent recouverts pour les protéger de la poussière et de la lumière, mais aussi pour leur conférer un sentiment d'exclusivité et ne les exposer qu'à des invités de marque.

Au dessus de la jeune femme, un miroir également dans un cadre en ébène, reflète une partie technique de la fenêtre et non l'extérieur immédiat, montrant l'isolement de la jeune femme.

Des indices visuels auraient immédiatement permis aux contemporains de Metsu de comprendre qu'il s'agissait d'une lettre d'amour. Le petit épagneul symbolise la fidélité et la loyauté, les flèches de Cupidon sur le seau et les vieilles chaussures de la servante symbolisent l'amour et l'espoir d'un retour heureux[3]. Un dé à coudre est tombé sur le sol. La pantoufle sur le sol, est probablement une métaphore érotique. Ce relatif désordre peut montrer l'émotion provoquée par la réception de la lettre[2]. De même, les petits détails, dans la peinture de genre, visaient à traduire les sentiments des personnages.

Un dernier détail frappant se trouve dans la lettre que tient la servante : elle est adressée au peintre[4].

La Femme lisant une lettre est un pendant de Homme écrivant une lettre, dans laquelle le jeune homme rédige la lettre. Les archives indiquent que les tableaux ont toujours été possédés par paire. Metsu a probablement eu l'idée de ces deux tableaux thématiques de Gerard ter Borch, qui avait peint une paire thématique similaire, Officier écrivant une lettre et Femme scellant une lettre, mais l'influence de Johannes Vermeer est manifeste dans ces tableaux.

Analyse

La scène dégage une impression d'intimité, capturant un moment d'émotion et de réflexion. La femme est représentée avec une grande précision, reflétant la maîtrise technique et le réalisme caractéristiques de l'œuvre de Metsu. La palette de couleurs, douce et subtile, crée une atmosphère sereine et évocatrice. L'éclairage met en valeur les gestes et les expressions des personnages, ajoutant profondeur et un certain mystère à la scène.

Le style artistique se caractérise par un réalisme détaillé et une maîtrise de la lumière et des couleurs. Le peintre démontre sa capacité à capturer le quotidien avec précision et sensibilité, créant des scènes à la fois intimes et transcendantes[5].

Histoire

Homme écrivant une lettre.

Les deux tableaux appartenaient à Hendrick Sorgh, un courtier d'Amsterdam. Après sa mort, ils furent vendus pour 560 florins le à George Bruyn. Après sa mort à son tour, ils furent vendus le pour 785 florins à Johannes Coop, un riche imprimeur et teinturier de coton. Entre 1744 et 1750 environ, pour 500 florins, ils entrèrent en possession de Gerrit Braamcamp, un collectionneur qui possédait pas moins de dix œuvres de Metsu ; ses héritiers bénéficièrent de la popularité de l'artiste. Le , les deux tableaux furent achetés pour 5 205 florins par Jan Hope. Elles passèrent à Lord Francis Pelham Clinton Hope, qui les vendit en 1898 dans le cadre d'une collection de peintures hollandaises et flamandes acquise par les marchands d'art A. Wertheimer et P. & D. Colnaghi. Sir Alfred Beit, de Londres et de Blessington, hérita des deux tableaux. Tous deux figuraient parmi les œuvres d'art volées à la Russborough House en 1974, puis en 1986[6], mais furent finalement retrouvés. En 1987, les deux tableaux furent donnés à la National Gallery of Ireland, mais ils restèrent introuvables jusqu'en 1993[6].

Évaluation

Ces œuvres jumelées sont généralement considérées comme les plus belles de Metsu. Dans une critique d'une exposition de Metsu en 2011 pour The New York Times, Karen Rosenberg les a qualifiées de « magnifiques »[7], et Susan Stamberg, de NPR, les a qualifiées de « peintes de main de maître, avec une habileté exceptionnelle et des détails méticuleusement rendus ».

Références

Notes

Liens externes

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