La Maison du retour écœurant

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Page de titre de l'édition René Kieffer de 1929

La Maison du retour écœurant est le titre du premier roman publié par Pierre Mac Orlan en 1912, aux éditions de la Bibliothèque humoristique. Il est publié à nouveau après la guerre aux éditions de la Renaissance du livre, avant d'intégrer en 1970 le catalogue des éditions Gallimard.

Ce roman d'aventures burlesques, dans lequel Raymond Queneau voyait un chef-d'œuvre de nonsense a exercé une forte impression sur Boris Vian[1].

Thomas Turnlop tente de mettre en place un trafic de jus de viande à Hong Kong, mais il se heurte aux frères Jean et Pierre Mac Guldy, qui voient d'un mauvais œil l'établissement d'un commerce illicite qui pourrait faire de l'ombre à leur activité de contrebande d'opium. Ils promettent d'éliminer leur concurrent qui, à la suite de sa rencontre avec l'un des deux frères, est pris d'une telle frayeur que ses cheveux bruns deviennent blancs. Par compensation, sa peau blanche devient noire. Fuyant Hong Kong, Turnlop, bientôt surnommé le Corbeau Blanc, se retrouve à Haïti, où il obtient un poste de diplomate. Envoyé en France en qualité de vice-consul, il s'établit dans la petite ville de Trucheboeuf.

Quelque temps plus tard, à la suite du décès de sa sœur, Turnlop devient le tuteur du fils de cette dernière, Paul Choux. Il fait également l'acquisition d'une femme, Lucy, et d'une domestique, Isabeau. Paul se rapprochant dangereusement de sa tante par alliance, Turnlop décide de l'envoyer lui chercher du tabac en Haïti. Le neveu s'exécute et, après diverses péripéties, revient avec le tabac réclamé par son oncle, qui le surprend en train d'embrasser Lucy. Prenant prétexte du fait que Paul ne lui a pas rapporté l'intégralité de la monnaie de l'argent qu'il lui avait remis pour l'achat du tabac (il manque un franc), Turnlop renvoie son neveu la chercher en Haïti.

Paul échoue à Colombo, où il fait la connaissance de Jean Mac Guldy, tout aussi désargenté que lui. Tous deux ont l'idée d'assassiner un métisse nommé François Villon, après l'avoir emmené avec eux en Haïti. Une fois le meurtre commis, les deux hommes patientent une quarantaine d'années, puis font savoir que, contrairement à ce que l'on croyait jusqu'alors, l'Amérique n'a pas été découverte par Christophe Colomb, mais par François Villon, disparu au milieu du XVe siècle. Pour preuve, ils montrent la sépulture de leur victime, où est bien inscrit le nom du poète français.

Mais la supercherie ne leur apporte pas l'argent escompté. De dépit, Jean se tue en se renversant une tasse de thé brûlant sur la tête. Quant à Paul Choux, ayant par hasard retrouvé la pièce de un franc manquante dans sa poche, il se décide à retourner chez son oncle. Revenu en France caché dans une cargaison de bananes, il remet la pièce à celui-ci. Mais ils découvrent que cette pièce est d'une monnaie qui n'a plus cours. Turnlop chasse alors une dernière fois son neveu de chez lui, et « nul homme au monde ne peut savoir ce qu'il advint de Paul Choux, matelot breveté, et que Mac Guldy appelait frère, de l'autre côté de l'Atlantique[2]. »

Circonstances de publication

Éditions

Notes et références

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