Divine surprise

Formule employée par Charles Maurras From Wikipedia, the free encyclopedia

La « divine surprise » est une expression employée par le journaliste et homme politique français Charles Maurras, directeur de L'Action française. La formule saluait originellement l'accession au pouvoir du maréchal Pétain le . De nos jours, elle sert surtout à insister sur le caractère inattendu et sidérant d'un événement.

Charles Maurras (1868-1952).

Présentation

Contexte

Le vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain a lieu le . Le lendemain, Pétain se proclame chef de l'État français et s'arroge tous les pouvoirs. Il proclame la Révolution nationale, saluée par Maurras dès [1].

La formule « divine surprise » est écrite pour la première fois par Maurras dans l'hebdomadaire Candide du pour saluer comme une « divine surprise » l'arrivée du maréchal Pétain au pouvoir d'un État « dont les Juifs et les Métèques ne seraient plus maîtres, ni chefs, ni profiteurs » à la faveur du « suicide » de la démocratie républicaine en [2],[3]. Maurras développe ensuite cette formule dans Le Petit Marseillais du [4],[5]. Il la cite en dans un article de son quotidien, L'Action française, pour en préciser le sens et répondre à des critiques[6]. Enfin, Maurras reprend l'expression dans son livre De la colère à la justice publié en 1942[7].

Analyse

L'historien Olivier Dard, spécialiste de l'Action française, souligne que l'expression « renvoie non à la défaite et à l'effondrement de la République mais à « celui auquel tout le monde faisait crédit », le Maréchal Pétain »[5].

Le journaliste François Honti confirme que Maurras ne se réjouit aucunement de la défaite de la France face à l'Allemagne nazie et commente uniquement « le fait que dans leur malheur les Français aient trouvé en Pétain un chef autour de qui ils pouvaient se rassembler »[8].

Caricature de Charles Maurras à son procès relative à son pétainisme dans Les Lettres françaises du 20 janvier 1945.

Pour le sociologue Julien Damon, Maurras voyait dans cette accession au pouvoir de Pétain, « une revanche sur la Révolution – selon lui le plus grand malheur de l’histoire, cause principale de la dissolution des liens sociaux – et sur la République – selon lui responsable de tous les maux, en particulier de la défaite de 1940 »[2].

Postérité

Cette formule est parfois employée dans le langage courant pour insister sur le caractère inattendu et sidérant d'un événement. À titre d'exemples, le podium de Mathieu Burgaudeau sur la 15e étape du Tour de France 2023 est saluée comme une « divine surprise » dans La Voix du Nord[9], de même que la victoire de Marketa Vondrousova lors du tournoi de Wimbledon 2023 dans L'Équipe[10].

En 2002, le critique de cinéma Pierre Murat emploie l'expression maurrassienne dans une critique de l'hypermédiatisation et du matérialisme[11].

Lors des élections présidentielles de 2022, le journaliste Thomas Legrand l'emploie pour qualifier l'irruption de la candidature d'Éric Zemmour[12].

Le , le Parti des indigènes de la République, mouvement d’extrême-gauche radical, présente les émeutes pour Nahel Merzouk comme une « divine surprise, qui remet la question raciale au centre du débat politique »[13],[14].

Notes et références

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