La Lettre à Schrameck
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Après les massacres et les fouilles
| La Lettre à Schrameck Après les massacres et les fouilles | ||||||||
Couverture originale. | ||||||||
| Auteur | Charles Maurras | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Politique | |||||||
| Éditeur | Éditions du Capitole | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | 1929 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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La Lettre à Schrameck est un livre du journaliste et homme politique français Charles Maurras publié en . Il s'agit de la reproduction de deux lettres de menaces adressées au ministre de l'Intérieur Abraham Schrameck et au préfet de police de Paris Alfred Morain le dans L'Action française, accompagnées d'un abondant matériau relatif au contexte de l'article et ses suites.
Contexte

À la suite de l'assassinat de Marius Plateau, secrétaire général de la Ligue d'Action française et des Camelots du Roi le , du suicide de Philippe Daudet le , des militants catholiques Ephrem Ville et Louis Vian le , de la fusillade de la rue Damrémont dans la nuit du 23 au et du meurtre d'Ernest Berger, trésorier de l'Action française, le , Charles Maurras décide de prendre à partie le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris. Dans un texte complotiste, mensonger et violemment antisémite, il dénonce une supposée « complaisance de l’État républicain face aux menées criminelles communistes »[1]. Des ligueurs font part à Maurras de leur volonté de venger les morts[1]. Conscient de son pouvoir de faire couler le sang en commandant ses troupes, Maurras écrit deux lettres ouvertes dans L'Action française du [2] de sorte à canaliser la rage des militants et mettre en garde les autorités[1]. Cet avertissement ordonne « de laisser les patriotes se défendre » face aux communistes et anarchistes[3].
La seconde lettre contient une menace de mort et une attaque antisémite contre Abraham Schrameck :
« Par votre personne, vous n’êtes rien. […] De vous, rien n’est connu. Mais vous êtes le Juif. Vous êtes l’Étranger. Vous êtes le produit du régime et de ses mystères. […] Vos premiers actes connus établissent votre fidélité à la consigne ethnique donnée par votre congénère Alfred Dreyfus le jour de sa dégradation : Ma race se vengera sur la vôtre. Votre race, une race juive dégénérée, car il y a des Juifs bien nés qui en éprouvent de la honte, la race des Trotsky et des Krassine, des Kurt Eisner et des Bela Kuhn, vous a chargé maintenant d’organiser la révolution dans notre patrie. […]
C’est sans haine comme sans crainte que je donnerai l’ordre de verser votre sang de chien s’il vous arrive d’abuser de la force publique pour ouvrir les écluses de sang français sous les balles et les poignards de vos chers bandits de Moscou »[2]
L'historien Laurent Joly estime qu'aussi terrible soit cette lettre, elle « reste dans les bornes de la violence symbolique, théorisée et mise en pratique à l’AF depuis les années 1910 »[1].
« Certes, la dialectique maurrassienne est dangereuse ; elle ne met pas à l'abri de l'initiative d'un admirateur exalté. Mais [...] dans les faits, aucun militant d'Action française n'a jamais franchi le pas criminel. [...] Pour autant, la théorie maurrassienne de la violence symbolique donne tous les arguments pour justifier [...] la mise à mort physique de l’ennemi. »[4]
Des poursuites sont engagées pour ces menaces de mort contre Schrameck, même si le gouvernement conseillait de laisser les choses en l'état pour ne pas faire de publicité à Charles Maurras[1]. Le , Charles Maurras est condamné à un an de prison ferme et 1 000 francs d’amende[5]. Charles Maurras fait appel avant d'être finalement condamné à un an de prison avec sursis le [6],[1]. Lors du procès, Jacques Maritain prend la défense de Charles Maurras estimant que dans certains cas : « les « bons citoyens » ont le droit de se substituer à une justice défaillante »[3].
D'après le maurrassien Albert Marty, cette lettre fut « un salutaire coup d'arrêt » aux assassinats politiques[7].[pertinence contestée]
Liens externes
- Texte intégral de La Lettre à Schrameck sur maurras.net
- La Lettre à Schrameck dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF
