La Femme de Jéroboam rendant visite au prophète Ahijah
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| Artiste | |
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| Date | |
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| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
24 × 20 cm |
| Mouvement | |
| No d’inventaire |
P 293 |
| Localisation |
La Femme de Jéroboam rendant visite au prophète Ahijah est un tableau réalisé vers 1671 par le peintre néerlandais Frans van Mieris l'Ancien et conservé au Palais des Beaux-Arts de Lille[1].
Jéroboam fut le premier roi du royaume d'Israël, il succéda au roi Salomon. Dans le premier livre des Rois, il est dit qu'il fit construire des temples pour adorer le veau d'or. Il fut sévèrement puni pour ce péché. Lorsque son fils Abijam tomba malade, il envoya sa femme apporter du pain, des gâteaux et du miel au prophète Achija de Silo pour s'enquérir de l'avenir de son fils ; le prophète était devenu aveugle, mais Dieu ayant annoncé sa venue, il reconnut la femme. Il prédit que son fils mourrait dès son retour. Abijam serait le seul homme de la famille à recevoir une sépulture digne. Les autres seraient dévorés par les bêtes sauvages.
Van Mieris a peint l'arrivée de la femme, dont son épouse a probablement servi de modèle, chez le prophète. Bien que la Bible indique qu'elle voyageait déguisée, ses vêtements luxueux contrastent nettement avec la simplicité de la tenue d'Achijam. Cette distinction se manifeste également dans la calebasse d'Achijam, accrochée au mur et dans le délicat pot de miel que la reine tient sous son bras. Le peintre développe avec constance le thème central : le contraste entre la simplicité pieuse et l'opulence matérielle. Le visage du vieil homme exprime la compassion malgré la terrible nouvelle qu'il a dû annoncer. La reine répond avec la réserve qu'il convient à son rang. À l'arrière-plan, à droite, on aperçoit une servante portant sur sa tête la nourriture qu'elle a apportée. Un dernier détail frappant est le petit chien anachronique au premier plan.
Dès la fin du XVIe siècle, les œuvres d'art représentant l'idolâtrie et ses conséquences étaient populaires dans le nord des Pays-Bas. Ce phénomène ne peut être dissocié du conflit qui opposait la République des Provinces-Unies (calviniste) à la couronne espagnole et à l'Église catholique. Certaines pratiques de l'Église catholique étaient perçues comme idolâtres par les protestants. Bien que l'histoire de Jéroboam soit rarement représentée, elle était probablement bien connue des milieux intellectuels de Leyde, ville où Van Mieris vécut et travailla.
