La Prière
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| Sortie | 1953 |
|---|---|
| Durée | 3 min 7 s |
| Auteur | Francis Jammes |
| Compositeur | Georges Brassens, |
| Label | Polydor |
Pistes de Georges Brassens, sa guitare et les rythmes - série 3 (Les Sabots d'Hélène)[2]
La Prière est une chanson de Georges Brassens, qui met en musique le poème Rosaire de Francis Jammes (extrait du recueil L'Église habillée de feuilles), enregistrée en 1953. Pour cela, Georges Brassens reprend la mélodie qu'il a déjà utilisée pour le poème d'Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux.
« J'ai mis un jour en musique le poème d'Aragon Il n'y a pas d'amour heureux et je me suis aperçu que le poème de Francis Jammes La Prière avait le même mètre et qu'elle marchait sur la même musique. J'ai chanté les deux à Patachou et elle a choisi La Prière. » (Brassens, Radioscopie avec Jacques Chancel, 1971).
Cette chanson a été enregistrée par Patachou, Les Compagnons de la chanson (chez Angel ABL 64000) en 1953, par Frida Boccara en 1979 chez Philips. La chanson a également été reprise par Hugues Aufray sur son album Hugues Aufray and his folks sorti sur le label La Compagnie en 1970 et réédité ensuite chez Musidis, ainsi que par Gérard Lenorman en 1974, publiée en 45 tour (C'est le Noël du Monde/La Prière) puis sur son album "Noël du Monde" paru la même année chez CBS. Elle a aussi été reprise par Saez sur l'album hommage collectif Les Oiseaux de passage en 2001.
- Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
- tandis que des enfants s’amusent au parterre ;
- et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
- son aile tout à coup s’ensanglante et descend
- par la soif et la faim et le délire ardent :
- Par les gosses battus par l’ivrogne qui rentre,
- par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
- et par l’humiliation de l’innocent châtié,
- par la vierge vendue qu'on a déshabillée,
- par le fils dont la mère a été insultée :
- Je vous salue, Marie.
- Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
- s'écrie : « Mon Dieu ! » Par le malheureux dont les bras
- ne purent s’appuyer sur une amour humaine
- comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène ;
- par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne :
- Je vous salue, Marie.
- Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
- par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
- par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
- par le malade que l'on opère et qui geint
- et par le juste mis au rang des assassins :
- Je vous salue, Marie.
- Par la mère apprenant que son fils est guéri,
- par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
- par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
- par le baiser perdu par l’amour redonné,
- et par le mendiant retrouvant sa monnaie :
- Je vous salue, Marie.